NUBIE. — HISTOIRE
(Napata) (zxvr dynastie). « Sa imère est la royale sœur, la royale mère, régente du pays de Kousch, Nersaou. » A ce moment, l'Ethiopie était dê;^ séparée de TÉgypte par des peuplades hostiles (peut-être les Icbthyoi ges d'Hérodote), établies en Nubie jusqu'à Assouàn. Peu à peu, les coztrées de la Nubie inférieure, entre la première et la seconde cataracte^ ^] peuplées autrefois, deviennent désertes : les villes tombent en niiae. les temples commencent à disparaître sous les sables. Au delà de U seconde cataracte, commence proprement le royaume d'Ethiopie, indépendant, mais isolé et destiné à périr par son isolement même. Il «^ divisé en deux régions, comme TÈgypte : dans le To-Qens se trouYaiefi> en remontant le fleuve, PnohSy Dengour (Dongolah), Kapata (Gébei- Barkal), Attamouras ou Astabouras, au confluent d)i Nil et de l'Astaboras (Atbara), Béroua enfin, la Méroé des géographes alexandrins, qui devait donner plus tard son nom au royaume d'Ethiopie. Au delà de Béroua, commençait le pays d'Aio (l'Aloah des géographes arabes du moyen Stge), qui s'étendait le long du Nil Blanc et du Nil Bleu jusque dans la grande plaine de Senn&ar. Sur la frontière méridionale du pays vivaient les Atmakh, descendants des transfuges (F. ci-dessus). A l'E., au S. et à TO., entre le Darfour, le massif d'Abyssinie et la mer Rouge, viraient une foule de tribus sauvages, les unes de race africaine, les autres de race sémitique.
A partir du moment de sa séparation définitive avec l'Egypte, l'Étliiopie ne nous est connue que par de bien rares monuments et son histoire est fart obscure. Il est probable qu'elle se résume en des guerres entreprises contre les peuplades nègres et en des révolutions intérieures. Parmi les faits dost le souvenir nous est parvenu, nous citerons : une expédition dirigée contre l'Ethiopie, par Psamétik II, vers 690 (Hérodote II, 160), et la fameuse expédition de Cambyse, dont la malheureuse issue est bien connue. Gambyse, partant de Memphis à la tête de son armée, prit la route du désert, pour se rendre à Napata, mais les vivres lui manquèrent au quart du chemin, et il ne regagna qu'à grand'peine l'Egypte, après avoir perdu beaucoup de inonde.
C'est vers le temps de cette expédition qu'il faut peut-être placer les règnes de Bor-ii-atef et de Nastosenen. La stèle qui nous fait connaître Hor-si-atef et quelques faits de l'histoire de ce roi est au musée de Boulaq,n* 921 . Horsi-atef, élu roi par les prêtres, occupa les quarante années de son règne à des expéditions dirigées contre les tribus du Darfour et de l'Abyssinie, les Rehrehra {Rhapsii de Ptolémée) , les Madia {Mataia de l'inscription d'Axoum), et à construire ou réparer les temples de son royaume (Haspero, Records of The Patt, t. VI). Nastosenen nous est connu par la stèle de Dongolah (Lepsius, DenkmcUer, V. pL XVI, traduit par Maspero, Mélanges d^arehéologie égyptienne et assyrienne^ tome I, p. 297). Nastosenen était prince ou gouverneur de Béroua (Méroé), au moment où les prêtres d*Ammon l'appelèrent à régner. Il se fit couronner à Dongolah et fut reconnu roi par les principaux habitants de Napata. Ce fut un prince conquérant, qui, comme ses prédécesseurs, tourna ses armes contre les peuplades nègres, particulièrement du côté de l'Ethiopie orientale, nommée aujourd'hui Abyssinie.
