TEMPLE DE SÉTI
les deux bras sur le dieu, pour appliquer le j>arfum met^, pour enlever le vêtement menkh, pour offrir les soeptre ouas, le crochet heky le fouet nekhekh, aux bras et aux jambes du dieu. Plusieurs de ces chapitres ont trait à des pratiques d^adoration et i des actes de purification minutieusement réglés. Sur les trente-si« tableaux qui décorent chaque chambre, vingt appartiennent à Tétage inférieur, seize au second étage.
Ànnese du sanctuaire d'Onris.
Au fond de la troisième des salles voûtées, chambre d'Osiris, s'ouvre une porte qui donne accès dans huit autres salles qu'on peut regarder comme un prolongement et un agrandissement de la première.
La «aU« (a) , dans laquelle on entre, a 21 met. \b cent, de longueur et 10 met. 20 de largeur. Elle possède deux rangées de cinq colonnes, dont deux n'ont plus qu'un tiers de leur hauteur primitive. Les plafonds de cette salle sont détruits. La démolition des murs latéraux a été commencée, puis interrompue, quand déjà un quart environ de ses murs avait disparu.
On regrette d'autant plus ces mutilations, dit M. Mariette, qu'elles ne datent que d'une trentaine d'années. Au N. 0. de la salle (a) sont trois petites salles (b, c, d), parallèles à la première.
La salie (d) est consacrée à Horus; sept tableaux occupent les parois de la chambre; ils représentent Séti faisant des offrandes à différentes divinités. 1" tableau, en commençant par la droite : Séti offre l'encens à Horsiésis; 4* tableau : il est introduit par Isis devant Horus vengeur dont il reçoit le hek et le khou, etc.
Ui salle (c), au S. de la première, est dédiée à Osiris. Trois tableaux garnissent les parois de la chambre ; le deuxième tableau, en commençant par la droite, au fond de la salle, représente le roi casqué, la corne sur Toreille, introduit par Horsiésis devant Osiris et Isis.
La saUê (b),au S. de la salle (c),est dédiée à Isis. Sept tableaux garnissent les parois de la salle; ils représentent Séti faisant diverses offrandes à Isis. Dans le 4" tableau^ en commençant par la droite, Séti reçoit d'Isis et d'Horus le sistre, le menât et le sceptre des panégyries.
Sur le côté opposé de la salle (a), c'est-à-dire au S. 0., une salle (e) ayant quatre colonnes ruinées, rangées deux à deux, donne accès dans trois petites chambres. Cette partie de l'intérieur du temple a énormément souffert. Les murailles sont presque partout détruites à hauteur d'appui ; quelques pierres brisées, provenant du plafond, découvertes pendant les fouilles, montrent que le plafond était astronomique. .
Tramée consacrée au roi, La septième travée au S. .-nous montre les scènes diverses de l'apothéose du roi gravées sur les portes et sur les colonnes. Le roi est introduit parmi les dieux. Sur la porte (t), entre hk salle A et la salle B, Isis présente au roi le symbole des panégyries; Khnouphis lui verse sur la tête l'eau de purification. Deux tableaux occupent la partie de la porte i, qui regarde la salle B. A g., Thoth et Séti. Le roi est debout, coiffé du casque; Thoth verse un liquide sur sa tète. A dr., Séti, coiffé du diadème, tient en main le grand sceptre et le fouet. Le prêtre Hen-moutref vêtu de sa peau de panthère est debout devant lui, brûlant des parfums. Les trois colonnes de cette travée dans la salle B portent chacune quatre tableaux d'offrandes. La saXLe (I) est ornée de vingt-deux tableaux; 2* tableau: Neuf dieux réunis dans une même expression, ce que les Égyptiens appelaient un pooul de dieux(une neuvatnede dieux), et le Hen-moutret devant eux. 4* tableau : Séti, assis sur un trône richement orné,étend la main vers une table qui est censée porter les offrandes énumérées dans le grand tableau sculpté à côté. 8* (a-
HAUTE ÉGtPTE. — - ABYDOS. [BoutB 20]
hUau : le palanquin du roi porté par six génies. On remarquera dans le tableau 19*, l'image de la grande barque de cérémonie que l'on conservait dans la chambre ou qu'on y introduisait à certains jours. Plusieurs de ces tableaux sont détruits ou sont très-mutilés.
