‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 266 sur 408 · NUBIE. — DANDOUR · texte numérisé non relu

NUBIE. — DANDOUR

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autrefois oommandé par un château de construction arabe, maintenant en ruine. Le paysage, étroitement circonscrit entre des montagnes nues, présente toujours un aspect d'aridité.

D'espace en espace, on aperçoit des restes de jetées antiques formées de grandes pierres brutes et destinées à rompre la force du courant pour empocher que les eaur n'emportent le peu de terre cultivable qui borde la rive. Après Abou-Hôr, la plage élargie forme une petite oasis ombragée de palmiers et arrosée par les sakkyèhs.

A 2 h. environ au-dessus d' Abou- Hôr on voit se dessiner le petit

Temple de Dandour ou Dindour (10 kil. rive 0.) construit sur un sol incliné à 300 pas du fleuve, et adossé aux rochers de la montagne.

Extérieurement, le temple de Dandour, bien conservé, produit un charmant effet. Une porte élevée, en forme de pylône, ornée de figures de divinités et surmontée du disque ailé à double ura9us se dresse sur une solide base de blocs bien taillés. En ai^ rière, dans Taxe même de la porte, deux gracieuses colonnes décorent rentrée du naos, construction rectangulaire de 7 met. 70 c. de large sur 13 met. 80 c. de long, à surfaces lisses et ornées de figures de divinités.

Le naos se compose d'un portique avec les deux colonnes de face, de deux chambres intérieures dont les parois sont ornées de scènes d'ofi'randcs, et du sanctuaire. La porte qui mène de la seconde chambre au sanctuaire est ornée de 10 tableaux qui représentent : Osiris, ^is, dame de Phila, Horus, vengeur de son père, Osiris Pétisi, Thoth de Pnoubs représenté avec la coiffure du dieu Anhour, Isis dame de Manlak, Osiris Pétisi, Osiris, Hathor dame de Snem (Béghé), Isis. Dans rintérieur du sanctuaire, sur la paroi latérale N., l'empereur Auguste est représenté, faisant des offrandes à diverses divinités. Au fond du sanctuaire est

sculptée la figure de la déesse, probablement Isis. Derrière radytoiB.

on remarque un petit cabinet saa^ autre ouverture apparente qu'os»

espèce .de soupirail trop étroit poc qu'on puisse y pénétrer. Dans le rocher, au-dessus du temple, est ui»

grotte excavée, précédée d'un petii vestibule.

Le temple de Dandour ne remonte pas au delà de l'établissement de la domination romaine en Ég;fpte. Les sculptures sont du temps d*Auguste.

Les divinités du lieu sont Isis, Osirb et Horus, la même triade qu'à Philae, et, en outre, un dieu local nommé Pétisi. Il fut transformé en église vers la fin du vz* siècle par les soia« d'Éirpanome roi des Nobades, et de l'évéque de Phila. L'ensemble de li construction est d'un aspect gracieux. A quelque distance du monument sont groupées quelques misénbies huttes. Le village même de Dandour est en face, sur l'autre ri^e.

A partir de Dandour, la vallée ds Nil change de caractère. Presque plus de palmiers, très-peu de sakkyèhs; il n*y a plus qu'une lisière de verdure sur les berges. Au delà, la vue est immédiatement bornée par une ligne monotone de iollines rocheuses, arides et désertes.

Gherf-Honeln (14 kil. rive G.' répond au Tutiis de l'Itinéraire d'Antonin. Le nom hiéroglyphique de U localité était Pa-phtih, la demeure de Pbtah. C'est un village grand, propre, composé de maisons construites en limon du Nil, mais toutes couvertes en terrasses, ce qui est rsre en Nubie.

Ce lieu a un ancien temple doublement remarquable par sa constraction et par sa date. U est du rhgat de Ramsès II, dont il porte les cartouches. Il est entièrement creusé dans le rocher, à l'exception du portique qui en l'orme la façade. On y arrivait, en venant du fleuve, par un large escalier décoré de statues et de spMnx, dont on ne retrouve que des fragments épars. Le porfîgiie» soutenu

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à sft làçade par six ooloimes rondos et sur les câtés par quatre piliers quadrangttlaireS) conduit iusqu*à la porte carrée taillée dans le rocher.

