‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 247 sur 408 · ROUTE 35] MÉDINET-ABOU. —GRAND TEMPLE · texte numérisé non relu

ROUTE 35] MÉDINET-ABOU. —GRAND TEMPLE

kouschite), nez aquilin, grande robe frangée; 6" le chef du paya des Jfaehaouatch (tribu des Libyens) ; 7* le chef du pays de TaraoïM (type kou»chite).Le cartoucbe royal porte le nom deRamsès, avec les titres ou surnoms qui appartiennent à Ramsôs III.

Le Grand-Temple, qui est la partie principale du groupe de constructions de Hédinet-Abou, est, comme le pavillon royal, l'œuvre de Ramsès III.

Ainsi Que le temple deTboutmès, il est dédié au dieu Amoun ou Ammon, la grande divinité solaire de Thèbes.

Un dromos de 80 met. d'étendue le sépare du pavillon, dans la direction du N. 0.

Premier pylône (P). Il est formé de deux tours élevées de forme pyramidale, réunies par un portail intermédiaire, le tout formant un seul pylône de 63 met. de largeur et d'une hauteur de 22 met. Il est obstrué de décombres, surtout à ses extrémités j usqu'à une hauteur considérable. Tous les bas-reliefs représentent des ennemis vaincus que le roi frappe de son glaive. Sur la tour 0., les prisonniers sont immolés à Phtah-Solcbar; sur la tour E., à Ammon-Rà. De grandes stèles mentionnent les expéditions de Ramsès contre les Libyens, les Machaouasch et d'autres peuples accourus de la Libye, de la Syrie et des îles de la Méditerranée pour se liguer contre la puissance égyptienne. L'inscription désigne des « nations du N. qui avaient frémi dans leurs membres à cause des Pe- 1 estas (Philistins) et des T'akkriou (Teucriens), des guerriers d'un autre pays dans la Grande-Mer, venus du Grand-Circuit. Tous ces, ennemis ligués contre To-Mera (Egypte) sont vaincus. Désormais, la femme peut sortir à son gré, se parer selon son inclination, se promener hardiment dans le lieuqui lui plaira !• Le roi Ramsès III est appelé Ousormara Mehamoun, fils du Soleil, Ramsès-hiq-on.

Quand on a franchi le portail (V. le plan p. 559^ on se trouve

dans une vaste cour (A), (34 met. sur 42 environ), ayant à droite une galerie formée de 7 piliers à cariatides, dont les figures sont d'un beau fini et l'ensemble d'un très-bon effet. Les statues ne sont autre chose que les statues du roi revêtu des attributs d'Osiris. Du c6ié opposé sont 8 grosses colonnes circulaires à intervalles inégaux, portant des chapiteaux en forme de calice de fleur.

Les maisons de l'ancien village ont autrefois rempli cette cour, ainsi que tout le pourtour extérieur des constructions.

Deuxième pylône (P). Une porte qui y est pratiquée à l'extrémité de chacune des deux galeries de la cour donne accès de chaque côté à un escalier qui conduit à la terrasse supérieure du pylône, qu'entoure circulairement une bordure de cynocéphales assis, embl^.mes du dieu Thoth. Les parois extérieures du pylône sont décorées de tableaux de guerre, comme toutes les autres constructions de Ramsès III. Des déblaiements, exécutés en 1855 par M. Greene, y ont mis à jour, entre autres sujets nouveaux, tout un calendrier religieux.

Le massif méridional est couvert par un grand tableau. Ammon et Moût sont d'un côté; de l'autre, est Ramsès, amenant aux divinités un groupe de prisonniers, rangés sur trois lignes, et qui ont paru à M Mariette, d'après la physionomie générale de leur costume, appartenir à trois ramifications d'une même race. Le groupe inférieur représente les PouitstaSf Pélestas, c'està-dire les Philistins non encore établis le long de la côte syrienne, mais venant des lies de l'Archipel, où toutes les traditions antiques placent leur patrie primitive. Le groupe du milieu est celui des Daanaouna etle groupe supérieur, celui des5c/iakalascha. Ces deux peuples étaient :