Une révolution se produisit dans l'histoire de l'Ethiopie, après la conquête de l'Egypte par Alexandre. Selon Diodore de Sicile, livre III, p. 188, sous Ptolémée II, un roi nommé Ergamine élevé à
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récole des Grecs et instruit dans la philosophie, s'affranchit du pouvoir des prôtres. Il pénétra avec ses soldats dans le sanctuaire du temple d'6r et massacra tous les prêtres. Après quoi, il gouverna le pays selon sa volonté.
Béroua (Méroé) prenait alors une importance toujours croissante et tendait à devenir la capitale de l*Étbiopie. il est probable que ce changement se produisit peu à peu, à la suite de diverses secousses, et quMl exista entre Béroua et Napata une rivalité analogue à celle qui divisa en Egypte Thèbes et Memphis. Quoi qu'il en soit, Tempire d'Ethiopie fut désigné, au temps des Romains, sous le nom d'empire de Méroé. Le siège principal de ce royaume était dans la région des grands coudes du Nil, à une disiauce considérable au dessus de Ouady-Haira: néanmoins une partie de Tespace compris entre la deuxième cataracte et la première en était une dépendance. Il n'y eut de réuni à TÉgypte d*uoe manière permanente, à dater du temps de Psamétik, que le Dodécaschène, conquis par Psamétik l*'. C*est i Textrème limite méridionale du Dodécaschène, que les Romains posèrent la frontière de l'empire du côté de l'Ethiopie : là finissaient les grandes voies qui remontaient les deux rives du Nil depuis le Delta. Les monuments des princes éthiopiens dont les noms sont dans le iCômys&u<:A de Lepsi us, sont assez nombreux; mais leurs inscriptions sont rédigées en démotique éthiopien non déchiffré encore, et n'ont pu être utilisées pour l'histoire. Une incursion des Éthiopiens du S. en Tbébaîde détermina la célèbre expédition du gouverneur Pétronius contre TÉthiopie, en Tannée 23 ou 24 avant notre ère, expédition dans laquelle la ville de Napata fut détruite. Les Éthiopiens étaient alors gouvernés par une reine Candace; celle-ci se réfugia dans une lie qui est peut être l'Ile de Méroé, d'où elle députa au générai romain des envoyés qui traitèrent de la paix. Cette expédition valut aux géographes latins les notions les plus précises que l'antiquité ait eues sur les parties intermédiaires du cours duNiL Depuis lors l'empire n'eut plus à redouter les attaques de rois éthiopiens : le Dodécaschène fut fortement occupé par les légions et les gouverneurs romains purent réparer en paix les temples d'époque pharaonique dont il était couvert.
Un événement très-important pour toute la suite de Thistoire de la Nubie eut lieu dans les dernières années du m' siècle. Nous apprenons de Procope qu'en 295 l'empereur Dioctétien, trouvant que c'était une charge onéreuse d'entretenir des garnisons sur la frontière 6. de l'Egypte, appela dans ces parages une forte tribu du nom de Nohadœ qui campait aux environs de la Grande-Oasis, et leur abandonna la vallée du Nil au-dessus de Syène dans une étendue de sept journées. Ils devaient couvrir la haute Egypte contre les incursions des tribus du désert oriental qu'on appelait les Blemmyes*. Malgré ce renfort, les troupes romaines furent battues et le territoire au S. de la cataracte fut occupé par les ennemis dont on voulait se débarrasser. Les cinq villes qui formaient le commiiUium romain, Prima,
1. L'origine des Blemdiyea est iocertaine. On ne trooTe ce nom ni dans las in- Mriptioas des temps pharaoniques, ni dans les géographes arabes» ni chex les Toyagears modernes qui, comme Barokbardt, ont recueilli sur cette région des notions détaiilies. Probablement, ce nom aora été donné par les Grecs a quelque tribu qui aurait anciennement habité près de la frontière éthiopienne de TÊgypta.
• (Vivien Saint-Martin, U Nord di CAfriqM dan» Vantiquité.)
