CHAPITRE m
HAUTE ÉCYPTE,
DE BOULAQ A KÉNÉH.
658 kil.
Noaa atons donné en détail, p. 2S8^2<M, .'S moyens d'accomplir le voyage par au, noQs n'avons pas y revenir. Le chelin de fer de la haute Egypte qni soit t rive g. da fleuve à une certaine disince est encore pen fréquente par les oyageurs : les aspects quHl présente )Dt moins pittoresques que ceux des ri- Bs du Nil, et les localités parcourues ftnt les mêmes. Nous nous bornerons onc à décrire le voyage par eau.
En partant de Boulaq, on laisse : à r., le village d*Embabèh, Ttle et le alais de Gézlrèh ; à g., les palais du .asr el-Nil et d'Ibrahim-Pacha, Ttle e Raoudah, derrière laquelle s*élève } Kasr el-Aîn. Au delà de Raoudah, ) Nil se déploie dans toute sa ma- ^sté, et la Yue s'étend au loin sur m te la largeur de la vallée entre la laine du Moqattam et la chaîne byque. Passant entre le vieux lire (riv. g.) et le village de Gizèh iv. dr.), on s'éloigne de cette ville pittoresque du Caire dont on t>erceyra longtemps encore la citaaile et les nombreux minarets , •ndis que les grandes pyramides à r. semblent de gigantesques sentiailes qui gardent les approches du sert. Le premier objet intéressant ) l'on rencontre est (2 kil.) la quée d*AUar en-Nébi, assez pitto-
resquement située sur la rive orientale, à l'extrëmité d'une avenue de beaux arbres. A 9 kil., sur la rive dr., est un magasin à poudre, près duquel se trouvent les restes d'un aqueduc arabe. Un peu plus bas, sur la rive g., est le petit village d'Et- Déir (le couvent), habité par des chrétiens coptes, et, plus loin, à TE.
dans les terres, le village de Bussatiity près duquel est le cimetière des Juifs, au pied des collines. Une large coupure qui s'ouvre au S. dans la partie du Moqattam nommée le Gébd Giouchi forme l'entrée de la grande VfMie de V Égarement {Ouady ei-TtTi), appelée aussi par les Arabes Ouody él^TarabovXy qui s'étend sur une longueur d'environ 100 kil. ]usqu'à la mer Rouge, près de Suez (F. p. 33), et est célèbre pour la grande quantité de boie pétrifié que l'on y trouve. Rive g., les yeux se reposent avec plaisir sur une plaine fertile et bien cultivée, d'une largeur moyenne de 6 kil., et qui s'étend jusqu'au pied de la chaîne libyque, sur laquelle se dressent les pyramides. Celles-ci se présentent successivement aux yeux du voyageur : d'abord celles d'Abousir, puis celles de Saqqarah et de Dachour; à chaque coude du fleuve, elles apparaissent diversement groupées, selon l'angle sous lequel elles se présentent et suivant les accidents du terrain qui parfois en masquent quelques-unes. Sur la rive dr., la
HAUTE EGYPTE. — TORAH-MÂSARAH [R. ÎO]
prisonniers de MénéUs avaient été internés en cet endroit. Les carrières, situées à TE. entre les deux vi.
lages, sont d'une grande étendue; on y a trouvé des inscriptions hir roglyphiques et surtout beaucoufi d'inscriptions en caractères démouques. Parmi ces inscriptions é^f tiennes, les plus anciennes qui éditent actuellement remontent à Amenhémâl I (jm* dyn.), à Amosis, lefon dateur de la xvni* dyn., à Amenhotep II et m (xviii* dyn.), à Nékao (xxvi* dyn.) ; les dernières sont «iJ temps de Nectanébo, d'Akhôris (Higar) et de Ptolémée Pbiladelphe.
