‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 231 sur 408 · ROUTE SO] BÉNI-HASSAN. — TOMBES · texte numérisé non relu

ROUTE SO] BÉNI-HASSAN. — TOMBES

sa vie : il a été^nénl dinfanterie et, comme tel, il a escorté plusieurs convois qui venaient des mines d'or d'Ethiopie , une fois en compagnie de Tnn des fils du roi Ousortésèn I** (xn* dyn.)* Il a été aussi gouverneur de la province de Meh, et par la sagesse de son administration il a mérité et obtenu les faveurs de son souverain.

H serait difficile de donner une description détaillée des scènes qui ornent sa tombe. Nous nous bornerons aux principales. Un grand nombre se rapportent à la vie civile et militaire du défunt. Plus de deux cents tableaux retracent les poses et les attitudes de deux lutteurs attaquant et se défendant, reculant, avançant, debout^ renversés; plusieurs figures représentent des soldats do toute arme, de tout rang, la petite guerre, Tattaque d'une ville avec les divers engins de siège (le bélier pour abattre les murs, la tortue pour protéger les travailleurs assiégeants), les punitions militaires, un ^iamp de bataille, enfin la fabrication de lances, javelots, arcs, flèches, etc. Ailleurs, c'est Tagriculture et la chasse, la danse : des danseurs, des danseuses font différentes figvres. On présente au mort des offrandes, un scribe prend des notes.

Ailleurs^ la bastonnade est infligée à des serviteurs, non seulement à des hommes et à des enfants, mais à des femmes. Ici, des chasseurs percent de leurs traits des bétes sauvages; là, des pécheurs tirent sur le rivage leurs filets pleins de poissons; plus loin, on prend des canards et divers oiseaux. Ici, des femmes jouent de la harpe; là, elles sont occupées à pétrir et à faire cuire le pain.

La tombe voisine est celle de Noumhotep , gouverneur , comme ^on parent Améni-Aménemhat, de la province de Ueh. Il vivait sous le règne d'Aménemhât II (xii* dyn.).

L'inscription qui fait le tour du soubassement de la chambre est un véri'

table extraîtdesanshives de la grande famille féodale dontNoumhotep était le représentant, n y raconte comment le roi Aménemhàtl*', « lorsqu'il vint, détruisant la révolte ■ dans les premières années de son règnp, donna à son grand-père maternel une principauté avec Menât - Khoufou (Minièh) pour capitale; comment au mariage de son père Néhéra avec la dame Beqet, le roi Ousortésèn I*' confirma cette première donation et agrandit les domaines de la famille ; comment lui, Noumhotep, et après lui son fils Nakht , devinrent par mariage et par donations successives princes d'une bonne moitié de la moyenne Egypte. Les peintures de son tombeau sont d'une finesse et d'une beauté remarquables. Les animaux, quadrupèdes, oiseaux et poissons, y sont représentés avec tant de vérité que les copies coloriées que ChampoUion en fit prendre, lorsqu'il découvrit ces trésors de l'antiquité égyptienne, ressemblaient aux gravures coloriée»

de nos beaux ouvrages d'histoiit»

naturelle. Malheureusement , ces sculptures ont beaucoup souffert des injures du temps et plus encore de la barbarie des voyageurs qui croient la place d'autant meilleure pour y inscrire leurs noms inconnus que le monument est plus beau.

Sur la paroi 0., à g. de l'entrée, on remarque : au registre supérieur, des charpentiers et des menuisiers ; au-dessous, des bûcherons qui abattent des palmiers, dont les chèvres broutent les branches ; à côté, Noumhotep est porté dans une chaise, et plus loin, à dr., on construit une barque; la troisième rangée représente deux navires garnis de rameurs ; dans la quatrième, un potier pétrit de l'argile et en forme des vases; à cdté, des femmes tissent et filent, sous la surveillance d'eunuques ; la sixième rangée offre le sculpteur sur pierre, le sculpteur sur bois, le peintre de statues.

