TEMPLE D'HATHOR
Extérieurement le temple te présente eous la forme d'une oonstruction quadran^l&ire formée de deux partiee inégales ; le portique elle temple proprement dit : celui-ci a 06 mèi. 70 «le long sur 35 met. 20 de large; le poruque a 24 met. 80 de long sur 42 met. 46 de large, i^es murs extérieurs sont tout aussi couveris que les autres parues de Tédiûce de textes et de tableaux sans nombre. £n outre, le temple comprend des cryptes et des terrasses que nous décrirons plus loin.
Noua a?ons décrit (p. 99-101) la disposition générale des temples d'iàgypie ; on voudra bien se reporter à cette description qui s'applique entièrement au temple de i>endérali, sauf qu'on n'y voit m avenue de sphinx, m pylône d'entrée, ni grande cour.
Le temple commence au pronaos et comprend dès lors toutes les parties du plan général des temples égyptiens, (nous allons compléter, du resie, ces renseignements par une analyse de chacune des parues qui composent le temple. Nous étudierons successivement l'intéritur, ia ehapeile d» Nouvei-An et ses dépendances, iêt cryptes.
I. Intérieur du temple ^ — L'intérieur du temple en couvert d'une extraordinaiie profusion de textes et de tableaux entremêlés. Lei portes, les fenêtres, les plafonds en sont chargés et on en trouve jusque dans des parties inaccessibles a la vae^ comme les soupiraux par lesquels le jour pénètre dans certaines cDambres. Les tableaux qui ornent les murs représentent invariablement le roi fondaieur en présence d'une ou plusieurs divinités du temple. Des
1. La description que dous donnoos ici est le résumé du grand ouvrsge de M. Mariette- Bey. DeiMérah. Uêscnyêion yénertiiê du Grand TêmpU de cetu tilie, 1 ?ol. gr. in-4 et 4 toI. in-fol. de piauchee, 1871-1875. Paris, Franck; le Caire, Monrès.
objets nombreux et de toute nature meublaient autrefois ces salies aujourd'hui complètement nues. ,0n trouvait des statues d'Uathur et de ses parèdres, des aute.s, des naos,* des barques, des emblèmes en matière précieuse, des bijoux, des étendards sacrés, des cohres a contenir les vêtements des dieux, etc.
On peut diviser i'inteneur du temple en quatre groupes.
Premier groupe, il est formé par la salle A (F. le plan, p. 503J . Cette salie ne faisait point originairement partie du temple ; cela résulte de la deuicace en langue grecque gravée sur la liste de la corniche de la iaçade, dont M. Letronne a donné ia traduction suivante : « Pour la conservation de Tibère César, nouvel Auguste, tils du dieu Auguste, Auius Aviilius Fiaccus étant prèle t, etc., les habitants de la métropole et du nome out eieve ce pronaos à Aphrodite, déesse trèsgrande et aux divinités adorées dans le même temple La xxi" année de l'ibère César, d'Athyr, le 21. •
La salle (A) forme le pronaos ou portique, soutenu par vingt-quaire colonnes , établies sur six rangs de quatre colonnes chacun. Ces eu* ionnes sont en lorme de sistre (emblème d'Uathor). Lomt chapiteau, à tête d'Uathor, sculpte sur les quatre faces, est surmonte d'un dé cuhique.
Les télés à oreilles de vache sont presque toutes méconnaissables. Un mur d'entre-colonneaient existe à la partie inférieure de la première rangée. La colonne en forme de sistre, connue en Egypte dès la xvui* dynastie au moins, a reçu ici, du goût greoo-romain, des proportions a la lois élégantes et sévères et toute la colonnade est d'un grand elfet.
Des représentations astronomiques sont gravées au piafoud, qui eat à 15 met. du sol. La salie esi partagée en six sofhtes séparés par des architraves et distribués trois au IS. et trois au S. (F. pour Torientation, note, p. ôOO); le ciel du jour occupe les
HADTE EGYPTE. — DBNDÉRAH. [ROUTB 80]
trois soffîtes du S. , le ciel de la nuit, les trois soffîtes du N. Au ciel du jour appartiennent la moitié du zodiaque, la première moitié des décans, les douze heures du jour. Le ciel de la nuit est représenté par l'autre moitié du zodiaque, la seconde moitié des décans, les douze heures de la nuit, les quatorze jours de la lune croissante^ les quatorze jours de la lune décroissante, les noma des trente jours du mois, etc., le tout au nom de Caligula.
