‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 232 sur 408 · HAUTE EGYPTE. — SAMALOUD. [ROUTE W · texte numérisé non relu

HAUTE EGYPTE. — SAMALOUD. [ROUTE W

versant N. du ouady ed-Deir^ il y a deux petits speos, dont l'un a été siimalé par le D' Lepsius, en 1843.

II f^it dAdié à la déesse Hat h or par Ifénephthab. Fn dehors des grotteift.

on trouve ritnage du roi Ramsès III avec le dieu Sebek à tète de crocodile et la déesse Hathor.

Dans cette partie delà vallée^enremontant jusqu'à Manfalout, les montagnes de TE. se terminent sur le fleuve même sans aucun intervalle. Entre Samaloud et Minièh, elles sont appelées Gébelel-Tair, la montagne de l'Oiseau. On rattaehe àce nom une légende assez singn1ière,dontla trace se trouve déjà dans Élien. Les fellilhs racontent que tous les oiseaux du pays se réunissent chaque année sur cette montagne, et qu'après avoir choisi un d'entre eux pour y demeurer jusqu'à l'année suivante, ils prennent leur volée vers l'intérieur de l'Afrique, d'où ils reviennent Tannée suivante relever leur camarade de sa faction et en mettre un autre à sa place. Le Gébel el-Taïr, qui s'élève à pic, plonge dans le Nil ses flancs noirs à la base, blanchissants au sommet, et remplis de cavités sans nombre. Sur le haut de celte montagne est perché (4kil.,rive dr.),le couvent de beirel-Âdra,coavent de la Vierge, ou Dêir-Bakaraj couvent de la Poulie. Ce couvent, comme tous les deîrs coptes, est en réalité un petit village, avec une église, quelques moines et quelques habitants, hommes, femmes et enfants.

Tout cela n'offre pas grand Intérêt, mais la vue étendue dont on jouit du haut de ce plateau élevé mérite que l'on en fasse l'ascension. Toutes les fois que les moines aperçoivent une barque de voyageurs, ils descendent le long de la falaise par le moyen d'une corde et viennent à la nage implorer la charité, en criant de toutes leurs forces : Boghehieh christiani KhaouagiK Ces braves Coptes pren

nent le bateau à Tabordage en costume primitif.

A 5 kil. environ au S. du couven:

est le « Gisr eUJgùux, « le pont de h vieille femme » construit en travers du ravin; il était sans doute destine à défendre les approches de la vallé*?

du Nil contre les attaques venues da désert. La tradition en attribue la construction à une ancienne reine égvptienne, Delouka; il s'étendait jusqu'à Assouân, sur chaque rive, et l'on en retrouve des vestiges çà et 1& dans les brèches qui peuvent livrer passage aux incursions des tribus errantes de 1*E.

A Tehnèh (18 kil. de Kolosana.

rive E.], village placé sur la bande de terre étroite qui sépare le Gébel el-Taïr du Nil, il y a des restes dp l'ancienne Ta-tehni qui est peot-^tre Acoris des Grecs. On y a trouvé Tinscription suivante, qui a révélé une forme nouvelle de la déesse Isis :

TOEP BAZIAEOZ OTOACMAIOr

eEor EniOANon metaaôt EntAPuror

AKQPIX EPrEÛZ IZIAI MOXIAAI ZÛRIPAI

En l'honneur da roi Ptolémée lodien £ptphane« ftrand. eachariste. Aeoiit, fiU d'£rgeus(a dédié) à Isii Mochias, déesse protectrice.

En suivant le versant 0. de la montagne vers le S. , on trouve sculptée sur le rocher une grande stèle représentant Ramsès HT recevant le glaive de la main du dieu Sébek à tête de crocodile, en présence d'Ammon, et, à côté, est un cartouche au nom du mémo Pharaon. Sur la face S. d'un rocher isolé qui s'élève immédiatement derrière l'ancienne ville, sont gravées deux figures en haut-i^elief, tenant chacune en maîn un cheval. Elles représentent probablement deux empereurs romains.

