‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 268 sur 408 · HOUTE 37] KOROSKO. — - AMADA. — DERR · texte numérisé non relu

HOUTE 37] KOROSKO. — - AMADA. — DERR

Dans eet intenralle de Korosko à Derr (environ 18 ki].), les Itarques ne pouvant plue profiter des vents dominants du N. ou du N. 0., on est obligé de les fkire remorquer à la cordelle par les riverains. Dans cette partie, la plaine s*est notablement élargie, principalement sur la rive droite/ et la culture s'y montre plus soignée. Les villages deviennentaussi plus nombreux, ainsi que les sale kyëbs. La nudité des rives se dérobe sous une suite presque ininterrompue de dattiers et d'acacias. Les palmiers ne sont point séparés comme en Egypte, mais réunis en gerbes.

Sur les bancs de sable étendus dans le lit du Nil, le voyageur aura quelquefois Toccasion de voir des crocodiles.

Amada, ou HasMlt (13 kil. de Korosko,' rive g.) possède un ancien temple à demi envabi par le sable.

État actuel, — L'édifice peut avoir 10 met. de façade sur 24 de profondeur. Le portique est soutenu par douze pilastres carrés, et au fond par une rangée de quatre colonnes polygonales, âous un vestibule étroit qui suit le portique, s'ouvraient les portes du sanctuaire et de deux salles latérales, suivies chacune d*une chambre plus petite. La voûte et les murailles sont chargées de hiéroglyphes d'un très-bon style. Au total, l'ensemble est d'un effet élégant.

La fondation du temple parait appartenir à Ousortésèn III. Les légendes portent surtout les noms de trois princes de la xvni* dynastie, Thoutmes 111, Amenhotep II et Thoutmès IV. Dans les premiers siècles du christianisme le temple fut transformé en église, et Ton voit encore sur la terrasse les ruines d'une coupole en briques crues, construite par les Coptes. Cette transformation a occasionné des dégradations; mais, en recouvrant les sculptures de mortier, les chrétiens coptes ont con« tribué, sans le vouloir, à nous les conserver en partie. Le temple étant

en grande partie envabi par les sa> blés, on aura de la peine à y ^n*trer; il sera bon de se munir de flambeaux pour voir les sculptures.

Derr, ou Deir, 6 h. (37 kil. de Séboua, 197 kiL de Phil», rive dr.) , est le premier lieu depuis la frontière d'Egypte qui mérite, au moins par comparaison, le titre de ville. C'est une bourgade étroite composée de huttes de terre éparses au milieu des dattiers, avec une maison de briques crues, résidence du Kftchef, et une mosquée. La ville s'étend au pied d'une colline du haut de laquelle la vue s'étend sur ses grandes maisons carrées à terrasses, ses palmiers rapprochés les uns des autres, et ses jardins plantés de citronniers. C'est dans cette colline de grès qu'a été creusé

Le Temple situé à une petite distance du Nil, et dont l'entrée regarde l'occident. Il était consacré à Ammon- Rà, et c'est en l'honneur de ce dieu que Ramsès II avait fondé la ville de Ps-jRd (ville du soleil) que lui donnent les légendes hiéroglyphiques.

Cette ville a complètement disparu et n'a laissé d'autres traces, en dehors de son temple, que quelques tombeaux sans ornements.

État aetuêL ~ Le temple^ de Derr avait, comme le temple de Séboua, un portique dont il ne reste plus que des portions du rocher dressées en parois. On y entre par trois portes :

une principale et deux latérales, grossièrement taillées et qui paraissent modernes, car elles coupent les sculptures. La première salle avait huit piliers carrés, dont il ne reste plus que des tronçons de quatre ou cinq pieds de hauteur, sur lesquels on ne voit aucune trace de sculpture.

Le reste de la paroi intérieure, à g., en entrant, porte encore les débris d'un grand bas-relief historique, représentant des chars et des guerriers en marche. Le registre supérieur de la paroi S. ne conserve plus que le bas des figures. On y distingue

NUBIfi. — TEMPLE Î)S DBRR. [rootS %1]

encore le triomphe du liéroe porté sur son char. Un beau lion marche entre les jambes des cheTauz. En avant, un groupe de prisonniers s'avance vers une divinité, et on lit sur un reste de légendes : « Les captifs conduits par sa Majesté. »

Le cartouche royal est celui de Ramsès. II; le roi vainqueur fait des offrandes à Ammon-Rà. Le second registre du même mur, trèsendommagé, se rapporte, comme le précédent, aux victoires de Ramsès IL La paroi N. nous offre des tableaux analogues. Parallèlement à ces deux rangées de piliers, du côté E., se trouve une dernière rangée de quatre piliers oariatides. Les colosses taillés dans la masse des piliers, sur la lace 0., représentaient le roi Ramsès debout; le travail en est très-inférieur. Des tableaux gravés sur les trois faces libres des piliers représentaient Ramsès faisant des offrandes, accomplissant certaines cérémonies en présence de diverses divinités. Ces tableaux ne sont qu'en partie reconnaissables.

