‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 230 sur 408 · HAUTE EGYPTE. — SAMALOUD. [ROUTE TOI · texte numérisé non relu

HAUTE EGYPTE. — SAMALOUD. [ROUTE TOI

versant N. du <mady ed-VHr, it y a deux petits speos, dont Tun a été signalé par le D*" Lepsius. en 1843.

Il fut d^dié à la déesse Hathor par Ménephthab. En dehors des grottes, on trouve IMmage du roi Ramsès lîl avec le dieu Sebek à tête de crocodile et la déesse Hathor.

Dans cette partie delà vallée,enrexnontant jnsqu*à Manfalout, les montagnes de TE. se terminent sur le fleuve même sans aucun intervalle. Entre Samaloud et Minlèh, elles sont appelées Géhel el'Tair, la montagne de TOiseau. On rattache à ce nom une légende assez singnU%re,dont la trace se trouve déjà dans Élien. Les fellahs racontent que tous les oiseaux du pays se réunissent chaque année sur cette montagne, et qu'après avoir choisi un d'entre eux pour y demeurer Jusqu'à Tannée suivante, ils prennent leur volée vers l'intérieur de l'Afrique, d'où ils reviennent l'année suivante relever leur camarade de sa faction et en mettre un autre à sa place. Le Gébel el-Taîr, qui s'élève à pic, plonge dans le Nil ses flancs noirs à la base, blanchissants au sommet, et remplis de cavités sans nombre. Sur le haut de cette montagne est perché (4kil.,rive dr.), le couvent de Vétr el-Adra, couvent de la Vierge, ou Détr-Bakara, couvent de la Poulie. Ce couvent, comme tous les deîrs coptes, est en réalité un petit village, avec une église, quelques moines et quelques habitants, hommes, femmes et enfants.

Tout cela n'offre pas grand Intérêt, mais la vue étendue dont on jouit du haut de ce plateau élevé mérite que )'on en fasse l'ascension. Toutes les fois que les moines aperçoivent une barque de voyageurs, ils descendent le long de la falaise par le moyen d'une corde et viennent à la nage implorer la charité, en criant de toutes leurs forces : Baghchieh ehristiani KhaouagiK Ces braves Coptes pren-

1. Le nom de khaouagl, marchand, eai l'épithète asiex dédaigneuse avec

nent le bateau à Fabordage en costume primitif.

A 5 kil. environ au S. du couvect est le « Gitr eUJgoug, « le pont de U vieille femme » construit en travers du ravin; il était sans doute destina à défendre les approches de la vallée du Nil contre les attaques venues da désert. La tradition en attribue la construction à une ancienne reînf égyptienne, Delouka; i! s'étendait jusqu'à Assouân, sur chaque rive, et l'on en retrouve des vestiges çà et là dans les brèches qui peuvent livrer passage aux incursions des tribus errantes de l'E.

A Tehnéh (18 kil. de Kolosana.

rive E.), village placé sur la bande de terre étroite qui sépare le Gébel el-Taîr du Nil, il y a des restes dp l'ancienne Ta-tehni qui est peut-être Acoris des Grecs. On y a trouvé l'inscription suivante, qui a révélé une forme nouvelle de la déesse Isis :

roEP BAZiAEûz irroAKBuior

BEOr Eni4>AN0rZ METAAÔT ETXAPIXTOr AKQPIX EPFEÛZ IZIAI MÛXUAI ZOmiPAl

En IHionnenr da rot Ptolémée ledieo Épiphane, grand, eaeharisu. Acori», fib d'Ergaos(a dédié) à Isis Mocbias, déea$« protectrice.

En suivant le versant 0. de la montagne vers le S. , on trouve sculptée sur le rocher une grande st^le représentant Ramsès HT recevant le glaive de la main du dieu Sébek à tête de crocodile, en présence d'Ammon, et, à côté, est un cartouche au nom du même Pharaon. Sur la face S. d'un rocher isolé qui s*élève immédiatement derrière l'ancienne ville, sont gravées deux figures en haut-i^elief, tenant chacune en main un cheval. Elles représentent probablement deux empereurs romains.