La base de la montagne est percée de beaucoup de grottes funéraires, les unes avec des inscriptions grec-

1. Le nom d« khaouagi, marchand, 1 laquelle les , Masnlmana Interpellant est l'épilhète aaaez dédaignease arec I presque partout les Baropéens.

[boute 20]

TBHNËH. ~ MINIËH.

que», d'aatres avec des ioicriptions hiérc^yphiques. En remontant un peu la rallée, on trouve d'anciennes carrièreségyptiennes^ qui ont(comme celles de 'lorah, F. p. 462) cet intérêt particulier^ que des travaux pousses à divers degrés y laissent aisément reconnaître la méthode qu'employaient les Égyptiens dans Teitraction des blocs. On voit qu'après avoir égalisé tiorizontalement la surface du terrain qui recelait la carrière, ils l'entouraient de quatre tranchées profondes formant un parailélogramme, avec un de ses côtés ouvert pour faciliter l'enlèvement des pierres. Ils creusaient ensuite des tranchées parallèles À 6 ou 7 pieds d*mtervalle dans toute la longueur du parallélogramme, puis d'autres tranchées à aogle droit avec les premières, de manière à diviser le tout en échiquier. Les tranchées ont à peu près 50 centim. de largeur, ce qui permettait de les creuser aussi avant qu'on voulait. Pour enlever les blocs selon l'épaisseur qu'on leur voulait donner, il n'y avait plus qu'à faire une coupure sur la face verticale.

EUHaouarté (même rive) présente les vestiges d'une ancienne ville égyptienne, située, comme tant d'autres, à l'entrée d'un ravin. On y trouve une inscription d'Amenhotep III et des tombes coptes chrétiennes.

Miniéli ou Miniét, selon la prononciation locale (8 kil., r. g., stat.

du chemin de fer, 226 kil. du Caire — 354 par eau). Le nom ancien de la ville était Mcvnât'Kkoufou, « la nourrice de Khéops », que les Coptes ont abrégé en Mouné ou Tmùné, d'où s*edt formé l'arabe Minièh ou Minièt.

Mmièh est généralement nommée Mittiètebn Khaslb. Elle est aussi appelée Monièh et, selon quelques*uns, Minièt ebn Fussil. Selon Léon l'Africain, elle aurait été construite par Khasib, un des gouverneurs établis par les khalifes de Bagdad.

Minièh,quoique bien située sur les bords du fleuve, manque de pittoresque. C'est une ville de 20000 habitants environ, capitale de la province du même npm et la résidence du moudir. C'est un bendèr ou ville à marché; le marché se tient le dimanche le long du fleuve, sur une place ornée de magnifiques sycomores. La ville a des bains et plusieurs mosquées. Dans une de ces dernières, située près du fleuve, on a employé des matériaux, notamment des colonnes, provenant d'une construction de l'époque romaine. 11 y a à Minièh un bureau de poste et un bureau de télégraphe. La ville possède une sucrerie, établie d'après les meilleurs modèles adoptés aux colonies pour la fabrication du sucre. L'animation qui règne autour des établissements de ce genre intéressera sans doute le voyageur. Des files de chameaux portant sur leur dos des montagnes de cannes se dirigent vers l'usine, loi, de jeunes feUftbs posent les cannes sur une claie mobile qui les entraîne sous les cyliudresà broyer; là, ils étendent au soleil les pulpes ligneuses, qui, une fois séchées, serviront de combustible économique pour le chaufi^age des machines:

tout ce petit monde d'ouvriers égyptiens se fait remarquer par son intelligente activité.

Au N. de la ville et des manufactures est un palais du khédive, sans intérêt, du reste.

Le cimetière de Minièh est à 1 h. 1/2 au S. de la ville, sur la rive opposée (rive £.) du fleuve, au lieu appelé ZaouyH êt-MeiUn. Cet emplacement de la nécropole de l'autre côté du fleuve est un usage qui remonte aux anciens Égyptieus. On trouve, dans la montagne, des tombeaux qui remontent au temps de la VI* dynastie. Sur la même rive que le cimetière, et un peu plus au N., à Souadi et à NetUt e^Zaouyih, on trouve aussi quelques grottes sénulcraies.