HAUTE ËaYPT£. — BÉMI--HASSÂN. [ROUTE 20]

La paroi S» nous montre , dans les deux registres supérieurs, les femmes et les enfants da mort, et, au-dessous, les offrandes, dont Ténumération est contenue dans une longue liste, à g., sont présentées à Noumhotep; celui-ci; à l'extrémité de cette paroi, est assis sur un fauteuil. La quatrième rangée nous présente des bœufs, des vaches, des antilopes, deux porcs-épics, un lièvre, de la volaille ; des bœufs sont abattus et dépecés.

Sur la paroi E., au milieu de laquelle s'ouvre une chambre, Noumhotep, debout sur une barque, pique à dr. deux poissons, et, à g., il abat 'des oiseaux aquatiques. Le Nil, sur lequel flotte la barque, est peuplé de poissons, de crocodiles et d'hippopotames, et les bouquets de lotus qui s'élèvent au-dessus de l'eau donnent asile à des canards, à des hérons et à d'autres oiseaux. Sur la porte, Noumhotep prend une grande quantité d'oiseaux aquatiques avec un filet.

La paroi du N., au registre supérieur, représente une scène des plus curieuses qui , malheureusement , tend de jour en jour à disparaître.

Noumhotep est debout, ayant à ses côtés ses chiens favoris. Des émigrants, de race blanche, au nez aquilin, au visage ovale, À la barbe noire et pointue, arrivent devant lui, sous la conduite de leur chef Absha. Leurs femmes, leurs enfants les accompagnent. Ils ont la physionomie, le costume, la pique et la lyre des anciens Grecs, d'après les plus anciennes peintures des vases grecs : aussi Champoliion et les premiers égyptologues les prirent-ils pour des Ioniens. Ils s'avancent, suivis de leurs ânes; des antilopes, des oouquetins sont avec eux; ils sont habillés d'étoffes très-riches; l'une des femmes porte sur sa robe l'ornement connu sous le nom de grecque. Un scribe remet à Noumhotep une feuille de papyrus contenant l'indication des faits, por-

tant le nombre des émigraots q[ui était de 37 et indiquant l'an VI du règne d'Ousortésèn II Çxn*dyn.); ces émigrants sont désignés sous le nom d'Amott (Amou, proprement pasteur^ bouvier, est le nom générique des races syro-araméennes). Ils apportent, entre autres marchandises, du ifexièm, c'est-à-dire, le collyre à base e'antimoine dont les Égyptiens se servaient pour se noircir le bord des yeux. C'est la premièie caravane dont les monuments nous signalent l'existence. Les autres tableaux de ce mur se rapportent à la chasse et à l'élevage des bestiaux. Ils nous offrent des bouviers, des bœufs, des vaches, des veaux, des chèvres, des fines, des antilopes.

La paroi 0., à dr. de l'entrée, nous montre une chambre, où des gens montent par un escalier; à g., de^ peintres sont assis dans une salle à colonnes; à côté, un homme est occupé à peser au moyen d'une balance,. Dans la seconde rangée, le blé est coupé, chargé sur des ânes, dépiqué par des bœufs. Dans iaicoisième, la terre eM travaiUée.^avec La houe et avec la charrue;* tout près, sont deux barques, dans l'une desquelles est un sarcophage. L'avantdernière rangée est consacrée à la cueillette des fruits, à laquelle des singes sont employés. Cette série se termine par des scènes de l'inondation; un troupeau suit à la nage b barque sur laquelle est monté le berger.

Parmi les tombes situées au S. des premières, deux sont particulièrement dignes d'être visitées. La première offre des scènes de chasse, avec cette particularité que le nom des animaux est écrit sous chacun d'eux en hiéroglyphes ; le peintre et le sculpteur se sont appliqués, dans cette tombe, à nous faire connaître les jeux, les amusements et les exercices qui égayaient la vie de ceux dont ils ont orné la dernière de-> meure. Des femmes et des jeunes

[ROUTE SO] TOMBES. — 8PE0S AHTÉMiDOS.

filles exécutent des tours de force et d'adresse, elles jonglent gracieusement arec des balles. La courte paille, la main chaude, le mail, le criekH, la mourre servaient déjà de distraction aux Égyptiens d'Ousortésèn, et les saltimbanques de cette époque sont les ancêtres des nôtres.

