‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 251 sur 408 · ROUTE 25] KARNAK. — GRAND TEMPLE · texte numérisé non relu

ROUTE 25] KARNAK. — GRAND TEMPLE

térieares sont très -dégradées, ai 52 met. de longueur sur une largeur de 25 met. Perdu, en quelque sorte, dans l'ensemble des constructions auxquelles il se trouva rattaché, il parai t comparativement peu considéral)le, et cependant il a les dimensions de beaucoup des grands temples de rÉgypte.

Dans Tangle S. E. de la cour entre le temple de Ramsès lU et le pylône de TE., on voit, sur diverses parties d*archilraves, des bas- reliefs portant les légendes des trois rois sous lesquels fut construite la grande cour avec ses colonnades et son 1*' pylâne, Sésonkhosis ou Shashank (le Sésac de la Bible), Ouasorkftn ou Osotkon, et Takélot ou Takélothis, les trois premiers rois de la xxn* dynastie. Aussi cet espace est-il désigné sous le nom de talU des Bubtutiteg.

Temple de Séti IL — A l'angle diamétralement opposé (celui du N . O.), on peut remarquer les restes enfouis d'un petit édifice (C) » dont la construction appartient à Séti II, et qui plus tard se trouva englobé , comme la partie antérieure du temple de Ramsès III, dans l'enceinte de la cour. Toute la décoration des temples de Séti II et de Ramsès lil se compose d'un certain nombre de proscynèmes ajoutés bout à bout, sur un ou deux registres superposés.

Au milieu même de la cour, dans le grand axe de l'édifice, sont les restes d'une avenue autrefois formée de deux files de 6 colonnes chacune, qu'on a supposé avoir porté les diverses images symboliques servant d'enseignes aux Egyptiens, telles que le bélier, Tibis, l'épervier, le chacal, etc. Cette opinion n'est pas admise par M. Mariette. Ce savant pense qu'il y avait là un édifice dans le style architectural du petit temple hypèthre des terrasses de Deodérah ( K. p. 508). Le plafond aurait été formé non d'une seule architrave, mais de trois. L'édifice avait 6 colonnes avec deux portes s'ouvrant |

de chaque côté; nous devons ajouter que les fouilles n'ont mis à jour aucune pierre ayant servi à une construction. Les sculptures de ces colonnes portent les légendes de Tahraka et de Psamétik I*^ On y lit aussi le nom du 4* Ptolémée, Philo pator. Les colonnes avaient 21 met.

de hauteur totale. Une seule est restée sur pied, à Textrémité de la rangée de dr. ; toutes les autres sont renversées et brisées.

VesUhule. — En avant du pylône qui forme le fond de la grande cour que Ton vient de parcourir mais qui n'offre plus qu'un aspect de mine et de bouleversement, il y a un large perron de 7 marches (c), aux deux côtés duquel se dressaient 2 colosses monolithes en granit rouge, de 7 met. de proportion. Un seul, celui de dr. ou du S., est encore sur pied, quoique très-mutilé; le second est abattu et enfoncé sous les décombres. La statue est debout, les jambes séparées : le socle sur lequel le colosse est debout porte sur sa face antérieure la légende de Ramsès IL

Le perron donne entrée dans un Vestibule (d) (Y, le plan) de 15 met.

de largeur sur une profondeur de 7 m. &0 c. La porte proprement dite est une enclave ptolémaîque; elle remonte à Evergète II. Les inscriptions la nomment « la três'^rande »

et la Commission d'Egypte lui donne une hauteur de 29 met. 50 c. Les parois en sont décorées de tableaux religieux. Sur la paroi de dr., du vestibule au registre supérieur, Ramsès Il est en présence d'Ammon; au registre inférieur, un grand bas-relief nous offre la barque du même dieu ornée en diverses parties des cartouches de Ramsès III. Ptolémée Pbilopator y parait deux fois et toute la décoration a été remaniée par ce Ptolémée dans sa disposition originale. Mômes remaniements sur la paroi gauche. L'examen de ces sculptures est intéressant, parce qu'il

HADTE EGYPTE.