ÀUe méridionale du temple, La décoration de cette partie du temple n'a jamais été achevée ; c'est là qu'on trouve le plus de plafonds détruits, le plus de murs abattus.
La salle B communique à l'angle S. E.y par une porte, avec une chambre rectangulaire (j), de 16 met. 39 c. de long sur 8 met. 20 c. de large, consacrée à Socharis, dont le nom est quarante-trois fois répété sur un tableau divisé en quarante-trois lignes verticales. L'intérieur de la salie est décoré, comme à l'ordinaire, de grands tableaux rangés sur deux étages. A l'ouest et dans l'axe même de cette chambre (j ) , deux portes donnent accès dans deux petites chambres qui occupent toute la largeur de la première. Le registre inférieur des parois est orné de divers tableaux représentant des actes d'adoration à Socharis, à Nefer-Toum. On remarquera le tableau où le roi, sous la forme d'un sphinx^ reçoit le fouet que lui offre Nefer-Toum (à tète de hon, sans coiffure). Le dieu tient le fouet de la main droite, de la main gauche VUt*a ou œil d'Horus, emblème du Soleil et de la Lune.
Corridor, Une porte pratiquée dans la paroi méridionale de la seconde salle hypostyle donne accès dans un corridor de 25 met. 38 c. de long, légèrement montant, qui communique avec un ensemble de chambres, de couloirs, d'escaliers où les inscriptions prennent tout à coup une importance considérable. Le plafond du corridor est décoré d'im semis d'étoiles et de cartouches symétriquement disposés; sept tableaux, savoir trois à droite^quatrei gauche, couvrent les murs.
Paroi droite: 1" tableau. Séti parait accompagné de son fils Ramses II. Le 2* talileaa est le célèbre tableau où Séti fait une oblation i soixante^seixe rois choisis parmi ceui qui ont régné sur l'Egypte depui-i Menés ; Séti s'introduit lui-même au 76* rang. Ce n'est pas sans une certaine émotion, dit M. Mariette, qu'en tdte de la liste, on voit paraître le nom de Menés, l'antique fondateur de la monarchie égyptienne. Cette liste, par la beauté de la gravure, par son parfait état de conservation et par son importance historique, est un des monuments les plus importants que nous aient laissés les ruines de rÉgypte ; elle est connue sous le nom de Table d'Abydot,
Paroi gauche : le 1* tableau représente Séti et Ramsès en présence d'Osiris-Ounnofer, assisté d'Isis. Dans le 2* tableau, Séti adresse une prière à Phtah-Sokar-Osiris, qui réside dans le temple de Hd-men-md, et à tous les dieux de son cycle. Suit une litanie de cent trente versets, dans laquelle Séti rappelle les noms de cent trente lieux, et des cent trente divinités ou objets sacrés qui y étaient particulièrement vénérés.
Le corridor conduit dans une cour { l) rectangulaire, bordée sur trois de ses côtés d'un péristyle dont la décoration n'a point été achevée. Des basreliefs, des inscriptions en creux couvrent les murailles et représentent des scènes d'adoration à Osiris, Isis, Phtah et Bast. On y trouve de grandes jarres encore scellées dans le dallage de la cour et auxquelles aboutissent des rigoles revêtues d'uD dur ciment, et des débris nombreux de vases à contenir l'eau, et on y a découvert deux puits, l'un situé dans la cour même, l'autre i l'extérieur; mais ibi sont de construction moderne et doivent remonter au temps où cette même cour avait /6té trans formée en église copte et oà le temple lui-même était devenu un village.
Vetcalier, A droite et vers le milieu
TEMPLE DE JSËTI.
du corridor, se trouve un escalier (k) qui conduisait à Textrëmité du temple.