— Un barbier rase une pratique. On remarque des souffleurs de yerre, des orfèvres, des bijoutiers, des sculpteurs, des peintres, des potiers, des tisseurs de lin. Sur la paroi £., sont des lutteurs dans diverses attitudes; et pour bien distinguer les mouvements des lutteurs, le peintre les a représentés, Tun en blanc, l'autre en noir. Sur le mur S., des paysans sont soumis à la baston* nade.

Dans la tombe voisine, outre les sujets déjà décrits dans la précéf dente, nous remarquons : un homme qui jeue aux échecs, et un magasin dont le toit est une voûte. C'est cette tombe qui a fourni la plus grande variété de jeux, de métiers et d'illustrations sur les mœurs et les coutumes des Égyptiens du moyen Empire. La plupart ont été copiées et décrites par Wiikinson, dans son ouvrage, tes anciens Égyptiens; par Champollion le jeune dans ses Jfonu* menu de rÉgypte et ds la Nubie ; par Lepsius dans ses Denkmdler aus JEgypten und JSthiopien (Abtb. II, t. II, pi. 120, sqq.).'

Parmi les autres particularités offertes par ces tombes, on remarque dans la suite des grands personna> ges, des nains, qui, longtemps av.

j. C, servaient, dit Champollion, à désopiler la rate des seigneurs égyptiens. On y trouve encore des exemples de médecine vétérinaire, des oies malades, des gazelles en traitement. On a observé que dans la série complète des animaux de Tancienne Egypte, le cheval et le chameau manquent; Tun et Tautre ont été probablement introduits dans le ys par les Hycsos : du moins,le che-

val paraît pour la première fois sur les monuments de la xvui* dynastie.

Revenant au S. vers le v. de Béni-Hassan, on ira visiter les tombeaux situés au S. £. de ce village.

On traverse d'abord un bois de palmiers au sortir duquel on voit la gorge oii se trouvent les tombes. On s'avance alors vers la montagne, sur le bord de la plaine déserte où les Anes avancent péniblement dans le sable profond. On entre (25 min.) dans la gorge; Tattention est aussitôt éveillée par une suite de grottes dont les ouvertures noires, ornées çà et là de lignes architecturales, s'ouvrent sur la dr. dans le rocher escarpé. Ces tombes, sauf quelques différences de détails, offrent la disposition commune à toutes les tombes égyptiennes (F. p. 86 et 86). Une porte étroite et basse conduit à une chambre, dans laquelle s'ouvre un puits carré, le plus souvent comblé.

Ce puits, comme on sait, conduisait à la chambre du sarcophage.

Ges tombes sont, comme les précé* dentés, dmées de peintures ; seulement, celles-ci sont très-détériorées et c'està peine si, avec beaucoup d'attention, on parvient à les reconnaitre.D'après ce qui en reste, on peut conjecturer qu'elles représentaient les mêmes .

sujets que celles du N., déjà décrites. Sur la porte d'entrée d'un de ces tombeaux, on a représenté le disque du soleil ailé et le cartouche d'Alexandre Aigos, fils d'Alexandre le Grand. Sur l'architrave, le roi est agenouillé devant l'image de Bast, la déesse à tête de lionne. Le voyageur fera bien de passer rapidement devant ces tombeaux, moins intéressants que ceux qu'il a déjà visités, pour arriver à la grotte la plus remarquable que les gens du pays appellent Sstabèl-Antar, et que les archéologues européens désignent sous le nom de Speos Artémidos (la grotte de Diane.) C'est un petit temple creusé dans le roc, et dédié à Pakht, divinité locale qu'il ne faut pas oonTon*

HAOTB ÉGYPTB, — ATPIÈH. [ROUTE «O]

point de départ pour la visite des pyramides de Dachour. Elles sont à 6 kii. dans Tintérieur des terres. A 1 kii. à l'O. de Masglioun, au petit village de Bl-Kafr, débouclie un chemin de caravane qui mène au Fayoum,à travers le désert (F. R.17).

La rive gauche du fleuve présente un spectacle charmant; les blés d'un vert brillant se pressent sous les groupes de palmiers et de magnifiques iiycomores et relèvent le cadre un peu uniforme du paysage.