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losse disparu et qui faisait peTidant i un autre colosse détruit. Les autres décorations intérieures de celte petite cour intermédiaire sont de Thoutmès IV et d*Amenhotep III son fils.

Quatrième pylône^et cour des Cariatidef. Un quatrième pylône (4) moins élevé que les précédents n'offre guère que des ruines, principalement à ses extrémités dont les assises inférieures môme ont disparu. Il séparait Tespace découvert que Ton vient de traverser d'une nouvelle cour intérieure d*environ 75 met. sur 19. Un vestibule (h) de 13 met. de longueur sur 4 met. de large, occupe le milieu du pylône et formait la communication d'une cour à Tautre. Deux obélisques pareils à ceux qui précédaient l'entrée du vestibule, en décoraient la sortie, et les piliers à cariatides (ou piliers osiriaques, comme on les nomme) qui formaient une galerie continue au pourtour de la cour (1), devaient être d'un très-grand effet.

Des deux obélisques, celui de g.

ou du N. est encore debout; les débris de l'autre joncbent le sol. Ils étaient au nombre des plus grands monolithes de ce genre que possédât l'Egypte. Celui qui reste en place a tout près de 30 m., presque autant que l'obélisque de Saint-Jean de Latian à Rome, le plus grand que l'on connaisse, et au delà de 6 met. de plus que l'obélisque de la place de la Concorde. Leur pied est engagé dans un massif qui cachait, jusqu'à quatre ou cinq mètres de hauteur, le bas des inscriptions. Ils appartiennent tous les deux à la fameuse Régente Hatasou, fille de Thoutmès I«^ Les massifs ont été construits par Thoutmès III et l'on ignore quel motif a pu déterminer ce prince à sacrifier ainsi deux des plus remarquables monuments de Karnak. La salle contenait à l'origine 24 colonnes. On abattit quatre des colonnes du N. et les douze colonnes du S. pour introduire les obélisques. Huit des coloonesduS.

turent réédifiées plus tard par Amen-

^hotep IL Aujourd'hui on y compy 14 colonnes trè»4égradées.

Le côté oriental de la Cour de« Cariatides était fermé par un cor de constructions moins profond qj le pylône du côté occidental.

Ctngut fme Pylône{b) . Il est très4' moli et n'a pour ainsi dire rien crserve de sa forme ; la porte centrait s'est écroulée pendant l'inondation < f 1865. Après le pylône (5), vient c»

chambre (k) symétriquement disposé* par rapport à la porte du pylône, à 12 met. de largeur sur 4 met. de profondeur, avec 2 portes s'ouvrant Vaut au N, l'autre au S., et donnant aec^^ dans deux salles rectangulaires, déa* rées chacune de 2 rangées de colonnes, et munies à leur tour d'oaverturesqui donnaient accès dans les couloirs. La maçonnerie de celte salle est de Thoutmès III. Cette chaisbre avec deux de ses annexes e>.

comprise entre le pylône (5) et le dernier et le plus petit des pylônes.

Sixième Pytône (6). Ce pylône et les deux murs qui le flanquent au N et au S. sont de Thoutmès III. Sétill Ramsès III, Ramsès IV, y ont post<^rieurement fait graver leurs légen des. Il a perdu la moitié do sa hauteur primitive; la partie qui restes donné d'importantes listes géographiques, sur lesquelles nous nous arrêterons un instant.La face 0. du pylône ^<^ était décorée de grands tableaux uniformément composés : Thoutmès III, représenté dansdes proportions colos sales, lève sa masse d'armes sur des barbares agenouillés devant lui. Audessous sont représentés, rangés symétriquement sur d'autres lignes horizontales, d'autres personnages plus petits, les bras liés derrière le dos, le corps caché par un grand écussua crénelé, dans lequel est inscrit le nom de la localité dont ils sont censé» offrir l'image. Presque rien n'est resté des tableaux. Heureusement les noms de localités se sont assez bien conservés. Primitivement, ces noms devaient ôtrefau nombre de 1300,

IROUTE âô] KARNAK. — GHANO TfiMPLE.

mais il n'ea est resté que 628.