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Phcmicon, Cfctm, Thaphit et Talmis devinrent des repaires des barbares, et la dernière ville, Tàlmis, leur capitale. Au contact des populations égyptiennes, les Blemmyes se firent égyptiens de mœurs, de coutumes, de religion Isis fut leur principale déesse, Philae leur principal sanctuaire, et oc eut ce spectacle bizarre de barbares devenus les défenseurs contre les chrétiens des vieux culles pharaoniques. Pendant les,iv* ei v* siècles, leurs incursions ravagèrent toute la Thébaîde : il fallut en 451 que l'empereur Marcien leur accordât une trêve de cent ans à des conditions honteuses pour Tempire. Assurés du côié des P^omains, ils se tournèrent vers les peuplades de la Nubie méridionale, mais avec des chances diverses. Vers le milieu du vi* siècle entre &30 et 550, les Noubades avaient été convertis aa christianisme, par des missionnaires égyptiens. Un de leurs rois, Silco, déclara la guerre aux Blemmyes et les battit. La célèbre inscription de Talmis est ainsi conçue {V. p. 630} : • Moi, Silco, roi des Noubades et de tous les Éthiopiens, je suis venu jusqu'à Talmis et Taphis, deux fois. J'ai guerroyé avec les Blemmyes et Dieu m'a donné la victoire par trois fois. J*ai vaincu de nouveau et je me suis rendu maître de leurs villes, et je m*y suis établi avec mes hordes. — La première fois, je les vainquis, et ils me rendirent hommage, je fis la paix avec eux et ils me prêtèrent serment par leurs idoles, et je me fiai à leurs serments, parce qu'ils sont gens d'honneur. Je m'en retournai vers mes provinces d'en haut. . . . J'ai guerroyé avec les Blemmyes de Talmis à Primis, une fois encore, et les autres Noubades qui sont au-dessus (de nos possessions), j'ai ravagé leurs terres, parce qu'ils m'on( cherché querelle. «
Lorsqu'en 551 le traité de cent ans expira, les Blemmyes étalent réduits si bas que Justinien crut pouvoir le rompre sans danger. Le pays qu'ib avaient occupé tomba aux mains des successeurs de Silco. le paganisme fut aboli définitivement et le christianisme introduit en sa place. Le roi Éirpanome aidé de l'exarque byzantin de Talmis et de Théodore, évêque de Philae, fit changer le temple de Dendour en église, et cet exemple fut suivi dans toutes les autres villes du Nil. Les Nobades vainqueurs étaient bien évidemment une fraction de la tribu nombreuse des Lowata, grande division de la race berbère qui occupa de toute antiquité, jusqu'à l'arrivée des Arabes, le pays compris entre les Syrtes et l'Egypte. Bien qu'ils aient donné leur nom au pays, ili n'en restèrent pas longtemps maîtres. Un siècle au plus après leur triomphe définitif et leur conversion au christianisme, ils furent en butte aux attaques des musulmans.
