ROUTE 85] KARNAK. — TEMPLE DE KHONS
longée en amont da fleuve par un quai additionnel en briques.
En remontant au-dessus du temple vers le S. E., à la distance de
3 kil. \/% et à 2 kil. du neuve, il y a une enceinte rectangulaire tout à fait semblable à celle que nou^ avons visitée au S. de Médinet-Âbou (le Birket-Abou), sauf les dimensions qui sont un peu moindres. Celle-ci n^a que 1700 met. de longueur, sur 1050 met. de largeur. Les talus en briques crues qui l'environnaient ne s'élèvent aujourd'hui au-dessus du sol qoe de 3 à 4 met. au plus ; autant au moins est maintenant couvert par les dépôts du Nil, qui depuis l'époque des Ramessides ont exhaussé de
4 ou 5 met., le niveau de la plaine (F. p. 39).
Kamak *. Les ruines de Kamak, les plus vastes et les plus belles nonseulement de Thèbes, mais de toute l'Egypte, sont à 1/2 h. du village de Louqsor dans la direction du N. E.
Le village de Karnak, qui leur donne son nom, est à l'extrémité N. des ruines et à un demi-kil. du Nil, faisant face à Qournah, qui en est éloigné de 3 kil. vers l'O. N. 0.
Grande ayenue des Sphinx.
Quand on sort de Louqsor psrle N., après avoir dépassé un petit cimetière arabe avec quelques coupoles surbaissées, on se trouve au milieu d'un chemin bien frayé, que bordent à dr. et à g., à des intervalles assez rapprochés, des débris de piédestaux et des restes de sphinx. Plus on approche de Karnak,plus ces fragments se multiplient; et à Karnak même on trouve des sphinx entiers, à corps de lion et à tète de femme. Les sphinx tiennent entre leurs pattes antérieures la statue du roi Amenhotep I£I,ce
1. Notre description est empruntée en majeore partie à Touvrage de M. Mariette : Karnak, éiudê topographique tl archéologique avec un appendire comf venant lêi principaux textes hiéroqlyphiquetf etc. Leipzig, 1875. J. G. Heinnch.
qui indique suffisamment que cette allée de 2 kil. de longueur, qui de* vait compter environ 1000 sphinx appartient à ce grand prince. Elle est sûrement du même temps que le corps principal du temple de Louqsor, qui est aussi, nous l'avons vu, l'ouvrage d'Amenhotep.
Avenue des Béliers. Immédiatement après avoir dépassé le village de Kafr, qui est encore à 10 min. en deçà du grand temple de Karnak, l'allée fait un léger ooude sur la g.
et se continue par une avenue plus large (marquée (m) sur le plan de Karnak), de 300 met. de longueur environ de Thèbes, bordée de sphinx à tête de bélier accroupissur leurs piédestaux. Au point où l'allée des béliers se rattache à la grande allée des sphinx, se détachait, se dirigeant l'E., une troisième avenue de 200 met., qui allait aboutir à l'entrée d'une enceinte (N) renfermant le temple de Moût aux ruines duquel nous reviendrons plus tard.
Temples de Ramsès III on de Khons et de Ptolémée tTorgéte. A l'extrémité de l'avenue des Béliers, on trouve un fort beau propyldne, sorte de porte triomphale construite par Ptolémée Évergète , qu'on y voit figurer à côlé de Bérénice sa sœur et sa femme. Dans un des bas-reliifs , le roi est représenté en costume grec, ce qui est rare sur les monuments égyptiens même de la période des Ptolémées. Au delà de ce propylône , bien des fois reproduit par les artistes à cause de sa belle conservation, une nouvelle avenue de sphinx, dont plusieurs subsistent encore, conduit aux restes du temple de Khons, construit par Ramsès III et décoré successivement par Ramsès IV, Ramsès VIII et Ramsès XII. Ses colonnes sont basses et massives. Dans la salle aux huit colonnes, décorée par Ramsès XIII, les grands prêtres d'Ammon ont fait graver leurs légendes à côté de celles du souverain régnant. Ce temple.