Deux grands tableaux couvrent les deux parois montantes de Tescaiier.
Dans un de ces tableaux, Ramsès félicite le roi Séti (son père) sur le temple qu'il a bâti. Ce discours, qui est censé prononcé par la déesse Sefekhy dehoMt à l'autre extrémité du tableau, présente de l'intérêt. « 0 mon fils que i'aime, midtre des deux Égyptes {Rd-md-men) v. s. f, fils du Soleil (Ptah-Méi'Séîi), ta demeure est finie, ta fondation est achevée; ses habitants se réjouissent de reposer dans ton temple vénérable; tous les dieux te protègent {tandis que tu descends) sur cette terre de vérité qui est à l'occident d'Abydos. « C'est moi qui Tai fondée avec Sokar, dit Phtah ; j'ai déterminé au cordeau l'enceinte de ses murs ; tandis que ma bouche prononçait les grandes formules, Tboth assistait à ia consécration avec ses livres sacrés;.., Ptah Totounen a mesuré le sol, Toum y vit pour toujours (?}. Le pieu que j'avais en main était d'or et j'ai frappé dessus avec le marteau. Toi, tu étais avec moi en ton râle de géomètre : tes deux bras tenaient la houe (?) afin d'établir les quatre angles de l'édifice, selon les points cardinaux du del. Les formules conservatrices ont été prononcées, les cérémonies préservatrices ont été faites par Neith et par Selk.
Grâce au roi, tous les dieux reposent dans le temple avec Osiris; chacun a sa place dans la grande salle. Ce que le roi a fait pourRfl, Phtah-Sokar, Shou, Tafnè et tous les autres dieux et déesses dont les images sont dans le temple, est successivement
rappelé Après ces préliminaires,
la déesse s'adresse plus directement à Séti. 11 a été institué comme roi sur le trône du soleil... Le monde lui a été donné comme une balance et il le gouverne par sa vertu bienfaisante... La terre est remplie de lui... Il a veillé sur celui qui était endormi ; il a éclairé celui qui était
dans les ténèbres... Un peu plus loin, Sefekh annonce que c'est par l'ordre de Râ qu'elle éternise les vertus du roi par ses écrits : « Ma main écrit tes perfections comme fait mon frère Thoth. Toum lui-môme nous a dit à tous deux : « Je me réjouis de tes « desseins. • Tous deux nous avons rassemblé pour toi les deux régions sous tes sandales; tous deux nous avons réuni pour toi la plante du Midi à la plante du Nord et tu es devenu roi des deux Égyptes. » Sur la paroi gauche sont gravées des scènes analogues ; seulement le discours de Sefekh est remplacé par le discours du dieu Thoth.
Le corridor donne aussi accès dans une chambre rectangulaire inachevée. Au S. 0. de la cour (l) se trouvent plusieurs chambres dont aucune n'a été achevée. A l'angle 0. de l'édifice est une salle dont il est bien difficile de déterminer l'usage. Elle est nue, sans légendes , de la hauteur de toutes les autres, les pierres des murs à l'état brut. D'immenses blocs horizontaux formant plancher la coupent par le milieu. Pas d'air, pas de fenêtres, pas de portes^ il en résulte deux caves superposées.
^ A quel dieu ce temple était-il dédié? Était-ce à Osiris, ou aux sept dieux des salles voûtées? Les nombreuses inscriptions qui couvrent les parois de l'édifice n'ont pu donner une réponse satisfaisante à cette question.
Temple de Ramset. Un peu plus loin, au N. du temple de Séti, est le temple de Ramsès IL II avait été pris, par les savants de la Commission d'Egypte, pour le temple d'Osiris. « Quant au temple d'Osiris, dit Jomard (Description de Vi^gypte, t. IV, p. 32), on ne peut en rapporter la position avec vraisemblance à aucun autre lieu que celui que j'ai déjà désigné, à 30U met. du palais, là oii }'ai vu la terrasse de ce grand édifice ensablé jusqu'au toit. Il n'est paa à espérer qu'on puisse jamais en reconnaître l'intérieur; du moins,
oe serait une difficile entreprise que de vider et de porter au loin une aussi grande masse de sable que celle qui a pénétré dans le temple, et peut-être l'a comblé entièrement. »
Aujourd'hui il ne reste de ce temple que les murs jusqu'à une hauteur du sol; d'environ 1 met. 50 c; les fouilles qui y ont été faites par M. Mariette ont permis d'en reconstruire le plan.
