‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 260 sur 408 · NUBIE. — GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

NUBIE. — GÉNÉRALITÉS

ploient de vastes plaines désertes, sur lesquelles on observe des effets de mirage intense. Au delà de Korti, au-dessus de la 3* cataracte, te Nil cour* à TE. quelques degrés N., pour revenir au S., décrivant ainsi une grande courbe qui embrasse le désert de Bahiouda, C*est dans cette courbe que se trouvent la quatrième et la cinquième cataracte. Le caractère du pays ne change pas. Ce sont toujours des déserts^ séparés du fleuve par une ligne de rochers en deçà desquels s'allonge, parallèlement au fleuve, une lisière étroite de terrain cultivé. Dans ce trajet, le Nil reçoit à TE. le vaste affluent Atbara (iftomourot, Àstaborai), qui est le cours inférieur du Taccazé, rivière qui apporte au grand fleuve les eaux du Tigré et de l'Abyssinie sep> tentrionale. Au-dessus de la cinquième cataracte, de Chendy à Khartoum, le Nil est navigable. Des deux côtés du fleuve s'étend le vaste désert nubique, aride et désolé.^ géographie y obéit à certaines lois faciles à saisir. La plaine est presque toujours plus ou moins aride, inhabitée, dépourvue d'eaux courantes. Là cependant où s'élève un massif de montagnes, il y a des sources vives qui vivifient un petit coin de terre avant que le sol sablonneux, formé des détritus du granit, ne les boive. La forêt se développe en liberté au pied et quelquefois sur la pente inférieure de la montagne; les clairières abritent, soit des villages, soit des tentes des nomades attirés par le voisinage des eaux. Dans cette région, le Nil forme au milieu des sables une longue oasis. Ses bords seuls offrent un aspect riant : ce sont, çà et là, des vallées agrestes, de longues bandes de plusieurs centaines de mètres de largeur, où la terre, arrosée par l'eau du fleuve élevée à l'aide des sakkyèhs, nourrit de belles récoltes d'orge, de dourab, de pois, de ricin et des bois d'acacias.

Les ruines qui se rencontrent dans cette partie du cours du fleuve sont bien plus rares que dans la basse Nubie. Celles de Gébel-Barkal (ancienne Napata) et de Méroé, près de Berber, méritent l'attention du touriste. Elles sont surtout intéressantes au point de vue historique, car elles sont à peu près les seuls monuments qui soient restés debout de la civilisation éthiopienne. Des stèles trouvées à Gebel-Barlcal, à Dongolah, etc., ont jeté quelque jour sur cette histoire encore mal connue, et, sans doute, il reste encore, parmi les ruines éparses sur le sol de l'antique Ethiopie, bien des découvertes à faire.

§ 3. Histoire. Nubie, — Ce que nous nommons aujourd'hui la Nubie fut connu des Grecs, et des Romains après eux, sous le nom d^Êthiopie, ou pays des Noirt (c'est la signification du mot jBthiopi), Les Égyptiens, et, à leur exemple, les nations sémitiques, désignaient les contrées que le Nil traverse au-dessus de l'Egypte sous la dénomination générique de Kouteh, fréquente daq^ les inscriptions hiéroglyphiques aussi bien que dans la Bible.

Les noms de quelques-uns des peuples qui vivaient dans ces parages nous ont été transmis par les inscriptions. Ils ont dû varier selon les âges, au fur et à mesure des changements survenus dans la vallée du Nil. Sous al xu* dynastie, habitaient, au delà de la première cataracte et jusqu'à mi-chemin de la seconde, les Ouaouai, tribu de tout temps hostile à l'Egypte. Plus au S., près de la seconde cataracte , se trouvaient le pays de Bêh et celui de Shaad, avec des carrières de calcaire blanc. Dans le désert et au delà de la seconde cataracte erraient cent tribus, toigours prôtes aux

OBISNT II. ^^

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