La base de la montagne est percée de beaucoup de grottes funéraires, les unes avec des inscriptions g^rec-

laqaelle les, MQsnlmans Interpellent presque partent les Earopéeos.

[Boute 20]

TEHNÉH. -^ MINIËH.

ques, d'aatres avec des inscriptions bién^yphiques. En remontant un peu la vaUée, on trouve d'anciennes carrières égyptiennes, qui ont (comme celles de Torah, V, p. 462) cet iotjârèt particulier^ que des travaux poussés à divers degrés y laissent aisément reconnaître la méthode qu'employaient les Égyptiens dans l'extraction des blocs. On voit qu'après avoir égalisé horizontalement la surface du terrain qui recelait la carrière, ils l'entouraient de quatre tranchées profondes formant un parallélogramme, avec un de ses côiés ouvert pour faciliter l'enlèvement des pierres. Ils creusaient ensuite des tranchées parallèles à 6 ou 7 pieds d'mtervalle dans toute la longueur du parallélogramme, puis d'autres tranchées à angle droit avec les premières, de manière à diviser le tout en échiquier. Les tranchées ont à peu près 50 centim. de largeur, ce qui permettait de les creuser aussi avant qu'on voulait. Pour enlever les blocs selon l'épaisseur qu'on leur voulait donner, il n'y avait plus qu'à faire une coupure sur la face verticale.

BtrEonuoTti (même rive) présente les vestiges d'une ancienne ville égyptienne, située, comme tant d'autres, à l'entrée d'un ravin. On y trouve une inscription d'Amenhotep m et des tombes coptes chrétiennes.

Miniéh ou Minièt, selon la prononciation locale (8 kil., r. g., stat.

du chemin de fer, 226 kil. du Caire — 254 par eau). Le nom ancien de \3L ville était Mwnât'KhoufoUy « la nourrice de Khéops », que les Coptes ont abrégé en Jf ouné ou Tmôné, d'où s'est formé l'arabe Minièh ou Minièt.

Minièh est généralement nommée Miliièt ebn Khasib. Elle est aussi appelée Moniëb et, selon quelques-uns, Minièt ebn FusslL Selon Léon l'Africain, elle aurait été construite par Khasib, un des gouverneurs établis par les khalifes de Bagdad,

Minièb,\uoique bien située sur les bords du fleuve, manque de pittoresque. C'est une ville de 20000 habitants environ, capitale de la provioce du même nom et la résidence du moudir. C'est un bendèr ou ville i marché; le marché se tient le dimanche le long du fleuve, sur une place ornée de magnifiques sycomores. La ville a des bains et plusieurs mosquées. Dans une de ces dernières, située près du fleuve, on a employé des matériaux, notamment des colonnes, provenant d'une construction de l'époque romaine. Il y a à Minièh un bureau de poste et un bureau de télégraphe. La ville possède une sucrerie, étabUe d'après les meilleurs modèles adoptés aux colonies pour la fabrication du sucre. L'animation qui règne autour des établissements de ce genre intéressera sans doute le voyageur. Des files de chameaux portant sur leur dos des montagnes de cannes se dirigent vers l'usine.

Ici, de jeunes fellahs posent les cannes sur une claie mobile qui les entraîne sous les cyliodresà broyer; là , ils étendent au soleil les pulpes ligneuses, qui, une fois séchées, serviront de combustible économique pour le chaufi'age des machines:

tout ce petit monde d'ouvriers égyptiens se fait remarquer par son intelligente activité.

Au N. de la ville et des manufactures est un palais du khédive, sans intérêt, du reste.

Le cimetière de Minièh est à ] h. 1/2 au S. de la ville, sur la rive opposée (rive £.) du fleuve, au lieu appelé Zaouyet et-MeiHn» Cet emplacement de la nécropole de l'autre côté du fleuve est un usage qui remonte aux anciens Égyptiens. On trouve, dans la montagne, des tombeaux qui remontent au temps de la VI* dynastie. Sur la même rive que le cimetière, et un peu plus au N., à Souadi et à NesUt e^Zaouyéh, on trouve aussi quelques grottes sépulcrales.