Sur la paroi du fond, des deux côtés de la porte percée dans le grand axe du spéos, sont gravés divers tableaux se rapportant au sujet ordinaire des actes d'offrandes et d'adoration. A g., on remarque sur la frise, le cartouche nom propre de Ramsès, flanqué d'uraeus î disques.

Un grand tableau, encore visible, représente le roi coiffé du pschent tenant par les cheveux un groupe de quatre barbares, dont un est barbu. U lève sur eux sa hache d'ar* mes. L'épervier, emblème de la victoire, le couvre de ses ailes. A ses pieds est un lion prêt à s'élancer sur les captifs. Derrière l'étendard du roi, une énorme fracture s'étend sur toute la largeur du tabtoau. Sur la paroi correspondante, à dr. de la porte du fond, se voient des représentations analogues.

Une porte, pratiquée dans la paroi E. de cette première salle, conduit à

une salle un peu plus petite que îs précédente, soutenue par six ^ees, en deux rangées parallèles aA grasé axe du speos. Sur les quatre f^ces àf chaque pilier, représentations orénaires. Les divinités représentée?

sont : Râ, Khons, TaCné, Toum^ Moût, Isis, Phtah, Ammon-RA, etc.

Sur la paroi de dr., la bari de Ri est portée par des prêtres et aœoiDpagnée par le roi en oostume sacerdotal. Sur la paroi de g., le roi offre l'encens à la bari de Râ, portée par des prêtres. U suit à pie<L Il reçoit d'Ammon-Rà le sceptre panégyrique. Thoth, RA(Pliré),Arsié»i, suivent le roi.

Trois portes, dont une principe et deux latérales, mènent de la salle aux six piliers dans trois chambres.

Celle du milieu, l'adiftum, renfenns les restes de trois statues assises ssx un banc de pierre. Elles sont aujourd'hui mutilées et décapitées. ChainpoUion y a reconnu autrefois Ammos- Rà, ayant à sa dr. Phtah, et à sa g. Ramsès et Râ (Phré), la tète surmontée du disque.

Le spéos a 33 met. de profondeur; les sculptures en sont d*un style Uhvch&tié. Malheureusement, elles oA subi par l'émiettement du grès sur lequel elles sont gravées, des altératioQs profondes, qui les rendent, par endroits, méconnaissables.

A partir de Derr, les bords du fleuve prennent un aspect beaucoup moins aride. Les dattiers et les acacias y forment des bouquets qui contrastent de la manière la plus a^réa* ble avec la nudité des parties précédentes. Le rivage 0. est couvert d'une ,riche végétation» Les sakkyèhsse succèdent le long du fleuve presque sans interruption, et là où la rive est haute, ces machines grinçantes se superposent au nombre de deux et même de trois. Sur la rive Ë., le rocher, percé de profondes crevasses dans lesquelles l'eau pénètre»

borde le fleuve, sur lequel il se dresse parfois à pic. Dos îles cultivées al-

'Route a?)

IBRIM. ^ ANIBÉ.

6dd

«ment avec les bancs de sable oit il l'est pas rare de voir des crocodiles étendus au soleil.

▲ 5/4 d*heure eoTiron au-dessus le Derr, à la hauteur de Tile KeUé, ine petite groUe taillée dans le roc i d'antiques sculptures, remontant à a zvm* dyn. Thoutmès III y est représenté entre Moût et Bast, en présence des dieux Horus, Hathor et rhoth. £lle est connue des gens du pays sous le nom d^êl^Douknesra. Un peu plus luut, sur Tautre rive, il y a me petite tombe également taillée lans un rocher de forme pyramidale^ it qui porte le cartouche de Rampes Y, de la zz* dyn. (zii* siècle av. L C). Celui pour qui fut ezcavée la ombe est désigné sous le nom de Psar, « fils royal de Kousch. » On .'a représenté rendant hommage au pharaon égyptien.

Ibrim, 4 ào h. (24 kil. de Derr, rive S.). Le lieu est appelé Primis dans les documents de l'époque romaine Primis ptwva, pour la distinguer l'une autre ville du même nom située beaucoup plus haut, vers l'Astaboras). SéUm, après sa conquête Se rÉgypte, y plaça une garni-' ion de soldats bosniaques dont les descendants s'y sont maintenus jusqu'au commencement du siècle actuel. Le château, assis sur la hauteur, fut occupé en 1811 par les Mamelouks échappés au massacre du Caire; mais ils en furent délogés par Ibrahim, fils du vice-roi. Au milieu de ces conflits, les murailles de la citadelle furent en grande partie détruites, ainsi que les maisons qu'elle renfermait. Les habitants de la bourgade abandonnèrent pour la plupart leurs demeures et se réfu* giërent à Derr. Les seuls restes d'an* tiquités que gardent ces lieui pres« que déserts sont quelques débris d'une ancienne muraille probablement romaine, à l'extrémité S. du village, et, vers l'extrémité N., une construction qui doit être de la même époque, mais dans laquelle on

employa des blocs de pierre sur lesquels on lit le nom de Tahraka.