Dans une <le ces carrières, vers \t S., est un grand tableau représentai:
le roi Nectanébo faisant des off^aDd^ à la triade de la ville, Thoth,NebiiQOJ et Horus; près du roi est un personnage de petites dimensions, da:^ l'attitude d*un homme qui taille ^^ pierre, avec un cLseau et un maillet A c6te des cartoucbes des rois» ^ trouve, surtout dans la partie S. ^' carrières , de nombreuses inscriptions, avec des noms de nombre (' des marques de carrier. Quelques* unes donnent l'année et le moi:» J^ règne sous lequel la carrière a eu commencée ^ On peut étudier d^'-' ces carrières mieux que partout ai leurs les procédés employés par î^-^ anciens Égyptiens, pour tailler 1^' gros blocs et les extraire du rocbe:
Ils commençaient par creuser <^'-' galeries dans la montagne, isola:^' ainsi de toutes parts le cube qu i^ voulaient exploiter. Ils traçaient »<»^ les murs polis de la galerie les co^r tours du bloc à extraire^ et dans It^ lignes, ils creusaient une série ^^ trous, qu'ils remplissaient ensuite di
plaine est très-resserrée par le Gébel Moqattam; on atteint bientôt (5 kil.) Torah. Un peu au-dessous de Torab, un mur coupe la plaine et s'étend jusqu'à la montagne, oii il se termine non loin d'un fort situé sur la hauteur, à 2 kil. au N. Ce mur et ce fort furent construits par Ismafl'Bey. Ce bey mamelouk ayant été nommé Cheikh el>Béled du Caire par les Turcs, lorsque ceux-ci, sous Hassan- Pacha, eurent repris l'Egypte, en 1787, et refoulé les autres beys mamelouks dans la haute Egypte, on construisit le mur et le fort pour prévenir un retour offensif de ces princes sur la capitale. Mais le pouvoir de la Porte dura peu, car Ismafl-Bey étant mort de la peste en 1790, Ibrahim et Mourad-Bey reprirent le Caire et le gardèrent jusqu'à la conquête française.
A une faible distance du fort sont les ruines d'un ancien couvent, le Deir el-Baglèhy découvert par Linant- Pacha.
Torah et (4 kil.) Mftsarah sont situés sur la rive orientale du Nil, au pied d'un massif calcaire dont les dernières pentes s'avancent à une demi -heure du fleuve, et qu'une étroite vallée sépare au N. du Gébel Moqattam. Les deux villages sont renommés pour leurs carrières, dont l'exploitation remonte à une époque immémoriale. C'est de là que furent tirées les pierres qui servirent à élever les Pyramides et à construire Memphis, comme aujourd'hui on en tire encore celles qui entrent dans les constructions du Caire. Ce sont sans doute les carrières oii, selon Manéthon, Aménopbis envoyait « les lépreux et autres personnes malades, pour les séparer du reste des Égyptiens». Les Grecs, par une singulière altération à laquelle ils n'avaient pas manqué de rattacher une légende, avaient fait de 2Vouwa, qui était le nom égyptien, Troja, et ils appelaient la montagne Troïkùn arcis. Ils supposaient «ju'après la prise de Troie, les
1. Noos avons le regret d'ajouter qudepuiftque ces lignes ont été écrit««, plupart des inscriptions ont disparu u\ les belles carrières sur les parois d^^ quelles on les lisait. Ces actes de vasdaUeme sont dûs aux tailleurs de pierres employés par des cintrepreneor» d€ constructions du Caire.
[ROUTE 80] MÂBàAAH. — HAIiOUAN.
morcMux de boU aec. Pour pratiquer oes trous à la partie postérieure du hloo, ils taillaient le rocher horizontalement au-dessus de la ligne supérieure. Une fois* le hloc suffisamment isolé, les morceaux de bois étaient mouillés, et par la pression que déterminait leur gonflement, ils détachaient le bloc du rocher. liO bloc suivant était alors accessible de tous les c6tés et Textraction s'opérait sans difficulté, de bk>c en bloc, par le même procédé. Après avoir ainsi enlevé un premier rang de pierre, rentaille pratiquée dans le rocher leur servait pour en faire une seconde, et, ainsi de suite, en forme de degrés, jusqu'à la partie centrale du rocher. Ils enlevaient ensuite de haut en bas chaque rangée horizonule de cette sorte de pyramide à degrés, jusqu'au point oii ils avaient commencé l'exploitation. Ils continuaient ainsi par larges couches, jusqu'à ce qu'ils eussent atteint le seuil de la carrière, l^'opération se poursuivait de deux c^tés à la foki, de manière qu'il restât dans la partie centrale deux murs verticaux; on laissait aussi de larges piliers, pour soutenir le toit.
