‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 217 sur 408 · EGYPTE. — LE FAYOUM. [ROUTE · texte numérisé non relu

EGYPTE. — LE FAYOUM. [ROUTE

(2 kil.) Zawé et (3 kil.) K. Hamated, on arrive à (8 kil.) Tahmèh.

A Tahmèh, on quitte la vallée du Nil pour entrer dans une ouverture de la chaîne libyque, dont la direction est au S. £. C'est une forte journée (24 kil ), dans un désert, au milieu de sables mouvants. Le terrain commence à devenir plus ferme et le pas des montures plus assuré, à mesure qu'on approche de Tamyèh.

Enfin, après avoir escaladé quelques mouvements de terrain assez accidentés, on se trouve en préseoce d'un grand ravin, vérilable précipice, ayant plus de 100 met. de largeur. Ce canal naturel qu'alimentent les eaux du Bahr-Youssouf va aboutir plus loin à Textrémité E.

'du Birket el-Kéroun. Il porte une forte digue transversale, qui permet de retenir les eaux venant du S. et d'en tirer parti pour l'arrosement des terres après la crue du Nil. Le ravin, quand il est à sec, présente un aspect sauvage dont retfet saisissant est dû surtout aux roches éboulées; des herbes, des arbustes de toute sorte relient ces rochers entre eux et font de cette solitude le refuge préféré de divers animaux sauvages et en particulier des sangliers.

La ville de Tamyèh, signalée de loin par deux maigres palmiers, s'étend de l'autre côté du ravin qu'encadre la ligne brillante et dorée du désert. La meilleure installation pour les tentes est au N. 0., en face de la porte principale. Celle-ci, fort massive, est une sorte d'arcade en plein cintre, surmontée d'un mur découpé en larges créneaux; c'est le rendezvous de tous les arrivants. Sur la g., un joli minaret cylindrique, entouré d'un balcon et terminé en un dôme élancé, s'élève au-dessus d'une mosquée aux murailles basses et épaisses. À dr., des bouquets de palmiers ombragent les terrasses de maisons aux fenêtres carrées. La ville a dans son ensemble l'aspect d'une forte-

resse. « Nulle ville en ÉgyptQ n'offre une plus grande abondance de chiens; pas une terrasse qui ne soit ornée de quelques-uns de ces animaux; assis comme des sphinx, dit M. Paul Lenoir, ils vous surveillent et vous épient du plus loin qu'ils peuvent vous apercevoir. » (Le Fayoum, Stiw»

et Petra, p. 89.) Les amateurs de chasse trouveront dans les environs une abondance de gibier vraiment extraordinaire. Le cheikh du pays se fera un plaisir d'accompagner le chasseur européen à la tète de ses Arabes, qui exécuteront sous ses ordres les battues les plus complètes et les plus amusantes dans le lit du ravin.

De Tamyèh, si l'on ne veut gagner directement à l'E.le Birket el-Kéroun, on se dirige au S. pour gagner le centre du Fayoum. On chemine encore à travers le désert, mais le sol est plus ferme et le chemin moins fatigant que dans l'étape précédente; on aperçoit de loin le village de Sénouhrès, dont on est séparé par une quantité de mares, de ruisseaui et de petits canaux que Ton met plusieurs heures à contourner et à franchir.

Le v. de (13 kiL) Sénonhrés est un des plus pittoresques du PayouiQ et l'un des plus importants comme centre agricole. Installé sur un plateau très-élevé, pour éviter les inondations^ il présente l'aspect d'une espèce de forteresse, surmontée d^ minarets et de coupoles où les maisons construites en terre s'élèvent en étages les unes au-dessus des autres.

Il n'y a du reste aucun édifice remarquable.

De Sénouhrès ^ Biahmou,9 kil. S.; on longe un des canaux dérivés du Bahr-Youssouf. A mesure qu'on pénètre dans le Fayoum, la végétation prend une vigueur extraordinaire; les arbres forment sur le chemin des voûtes de verdure, les citronniers et les orangers atteignent la taille de nos chênes. Des forêts de cactus et

[R. 17] DIGUE DE KOCHEÎCH. — PONT D'ILLAHODN. 445

d'aloès bordent les routes à perte de vue. Près de Biahznou sont deux constructions qui semblent avoir été des pyramides: on a voulu y retrouver les deux grandes pyramides qui s'élevaient, au rapport d'Hérodote, au milieu du lac Mœris. C'est un rapprochement plus que douteux.