UYiW&ged'el-Mékandèh (17 kii.), sur la rive occidentale, rappelle par son nom, comme il s*y accorde par sa distance de Memphis, l'ancienne cité d'Acanthufl, laquelle possédait un temple d'Osiris et un bois d'acacias épineux, arbre qui, selon Strabon, produisait de la gomme. La ville n'existe plus, mais l'arbre (acacia nilotica) est encore fort abondant dans le pays. Mëkandéh est à 6 kii. à l'E. de Tamèh, autre point de départ de la route N. du Fayoum. On rencontre ensuite (t kii.) Kafr el-Àiat et (4 kii.) Matanyèh, Ce dernier village, quoique également situé sur le bord du fleuve, sert à désigner deux pyramides que l'on distingue à l'horizon, dans la direction du S. 0. (F. p. 406). On voit près de Kafr el-Ayat et de Matanyèh les traces d'un ancien bras du Nil qui se dirigeait au N. 0. vers la chaîne libyque : peut-être est-ce là que le roi Menés établit sa digue pour forcer le Nil à couler plus à l'E.

Atfléh (rive orientale), (23 kii.), environ 5 h., au-dessus de Matanyèh.

Des monticules, comme en présentent la plupart des localités ancien^ nés, marquent le site d'Aphroditopolis, ou la ville d'Hathor, la Vénus égyptienne (F. p. 12T). Le nom égyptien d'Aphroditopolis, Pa-nehttep-ahe, est devenu dans la bouche des Coptes Tpéh ou Petpièh dont les Arabes ont fait Atfiëh. C'était la capitale du nome Aphroditopolite, et elle devint plus tard le siège d'un évéché. La déesse y était

adorée sous l'emblème d'une génisse blanche. On n'a trouvé d'autre monument dans les ruines qu'une pierre gravée au nom de Ramsès IL Sur la rive opposée s'élève Rekka el-Kébir^ et plus loin dans les terres, JT^idoum, qui est dans le site de l'ancienne ¥et-7St>ttm; une pyramide s'élève en arrière du village, à 10 kîL du fleuve (F. p. 405, 6). La fausie pyramide, ce bizarre monument, s'apercevra encore de très -loin au S. comme une sorte de phare annonçant la région des pyramides. Far contre , de ce point du Nil on aperçoit encore au loin vers le N..

pour la dernière fois, la citadelle du Caire et les deux grands minarets de la mosquée de Méhémet-Ali.

Depuis Torah, le caractère da paysage ne change pas. A l'E., la chaîne arabique se présente sous la forme de collines désertes dont la ligne sinueuse, tantôt se rapproche du fleuve, tantôt s'en écarte, de ma> nière & décrire un grand arc. Cette petite chaîne rappelle par la couleur et par la nature de la roche, la colline du Hoqattam, qu'elle dépasse un peu en hauteur. De ce côté, le désert s'étend presque jusqu'au riva^ dont il n'est séparé que par une étroite bande de terre cultivée, où des villages s'élèvent de loin en loin. Sur U rive 0., entre la chaîne libyque et le Nil, l'ail uvion s'étend plus loin dans la plaine et l'on aperçoit des groupes de palmiers, et, çà et là, quelque village. On laisse à dr. (8 kii.)

El-Ouastâ, (station du chemin de fer 83 kii. du Caire , 87 par le fleuve), où se trouve l'embranchement pour le Fayoum (V. p. 443 , a).

Ce joli village, aligné sur le^ bords du fleuve, est pour la navigation un point de jonction avec la ligne de Médinet.

Zaouyéh ou Zaouyet oi-MaBloub (1 kii.), rive g., est un petit village qui parait avoir été Isevm, en copte Naési, la cité d'Isis, où prenait naissanee un canal qui allait A Pou-

BÉNISOUÊF.

ttrû. Un cintl part, en effet, du Nil un peu auHlessus de Zaouyèh et rejoint au N. O.y près de la chaîne libyque, le Balir Youuouf. Un autre canal qui le dirige à TO. prend naissance à une très-petite distance du premier, et ces deux canaux bornaient au N. une lie que le Bahr- Youssouf et le Nil entouraient à TO. et à r£.; c'était Tlle du nome Héracléopolite. La dté d'Hercule était, suJTant Strabon, à l'extrémité S. de la province (F. ci^après p. 466, a).