La cour dans laquelle on entrait par une porte en granit rose, dont il ne reste que des débris, était bordée sur les quatre côiés de piliers carrés auxquels de grandes statues de Ramsès en Osiris sont adossées ; il ne reste de ses murs extérieurs que des tableaux plus ou moins mutilés qui en formaient le soubassement; on y reconnaît encore :
Côté N. : des personnages barbus, les mamelles pendantes en signe de fécondité, ils apportent sur leurs mains étendues des tables chargées d'offrandes. Sur le mur de l'aile dr. , est un second tableau qui représente neuf prisonniers asiatiques, enchaînés et liés les uns aux autres. Le»
cartouches qu'ils portent donnent le nom des peuples auxquels ils appartiennent.
Côté S» Trois tableaux occupent également le côté S. de la cour. Ce sont des personnages allégoriques faisant pendant à ceux du côté N. et dont quelques-uns ont disparu, de:> prisonniers nègres et deux processions. Une porte, dont le chambranle extérieur est en beau granit noir, conduit dans une première salie dont le pourtour est occupé par une liste de nomes. La salle suivante présente, au milieu des piliers abattus et des murs démolis, des blocs de grès provenaut des plafonds, et portant des traces de représentations astronomiques. Le sanctuaire est, comme le reste de l'édifice, encombré de débris; le plafond était en granit, les parois en albâtre. Les autres salies n'offrent que des légendes au nom de I
Ramsès, aimé d'Osiris, d'Ânubis, de Thoth, de JQiem, d'Isis, d'Âmnion, d'Horus. C'est dans une de ces salles qu'a été découverte par AI. Banks, cl 1818, une première table des rois, mutilée, que M. Mariette regarde comme un double de celle que renferme dans son intégrité le temple de Séti. Elle est actuellement au Musée Britannique. Le temple de Ramsès est contemporain de l'obélisque de Paris.
La Nécropole. En continuant à se diriger vers le N., on rencontre une enceinte assez vaste de briques crues qui marque peut-être l'emplacement de l'ancienne Thinis. Près de là et toujours dans l'enceinte est un uimulus, nommé le Kôm eiSoultdn. Ce n'es:
pas une butte naturelle; elle a éitformée par l'amoncellement succesMi des tombes qui, d'âge en Âge, se son:
superposées, à côté du tombeau du dieu. M. Mariette fondait les plu< grandes espérances sur les fouUie> entreprises à Kôm es-Soultàn; peuiètre trouvera-t-on là l'eutréa incoanue de la tombe du dieu.
La nécropole d'Abydos a fourni les quatre cinquièmes des stèles du musée de Boulaq. ( V, Musée de Boulaq.
en particulier les stèles 44 (sièir d'EnteO, 45, 47, 50, 51, 52 (Osiris > est appelé « seigneur de TaUou, di«k grand, qui réside dans Abydos • ) îm.
54, la stèle de Neb-oua, fn'emier pr^r phéte d'Osiris, n* 64, la stèle de Nt 1er ter, n* 75 (ces deux derniè:e5 stèles contiennent des textes iatére»* sants), et beaucoup d'autres publics:?
par M. Mariette dans le deuxièu« volume d' Abydos. Cette nécropole, aujourd'hui bouleversée et dépouillée de tous ses monument, a perdu sua.
importance pour le visiteur. Les tombes sont principalement de la vi*, de la xu* et de lai xxu* dynastie. 0 y remarque des voûtes qui non-se iement sont disposées selon un coupe ogivale, mais où les briqu qui forment l'ogive sont taillées el Youssoir.
[ROUTE 20] BBLUANÈH. — FARCHOOT.
