ROUTE SO] BÉNI-HASSAN. — TOMBBS
sa Tie : il a été^&énl dinfanterie et, comme tel, U a escorté plusieurs convois qui venaient des mine» d*or d'Ethiopie, une fois en compagnie de Tan des fils du roi Ousortésèn I" (xn* dyn.)- Ha été aussi gouverneur de la province de M eh, et par la sagesse de son administration il a mérité et obtenu les faveurs de son souverain.
11 serait difficile de donner une description détaillée des scènes qui ornent sa tombe. Nous nous bornerons aux principales. Un grand nombre se rapportent à la vie civile et militaire du défunt. Plus de deux cents tableaux retracent les poses et les attitudes de deux lutteurs attaquant et se défendant, reculant, avançant, debout, renversés; plusieurs figures représentent des soldats de toute arme, de tout rang, la petite guerre, Tattaque d'une ville avec les divers engins de siège (le bélier pour abattre les murs, la tortue pour protéger les travailleurs assiégeants), les punitions militaires, un champ de bataille, enfin la fabrication de lances, javelots, arcs, flèches, etc. Ailleurs, c'est l'agriculture et la chasse, la danse : des danseurs, des danseuses font difliérentes figures. On présente au mort des offrandes, un scribe prend des notes.
Ailleurs, la bastonnade est infligée à des serviteurs, non seulement à des hommes et à des enfants, mais à des femmes. Ici, des cbasseurs percent de leurs traits des bétes sauvages; là, des pécheurs tirent sur le rivage leurs filets pleins de poissons; plus loin, on prend des canards et divers oiseaux. Ici, des femmes jouent de la harpe; là, elles sont occupées à pétrir et à faire cuire le pain.
La tombe voisine est celle de iVoumAotep , gouverneur , comme soD parent Améni-Aménemhat, de la province de Meh. Il vivait sous le règne d'Aménemhât II (xn* dyn.).
L inscription qui fait le tour du soubaflttement de la chambre est un véri'
table extrait des archives de la grande famille féodale dont Noumbotep était le représentant. II y raconte comment le roi Aménemhàtl", « lorsqu'il vint, détruisant la révolte » dans les premières années de son rëgn^, donna à son grand-père maternel une principauté avec Menât - Khoufou (MiDièb) pour capitale; comment au mariage de son père Néhéra avec la dame Beqet, le roi Ousortésèn I*' confirma cette première donation et agrandit les domaines de la famille ; comment lui, Noumhotep, et après lui son fils Nakht , devinrent par mariage et par donations successives princes d'une bonne moitié de la moyenne Egypte. Les peintures de son tombeau sont d'une finesse» et d'une beauté remarquables. Les animaux, quadrupèdes, oiseaux et poissons, y sont représentés avec tant de vérité que les copies coloriées que ChampoUion en fit prendre, lorsqu'il découvrit ces trésors de l'antiquité égyptienne, ressemblaient aux gravures coloriée»
de nos beaux ouvrages d'bistoiie naturelle. Malheureusement , ces sculptures ont beaucoup souffert dea injures du temps et plus encore de la barbarie des voyageurs qui croient la place d'autant meilleure pour y inscrire leurs noms inconnus que le monument est plus beau.
Sur la paroi 0., à g. de l'entrée, on remarque : au registre supérieur, des charpentiers et des menuisiers ; au-dessous, des bûcherons qui abattent des palmiers, dont les chèvres broutent les branches ; à côté, Noumhotep est porté dans une chaise, et plus loin, à dr., on construit une barque; la troisième rangée représente deux navires garnis de rameurs; dans la quatrième, un potier pétrit de l'argile et en forme des vases; à côté, des femmes tissent et filent, sous la surveillance d'eunuques ; la sixième rangée offre le sculpteur sur pierre, le sculpteur sur bois, le peintre de statues.