On laisse à l'O. le villagede Bénèhedèb. En face du village de Jfe'tmoun (5 kil.) (r. g.)^ on voit un couvent copte, sous l'invocation de saint - AntoiM , d'où l'on envoie les provisions de bouche au grand couvent du même nom situé sur les bords de la mer Rouge (F. R.

19). Plus loin (4 kil.), au-dessus du village d^EekmmU, ombragé de beaux palmiers, est une fie de 3 kil. de longueur. On arrive (4 kil. r. 0.) en face de ZéUoun qui semble occuper la place de l'ancienne Phannitjoit (le lieu des oliviers, même signification que le nom arabe) qui appartenait au district de Pouchin. Ce dernier nom a été conservé par la ville de Bovch ou Bovch Goni, qui en est voisine. Bouch est une ville assez importante, mais oii rien ne sollicite la curiosité du voyageur ni l'intérêt de l'antiquaire. Elle renferme un certain nombre de chrétiens coptes, panni lesquels se recrutent les couvents de la mer Rouge.

Les villages voisins, Dallât et Chenouiyèh, semblent aussi d'anciennes localités égyptiennes; la première serait Sjol, le nom de la seconde est encore inconnu. La gorge d'Ulaoun , qui conduit au bassin du Fayoum ( F. p . 44&, b) , est précisément à ro. de Bouch, à la distance de 1 8 kil., mais cachée par des hauteurs. On arrive enfln à (lo kil. rive 0.)

BéniBOuéf (station de chemin de fer, à 4 h. du Caire, 118 kil. par le Nil). Cette petite ville, entourée de

ORIENT II

beaux sycomores et de palmiers, qui lui donnent un aspect riant, est la capitale de la province du même nom et la résidence du moudir; sa pojpulation est de 5000 bab. Elle a un bureau de télégraphe et un bureau de poste, établis à la station.

Un marché bien approvisionné s'y tient chaque semaine. Bénisouèf possède une manufacture de ces toiles qui servent aux vêtements des fellahs. C'est une industrie locale, déjà prospère au temps de Léon l'Africain, et que Mohammed-Ali a relevée en 1826. On y fabrique aussi des tapis de laine. Une île verte et bien cultivée s''étend au-dessous de Bénisouèf et partage en deux branches le Nil dont la vallée atteint ici sa plus grande largeur, 15 kil. environ, du côté de la chaîne libyque.

Vifr-à-vis de Bénisouèf, sur la rive £. et très-piès du Nil, s'élève le Gébtl Hémour Ckib&ulf au pied duquel, du cêtédu S., serpente le Ouady'Sennour qui conduit à des montagnes d'albâtre situées à 12 h. de là dans le désert, à mi-chemin entre le Nil et le golfe de Suez. L'entrepôt de ces carrières est au S. 0. de la montagne, sur les bords du Nil, à 6 kil. de Bénisouèf.

C'est anssi par ce Oaady que l'on peut •e rendre en trois jours de marche k travers le désert aux grands couvents coptes de Saint-Antoine et de Saint- Paul aa bord de la mer Ronge. (F.

Béoisooëf est également le point de départ habituel pour visiter le Fayoum, quand on n'en fait pas le sujet d'une excursion spéciale à partir du Caire (K. p. 442 et sq.). Oa trouve à Bénisouèf des ânes et des chevaux pour se rendre à Médinet el-Fayonm. c'est dans cette dernière localité qu'on pourra se procurer les chameam nécessaires pour parcourir les parties 0., N. et S. du Fayoum (K. p. 43'i). Pour se rendre de Bénisouèf au Fayoum, on se dirige au N. 0. d'abord, le long des canaux, puis A travers la plaine, droit sur la pyramide d'Illaoun que l'on aperçoit déjà à la sortie de la ville. On atteint Us bords do Bahr

HAUTE EGYPTE. — FECHN. [RODTB îOî

Yousaoaf, prêt de (90 klL) U digim â* i B^ir, d'où Ton gagne (s kil.) le poot | d'Illaoan où l'oa rejoint la route du Fayoum décrite p. 445. En temps dV nondation, un bon guide est néce&saire, car les canaux difûciles à franchir peuvent nécessiter de grands détours.