D'autres cubes de rocher étaient alors isolés et exploités de la même manière à côté du premier, de sorte qu'on a une série d'espaces auxquels le toit qui les recouvre et Les piliers donnent l'apparence de grandes chambres. Leurs parois parfaitement polies pourraient les faire prendre pour des chambres sépuloxales.
Les carrières de Màsarah fournissent encore de belles pierres calcaires pour les constructions du Caire.
Un chemin de fer a été établi pour leur exploitation.
En revenant des carrières à Masai-ah, on aura des points de vue très-variés sur le Nil, la plaine, la chaîne libyque et les Pyramides. L'on obserrera les restes d'une ancienne chaussée inclinée qui servait sans iiouU dans l'antiquité à faire glisser
les pierres jusqu'au NU oii elles étaient chargées sur des bateaux.
Une heure après avoir dépassé Màsarah, on est vis-à-vis de (4 lui.) Bédréchéin (station du chemin de fer, 24 kil. du Caire) et du site où fut Memphis (F. p. 403). C'est de Bédréchéïn que l'on fait ordinairement l'excursion de Saqqarah (F.
p. 394 et sq.). Vis-à-vis de Bédréchéïn, sur la rive £., on aperçoit
Helouan auquel se rattache un autre souvenir. C'est là que les Arabes, sous le règne du sultan Âbd el- Mélik, construisirent leur premier MékyaSf ou kilomètre, en l'an 700 de notre ère. Celui de l'île de Raoudah, qui subsiste encore ( F. p. 398 et sq.), fut construit 16 ans plus tard.
On trouve à 3 kil. à l'Ë. d'Halouan, dans la plaine déserte entre le village et la chaîne arabique, près d'un Monticule couvert de fragments de verre verdàtre, des sources d'eaux sulfureuses thermales. Elles étaient connues autrefois, et après avoir été longtemps délaissées, elles semblent reprendre faveur. Un établissement de bains y a été créé sur les ordres du khédive. 11 est déjà bien fréquenté.
L'eau des sources est claire et a un goût légèrement salé et sulfureux, comme les eaux d'Uriage ou d'Aix en Savoie. La température en est de 30* centigr.
Un chemin de fer, inauguré le 21 janvier 1877, relie Hélouan au Caire.
Il y a trois départs par jour, aller et retour. (V. Renseignements généraux.
Après ces villages qui repondent au site de l'antique Memphis, on continue de remonter le Nil pendant plusieurs heures sans qu'aucun nom réveille un souvenir historique. On a à g. l'étroit rivage que serre la chaîne arabique, et à dr. la plaints semée de villages fellahs qui s'étend, sur une largeur moyenne de 8 kil.
ou d'environ 2 h., jusqu'au pied de la chaîne libyque. Le village de Masghoun (10 kil.) peut servir de
HAOTB EGYPTE, — ATFIÈH. [ROUtE iO.
point de départ pour la visite des pyramides de Dachour. Elles sont à 6 kil. dans l'intérieur des terres. A 1 kil. à ro. de Masghoun, au petit village de Bi-Kafr, débouche un chemin de caravane qui mène au Fayoum,à travers le désert (F. R.17).
La rive gauche du fleuve présente un spectacle charmant; les blés d'un vert brillant se pressent sous les groupes de palmiers et de magnifiques iiycomores et relèvent le cadre un peu uniforme du paysage.