le premier, les Danaëns de l'ancienne histoire grecque, le second une

tribu de l'Asie Mineure dont le nom paraît, d*après les études de M. M^pero, s'être conservé dans le nom de la yille de Sagalauos. Tous ces peuples qu'on retrouve plus tard en Italie, étaient au temps de Ramses II (, au plus fort du mouvement de migration qui les portait dAsie- Mineure en Occident. Pendant plus de deux cents ans, de Séti l'J à Ramses III, ils s'attaquèrent à TÉgypte et essayèrent de s'y établir avant d'aller cbercher dans les régions lointaines de la Méditerranée une patrie nouvelle.

Le massif septentrional porte une très-longue inscription, interprétée par M. de Rougé dans une savante étude*. Les quinze premières lignes sont un cbant lyrique (morceau très - curieux) en l'honneur du roi, d'un grand caractère. Elles nous apprennent que Ramsès-hiq-on, taureau fort^ lion valeureux, a fait prisonniers les Asiatiques et a massacré les Neuf-Arcs. Le roi est semblable à Phra, coureur rapide comme les étoiles qui étincellent au haut du ciel; il est l'organisateur bienfaisant des lois. L'intérêt archéologique commence surtout à la 16* ligne. Des peuples de l'Asie, les peuples de Khéta, de Kati, de Karkémish, d'AratoUj^ d* Arasa, se sont ligués contre l'Egypte. Un second groupe de nations coalisées comprenait les Pélestas, les Takkriou, les Schakalascha j les Taanaouna, les Ouaschascha, qui avaient «uni leurs mains contre les dieux d'Egypte et le pays tout entier. » Une première bataille contre ces peuples fut livrée sur le rivage de la mer, et fut suivie de leur défaite. La légende met dans la bouche de Ramsès ces mots : « Les miens étaient rassemblés à la face de mes ennemis sur la Grande-Mer; ceux qui étaient sur le rivage, je les

1. F. M. de Roagé. Notice de quelques textes hiéroglyphlqaes publiés par M. Greene dam VAthêtuntm Fronçait, isss.

fis tomber étendus sur la lèvre de l'eau, massacrés; leurs navires, leurs biens tombèrent dans l'eau. • Un autre combat, cette fois livré sur mer, acheva leur déroute. De la rive.

Ramsès III et quatre de ses fils décochent des traits sur les navires ennemis.

Sur le côté 0. du pylône, Ranasès IL amène les prisonniers qu'il a fail^ sur les Takkriou à Ammon-R&, qu.

lui présente le glaive du sacrifice.

Au milieu du pylône est une large porte en granit rose entourée d'inscriptions hiéroglyphiques. On y lit que Ramsès a élevé ces construction> pour son père Ammon-R&, et bflU pour lui ce portail de bons blocs de granit, la porte elle-même étant de bois et ornée de plaques d'or pur.... La seconde cour (B) est très-supérieure à toutes les précédentes par ses détails d^ornementation et son effet général.

C'est certainement un des plus beaui péristyles (en prenant le mot dans u véritable acception, qui désigne un espace environné de colonnes) qu« Ton rencontre dans aucun tempr:

d'Egypte. La cour a 38 met. dans un sens et 41 dans l'autre. Les galeries qui l'entourent sont formées : à dr., par 8 piliers à cariatides {h), à g. pir 8 autres piliers semblables, et par un pareil nombre de colonnes correspondantes; au S. etauN.,par5coloi!

nés massives (k), de 7 met. de circouférence et de 3 diamètres de hauteur couronnées d'un chapiteau qui représente la fleur de lotus fermée.

Toutes ces colonnes sont peintes ei ornées de figures emblématiques.

Les plafonds des galeries étaientpeinti en bleu et semés d'étoiles, et les parois en sont couvertes de tableaux en partie historiques, en partie religieux. Le roi Ramsès y figure au milieu d'un cortège triomphal, représentant son couronnement comme souverain des deux régions (la haute et la basse Egypte).

Les tableaux qui couvrent les galeries intérieures sur leurs quatre

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