A ro. de Bénitouèf, près du Bahr- Youssouf, des buttes situées près d*Ak- ' nos el-Médineh^ marquent probablement l'emplacement de l'ancienne Héraeléopolls (la ville d'Hercule), Udkhnenttouten, Hakhnentou ou Khnii en égyptien, où était adoré i'ichneumon, ennemi du crocodile, lequel était honoré au contraire dans la ville voisine d'Arsinoë ou Grocodilopolis (V. Fayotim). Des luttes acharnées eurent lieu à propos de ces cultes rivaux entre les populations, jusqu'à l'époque des Romains, et contribuèrent, selon le témoignage de Pline, à la destruction du lameux labyrinthe.

De Bénisoaèf à (9 Idl.) Baranqahf on voit sur la rire g. quelques buttes qui marquent remplacement d'anciennes villes non déterminées.

Bibbèh (7 kil.), stat. du ch. de fer, a donné son nom à un célèbre Santon musulman, El- Bihbfmai, mais ce personnage parait imaginaire, et devoir son origine a une pieuse fraude des moines coptes, désireux de protéger leur sanctuaire et une image de saint Georges contre les attaques des musulmans (F. Murray's Handbook for Egypte 1875, p. 345). U chaîne arabique qui, depuis Bénisouèf, s*était éloignée, formant un large amphithéâtre, se rapproche au-dessous de Bibbèh, du Ut du fleuve qu'elle resserre, tandis que la plaine occidentale conserve toute sa largeur et sa riante culture. Plus bas, après avoir dépassé les deux îles allongées situées au-dessus de Bibbèh, la chaîne arabique s'éloigne de nouveau, en diminuant de hauteur, et, avant d'arriver à-Fechn, elle ne s'élève pas à plus de cent pieds. £lle se rapproche de nouveau du fleuve près de (17 kil.).

Fechn (stat. du chemin de fer, rive 0.}, chef-lieu de province, sans monuments ni antiquités. Un peu plus

bas, au. S. E., à 3 kil.» derrière 11k qui s'étend au S. de Fechn, sont !« restes d'une ville antique, Éheh^ doc:

le village voisin de Mh^OM Médw^ •il^ahii a conservé lenom.KhebjoiK un rôle important vers la xde* et la ir dynastie : elle était l'apanage d'uoe branche de la famille de Ramsès II qui disputa à plusieurs reprises il* gypte à la branche principale. I^ ruines consistent an une enceinte for mée par de très^gcossea murailles construites en briques crues. Sur le cdté N., une construction massife assez élevée, établie sur le rocher, devait servir de fort à cette ville, qui, par sa position à l'entrée d'an défUt étroit entre la montagne et le Nil était destinée à servir de place forte. Quelques-unes des briques employées dans la construction portaient les cartouches avec les noms de MeD- Khoper-RÂ (Thoutmèslll) {Y. p. Il») et de la reine In-m^Kkeb de la n' dynastie. On reooanait encore, sur la rive du fleuve, les restes d'uoqsa!

en pierre.

lA chaîne arabique s'éloigne de nouveau du fleuve, en décrivant un grand arc.

A 1 h. 1/2 de là, on arrive aux premières pentes du Gébel Cheikh- Embdrak , montagne considérable:

qui serre de près la rive orientale et forme la terminaison d'un grand plS' teau qui s'étend fort loin au S. £•  ro. du fleuve, au contraire, 1^ plaine riveraine conserve sa largeur, qui n*e9t pas moindre de 20 kil. ^ face du Gébel Cheîkh-Ëmhàrak est (2-2 kil.)

Mckghdgha ou Mararrah (statioi du ch. de fer), où se trouve ud< des plus importantes sucreries du khédive; autour do ce village, 1^ culture de la canne à sucre a pni une extension considérable. Près è C Patronna {TiveK)aoaXdts monticu les qui marquent l'emplacement d'uni ancienne ville, peut-être Panent Quelques kil. plus loin, la butti de Kôm el-'Àhmar,^v0o quelques d(

[ROOTB 20] ABOU-GIKGËH. — - SÂMALOUD.

bris, répond peut*étro i Tantique jr«sdii oa Muta. On trouve dans le voisinage quelques puits remplis de momies de chiens. On atteint enfin (26 kil. rive 0.)