Six colosses de 8 met. de hauteur adossés à des pilastres soutiennent la première taUê. Ils représentent Ramsès II, avec la coiffure ordinaire, surmontée du pschent, les bras croisés. Sur les parois latérales où Ramsès II est représenté faisant des offrandes à diverses divinités, sont creusés quatre grands cadres contenant chacun trois figures en relief, entièrement méconnaissables, & 1 exception de la déesse Tafné, à tète de lionne. ChampoUion y a reconnu :

dans la niche de droite, Ramsès en dieu, les déesses Sati et Tafné, et dans la niche de gauche, Âmmon-Rà, Rà et la déesse Moût.

Une seconde taUe^ soutenue par deux piliers carrés, décorée des tableaux d'adoration ordinaires, du reste, trèsnlégradés, conduit à une troisième plus petite, rodylum, au fond de laquelle sont sculptées quatre divinités assises, parmi lesquelles on reconnaît Phtah, le dieu du temple.

Quatre petites chambres latérales complètent l'ensemble du monument.

Elles sont si fourmillantesde chauvessouris, dit M. Maxime du Camp, qu'il est impossible d'y rester au milieu du bourdonnement d'ailes et des cris stridents de ces animaux. Le temple est dédié & une triade dont Pthah est la divinité principale; les deux autres sont Hathor et Anouké.

Comme le grand temple d'Abou- Simbel, celui-ci, par ses dimensions, ses colosses, l'obscurité complète qui y règne, produit une profonde impression. Il n'a rien de l'élégance des temples d'Amada et de Dakkèh.

Gherf-Hosseîn est fréquemment appelé, dans les relations des voyageurs, Girchèh ou Kinchàh. Ceci est une confusion. Kir$eU en arabe, Kitch ou Kischiga en berbéri, est un autre village situé presque vis-à-vis

sur la rive opposée (la rive S.) non loin de ruines aasez considérables connues sous le nom de Sabagoùra.

Kirsch, ou Girchôh, est un nom ancien; car c'est cel u i , sans aucun doute, qu'on trouve éarit Kerkii dans Tinscription .

grecque des officiers de Psamètik, à Abou-Simbel (F. p. 642).

Les hauteurs s'éloignent un peu du fleuve, et les sakkyèhs deviennent de nouveau nombreux. Après Gherf- Hosseîn, la vallée prend le nom de Ouady-Koitamnèh, Près du village de ce nom, quelques ruines indiquent un ancien site. Sur la rive E., la côte n'est qu'une suite de collines sablonneuses et jaunAtres. Le Nil fait un coude et prend la direction de TE. à l'O.

Dakkéh (17 kil. rive 0.) est un village d'aspect misérable, tout près duquel s'élèvent les restes assez bien conservés d'un temple dont l'intérêt est historique. Le nom de la localité « est Pselchis (YéXxic) dans les inscriptions grecques. L'Itinéraire Antonin écrit à tort Pselcit, et Ptolémée encore plus fautivement Pselsis. C'est à Pselchis que Pétronius, dans sa marche sur Napata (F. p. 615) rencontra et défit les troupes de Candace, reine des Éthiopiens.

Le Temple de Dakkèh fut fondé au temps de Ptolémée Philadelphe par le roi d'Ethiopie, Arkamoun. Ptolémée Philadelphe, sa sœur Arsinoé, son frère, Ptolémée Évergète I, y ajoutèrent des ornements. Ptolémée Evergète II fit élever le portique. Enfin Auguste restaura et décora certaines parties de l'édifice. Malgré les travaux successivement poursuivis par tous ces princes, la décoration est restée inachevée.

Le temple est consacré au dieu Thoth èn-Pnoubs, c'est-à-dire Thoth seigneur de Pnoubs(enÊthiopie),nom que les inscriptions grecques correspondantes transcrivent par Hermès le Trèfv-Grand (le Trismégiste).

De loin, le temple présente l'apparence d'un monument encore bien conservé. Mais l'illusion n'est pas de

NUBIE. — DAXKËH.