Ces ruines ont une dizaine de met.

de hauteur. De Biahmou on gagne (4 kil. S.) Médinet el-Fayoum (F.

in. Fw Saqqarth «t la vol* d« l*Btt.

(19S kil.)

Du Caire à Tahmèh, comme dans la route précédente (53 kil.). — De Tahmèh on suit le Babr-Toussouf jusqu'aux pyramides de Matanyèh (F.

p.40b,b],9 kil. S. Le village de MaUnyèh, sous le nom duquel on a désigné ces pjrramideS; sans doute parce que c'est de là qu'on les découvre en remontant le Nil) est sur la rive g. du fleuve, au N. E.) à 2 h. des pyramides.

De là, se dirigeant au S., on rencontre (8 kil.) des restes d'une ancienne digue qui s'étendait des deux côtés du Bafar-Youssouf , et, plus bas (3 kil.), l'ancienne digue de Rekkael-&ébir qui parait avoir servi à barrer cette partie de la vallée jusqu'audessus du village de Rekka el-Kébir, près de Hasloub. Vient ensuite (8 kil.) Meidoum, (l'ancienne Jfet- Toum), 19 kil. de Matanyèh. On continue, dans cette partie de la route, à remonter le cours du Babr-Youssouf. A 2 b. de Meîdoum, on voit la Grande digue de Kocheloh, ouvrage digne d'attention qui sert à retenir toutes les eaux d'écoulement des bassins d'inondation de la haute Egypte. On laisse les eaux s'écouler dans la basse Egypte ou dans le Nil, selon les besoins, au moyen de grands déversoirs pratiqués dans la digue, ce qui procure un complément d'inondation dans les bassins inférieurs, et, dans le niveau du fleuve, un surcroît de hauteur qui va quelquetois

jusqu'à un mètre aux environs du Caire. Cette digue est ancienne; on croit que c'est celle dont parle Hérodote et qui fut construite par Menés dans le but de rejeter le fleuve vers l'E. et de préserver Memphis (F. p. 403, b). Nous avons vu, du reste, sur la route de Matanyèh à Meîdoum, quelques ouvrages de ce genre, et il y en a d'autres sur quelques points de la vallée, en remontant au S. Après la digue de Kocheîch, qui marque la limite de la basse et de la moyenne Egypte, on se dirige au S. 0., entre les collines et le Bahr - Youssouf , pour gagner le pont (Vtllahoun (27 kil. de Meîdoum) qui traverse une dérivation du Bahr - Youssouf au point même où cette dérivation pénètre dans le Fayoum par une dépression de la chaîne libyque. Le pont-barrage d'IIlahoun a été fait pour régler rentrée des eaux dans le Fayoum à l'époque de l'inondation. Celui qu'on voit aujourd'hui a été construit par Linant-Pacha. Il en existait auparavant un autre, très-ancien, et qui menaçait ruine par suite d'unaffouillement considérable produit par la chute d'eau. Les gens du pays craignaient de toucher à cette construction, parce que d'anciennes traditions en attribuaient la création à Joseph, flls de Jacob. Un peu au N. du pontbarrage, est le v. d'IIlahoun, l'ancienne Ro-hount {la bouche du Icic), et, à 30 min. plus loin, à l'O., s'élèvent les restes d'une pyramide dont les parties supérieures, écroulées et amoncelées à la base, ont fait un tertre, où l'on a quelque peine à reconnaître la forme d'une pyramide.

Du pont d'IIlahoun, en se dirigeant au N. 0., le long du Bahr- Youssouf, on atteint (8 kil.) le v. de ilourat el-Macta, situé à la naissance du Bahr-béla-mâ. Une grande et forte digue empêche les eaux du Bahr- Youssouf de couler dans le lit du fleuve sans eau. On laisse sur la dr.