Abou-Girgèh (on dit au^i Abou- Girg), C'est une grande ville felUh, assise en une riche plaine à 3 kil. du Nil. A 11 kiL (2 h. 30 m.) dans l'intérieur, en montant vers le N. 0., se trouve une place notable, Behneséh, située sur la rive occidentale du Bahr-Youssouf, près des montagnes libyques. Cest l'ancienne OxyrrhinchoSy ancienne Pa^iturfai, en copte Pemtjty dont le Dieu patronymique était roxyrrbinque» poisson du Nil à museau pointu (ce qu'indique son nom grec). Ce fut autrefois une ville considéraiile et l'on peut encore se faire une idée de son ancienne importance par le grand nombre de débris de toute sorte, colonnes de granit, fragments de chapiteaux, de sculptures, de poteries et de briques qui gisent épars sur le sol; mais on n'v trouve aucun monument digne d*intérèt. Oxyrrhinchos garda son importance jusqu'à une époque relativement récente; aujourd'hui la ville égyptienne et la ville musulmane n'ont presque laissé que des ruines.

Les dunas de sable du désert libyque tendent à envahir les champs cultivés. Au S. sont des monticules sablonneux renfermant un grand nombre de tombes de cheikhs, passant pour de saints personnages musulmans. A 35 min. de la ville, du cdté du N., il y .a des grottes, ou plutôl des excavations remplies d'eau, dans l'une desquelles on voit, dit-on, une rangée circulaire de colonnes. Aucun voyageur que nous sachions n'a exploré ces grottes.

A Abou-Oirgèh et Behnesèh, s'oorre la roate la plus saiTie pour sa rendre i la Petite- Oaiis (f . R. 31).

Jusqu'à la station d'AbourGirgèh, le voyage du Nil n'a présenté qu'un bien faible intérêt. A partir de cet en-

droit on entre dans la région oii les ruines, comme les souvenirs, vont se succéder sans interruption et où il faudrait s'arrêter en quelque sorte & chaque pas si l'on voulait ou si l'on pouvait voir tout ce qui est curieux et digne d'intérêt.

Après Abou-Girgèh, on laisse à dr.

(6 kil.) «t-iTa'û. l'ancienne Cynopolis, Hdr*outen^ Saka^ en copte Kai$.

La montagne située en face d'El- Kaîsy sur la rive £., renferme dans des puits d'innombrables momies de chiens. Cet exemple d'une ville séparée par le Nil de ses nécropoles n'est pas le seul qu'on rencontre.

Les Égyptiens, dans le choix d'une nécropole, soit pour eux-mêmes, soit pour leurs animaux sacrés, recherchaient avant tout un emplacement qui leur permit de faire à leurs morts une retraite sûre et durable et s'occupaient peu de la distance à franchir et des difficultés de transport.

Les puits qui renferment les momies sont de simples trous carrés, taillés dans le roc. Ces tombes sont creusées çà et là sur un grand pla* teau rocheux, nivelé par la main de l'homme. On y trouve aussi quelques grandes tombes, une entre autres où l'on descend par six marches et qu'on appelle le puits de Marie {Bir Silti Mariam).

Un peu plus loin sont les carrières de Cheïkh'ffasiatij près desquelles on remarque des débris de briques et de poteries.

Kolo Sana (20 kiL r. g., stat. du chem. de fer) est un grand village sur la rive g., à partir duquel le Nil fait un coude très-prononcé à 1*0., laissant dans son lit élargi trois îles placées de front.

Samalond (34 kil. d'Abou-Gîrgèh, rive g.), ville insignifiante, remarquable par un joli minaret qui s'élance gracieusement à une grande hauteur du milieu d'un bouquet de palmiers. Un peu au-dessus et presque vis-à-vis de Samaloud, i|on loin du village de Séraryéh, sur le

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