Parmi les nombreux tableaux et inscriptions qui couvrent les murailles, nous citerons : un tableau sculpté sur le dessous de la grande architrave de la porte principale du temple. Il représente le Hout de Dendérah (le Hor-Hout d'Edfou); il a la forme d'un disque muni de grandes ailes. Les ailes du côté droit en entrant désignent le N., les ailes du côlé gauche, le S. C*est le soleil qui se lève à l'horizon oriental et s'apprête à monter dans Tespace. L'épaisseur de la grande porte d'entrée est ornée de légendes très -frustes au nom do- Tibère. La déesse de Dendérah y est rappelée sous des noms divers : Maut à Eléthyia, Ar... mta-i Hor (celle qui protège son fils Horus) et Grande Tanen à Uermonthis;iiw à Dendérah; Sefekhk Hermopolis; Haket à Her-our, Ouatk Oxyrrhynchus, Seken à Héracléopolis, Renpet, au Fayoum, Neb-lefhneterou (la maîtresse des £acea divines) à Âphroditopolis; Tattou à Mondes; Samnebt (celle qui écoute la maltresse) à Busiris.
Deux tableaux placés de chaque c6té et au sommet de la porte principale de la salle (A) représentent le roi fondateur à genoux, tourné vers l'intérieur. Il tient en mains une statuette de la Vérité. Dix autres emblèmes qui sont les offrandes principales à iaire dans le temple sont devant lui. Aucune divinité n'est présente, mais, d'après les inscriptions, la divinité invisible en l'honneur de
laquelle la cérémonie atit faite, est l'Hathor de Dendérah. Les tableaux de ce genre sont nombreux dans le temple, mais la signification symbolique de cette représentation n'est pas complètement élucidée par les textes. Ce qu'il y a de plus probable, c'est que le roi dépose aux pieds de la déesse une image de la Vérité, et c'est la vérité qu'il demande à celle qui la dispense à ses adorateurs. Hathor , personnification du Beau, était, en effet, identique à Hâ, personnification du Vrai.
Le sens des dix emblèmes qui précèdent le roi sur ces deux tableaux est plus difficile à déterminer. lU représentent des offrandes à fair.^ dans le temple, car on les trouve ailleurs réunis à la multitude des objets de toute sorte qu'on doit présenter à la déesse, le jour de la grande fête du Nouvel-An ; mais on ne sait pas lu juste quelles senties idées auxquelie> ils correspondent, à l'exception toute foi s des deux sistres désignés soa> les noms de sescheteh et sekkenu • Le «ulre,dit Plutarque, signifie que tou> les êtres doivent être dans le mouvement et l'agitation; qu'il faut les exciter fortement et comme les réveil 1er de l'état de langueur et d'engourdissement dans lequel ils commencent i tomber. Us disent que le son de c :
instrument éloigne et met en fuiic Typhon, c'est-à-dire que, comme le le principe de corruption arrête tt enchaîne le cours de la nature, a*.
contraire la cause génératrice, par i:
moyen du mouvement, lui rend si liberté et sa première vigueur ». I ^ sistre symboliserait donc le perp'.'tuel mouvement de la nature.
Les tableaux les plus intéressai t< sont relatifs au cérémonial de rentrv du roi. On en compte huit dans la salle (A), rangés à dr. et à g. de la porte d'entrée. Dans le premier tableau à dr. , le roi pénètre dazis l'édifice sacré, il sort de son palai<. chaussé de sandales et le bAton de la marche en main, pour venir rece>
[RODTE aO] TBMPLB D'HATHOR. 503
voir 1* eouraims dé la Bum ËgypU. | Cinq ilendcrds le piécUont. Le
Timpla d'HaUiar.