D'Abydos^ selon qu'on l'aura visitée en remontant ou en descendant le Nil, on rejoindra Bellianèh ou Girgèh. Le fleuve ne présente rien de bien intéressant entre ces deux stations. A partir de Girgèh, il prend, au milieu de ses sinuosités, une direction générale à TE., qu'il garde jusqu'à Kénèh, où il reprendra sa course au S. De nombreuses Sles parsèment son lit; les reîs doivent sonder sans cesse le chenal pour ne pas laisser engraver l'embarcation sur les bancs de sable. Les deux chaînes restent à peu près à la même distance du fleuve, dont le cours semble incliner vers l'une d'elles pour se rejeter aussitôt sur l'autre.
Grâce à ces méandres qui changent sans cesse la direction du bateau, les montagnes se présentent sous des aspects variés. Elles prennent des formes plus monumentales. Leurs rochers, vus à une distance de quelques kiL, figurent des temples, des ch&teaux-forts. Elles changent de ton suivant les jeux de la lumière, deviennent rosées vers le soir, puis violacées et noirâtres lorsqu'elles vont disparaître dans l'obscurité. Sur la rive dr., la chaîne arabique est toujours coupée de profonds ravins et l'un d'entre eux, au-dessus de Kénèh, est une véritable vallée dont l'origine est dans les montagnes, près do Suez. Sur la rive g., le plateau s'abaisse en se rapprochant du fleuve, à mesure qu'on remonte le Nil. La plaine coupée par le Nil est très> fertile. Toutes les terres du côté de ro. jusqu'à l'endroit où le plateau de la chaîne libyque vient border le fleuve est parfaitement arrosée par le grand canal de Reîennan. Avant le creusement de ce canal, on manquait très-souvent d'eau dans ce district.
La plaine à l'E. du fleuve est arrosée par le canal de F&ho.
Onlaisseàdr. les villages de (12kil.) Beihanèh et de Samata (rive 0.], à g., un grand nombre de villages et l'on arrive, en 7 heures environ, à la hau-
OBJENT II.
teur de Samhoud (rive 0.) qui est à dr.,dans l'intérieur, à 6 kil. environ.
2 h. plus loin,on a à dr., également à une certaine distance dans l'intérieur, la ville de Farchont, en copte, Berehoôut{k2 kil. de Girgèh, rive 0.), plus considérable que les lieux précédents, bien qu'elle soit déchue depuis plus de trente ans. Le khédive y a construit une grande sucrerie.
Elle a été longtemps le chef-lieu des cheîkhs des Haouàras, puissante tribu qui a conservé sous le règne de Méhémet-Ali une sorte d'indépendance, et que le gouvernement égyptien a dû réduire par les armes. Les Haouàras étaient renonmiés surtout pour l'élève des chevaux et des chiens de berger dont ils fournissaient toute la haute Egypte.
De Farchout à la grande Oasis, V. B. 22.
Un peu au-dessous de Farchout, une dérivation naturelle , qui se détache de la gauche du Nil, est la première et véritable origine de ce qu'on nomme plus bas le Bahr-Souhagièh et le Bahr-Youssouf .
Au delà de Farchout, on rencontre la grande Ile de Kasr El-Sa!ad, où l'on remarque une belle végétation.
Cette !le dont le sol élevé ne recevait autrefois de l'eau que dans les crues maximum, est arrosée régulièrement aujourd'hui au moyen de deux barrages faits sur le petit bras qui la sépare de la rive £., et par les eaux qui se déversent des bassins de Fàho entre ces deux barrages.
On voit bientôt après, toujours à sa dr. dans l'intérieur des ierres, le village de Badjoura, et un peu plus loin, à une petite distance du fleuve, au S. de 111e de Kasr El-Saîad (15 kii.), le village de Hflon, qui occupe le site de Hou, la Diospolis Parvades anciens. Ce qui reste de vestiges antiques se trouve à l'extrémité d'une longue digue qui sert de chemin et qui se termine par un pont, sur le canal de Reïenann. On trouve près de là une enceinte carrée en
briques crues, renfermant quelques restes de constructions et d'architecture et qui sont de l'époque des premiers Ptolémées. Ce qui subsiste des représentations murales se rapporte à des scènes du rite funéraire et aux divinités qui y présidaient.