HAUTE EGYPTE. — BÉNI-HASSAN. [ROtJTB W]

Kôm e^-Àkmar (la Iratte rouge), à lE» min. aa S. du cimetière »ur la même rive, est aussi un ancien site, avec quelques grottes sépulcrales.

On en trouve aussi un peu plus loin, kMétaharaeik OuaUd-Noaxr. Celles de Métahara sont fort anciennes; quelques-unes remontent à la iv" ou à la VI* dynastie. On y trouve quelques restes d*mscriptions coptes. Mais il vaut mieux se hâter d'atteindre Béni-Hassan que de s'arrêter à ces vestiges d'on intérêt secondaire.

Cette localité célèbre est à 6 h. environ (23 kil.) au-dessus de Minièb.

Béni-Hassan. Ce village, composé, comme tous les villages arabes, de huttes basses, est situé à Textrémité S. d'un beau bois de palmiers. Ses habitants ont la réputation d'être très-portés au vol, et Ton fera bien de faire garder la dababiëh la nuit.

Béni>Hassan a pris, ^dans les études archéologiques de l'Egypte des Pharaons, un intérêt qui, à- certains égards, le dispute aux monuments de Thèbes. Ce sont des grotUi funéraires creusées dans les rochers qui font face au Nil. Les inscriptions hiéroglyphiques, qui accompagnent quelques-unes des tombes, datent des premiers rois de la xii* dynastie, entre 2500 et 3000 ans avant notre ère. Le grand intérêt, et en même temps la grande importance de ces tombes, est dans les nombreux tableaux qui couvrent les parois. Ces peintures sont une représentation naïve et très-variée de la vie égyptienne, des occupations et aussi des amusements des différentes clauses du peuple, à ces époques si prodigieusement reculées. Sous ce rapport, elles complètent les tableaux analo* * gués qui se sont conservés dans les tombes voisines des pyramides de Gizèh. De plus, ces tombes sont remarquables par l'élégance et la pureté du style de leur architecture, et elles rivalisent avec les plus belles de la vallée du Nil. Les colonnes qui décorent soit rentrée, soit l'intérieur

de quelques-unes d'entre elles (celles du N.), ont exactement la forme et l'aspect des colonnes doriques ; elles sont polygonales, à seize faces, légèrement cannelées, excepté sur un« face qu'on a laissée lisse dans le but d'y graver des hiéroglyphes. Le fût se termine par un tailloir dont le diamètre est à peine plus grand que celui de la colonne. Les coleDnes supportent le toit creusé en forme de voûte et formant trois nefs.

Dans les grottes du S., elles se rapportent davantage à ce que Ton est habitué à regarder plus particulièrement comme le style égyptien, bien que, d'après leurs inscriptions. les deux groupes oontigus d'hypo^ gées soient de la même date, mies représentent les tiges de quatre plantes aquatiques liées ensenible et elles sont surmontées d'un chapiteau ea forme de lotus ou de boutcm de papyrus, qui se divise, comme le fut lui-même, en quatre lobes.

Les grottes sont situées à 3 kil. sq N. du village actuel. On y arrire par un chemin d'une grande largeur, qui, du rivage, s'élève sur le Tersant de la montagne, et que l'on peut distinguer aisément aux pierres rangée de chaque côtéj comme cela a lieu dans les routes tracées par les anciens à travers le désert et devani quelques-unes des tombes de Tbè^ bes.

Toutes les chambres, au nombre de 30 environ, ne sont pas également intéressantes. Le voyageur fera bies de laisser les plus méridionales et d'aller voir les deux tombes situées le plus au N. Ce sont les plus importantes, soit par le style de leur architecture, soit par la richesse et U variété des tableaux qui y sont représentés. La façade en est orné** de ces colonnes proto-doriques dont nous venons de parler. ;

Tombe d'Améni^Aminemhat, C'est la première au N. Dans l'inscriptîoD qui eouvre les deux côtés de la porte d'entrée, Améni-Aménemhat raconte

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