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ItL pyramide d^Aouara et la position présumée du Labyrinthe (F. ciaprès, lY), et franchissant de nomhreux canaux d'irrigation, on atteint (9 kil.)

Médinet el-Fayonm (17 kil. du pont d'Illahoun). Cette ville, capitale 1 long, Tautre 4 met. 90 c; on I de la province de Fayoum, est une | voit plus qu'une face et deux crtj place d'une

30 min. S. 0. de Midinet el-Fayo un obélisque de granit, renvers brisé en deux parties, porte le i d'Ousortésôn I (xii* dyn.). 1^ ' teur du monolithe était de l3ii L'un des fragments a 8 met.

certame importance.

Son extrémité N. s'appuie à des monticules formés de monceaux de décombres : c'est le site d'Arsinoë, appelée Shed, puis Grocodilopolis, parce qu'on y adorait le crocodile. C'était la capitale de TArsinoîte, nom que portait la province au temps des Ptolémées. La ville, qui compte environ 8000 hab., présente l'aspect de toutes les villes arabes de quelque importance, avec ses bazars, ses mosquées, ses bains, ses cafés, son marché qui se tient le dimanche. Elle est agréablement située sur le Bahr-Youssouf, dont le large lit et .es bords irréguliers rappellent plutôt un fleuve qu'un canal. Les jardins qui l'entourent, les bouquets de palmiers groupés çà et là, l'animation du canal et du marché, donnent à Médinet une physionomie particulièrement intéressante. La population, très-affairée, présente à l'observateur des types plus simples, plus étrangers à l'influence européenne, que dans les villes de la basse Egypte . Les femmes n'y ont pas contracté cette sauvagerie un peu affectée qui a été si longtemps considérée en Orient comme l'idéal du bon genre. La ))lupart se dispensent du voile traditionnel et se coiffent avec goût, mêlant à leurs voiles bleus des étoffes de soie de nuances variées et des ornements d^or ou d'argent du travail le plus fin. C'est à Médinet el-Fayoum que les gens du pay-^ apportent le blé, le coton, le maîSf les fruits de toute sorte, et ces roses célèbres qui sont Tornement de la contrée. On y fait des toiles et det nattes fort estimées.

Au village d^Ebghig ou Begyig,

quelques hiéroglyphes subsisi à la partie inférieure. A la pal supérieure de la face sont cinq re| très, Tun au-dessus de l'autre ; chacun d'eux, le roi Ousortésèo représenté faisant des offrandes à divinités. Au-dessous s'étendent q ques colonnes de hiéroglyphes plusieurs sont complètement illi^i')'* Les faces latérales portent une sti colonne de hiéroglyphes conteDJI le nom du roi, qui est appelé l'aj dePhtahet de Mentou — sans doi^ les principales divinités du lieu. Ce) pyramide offre cette particulariwfl* le sommet, au lieu de se terminer' pointe, est arrondi. On rema'Çj aussi la différence inusitée qui ei^ entre la largeur de la face, 1 ^ 80 c. à la base, et celle des i»

latérales, 1 met. 20 c.

!▼. L« rafonm «i son Uo 9irV^ | •1-Kéronn.

La province de Fayoum pr^^*^ un double intérêt, par sa naiiw même et sa configuration, et p«r nombre des grands travaux qur ratUchent. Elle est, au-d«ssu> Delta, la seule partie de VÈgyp^^y soit en dehors de la vallée jm"J diate du Nil. C'est un bassjn cd'^ loppé d'une ceinture de ha^'^ «V., où le Nil envoie une dérivation n^" relie dont on tire un merv^ ' ^ parti pour l'irrigation àes'eT^^,,i bassin, dans le sens de sa plus gr ^ étendue (du N. E. au S. ^- V ..| cinquantaine de kilomètres ce dire 12 de nos lieues commun

sur une largeur 'Doy«.?°^„,d ave 40 kiLU géologie, daccor^^^^^

l'observation ««^«"^"'^VHifférent-^ trois régions de niveaux dîne

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