Kasr el-Saïad, vis-à-vis de Hàou dans rîie de ce nom, garde l'emplacement de l'ancien GhenoboBcion (en copte Shenesét), célèbre par Tél&ve dos oies. Un quai ruiné, sur une pierre duquel on a trouvé une inscription grecque au nom d'Antonin le Pieux, est tout ce qui s'est conservé de l'ancienne ville. Il y a des grottes sépulcrales, intéressantes au moins par leur grande ancienneté, à un 1/4 d'heure du village vers l'entrée de la montagne. Elles nous ont conservé des traces d'anciennes peinr tiireset les noms des rois Papi el ISoferkara de la vi" dyn. La chaîne arabique forme, au-dessus de l'île de Kasr es- Sayad, une fala'ise abrupte nommée le Gébel-Toukh. Elle décrit ensuite un grand cercle au N. E., pour ne se rapprocher du fleuve qu'à Kénèh.
On laisse sur la g. t'àho, dans l'intérieur des terres, près de la chaîne arabique, sur le canal de ce nom, qui prend naissance au N. de Kénèh et sert à arroser toute la plaine orientale. Sur la rive g., on laisse derrière soi les villages de Kasr-Racièhf Ei-Àbidèh,yabqahje^Marach.f sur les bords mômes du fleuve, El-Abadièh dans les terres, près du canal Relennan; et après avoir dépassé Dekechnéh (r. dr.) (21 kil. de Hàou), on arrive à l'endroit ou, en face de El-Safahièh (r. dr.)y prend naissance le canal Reîennan (r. g.).
A partir de la naissance du canal de Heiennan, le plateau occidental se rapproche en s'abaissant du fleuve dont il n'est séparé que par une étroite lisière. C'est dans cette partie de son cours que l'on trouvait, dans cette région, le plus de crocodiles, avant qu'ils n'eussent été pourchassés par les bateaux à vapeur.
Ld Nil décrit une courbe très-prononcée au N., vers l'ile de TiJ>eniié (25 kil. de Dechnèh), kl h, environ avant Kénèh. Cette île justifie son nom qui, en égyptien, signifiait l'ile des Palmiers. L'église copte a consacré le souvenir du monastère que St-Pachâm (ou Pacôme) éleva daxis cette Ile en l'an 366. De ce point du fleuve, les ruines de Dendérah et h ville de Kénèh qui en forment Farrière-plan, encadrées dans une riche végétation de dattiers et de doums, présentent un beau coup d'œil.
OENDÉRAH.
Oq fera bien, pour Texcarsioii de Dendérah, de ne pas s^arrèter au village de Dendérah, et d'aller mouiller en face de Kénèh (K. ci-après); là on trouvera des ânes et des &niers, au moyen desquels on arrivera aisément aax raines. Pour la visite du temple, il est bon de se manir de bonnes lanternes à réflecteors pour l'examen des salles obscures et des ci'yptes, ou mieux encore, de réfieetearâ à flamme de magnésium.
Dendérah se trouve en face de Kénèh, sur la rive g. du Nil. On aperçoit d'abord des buttes rougeàtresqu:
se profilent au loin sur l'borizon:
elles marquent le site de la ville que les Grecs ont appelée Tentyris et que les Égyptiens modernes nomment Dendérah.
Tentyris était bâtie moitié sur h sable, moitié sur les terres cultivées.
Entre ses ruines et le Nil s'éten-i dans toute sa largeur la plaine qu.
forme la rive g. du Nil. L'aspect dé> ruines fait penser que Tentyris n'A jamais été qu'une mince bourgade dans laquelle les temples et leur^ dépendances occupaient la place prépondérante. On trouve, dans la partie méridionale des ruines de Tentyris.
des pans de murailles bâties es grosses briques crues, qui sont de?
restes de maisons antiques. Les ruines d'habitation qu'on rencontre an N. proviennent principalement du village copte et musulman, qui a
[RO0TE fiO]
DËNDÊRAfi.
occapé autrefois la grande entieinte tout entière et qui> du reste, a complètement disparu aujourd'hui.