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longae durée; dèg qu'on s'en approche, on 8'aperçoit qu'il a été entièrement saccagé. Ses murailles sont effondrées, ses peintures écaillées, ses sculptures en partie effacées.

Le pylànê, en forme de pyramide tronquée, s*élève au N. du temple. Il est à peu près intact, mais sans sculptures. Au-dessus de la porte qui présente seulement quelques hiéroglyphes d'un mauvais style, le globe ailé, portant l'urœus à son centre, s'arrondit dans la corniche. — Dans l'épaisseur de la porte, à g., sont deux grands bas-reliefs. Au tableau supérieur, un roi coiffé du pscheot, fait une offrande au dieu qui tient en sa main un sceptre autour duquel est enroulé un serpent, et c'est là une analogie très-marquée de Thoth avec THermès grec, dont l'insigne habituel est le caducée. Tboth est suivi des déesses Tafoé et Halhor. Au tableau inférieur, un roi fait une offrande à Isis. — Les sculptures de droite sont détruites. -^ La face du pylône du côté de la cour est sans sculptures. Elle est percée de deux portes conduisant à Tescalier intérieur du pylône. Cet escalier, en bon état, mène aux chambres supérieures des deux massifs du pylône, superposées en trois étages, et sur la terrasse, d'où l'on a une belle vue sur le Nil, les montagnes et le désert. ^ Un dromos de 41*,50 de long, dont les restes sont encore visibles, dans la direction du S., reliait le pylône au naos. Celui-ci se composait d'un portique ou pronaoi, de trois chambres principales placées à la suite l'une de l'autre dans l'axe de l'édifice parallèlement au Nil, et de plusieurs chambres latérales.

Le pronaot est soutenu par deux colonnes à chapiteaux formés de lotus à volutes et à larmes, d'un fort mauvais goût et assez endommagées. La corniche n'existe plus. Une inscription grecque, gravée au centre de la frise et en partie effacée, a permis de s'assurer que la dédicace du pronaos a été faite par Ptolémée Evergète IL

Sur les jambages de la porte à d:.

et à g., des tableaux y reprodui:; par ChampoUion dans son graa:

ouvrage : Les monumenU de f fgyjttê et de la Nuhie^ reprësenteL le roi fivergète II faisant des offrvMki aux divinités du temple, en particelier i Khnoumet i Hathor. Au soebassement du côté g., le roi, coif?

du pschent, porte des vases arec lotm dressés et papyrus pendants; la reiae en Hathor , des bouquets ; le Nil haut, des vases, des lotus et des papyrus pendants; l'Egypte, toute sorte d^oiseaux et des pains; m bœuf est à ses pieds. Au côté droit, représentations analogues. Le roi fait des offrandes i Ammon-Rà, à Moal à Haroéris, à Hathor, à Osiris et i Isis. Dans l'entre-colonnement de g..

Ptolémée Evergète II et sa femcH Cléopàtre adorent un dieu. Sur Tépaisseur des jambages, à g., le nx adore Râ et successivement, Smû, Haréiesi et Nephthys. Les inscriptions le désignent comme « fils de Khnoum, né d*Isis, nourri par Anouké, » et comme « fils d'Osiris, né et Saté, nourri par Nephthys. »

Sur les parois du portique, des tableaux en quatre registres dont quelques uns sont restés sans sculptures, représentaient les scènes ordîmires d'offrandes faites par le roi i différentes divinités. Les figures et les inscriptions sontméconnaissable^ aujourd'hui et l'on ne distingue plus nettement qu'un joueur àt harpe. Sur la paroi du fond du pronaos, l'empereur Auguste, avec sa légende, offre le vin au dieu Tboth debout et tenant en main le caducée formé du sceptre et de deux serpents, plus un scorpion. Il est suivi deTabé, à tête de lionne. Cette salle* a serri d*église aux chrétiens coptes, car on remarque çà et là des traces de badigeon blanc enluminé de coloriages récents.

La porté qui s'Ouvre du portique dans la première chambre, est d'an travail beaucoup meilleur que ce qui

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