HAUTJS ÉaYPTB. — SYOUT. (ROQTE M
6'attache à l'antiquité de ces grottes, la vue panoramique très remarquable dont on jouit du haut de cette montagne suffirait pour récompenser le voyageur d'avoir fait cette petite ascension. Tandis qu'à dr. et à g. la vue s'étend sur le désert libyque, le spectateur a devant lui la large plaine où coulent le Nil, le Souhagièh et les canaux qui en dérivent, immense tapis de verdure, qui se prolonge à perte de vue au N. et au S. et s'étend jusqu'à la chaîne arabique en face.
L'Egypte ne présente peut-être pas d'endroit où elle se montre sous un aspect plus riche et plus riant. Au pied de la colline, Syout avec ses constructions pittoresques sort d'un riche bouquet d'arbres formé par ses jardins. Au temps des grandes inondations, toute cette plaine verdoyante se transforme en un lac immense, qui, se confondaot avec le Nil, ne semble plus avoir de limite, et au milieu duquel la ville semble flotter, comme une autre Venise, que ses chaussées plantées de grands arbres rattacheraient seules au continent.
De Syout à la Grande-Oasis (F. R. 23). En face de Syout, sur la rive orienUde du Nil, s'ouvre aussi une large coupure, le Ouady-Syout, qui conduit au Gébel-Zeït sur la mer Rouge.
A partir de Syout, le caractère de la vallée reste à peu près le même.
Sur la rive dr., la chaîne arabique, tantôt projette ses murs de rochers Jusque sur le lit du fleuve, tantôt s'éloigne à une faible distance, formant toujours comme un rempart entre la vallée et le désert. Le plus souvent, les montagnes tombent à pic sur les terres cultivées et, pendant l'inondation, leur pied est baigné par les eaux. Le plateau désert, dont elles marquent la lisilre et qui s'étend à !'£. jusqu'à la mer Rouge, est entrecoupé de ravins profonds, lesquels ont tous une forte pente vers la vallée du Nil, dans laquelle ils viennent déboucher aprèa s'être dirigés du N.£. au S. 0.^
en sens inverse de la vallée. Âjni
Touady-Syout, que nous venons (
citer, nous trouverons plus loin, ?c
le S., le ouady qui, de Koçôr s
la mer Rouge, vient à Akhoiîn,
un autre qui, partant égaleœfl
de Koçeîr, aboutit à. Kénèh. l
anciens Égyptiens , craignant 1
invasions des Arabes, avaient fen
par des murailles en briques cm
fortifiées par des tours, ces diffères
débouchés; nous avons vu ci e(
( V. p. 468) quelques restes de 0
antiques défenses. Outre cesgnn
ouady, qui sont de véritabl« rat
de communication entre k m
Rouge et le Nil, l'escarpemeit o<
cidental du plateau est coupé <
ravins profonds qui donnent )»
reusement un peu de pittoresifBt
cette longue falaise. La plaine, ^
largeur très- variable, que l>orD«
VB,, la chaîne arabique, est bien ca
Uvée, partout où llnondatioa l«
atteindre. Sur la rive occidentale, 1
chaîne libyque, qui, près de Sjn»
s'était un instant rapprocàée di
fleuve, s'en éloigne de noav«i<^*
laisse entre elle et le Nil oM^
plaine fertile, que Ton peut amw
aisément soit par les eaux du Ni
soit par celtes du Souhagièb. LMpi
miers y prennent des dimensM»
remarquables. Des villages ^
breux s'y pressent^ élevant aa-deâH
de leurs huttes noirâtres leuisi
geonniers semblables à des fortert
ses ou à d'anciens pylônes. On vtf
souvent, alignées sur le rivage i
longues rangées, des cruches de too
grandeur. On en fabrique beauciii
à Syout, à Kénèh et dans toute
haute Egypte pour laquelle iU m
une source de revenus. Attacliè
ensemble par les anses, après qu'*
les a préalablement fermées, ell
flottent en forme de radeaux
accomplissent de longs voyages'
suivant paisiblement le fil de Tts*
sous la garde de quelques penonnt
qui se tiennent sur le radeau.