'Uiiiiëme talilMU i droite npréteale | lioo que Ibotb et Honu lui ven le roi pnriflé pu l'eau de l'inoiuiai- ) «ur la tAta mus la tonne de d
HAUTE EGYPTE. — DBNDÉRAH. [ROUTE ÎO]
jets 4o croix ansées. Sur le troisième tableau de la même paroi, le roi reçoit les deux couronnes des mains de la déesse du S et de la déesse du N. L'une de ces couronnes est appelée Met (la blanche), l'autre Nefer-t (la bonne); la déesse du S. est surnommée Vœil droit y la déesse du N.^ Vœil gauche du soletl.
Après son couronnement, le roi est admis en présence de la déesse»
guidé d'un côté par Jfoul, de Thèbes, de Tautre par Atoum d' Héliopolis.
Des quatre tableaux de la paroi S., qui se rapportent, comme ceux du N., à la purification du roi, à son couronnement et à son introduction devant . la divinité principale du temple, le premier seul est assez bien conservé. Il représente le roi entrant dans le temple comme souverain de la Haute Egypte.
Un tableau intéressant est celui qui représente,d'uncôtéàg.,IsisetOsiris, de l'autre, Claude, debout et casqué, faisant une offrande de chaque main.
Il est précédé d'Hor-sam-ta-oui Pekhroutij fiis d^Uathotj lequel présente le sistre « à sa mère de Dendérah. »
Cette scène est un épisode de la grande fête de l'enterrement d'Osiris qu'on célébrait à Dendérah du 20 au 30 choîak de chaque année. Le vase surmonté d'épis de blé que Claude tient dans sa main gauche symbolise « les jardins d'Osiris, » Lasemence que l'on confîe à la terre, c'est le dieu qui meurt et qu'on ensevelit; la résurrection, c'est l'éclosion du germe sous la forme d'une tige couronnée d'épis.
Delà main droite, le roi laisse tomber Mur le sol des lingots de plusieurs métaux précieux ; ce sont les métaux et pierres précieuses dont doivent être formées les quatorze parties du dieu correspondant aux quatorze amulettes appelés les « amulettes de Sokar ». La scène représentée sur ce tableau se rapporte donc aux mystères d'Osiris. On déposait à Tentyris un coffre de pierre où gisait une statue, faite de quatorze métaux pré-
cieux, qui représentait Osiris mort.
L'année suivante, à la même date, on venait exhumer l'image symbolique et on la remplaçait par une autre, au milieu de fêtes et de cérémonflls où le vase aux épis et le vase aux quatorze métaux jouaient un des rôles principaux. Le dieu Hor-sam-ta-oui est présent à la scène, noa du côte des dieux, mais du côté du personnage adorant, qu'il précède. H es; debout sur l'emblème qui décore souvent les sièges des statues royales et qui exprime la souveraineté sur l'Egypte du S. et l'Egypte du N. Il tend le sistre à sa mère Isis. Cette scène figure un grand nombre de fois dans le temple. Horsam-ta-oui est le dédoublemeut de la personne royale, il est le roi devenu le fils d'Hathor et la troisième personne de la triade. Sur le soubassement de la salle A, Hathor. Horus d'Edfou , Hor-sam-ta-oui reçoivent l'hommage de Néron, debout devant ces divinités.
Deuxième groupe. Les salles qui appartiennent à ce groupe ne sont que des sacristies monumentales, où le^ objets du culte sont préparés et conservés. Ce sont les sailes B, C, D , E, A 9i '*» », if * (F. le plan). Comme les salies A, C, D, la salle (B) est un lieu de passage, un lieu ^ague d'assemblée. C'est de là que partaient les processions. Les inscriptions qiu s'y trouvent n'offrent pas grand intérêt. Sur la paroi droite (côté N.), le roi sort de son palais, la couronne de la Ba.sse Egypte en tête, le bâton de la marche à la main. Il saisit la houe et trace sur le sol le sillon destiné à limiter l'aire du temple. Représentations analogues sur la paroi S. Les deux montants intérieurs de la porte d'entrée sont couverts de longs textes en écriture serrée. L'inscription qui occupe du haut en bas le montant de gauche, en entrant, est divisée en deux parties. La première nous donne une énumération des noms de la déesse Hathor. Le montant de droite