Ils appartiennent par moitié aux pays situés au N. de l'Egypte et par moitié aux pays situés au S. Ils se composent de 4 listes, la première de 119 noms du N. gravés une fois sur le pylône (6) et deui fois sur le pylône (7); la seconde, de 117 noms du S. présentée dans les mêmes conditions que la première; la troisième, de 240 noms, du N. est ajoutée à l'un des exemplaires de la première liste ; la quatrième, de 152 noms du S. ,est ajoutée à Tun des exemplaires de la seconde liste.

Les 119 noms du N. appartiennent lu Haut'RuUn (Palestine Cisjordane »t Transjordane). Ils sont partagés 3n six groupes, précédés de deux 3oms qui servent de titre. Nous y remarquons Khaai (Haï), Kérara [Guerar), Mak$ar (Migdol), Japou Joppé) , Aaina (Aîn) , Keriimna (Carsel), Maketi (Megiddo) Tametkou Damas). Ces noms, dont Tidentificalion a été faite par M. Mariette, ont ionc cet avantage de nous offrir un ableau synoptique du pays de Cbalaan, 360 ans avant TBxode.

Les 117 noms du S. s'appliquent à les localités successivement énumé- •ées comme situées dans le pays je Kouscb, dans le pays de Pount it dans la Libye. 47 noms appariennent au pays de Kousch (Ethiopie), )ntre la mer Rouge à l'B., et la rive Ir. du Nil Bleu. L'identification d'un ;rand nombre de ces noms a été faile )ar M. Mariette. Nous y remarquons 9er6eral(Berbers), Tekaruon Tékrau Tigré), louaa (Aouaoua) etc. Le pays le Pount doit être cherché partie sur a côte méridionale de l'Arabie, parie sur la côte orientale d'Afrique, LU S. de la mer Rouge. Des 40 noms [ui s'y rapportent, quelques-uns ont )u être identifiés, Afuah (Djardafou, îuardafui), i'OttrU(*Oicibvt), notvûv), iiihar ou Àuhal (AùoXttiric), Jfounvou (Mouvdou l(iic6piov). (F. M. Maiette-Bey : Us listes géographiques Us pylànu de Kamak comprenant

la Palestine, VÉthiopie et le pays des SomAÎ). La troisème partie de la liste des pays du S., relative à la Libye, cite 29 noms; elle se rapporte sans doute à la région éthiopienne de la Libye. Enfin la quatrième partie de la liste contient des noms qui paraissent jusqu'ici complètement nouveaux. Certaines observations philologiques sur la forme de leurs noms ont conduit M. Maspero, sinon à les placer dans la région des Grands Lacs africains, du moins à les rattacher à la même race qui peuple aujourd'hui la région des Grands Lacs.

Le pylône (6) donne accès dans un vestibule de 6 met. sur 12, d'où Ton pénètre dans une petite enceinte découverte, profonde do 6 met. et large de 15, qui précède immédiatement l'entrée du sanctuaire. Cette cour n'a de remarquable que les deux piliers carrés qui se dressent de chaque côté de l'entrée des chambres.

Ils sont en granit rose et portent les cartouches de Thoutmès III. Deux portes pratiquées au N. et au S. de cette enceinte donnent entrée de chaque côté dans une chambre (xx') de 7 met. sur 10. Au fond de celle du S. (I') s'élèvent trois colonnes qui pré. cèdent cinq cellules décorées, d'un côté, des figures et des tilres de Thoutmès m, de l'autre, des figures et des titres d'Amenhotep l". La cour du N. (K) est péristyle, et l'on voit encore les restes des colonnes à pans coupés dont elle était décorée. Elle porte comme la cour (T), des cellules où se retrouvent les noms d'Amenhotep I* et de Thoutmès III.