Le village d'ei-Jf^ikandM (17 kil.), sur la rive occidentale, rappelle par son nom, comme il s'y accorde par sa distance de Memphis, Tancienne cité d'Acanthus, laquelle possédait un temple d'Osiris et un bois d'acacias épiueux, arbre qui, selon Strabon, produisait de la gomme. La ville n'existe plus, mais l'arbre (acacia nilotica) est encore fort abondant dans le pays. Mékandèh est à 6 kil. à TE. de Tamèb, autre point de départ de la route N. du Fayoum. On rencontre ensuite (I kil.) Kafr él-Axat et (4 kil.) Maianyèh, Ce dernier village, quoique également situé sur le bord du fleuve, sert à désigner deux pyramides que l'on distingue à l'horizon, dans fa direction du S. O. (V. p. 405). On voit près de Kafr ei-Ayat et de Matanyèh les traces d'un ancien bras du Nil qui se dirigeait au N. 0. vers la chaîne libyque : peut-être est-ce là que le roi Menés établit sa digue pour forcer le Nil à couler plus à l'E.
Atflôh (rive orienUle), (23 kil.), environ 5 h., au-dessus de Matanyèh.
Des monticules, comme en présentent la plupart des localités anciennes, marquent le site d'AphroditopoliB, ou la ville d'Hathor, la Vénus égyptienne (F. p. 127). Le nom égyptien d'Aphroditopolis, Pa-fieb<tep-ahe, est devenu dans la bouche des Coptes Tpéh ou Petpièh dont les Arabes ont fait Atfièh. C'était la capitale du nome Aphroditopolite, et elle devint plus tard le siège d'un évéché. La déesse y était
adorée sous l'emblème d'une génis»
blanche. On n'a trouvé d'autre n»- Tiument dans les ruines qu'une piem gravée au nom de Ramsès II. Sur i rive opposée s'élève Rekka <(-iCéhtr.
et plus loin dans les terres, Meidoua qui est dans le site de l'ancieno' Méi'Toum; une pyramide s'élev:
en arrière du village, à 10 kii.
du fleuve (F. p. 405, 6). Ia fem pyramide, ce bizarre monumeoi s'apercevra encore de très -loin au S. comme une sorte de phare anooDçant la région des pyramides. Pr contre , de ce point du Nil oa aperçoit encore au loin vers le N..
pour la dernière fois, la citadelle d.
Caire et les deux grands minarets d« la mosquée de Méhémet-Ali.
Depuis Torah, le caractère ai paysage ne change pas. A TE., t' chaîne arabique se présente sou»l^ forme de collines désertes dont i* ligne sinueuse, tantôt se rapproct'!
du fleuve, tantôt s'en écarte, de minière à décrire un grand arc. Ce-^^ petite chidne rappelle par la cou!^' et par la nature de la roche, la cc>> line du Moqattam, qu'elle dépasse û^ peu en hauteur. De ce côté, le dése^ s'étend presque jusqu'au rivage do:i il n'est séparé que par une étruiH bande de terre cultivée, oii des ié lages s'élèvent de loin en loin. Sur 4 rive 0., entre la chaîne libyque eO Nil, l'ail uvion s'étend plus loin dvi la plaine et l'on aperçoit des groi pes de palmiers, et, çà et !à, quelq* village. On laisse à dr. (8 kil.) '
El-Ouasta, (station du chemin 4 fer 83 kil. du Caire, 87 par le fln ve), où se trouve l'embranchemei pour le Fayoum (V. p. 443 , »
Ce joli village, aligné sur »
bords du fleuve, est pour la aià gation un point de jonction ave6| ligne de Médinet.
Zaouyéh ou Zaouyet el-Masi (1 kil.), rive g., est un petit vil qui parait avoir été Isenm, en Naési, la cité d'Isis, où prenait sance un canal qui allait à
BÊNIdOUÉF.
jtm. Un etnal part, en eflbt, du Mil un peu au-dessus de Zaouyèh et rejoint au N. 0., près de la chaîne libyque, le Bahr Youssouf. Un autre canal qui se dirige à l'O. prend naissance à une très-petite distance du premier, et ces deux canaux bornaient au N. une île que le Bahr- Youssouf et le Nil entouraient à l'O. et à TE.; c'était File du nome Héracléopolite. La cité d'Hercule était, suivant Strabon, à l'extrémité S. de la province {V. ci^après p. 466, a).