Let enceiMei, Les édifices sacrés de Tentyris étaient enfermés dans trois enceintes, toutes trois construites en briques crues, avec portes en grès. Deux d'entre elles sont du côté S.; la troisième, la plus considérable, est située au N. La première enceinte du S. 'est à peine visible; elle a dû contenir un temple bâti en calcaire; on n'en voit plus que les std)structions. La deuxième enceinte du S. servait d*enveloppe à un temple dont il ne reate^ absolument rien. La porte monumentale qu'on aperçoit de loin dans la plaine était placée i la face E. de cette enceinte. Elle est couverte à l'intérieur et à Textérieur de tableaux d'adoration. Antonin et Marc-Attrèle y sont seuls nommés.
L'enceinte du N. a 280 met. de largeur sur sey côtés £. et 0., 290 met. dans l'autre sens. A l'exception des deux portes d'entrée qui sont en grès, elle est construite tout entière en grosses briques crues. Ses murailles à surface lisse, sans ornements, môme sans crépissage, n'ont pas moins de 10 met. de hauteur, sur une épaisseur à la base qui varie entre 10 et 12 met. Les buttes de décombres qui dominent aujourd'hui l'enceinte de plusieurs mètres sont le produit des maisons coptes et arabes qui, pendant plusieurs siècles, se sont entassées les unes sur les autres. Primitivement, les rues de la ville étaient de niveau avec le sol de Tenceinte, et les habitants ne pouvaient ni voir ni entendre ce qui se passait dans Tintérieur du temple.
Cette enceinte comprend à l'intérieur troi& temples debout, ce sont :
1" le Temple d'Hathor ou Grand Temple, que nous décrirons avec détails; 2* le Ifammm ou lieu d'accouchement, appelé quelquefois Typhonium, d'après les auteurs du grand ouvrage de la Commission d'Egypte; mais ce nom est fautif; les images
de Typhon ne figurent dans ce temple qu'à titre d'ornements ou de symboles. Il est situé à dr., en entrant dans l'enceinte par la grande porte de TE. C'est • un de ces petits temples ,que l'on construisait toujours à côté de tous les grands temples où une triade était adorée; il symbolisait la demeure céleste où la déesse avait enfanté le troisième personnage de la triade. » (Champollion. Lettres écrites d'Egypte et de Nubie),
Le Mammisi est aussi appelé, dans quelques textes, la maison de* la fêle, la maison cachée, la maison de la nourrice. La salle principale est nommée la maison du repos. F'ondè par Auguste, le Mammisi de Dendérah a été successivement décoré par Trajan,Adrien,Antooin et n'a pas été achevé.
3* Le Temple dlsis'est situé immédiatement derrière l'angle N. 0.
du Grand Temple. Il a été construit et décoré tout entier par Auguste.
Strabon, d'accord avec les textes hiéroglyphiques, nous apprend qu'il était décÛé à Isis. Les inscriptions le
nomment tantôt le Sabti de Den-
dérah, Untôt le Sablt-nuter. 11 se compose d'une chambre centrale ou adytum et de deux chambres latérales précédées par un corridor. Il avait aussi son pylône, à l'extrémité d'un dromos de 170 pas. On remarque à rintérieur la déesse Hathor représentée sous la forme d'une vache. Voici la curieuse légende que l'on lit sur les murs intérieurs du monument :
« En ce beau jour de la nuit de l'enfant dans son berceau et de la grande l'anégyrie de l'équilibre du monde, I.sis naquit dans le (temple d'isisj de Dendérali, d'Apet,la grande du temî'ie d'Apet, sous la forme d'une (cmme noire et rougo. Ell^ fut appelée Noum-Ankhet (celle qui modèle la vie) et Bener-Meri-t (la palme d'amour) par sa mère, après que celleci l'eut vue. ■ La situation topographique du temple d'Isis est iii-iiquc-e
HAUTE EGYPTE. — DENDÉRAH. [ROUTi: %0]
par deux inscriptions qui le placent Tune à TO. et l'autre au N. 0. du temple d*Hathor,
Nous signalerons enfin un temple hypèthre décrit par Ips auteurs du f?rand ouvrapre de la Commission • d'Egypte. Tl était situé à TE., en dehors de l'enceinte, dans le prolongement de l'axe du Grand Temple. Tl a complètement disparu aujourd'hui.