Amrou ben-el-As envahit la Nubie, à la tête de 20000 hommes, en l'an 20 de l'hégire : Donkolah (Dongolah) fut pris par l'émir Abd Allah ben-Saad. En vertu d'un traité, les Nubiens durent payer à l'émir d'Egypte, le bakhiy tribut consistant en un certain nombre d'esclaves. Ils recevaient en échange du blé pour leur roi, de l'orge, du vin, des chevaux, des robes, etc. Sous le règne de Zacharie, fils de Jean, les Nubiens s'étant trouvés hors d'état d'acquitter le bakht, les gouverneurs musulmans suscitèrent contre eux les peuples voisins et s'opposèrent à ce qu'on leur portât des provisions d'aucune espèce. Le khalife de Bagdad, Mostansem Billah Abou Ishak finit par leur accorder que le bakht ne serait payé que tous les trois ans. Quand l'Egypte se sépara de l'empire arabe pour devenir un État indépendant, les Nubiens essayèrent de se débarrasser de leurs suzerains musulmans. Ils y réussi*
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rent et se mirent même à harceler leurs anciens maîtres. Leurs incursions ne dépassaient guère ^les environs d'AssouAn et ne paraissent avoir eu d'autre but que le pillage. Les musulmans à leur tour, qu'ils eussent été provoqués ou non, envahissaient la Nubie et chacune de leurs incursions hâtait la ruine du pays. *"
Une des expéditions les plus importantes fut celle qui eut lieu Tan 568 de rhégire. Le frère de Saladin s'empara de la citadelle d'ibrim, pilla le trésor de l'église et fit appliquer l'évéque à la torture; le rapport qu'il adressa au khalife à propos de cette victoire représente la Nubie comme un pays pauvre, ne produisant d'autre grain que le dourah. En 674, l'émir Schem-ed-din-al-Sonkor envahit la Nubie à la suite d'une armée nombreuse. Après un combat acharné, les Nubiens furent défaits, la forteresse de Daw fut prise. Les vaincus subirent de dures conditions. La moitié des revenus de la Nubie fut affectée au sultan, et l'auti-e moitié à l'entretien et à la garde du pays. La proviuce des montagnes dans le voisinage d'Assouân, qui formait une portion assez importante de la Nubie, revint au sultan. On mit les habitants en demeure de^choisir entre l'islamisme, la capitation et la mort. Ils choisirent la capitation. Des officiers établis dans le Dongolah prélevèrent sur les Nubiens le tribut et la capitation. A partir de ce moment, la décadence du pays suivit une marche accélérée. Des rois furent déposés. Les compétitions au trône entretenues par les Arabes amenèrent la discorde et l'anarchie. Lea églises tombèrent en ruine, et les débris de la population furent peu à peu gagnés au mahométisme. Plusieurs États se formèrent, dont le plus important était celui de Senn&ar. (Y. Quatremère, Uémoiret géographiques et historiques sur VÉgypte, 2 vol. in-8*, Paris, 1811.)
De tous ces petits États, le plus important était celui de Sennftar. La province de Senn&ar fut conquise l'an 890 de l'hégire par les FoungiSj peuplade nègre venue de TOuest. Ce peuple, alors idolAtre, embrassa en partie î'i&lamisme. Une dynastie des Foungis, fondée par Àmdrah dou fiaos en 1484, parvint à une assez grande puissance. Les provinces de Chendy, Berber, Dongolah, quoique gouvernées par des cheikhs particuliers, la plupart de race arabe, reconnaissaient la suprématie du royaume de Sennâar et lui payaient un tribut (F. pour la chronologie des princes de Cbendy, Cailliaud Voyage à Méroéy au Fleuve Blanc, etc , Tome III, p. 106). Mais depuis longtemps déjà, la suprématie du Sennâar était plus nominale que réelle. L'autorité du roi était à peioe reconnue dans le Sennâar même, où des compétiteurs se disputaient le pouvoir. Le Dongolah s'était déclaré indépendant depuis l'invasion des Mamelouks ; et depuis lors , il était livré aux incursions continuelles et au pillage des Chaykhyès. Ceux-ci formaient une république gouvernée par des cheikhs. Suivant leur tradition, ils étaient venus d'Arabie, il y a plus de six cents ans; d'un tempérament belliqueux, peu portés aux travaux agricoles, ils vivaient de rapines. Ils ne craignirent pas de s'attaquer en 1812 aux Mamelouks réfugiés à Marakah (Vieux- Dongolah), et remportèrent plusieurs fois l'avantage.