On laisse à 1*0. le villagede Bénéhedèb. En face du village de Méimoun (5 kiL) (r. g.)> on voit un couvent copte, sous Tinvocation de saint - Àntoisèê , d'où l'on envoie les provisions de bouche au grand couvent du même nom situé sur les bords de la mer Rouge (F. R.
19). Plus loin (4 kii.)i au-dessus du village à^Eehmeni, ombragé de beaux palmiers, est une île de 3 kil. de longueur. On arrive (4 kil. r. 0.) en face de Zéitoun qui semble occuper la place de l'ancienne Phannitjoit (le lieu des oliviers, môme signification que le nom arabe) qui appartenait au district de Pouchin. Ce dernier nom a été conservé par la ville de Bouoh ou Boiich Cora, qui en est voisine. Boucb est une ville assez importante, mais on rien ne sollicite la curiosité du voyageur ni l'intérêt de l'antiquaire. Elle renferme un certain nombre de chrétiens coptes, parmi lesquels se recrutent les couvents de la mer Rouge.
Les villages voisins, Dalku et Chenouiyèh, semblent aussi d'anciennes localités égyptiennes; la première serait Sjol, le nom de la seconde est encore inconnu. La gorge d'Illaoun, qui conduit au bassin du Fayoum ( F. p . 445, h) , est précisément à ro. de Bouch, à la distance de ] 8 kil., mais cachée par des hauteurs. On arrive enfin à (lo kil. rive 0.)
Btoisottéf (station de chemin de fer, i 4 h. du Caire, 118 kil. par le NU). Cette petite ville, entourée de
OHIBNT n.
beaux sycomores et de palmiers, qui lui donnent un aspect riant, est la capitale de la province du même nom et la résidence du moudir; sa population est de 5000 hab. Elle a un bureau de télégraphe et un bureau de poste, établis à la station.
Un marché bien approvisionné s'y tient chaque semaine. Bénisouèf possède une manufacture de ces toiles qui serveot aux vêtements des fellahs. C'est une industrie locale, déjà prospère au temps de Léon l'Africain, et que Mohammed-Ali a relevée en 1826. On y fabrique aussi des tapis de laine. Une île verte et bien cultivée s''étend au-dessous de Bénisouèf et partage en deux branches le Nil dont la vallée atteint ici sa plus grande largeur, 15 kil. environ, du côté de la chaîne libyque.
Vis-à-vis de Bénisouèf, sur la rive E.
et très-près du Nil, s'élève le Gébel Uémour Chiboul, au pied duquel, du côté du S., serpente le Ouady'Sennour qui conduit à des montagnes d'albâtre situées à 12 h. de là dans le désert, à mi-chemin entre le Nil et le golfe de Suez. L'entrepôt de ces carrières est au S. 0. de la montagne, sur les bords du Nil, à 6 kil. de Bénisouèf.
C'est aussi par ce Ooady que Ton peut le rendre en trois jours de marche & travers le désert aux grands convents coptes de Saint-Antoine et de Saint- Paul aa bord de la mer Ronge. (F.
Bénisouèf est également le point de départ habituel pour visiter le Fayoum, quand on n'en fait pas le sujet d'une excursion spéciale à partir du Caire (K. p. 442 et sq.). Ou trouve à Bénisouèf des ânes et des chevaux pour se rendre à Médinet el-Fayoom. C'est dans cette dernière localité qu'on ponrra se procurer les chameaux nécessaires pour parcourir les parties 0., N. et S. du Fayoum (K. p. 433). Pour se rendre de Bénisouèf au Fayoum, on se dirige au N. 0. d'abord, le long des canaux, puis à travers la plaine, droit sur la pyramide d'illaonn que Ton aperçoit déjà à la sortie de la vule. On aiUint les bords du Bahr
de
pont
YouMOuf, près de (so kil.) U digue Békir, d'où l'on gagne (S kil.) le p d'iUaoun où l'on rejoint la route du Fayoom décrite p. 445. En temps dV non dation, un bon guide est nécessaire, car les canaux difûciles à franchir peuvent nécessiter de grands détours.