Les portes. L'enceinte est percée de deux portes taonumentales : celle du S., qui précède l'avenue conduisant au temple d'Isis, fut élevée sous Auguste, ainsi que l'atteste Vinscriptîon grecque suivante placée sur ses deux faces.
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t Pour la conservation de l'emperenr César, fli* du dieu (César^ Jupiter libérateur, Auguste Publins Octavius étant préfet, MarcuB Clandius Postumus étant épî«tratége, Trypbon étant stratège, les habitants de la métropole et du nome (ont élevée ce propyléne A Tsis, déesse très-grande et aux dieux adorés dans le raèrae temple, la xxxi» année de César, du mois de thotb, le jour d'Auguste.
La porte de l'E. est située dans l'axe du Grand Temple; elle porte des cartouches encore visibles de Domitien et de Trajan.
TMSpl* d'Balhor.
GénfraiHh. — L'architecture du Grand Temple a subi, comme celle de tous les temples d'origine ptolémaîque, l'influence de l'art grec.
Le plan intérieur de l'édifice dénote une entente de l'agencement général des lignes dont aucun antre édifice ne fournit l'exemple. Son état de conservation est remarquable; les seules traces de dévasUlion se trouvent sur les terrasses où la moi-
tié de deux des colonnes du petit temple hypèthre a disparu et sur le plafond de l'une des chambres où l'enlèvement du zodiaque circulaire, maintenant à Paris, a laissé un grand trou béant. En revanche, la décoration a beaucoup souffert.
Les murailles et les plafonds ont été empâtés de suie. Dans la plupart des chambres, les figures et les hiéroglyphes ont été martelés. Les plafonds astronomiques de la salle A (F. p. SOl'ôOl) ont été criblés de balles.
Le temple est en grès, à l'exception de deux blocs de granit frris placés à l'entrée et destinés à recevoir les gonds de la porte. 11 est construit sur le sable, dans lequel ses fondations s'enfoncent à une profondeur de 5 met. 70 cent.
Ort^faC<on^ L'axe longitudinal incli ne de 1 5* environ vers l'E. du N . vrai .
1. Nous ferons rem arquer ici que les indications des points cardinaux sont données d'après le nord des inscriptions hiérofflypbiques. qui ne concorde paa le moins do monde avec le nord vrai ; en effet, d'après les inscriptions, le tempU serait orienté de TE. à l'O., tandis qu'il l'est en réalité du N. au S., à ts degrés près; il en résulte que la façade du temple e!«t placée par les inserifillons à 1*E., Undis qu'elle est en réalité au N. Le temnle d'Isis qui est marqué à PO. ou au N. 0. est au S. 0., ainn que l'indiquent Wilkinson etla première édition de cet ouvrage, p. 1033. Nous suivrons dan> toute notre description, avec M. Mariette-Bey, l'orientation des Inscription* hiéroglyphiques. Le voyageur, ponr »e placer dans la véritable orientation, n'aura qu'à faire tourner les lignes indiquées sur le plan, d'un quart enTiron de la rose des vents de l'E. à l'O , en regardant le N.
Du reste, les scribeii chargés de la décoration du temple ont parfaitement *u, quand «ils l'ont voulu, tracer la ligne du nord vrai dans son rapport avec l'axe du monument. S'ils ont adopté une orientation en désaccord avec rorientatiou vraie, cela tient à des motifs tirés da sens symbolique qu'ils attribuaient i certaines parties du temple.
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