Toutes ces provinces furent conquises par Ismaîl-Pacha, dans son expédition de 1821. Le Dongolah se soumit sans résistance. Les Chaykhyèhs, plus hardis, furent battus en plusieurs rencontres, en particulier à Korti, sur le Nil. Ils ont été organisés depuis en une sorte de milice, au service de TE-
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gypte; on leur a laissé leurs méleks (rois}. La province de Berberfat eavahie sans difficulté. Le mélik Nftser-A'dyn^ les cheîkbs, les faqyrs Tinrent à la rencontre d'Ismaîl-Pacha, en marche sur El-Mekhefr, félicitèrent le prince sur ses succès et se soumirent au joug de celui qu'ils appelaient leur libérateur. Le Sennàar fut pris après quelques escarmouches. Mais cette conquête coûta la vie au prince. Celui-ci, de retour à Chendy, voulut célébrer par des fêtes llieureuse issue de son expédition; surpris au milieu d un festin, il vit la hutte où il se trouvait livrée aux flammes et il périt avec ses compagnons. Depuis lors, la domination égyptienne s'est consolidée dans les contrées du Haut-Nil. Des établissements, dus à l'initiative des parliculieis, égyptiens et européens, ont été fondés et ont prospéré sur la rive g. du Nil. Un des plus puissants directeurs de ces entreprises, l'Égyptien Ziber, avait déjà, dans le Ferttt, en 1871, essayé sa force contre un prétendant politique Fourien et l'avait vaincu; le sultan du Darfour, Bràhmi, étant intervena, avait à son tour été défait par Ziber. Le vainqueur nommé par le gouver* nement égyptien à la préfecture de Chekka, créée pour lui et incorporée à l'Egypte, alla plaider au Caire pour l'annexion totale du Darfour à l'Egypte. Le gouvernement égyptien, saisissant avec empressement l'occasion qui lui était offerte, allia ses forces à celles de Ziber et 2000 hommes commandés par IsmaU-Pacha-Ayoub partirent d'El-Obéid dans le Kordofan, le 16 août 1874; en même temps une autre colonne quittait Dongolahel-Agoui et se dirigeait sur El-Facher, capitale du Darfour, sous la conduite du colonel d'état-major, Purdy-Bey. Le sultan du Darfour a été vaincu et tué et la plus grande partie du pays a reconnu la puissance égyptienne.
Les efforts du gouvernement égyptien se sont, dans ces dernières années, portés surtout vers le cours supérieur du Nil.
% 4. Populations. — Cette esquisse historique explique l'état actuel et la répartition des tribus nubiennes. Elles se distinguent en trois classes dans la batse Nubie, c'est-à-dire, dans l'étendue de la vallée qui commence à la cataracte d'Âssouân ei finit à celle de Ouady-Halfah : ce sont iesKénous ou Bardera, les Arabes et les Nouba. Les premiers sont au N., dans l'étendue de l'ancien Dodécaschèoe, depuis Assouân jusqu'à Séboua; les troisièmes au S., depuis Derr jusqu'à Ouady-flalfah,et plus loin encore jusqu'à rUe d'Ârgo, où commence le Dongolah; les seconds, enfin, dans l'espace intermédiaire (de 47 kil. ou une lorte journée) compris entre Séboua et Derr. La première division est désignée par les indigènes sous le nom de Ouady'Kénou8,o\i l'on parle le kensi; la deuxième, sous le nom de Ouaây el-Arab ou la langue est l'arabe pur; la troisième, sous celui de Ouady- Nouba, Le nouba ne diffère pas essentiellement du kensi; ce n'est qu'un simple dialecte, produit par le mélange d'un élément étranger. Il est clair, d'après cela, que les Nobad», en s'établissant dans ces parties de la vallée du Nil au milieu des habitants antérieurs, finirent par adopter la langue indigèue. Ce mélange dut se faire d'autant plus aisément, qu'au fond les Nobadae ou Lowata et les Kénous ou Baràbra ne sont que deux rameaux d'une môme souche originaire. Les Nouba, dans l'usage actuel, sont trèssouvent confondus sous la dénomination générique de Barâbra.
Le chiffre de la population, dans cette vallée d'une si faible culture, ne saurait être bien élevé; on estime que d*Assouàn à Ouady-Halfah, ce chiffre ne dépasse pas 40000 âmes.