A ro. de Bénisouèf, près du Bahr« Youssouf, des buttes situées près d'iiA- ' nos el'Médinehy marquent probablement l'emplacement de l'ancienne HémoléopoUs (la ville d'Hercule), Hdkhnensouten^ Hakhnensou ou Kknés en égyptien, où était adore l'ichneumon, ennemi du crocodile, lequel était honoré an contraire dans la ville voisine d'Arsinoë ou Grocodilopolis (V. Fayovm). Des luttes achar* nées eurent lieu à propos de ces cultes rivaux entre les populations, jusqu'à, l'époque des Romains, et contribuèrent, selon le témoignage de Pline, à la destruction du lameux labyrinthe.
De Bénisouèf à (9 kil.) Baranqahy on voit sur la rive g. quelques buttes qui marquent l'emplacement d'anciennes villes non déterminées.
Bibbèh (7 kil.), stat. du ch. de fer, a donné son nom à un célèbre Santon musulmany£i-fitbbouai,mais ce personnage paraît imaginaire, et devoir son origine a une pieuse fraude des moines coptes, désireux de protéger leur sanctuaire et une image de saint Georges contre les attaques des musulmans (F. Murray's Uandbook for Egypte 1875, p. 345). U chaîne arabique qui, depuis Bénisouèf, s'était éloignée, formant un large amphithéâtre, se rapproche au-dessous de Bibbèh, du lit du fleuve qu'elle resserre, tandis que la plaine occidentale conserve toute sa largeur et sa riante culture. Plus bas, après avoir dépassé les deux Iles allongées situées au-dessus de Bibbèh, la chaîne arabique s'éloigne de nouveau, en diminuant de hauteur, et, avant d'arriver à-Fechn, elle ne s'élève pas à plus de cent pieds. Elle se rapproche de nouveau du fleuve près de (17 kil.).
Fechn (stat. du chemin de fer, rive 0.}, chef-lieu de province, sans monuments ni antiquités. Un peu plus
HAUTE ÉGTPTE. — FECHN. [KODTE ÎÛ
bas, au S. E., à 3 kil.» derrière IV qui s*étend au S. de Fechn, iontl( restes d'une ville antique, JCfcf b, dci le village voisin de Mkê>éOM Médw el^cthU a conservé le nom.Kheb jou.
un rôle important vers la xix* et la u dynastie : elle était l'apanage d'uK branche de la famille de Ramsès l qui disputa à plusieurs reprises ilgypte à la branche principale. U ruines consistent en une enceinte fo:
mée par de très^grosses muraiU^^ construites en briques crues. Surit côté N.y une construction masS'^^ assez élevée, établie sur le roeber.
devait servir de fort à cette ville, qui par sa position à l'enu^ d'un aitétroit entre la montagne et le N>éuit destinée à servir de place forie- Quelques-ones des briques employ^^^ dans la construction portaient ^ cartouches avec les noms de Vcn* Khoper-RÂ (ThoutmèslII) {V. p. H^^ et de la reine In-m^Xheb de la s' dynastie. On reconoait encore, surit rive du fleuve, le» restes d'umiiX' en pierre.
la chaîne arabique s'éloigne dt nouveau du fleuve, en décrivant ui grand arc.
A 1 h. 1/2 de là, on arrive au premières pentes du Gébel Cht'^^ Embdrak , montagne coDsidérabiqui serre de près la rive orientaU (' forme la terminaison d'un grand pt»teau qui s'étend fort loin tu S. t A ro. du -fleuve, au contraire, ^ plaine riveraine conserve sa largeur qui n'est pas moindre de 20 kil. ^ face du Gébel Cheïkh-Embârak e^ (22 kil.)
Maghdgha ou Mararrah (statu' du ch. de fer), où se trouve i*^ des plus importantes sucreries ^' khédive ; autour de ce village > ^ culture de ia cazme à sucre a prt une extension considérable. Prèit ^ C/iatTonna (rive £.) sont des montic»
les qui marquent remplacement d'uc' ancienne ville, peut-être Fttner<* Quelques kil. plus loin, la but' de K6m el-Ahmar, avec quelques di
[BOOTB 80] ABOU-OIAQËH. — SAHALOUD.
bris y répond peut*étte à Tantique Jficf^ ou JTtiM. On trouve dans le voisinage quelques puits remplis de momies de chiens. On atteint enfin (26 kil. rive 0.)