Le fleuve^ du reste, présenie Ifii
[ROUTE 20] ABODTIG. — GAOU JBL-KÉBIR^
jours le même aspect. Les oiseaux aquati<iues se montrent en grand nombre. Les gofilands se croisent dans l*air avec des milliers de mouettes et d'épenriers. Des cormorans, des pélicans à Ténorme bec rosàtre posés sur les bas-fonds que longe le bateau, forment çà et là dans le lit du fleuve des taches blanchâtres; Quelque embarcation passe, déployant sa voile pendue à la longue vergue.
Aux écfaancrures pratiquées au bord du fleuve, des fellahs nus jusqu'à la ceinture puisent l'eau dans la coupe de cuir des chadoufs et Ton est frappé de leur beauté plastique, toujours plus saisissante, à mesure qu'on avance dans le S. Les villages se succèdent sur les deux rives et se ressemblent comme des ruches basses et poudreuses.
En face de Syout, le v. d'el- Ouasta doit marquer la position de Tantique Gontra-Lycopolis, mais il n'en reste aucun vestige.
Au-dessus de Syout, on laisse sur la rive g., NesUt Chetoub, Eeharabyéh, au-dessus duquel des prises d'eau conduisent l'eau du Nil au Soubagièh. A 3 h. 1/2 au-dessus de Syout, près d'un couvent copte appelé Dsiir Botra (rive dr.) quelques ruines sur une hauteur annoncent un ancien site. La tradition locale reut que ce lieu ait été le premier emplacement de Syout. Derrière ces ruines, près de l'entrée du Ouady- $yout, s'ouvre un vallon latéral daus equel,à 6 h. du Nil, il y a une carière d'albâtre. Au-dessus de Ei- ^arabiih et El-Natafèh (rive dr . ) , on lasse entre deux fies parallèles. La »baîne arabique envoie ses escarpe* nents jusqu'au bord du fleuve, sur ine étendue de plusieurs kil. En face le Ntêlet ei-Bagourah (rive g,), les rochers de la rive dr. s'éloignent et x>urent parallèlement au fleuve à une iistance de 6 kil., formant un long »uady qui va rejoindre au S. Gaou i-Eébir (F. ci-<lessus). A 4 ou 5 h.
le Deîr-Boera, on atteint
Abontig (26 kil. de Syout. Rive 0.), VApothyké desCoptes; il n'y a pas de ruines.
A 6 kil. au-dessus d'Aboutig, derrière E^Bédarèhy et plusau S., près de Rahain^ la chaîne arabique contient plusieurs tombeaux, dont quelquesuns méritent d'être notés, parce que leurs sculptures leur assignent une place auprès de ceux de Hemphis.
Dans l'un d'entre eux, le rocher qui forme le plafond est, comme dans le tombeau situé près de la pyramide de Khéphren, sculpté de manière à imiter des troncs de palmier rangés à côté les uns des autres. Des carrières et d'autres tombeaux se trouvent dans toute la longueur de l'escarpement, du N. au S.
Plus haut (2 heures) se montre le bourg de Selfèh (8 kil. Rive 0.) et derrière ce bourg, dans l'intérieur, à 1 h. de distance, la petite ville de Dquéir.
Ici le Nil se porte au S. £. jusqu'à proximité du gros village de Gaou el-Kébir (9 kil. Rive E.).
Ce lieu a succédé à un autre village du même nom un peu plus près de la rivière, où se voyaient encore quelques restes de l'ancienne Antaopolis. En 1823, ruines et habitations, tout fut emporté par le fleuve. Derrière Gaou el-Kébir, en gravissant au N. la pente des hauteurs, on peut voir quelques groUês funéraires et un petit temple taillé dans le rocher, le premier de ce genre que Ton rencontre en montant vers Thèbes. On a trouvé au N. de Gaou el-Xébir des restes de murs portant le cartouche d'Amenhotep III.
C'est dans la plaine qui s'étend au S. de Gaou el-Kébir que la tradition place le combat décisif entre Horus et Typhon, dans lequel Typhon succomba.
A partir de Gaou el-Kébir, le fleuve décru un coude à l'O. près de MechUh (10 kil.), en face duquel s'étend une grande île. Au-dessus de Mechtèh, un canal conduit les eaux du Nil dans le