Appartements de granit, — Cette partie du temple communément désignée par ceux qui ont décrit les ruines de Kamak sous la dénomination d'appartements de granit était jusqu'à présent considérée comme le sanctuaire et la partie la plus vieille en date dans l'ordre des constructions. Elle ne formait qu'un amas de décombres informes. Les

fouilles récentes de M. Mariette ont mis au jour diverses chambres de cette construction et ont permis d'en retrouver le plan et d'en fixer la destination. Les deux chambres, que Ton regardait comme le sikos ou sanctuaire proprement dit, sont, d'après M. Mariette , un vestibule pour arriver au sanctuaire. Les inscriptions ne se servent pas pour les désigner d'autres noms que ceux qu'elles emploient pour désigner les salles du temple. Leur position en avant du vrai sanctuaire (cour) (p) et au milieu d'un groupe important de constructions en faisait cependant un point qui devait s'imposer à l'attention et Thoutmès III les fit construire en granit. Longtemps après, quand elles tombaient en ruines, Philippe Ârrhidée employa aussi le granit à leur restauration.

Autour des appartements de granit est une grande chambre ou couloir bâti en grès qui leur sert comme d'enveloppe. Au N., le couloir était bordé par un mur que la Tégente Hatasou avait fait décorer de riches peintures. C'est en avant de ce mur que Thoutmès III fit élever le fameux mur connu sous le nom de mut numérique. Les annales gravées sur ce mur n'avaient pu être étudiées qu'imparfaitement, jusqu'aux travaux de déblaiement accomplis par M. Mariette, en IBt>0. Une portion seulement de l'inscription avait été déposée au musée du Louvre. Aujourd'hui, elle est complètement connue, sauf les parties masquées par des portes ou détruites. Elle se décompose en trois chapitres, en allant de l'E. à ro. C'est un des fragments du troisième chapitre qui a été transporté à Paris. Le premier chapitre, très-mutilé, ne contient guère que les louanges dvt' roi. Le second chapitre est consacré à une expédition du prince danslepaysdesAotennou (Chanaan, Syrie). Le roi part dans le mois de PachùnSy arrive à Gaza, où il célèbre anniversaire de son couronnement,

atteint Mageddo, en Syrie, sur les r iv du torrent de Kana. — Bataille de M geddo. — Défaite des princes syriei qui se réfugient dans la place. — < ramène les prisonniers. — Attaqt d'une place. — Les chefs ennem demandent gr&ce. — Dénombre me] d'un immense butin. — I>an5 lu autre expédition, le roi ravage i pays de T'ahi. — Dans une sixi'-iLi expédition, chez les Rotennou, J roi prend la ville de Kadeacb, Ui places d'Aratou et de Symira<Soum.'z, au pied du Liban). -* L'an 33, hu tième expédition; le roi traverse.

pays de Hotennou, ravage la Mésoptamie, s'avance jusqu'à Ne ni ou [S.

nive). — Butin et offrandes d.* chefs. — Tribut des Limnan ou pe.

pie du Liban, de Sangar, des ILheu'.

L'an 34, neuvième campagne, r pays de T'ahi (Cœlésyrie). Tribut dr Rotennou, du chef des Asi, de Ko use:, de Ouaoua. Suivent d'autres camp-gnes chez les Schasou, les RoIclnou, etc., de la 22* jusqu'à la 43'^'née du règne de Thoutmès III (eni^^ 1604 et là86).

Le mur numérique est interromp par une porte qui donne accès dir.

une petite chambre, située au N «J des chambres de graniL Les couleur de Thoutmès m etde Philippey para;« sent successivement, mais c'est Philippe seul qui l'a construite, manquant ainsi six ou huit lignes des annales.

A g. des chambres de granit, s'ouvre dans le mur numérique une porte qui donne accès dans la salle S. Celleci communique à son tour à dr. arec deux chambres rectangulaires, à ^'.

avec quatre cellules. A dr., un autre mur faisait pendant au mur numérique. 11 ne reste de cette inscription du S. que des fragments peu importants. Au 5. de ce mur est une construction R, également composée de plusieurs chambres. Derrière les cha.mbres R, se trouve un pan de muraille sur lequel estgrarce la figure en pied du roi Ousorté-

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