AbOQ<6irgèh (on dit au^i Ahou- Girg). C'est une grande ville rellâh^ assise en une riche plaine à 3 kil. du Nil. A 11 kiL (2 h. 30 m.) dans Tintérieur, en montant vers le N. 0., se trouve une place notable, Behneséh, située sur la rive occidentale du Baixr-Youssouf, près des montagnes libjques. (Test l'ancienne OxyrrhiiichMy ancienne Po-mifat, en copte Pemsjey dont le Dieu patronymique était roxyrrhinqne^ poisson du Nil à museau pointu (ce qu'indique son nom grec). Ce fut autrefois une ville considérable et Ton peut enoore se faire une idée de ^n ancienne importance par le grand nombre de débris de toute sorte, colonnes de granit, fragments de chapiteaux, de sculptures, de poteries et de briques qui gisent éparssur le sol ; mais on n*v trouve aucun moitument digne dMntérèt. Ozyrrhinchos garda son importance jusqu'à une époque relativement récente ; aujourd'hui la ville égyptienne et la ville musulmane n'ont presque laissé que des ruines.
Les dunes de sable du désert libyque tendent à envahir les champs cultivés. Au S. sont des monticules sablonneux renfermant un grand nombre de tombes de cheikhs, passant pour de saints personnages musulmans. A 35 min. de la ville, du cdté du N., il y ,a des grottes, ou plutôt des excavations remplies d'eau, dans l'une desquelles on voit, dit-on, une rangée circulaire de colonnes. Aucun voyageur que nous sachions n'a exploré ces grottes.
A Aboa-Girgëh et Behnesèh, s'OTirre la roate la plus suivie pour se rendre i la Petite- Oasis (K.R. 21).
Jusqu'à la station d'Abou-Girgèb, le voyage du Nil n'a présenté qu'un bienÛLible intérêt. A partir de cet en-
droit on entre dans la région oîi les ruines, comme les souvenirs, vont se succéder sans interruption et où il faudrait s'arrêter en quelque sorte à chaque pas si l'on voulait ou si l'on pouvait voir tout ce qui est curieux et digne d'intérêt.
Après Abou-Girgèh, on laisse à dr.
(6 kJl.)«2riraï#. l'ancienne Gynopolis, BârioiUeny Sakay en copte Kais»
La montagne située en face d'El- KaîS) sur la rive £., renferme dans des puits d'innombrables momies de chiens. Cet exemple d'une ville séparée par le Nil de ses nécropoles n'est pas le seul qu'on rencontre.
Les Égyptiens, dans le choix d'une nécropole, soit pour eux-mêmes, soit pour leurs animaux sacrés, recherchaient avant tout un emplacement qui leur permît de faire à leurs morts une retraite sûre et durable et s'occupaient peu de la distance à fran* chir et des difficultés de transport.
Les puits qui renferment les momies sont de simples trous carrés, taillés dans le roc. Ces tombes sont creusées çà et là sur un grand plateau rocheux, nivelé par la main de l'homme. On y trouve aussi quelques grandes tombes, une entre autres où l'on descend par six marches et qu'on appelle le puits de Marie {Bir Sitti Mariam).
Un peu plus loin sont les carrières de Cheïkh'Bastan, près desquelles on remarque des débris de briques et de poteries.
Kolo Sana (20 kiL r. g., stat du chem. de fer) est un grand village sur la rive g., à partir duquel le Nil fait un coude très-prononcé à l'O., laissant dans son lit élargi trois îles placées de front.
Samalond (34 kil. d'Abou-Girgèh, rive g.), ville insignifiante, remarquable par un joli minaret qui s'élance gracieusement à une granda hauteur du milieu d'un bouquet de palmiers. Un peu au-dessus et presque vis-à-vis de Samaloud, ]|on loin du village de Séraryèhj sur U»