‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 259 sur 408 · NUBIE. [ROUTE · texte numérisé non relu

NUBIE. [ROUTE

Au-dessous du confluent du Nil Blanc et du NU Bleu, le Sennâar et h Faxoghu occupent un yaste territoire, sur les rires du Nil Bleu jusqu'au contre-fort occidental des montagnes d'Abyssinie, vers le 11* degré de lati tude. De ce côté, l'empire égyptien contournant les montagnes de Choa, tend à s'établir sur les rivages du golfe d'Aden.

S 2. — Aspect de la vallée du Nil.

1' Dans la basse Nubie^ entre la première et la seconde ealaraete. — Le ▼oyage de Nubie et la visite de la seconde cataracte sont devenus un complément très-habituel du tour d'Egypte. C'est, à partir d'AssouÀn^ une eicursion de deux à trois semaines, aller et retour. Parmi les ruines de> temps pharaoniques qui couvrent cette partie de la vallée du Nil, il en est plusieurs en effet, et, au premier rang, celles d'Abou-Sinbel (Ibsamboul.. qui méritent, môme après Thèbes et Philse, tout l'intérêt et toute la curiosité du voyageur.

La nature de la vallée du Nil, telle qu*on Ta vue depuis Bdfou jusqu'à Syène, peut donner une assez juste idée de l'aspect général du Nil nubien entre les deux cataractes. Une double muraille de rochers granitiques continue d'encaisser le cours du fleuve. Rarement les deux chaînes s'écartent assez pour laisser entre elles une plaine un peu spacieuse. Une lisière de terrain cultivable se montre çà et là entre les rochers et le courant, et le voyageur qui descend ou remonte le fleuve voit de distance en distance s'ouvrir, sur l'une et l'autre rive, mais plus fréquemment sur la rive orientale, d'étroits ouadys au fond desquels s'abritent les pauvres villages des habitants. L'idée d'un village est tellement liée ici à celle d'une vallée, que le nom de ouady est devenu leur désignation commune; de même que, dans une acception plus générale, le mot ouady, appliqué à une portion plus ou moins étendue de la vallée même du fleuve, est aussi employé es Nubie comme synonyme de canton ou de province. Il y a peu de grande villages, mais seulement des groupes de cinq à six maisons, ombngés de quelques palmiers. La monotonie du voyage n'est guère interrompue que par les ruines qui bordent la vallée. Ces ruines sont toutes des restes d'anciens temples; la basse Nubie n'a jamais vu s'élever d'autres monuments. Elles sont surtout très-fréquentes dans la partie de la vallée qui se prolonge immédiatement au-dessus de la frontière égyptienne, sur une étendue de trois journées, et elles se trouvent à peu près toutes sur la rive gauche. U direction générale du fleuve est au S. dans cette première moitié de l'espace compris entre AssouAn et Ouady-Halfah, et au S. 0. dans la seconds moitié. La longueur totale de cet espace, qui constitue la basse Nubie, e^i de 350 kil. environ, ou 80 de nos lieues communes (de 2à au degréj. Le> cataractes de Ouady-Halfah sont un peu au-dessus du 22* degré de latitude- 2* Haute Nubie, — Au-dessus de Ouady-Halfah, le Nil se dirige au S. entre deux chaînes de collines granitiques, sur un lit obstrué de rochers; sa largeur est de 200 à 260 mètres. Quelques vallées plus ou moins larges, où croissent des acacias, égaient çà et là les rives du fleuve. Au-dessus de J)al-Narou, vers le 21* degré de latitude N., les montagnes s'aplanissent e^ font place à des vallées cultivées. La rive orientale' du fleuve est généralement plus riche que la rive occidentale ; son lit élargi, coupé d'îles nombreuses, bordé de collines rocheuses, traverse des contrées désertes. Au-dessus de Marakah ou Nouveau-Dongolahf 19* 9' bk" latitude, se dé-

Page 1