HAUTE EGYPTE. — THÈBES. [ROUTE ib\
qui est assez bien conservé, était consacré au dieu Khons, l'un des personnages de la triade thébaine {V, p. 123). A g. de ce temple, c'est-àdire à ro., un autre édifice de dimensions beaucoup plus petites, une sorte de chapelle dont l'entrée regarde le fleuve, fut consacrera la déesse Hathor par Ptolémée Ëvergète II (vers 130 avant J. C.)* Les peintures intérieures, empruntées à des sujets religieux, ont de l'intérêt.
Le Orand Temple de Kemik.
Nous arrfvons maintenant au grand temple (A), dont l'entrée principale est à 5 min. au N. du temple de Ramsès III ou de Khons. Cette entrée regarde l'O., c'est-à-dire du côté du Nil, dont elle est éloignée d'environ 1 kil.; et le grand axe des constructions qui constituent l'ensemble de l'immense édifice, à la fois temple et palais, se dirige de l'O. à l'E. en inclinant au S. Pour faciliter la description, nous répétons ici dans le texte les lettres de renvoi du plan de Karnak. (V. ce plan.)
Le Grand Temple s'annonce par une allée de douze sphinx à tête de bélier (a), précédée elle-même de deux petits obélisques de grès et d'une sorte de cour dont on ne voit plus que les arasements. Ces deux obélisques portent le cartouche de Scti IL M. Mariette a lu les cartouches de Kamsès II sur les sphinx du côté S., qu'il a fait déblayer; ceux du côté N. sont très-mutilés. L'avenue de sphinx s'arrête brusquement à soixante met. en avant du
Premier pylône (1). —Les deux massifs dont il se compose à dr. et à g. de la porte centrale, malgré l'absence de leur couronnement qui, n'a pas été achevé, présentent une hauteur d'environ 44 met., précisément celle de notre colonne de la Place Vendôme.
La largeur totale du pylône est de 1 13 met., et sa profondeur de 15. Le massif N. du pylône est moitié détruit; celui du S. s'est se onservé
entier. Cette entrée véritablemen; gigantesque donne une première idé.
des immenses proportions de l'ensemble du temple. Le pylône e>; d'origine ptolémaïque. C'est la p^*^^ tie la moins ancienne des grosses constructions de l'édifice. Un escalier droit et très-étroit, pratiqué dass l'épaisseur des murs, pera&et dVi atteindre, quoique avec difficulté, la partie la plus élevée. De celte sution culminante, on embrasse tout l'ensemble de l'édifice, et on en vo;t se dérouler comme sur un plan lej parties successives, jusqu'à ses dernières extrémités vers l'E.
I*^ cour. ^ Sous le portail élevé par lequel on traverse le pylône, on remarquera, dans l'enfoncement et dr., une inscription qu'y ont laissée les membres de la commission sciestifique de 1798. C'est la liste àes principales localités de la haute Egypte oii se trouvent de grandes ruines, avec la désignation dtï latitudes et des longitudes, déterminées par les membres de la Commission.
Le portail franchi, on se trouT« dans une cour immense (b) qui n't pas moins de 103 met. de largeur, sur une profondeur (dans le sens du grand axe de l'édifice) de 84 mètres. £lle est fermée sur les cùm (au N. et au S.), par des colonnades de 15 met. de hauteur au-des5u> du sol. La galerie du N. (celle de g.) est la plus régulière; elle présente un front de 18 colonnes, toutes debout et d'une très-belle conservation. La largeur de la galerie est de 2 met. 60. La colonnade du S. est moins régu* lière, à cause d'une construction encastrée dans le mur d'enceinte et qui se projette sur la cour de près de 12 met., en même temps qu'elle se prolonge en dehors de l'enceinte.
C'est un temple élevé par Ramsès 111 à Ammon,300 ans avant la construction de la grande cour elle>même et de son pylône extérieur. Le tempU de RafMès lll (B), dont les parties an-