HAUTE EGYPTE. *- BÉNI-HASSAN. [ROUTE ftO]

Kùm el-Ahmar (la butte rouge), à 1& min. au S. du cimetière sur la même rive, est aussi un ancien site, avec quelques grottes sépulcrales.

On en trouve aussi un peu plus loin, à Métakara et à Oualed-Noair, Celles de Métahara sont fort anciennes; quelques-unes remontent à la iv" ou à la VI* dynastie. On y trouve quelques restes d*mscriptions coptes. Mais il vaut mieux se hâter d'atteindre Béni-Hassan que de s'arrêter à ces vestiges d'un intérêt secondaire.

Cette localité célèbre est à 6 h. environ (23 kll.) au-dessus de Miniëb.

Béni-Hassan. Ce village, composé, comme tous les villages arabes, de huttes basses, est situé à l'extrémité S. d'un beau bois de palmiers. Ses habitants ont la réputation d'être très-portés au vol, et l'on fera bien de faire garder la dababièh la nuit.

Béni-Hassan a pris, dans les études archéologiques de l'Egypte des Pharaons, un intérêt qui, à* certains égards, le dispute aux monuments de Thèbes. Ce sont des grottes funéraires creusées dans les rochers qui font face au Nil. Les inscriptions hiéroglyphiques, qui accompagnent quelques-unes des tombes, datent des premiers rois de la xii* dynastie, entre 2500 et 3000 ans avant notre ère. Le grand intérêt, et en même temps la grande importance de ces tombes, est dans les nombreux tableaux qui couvrent les parois. Ces peintures sont une représentation naïve et très-variée de la vie égyptienne, des occupations et aussi des amusements des différentes clauses du peuple, à ces époques si prodigieusement reculées. Sous ce rapport, elles complètent les tableaux analogues qui se sont conservés dans les tombes voisines des pyramides de Gizèb. De plus, ces tombes sont remarquables par l'élégance et la pureté du style de leur architecture, et elles rivalisent avec les plus belles de la vallée du Nil. Les colonnes qui décorent soit l'entrée, soit l'intérieur

de quelques-unes d*entre elles (celles du N.)) ont exactement la forme et l'aspect des colonnes doriques; elles sont polygonales, à seize faces, légèrement cannelées, excepté sur une face qu'on a laissée lisse dans le but d'y graver des hiéroglyphes. Le fût se termine par un tailloir dont le diamètre est à peine plus grand que celui de la colonne. Les colonnes supportent le toit creusé en fonne de voûte et formant trois nefs.

Dans les grottes du S., elles se rapportent davantage à ce que l'on est habitué à regarder plus particulièrement comme le style égyptien, bien que, d'après leurs inscriptions^ les deux groupes contigus d*hypogées soient de la même date. Elles représentent les tiges de quatre plantes aquatiques liées ensemble et elles sont surmontées d'un chapiteau en forme de lotus ou de bouton de papyras, qui se divise, comme le fut lui-même, en quatre lobes.

Les grottes sont situées à 3 kil. au N. du village actuel. On y arrive par un chemin d*une grande largeur^ qui, du rivage, s'élève sur le versant de la montagne, et que l'on peut distinguer aisément aux pierres rangées de chaque côté^ comme cela a lieu dans les routes tracées par les anciens à travers le désert et devant quelques-unes des tombes de Tbèbes.

Toutes les chambres, au nombre de 30 environ, ne sont pas également intéressantes. Le voyageur &ra hi&i de laisser les plus méridionales ei d'aller voir les deux tombes situées le plus au N. Ce sont les plus importantes, soit par le stylo de leur architecture, soit par la richesse et la variété des tableaux qui y sont représentés. La façade en est ornée de ces colonnes proto-doriques dont nous venons de parler.

Tombe d'Améni'Aménêmhat. C'est la première au N. Dans l'inscription qui couvre les deux côtés de la porte d'entrée, Améni-Aménemhat raoonte

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