Dans les rocbersy au-dessous d*Ibrim, il y a plusieurs petites grot' tes avec des sculptures et des inscriptions fort dégradées. Ces petits spéos sont d'un accès diffidle, le rocher dans lequel ils sont percés, étant presque à pic. Le l**» le plus au S., fort mal conservé, est à huit pieds environ de hauteur au-dessus du point où il est possible de parvenir sans échelle. Il est du règne de Thoutmès IIL II a environ 2 met. 75 de long sur 1 met. 70 de largeur. — Le 2* spéos est creusé à l met. environ de hauteur sur la pente à pic du rocher. La porte en est carrée. Au bandeau se lit le cartouche prénom du roi. Les légendes se rapporlentà Ramsès II recevant les hommages de divers princes. — Le 3* spéos, situé plus haut que les précédents, a le même plan que les deux autres. Le plafond est peint en enroulements blancs et jaunes. Il était consacré à des divioités du pays et en particulier, à la déesse 3até. » Le 4* spéos est consacré au souvenir du roi Amenhotep U. Sur la paroi de dr. ce pharaon est représenté dans son palah, qui est soutenu par deux colonnes à banderoles; en dehors de la scène, est la déesse Saté. Paroi de g. : le roi, casqué, est présenté par le dieu seigneur de Béhéni aux divinités suivantes : Khnûum, Saté, Anoukê, Horus, Hathor et Moût.

Vis-à-vis, sur la rive opposée, Aaibé a plusieurs tombes, parmi l^uelles on en visite seulement une qui date de la XX* dyn. Elle appartenait au prince éthiopien, Penoiu^ fils de Hornefer, du pays de Oua-Oua, vassal de Ramsès YI. Les parois sont couvertes de tableaux, dont les plus remarquables ont trait au jugement de l'âme aprèe la mort. Une Hathor, sous la forme d'une vache, est à demi engagée dans la montagne. Dans une inscription, Penout raconte qu'après un combat victorieux sur les nations du

NUBIE. — ÂBOU-SIMBEL.

[Rotrre ÎT]

Sad, Âhi et AlMfa, il les a soumises à • son bon seigneur le Pharaon. •

Au fond de la dernière chambre, sont trois statues de divinités assises sur un banc de pierre. Cette excursion demande l h* 1/2 à pied, aller et retour.

Un peu après avoir dépassé Bot^ tàn (18kil. d*Ibrim),à la hauteur du village de TatkOy des rochers forment dans le lit du Nil une barrière qui pourrait être dangereuse au temps des basses eaux si l*on n'était pas dirigé par un bon pilote. On passe, successivement devant plusieurs villages sans intérêt, et l'on arrive à

AboU'Sinibel, ou par ocrruption Ibsamboiil (54 kil. d*Ibrim, rive 0.).

On y retrouve deux temples, tous deux creuiés dans le rocher, tous deux du règne de Kamsès II, tous deux enfin dignes de prendre rang, par les dimensions comme par Texécution de leurs sculptures, à côté des plus beaux restes de Tart pharaonique que présentent les ruines de Thèbes.

On se munira, pour voir les spéos, de bougies et non de torches dont la fuifiée noircit les sculptures et vicie rair.

Le petit Temple décore le penchant de la montagne taillée presque i pic, que Ton rencontre la première à l'arrivée d'Abou-Simbel^ sur la rive g. Une façade taillée dans la roche d'un grès jaun&tre, annonce magnifiquement le spéos de la déesse Hathor. Elle se compose d'une frise soutenue par 8 contre-forts massifs inclinés en talus, également espacés, à intervalles évidés, sauf les contreforts formant les jambages de la porte qui sont unis à leur sommet. Six colosses de -10 met. environ de hauteur ont été sculptés en demironde-bosse dans les six intervalles des pilastres, qu'ils remplissent entièrement Ceux qui sont placés à la dr. et à la g. de la porte, représentent Ramsès II, deboat, U tôte ornée

du pschent royal. Des quatre antres colosses, deux représentent eDco.-t Ramsès II, et les deux autres,»

femme, la reine Nefert-ari. A côté ^ chaque colosse du roi, sont ûpirh en demi-bosse, deux de ses jeunes fihi, debout, vêtus du calasiris. km pieds des colosses de la reine, $qsî représentées les jeunes princesses.

Les contreforts sont courerts d'isscriptions en très -grands biérogfr* phes faites en l'honneur de RarnsH, le roi soleil < qui a fait exécuter k temple creusé dans la montai comme un monument durable ea Nubie. C'est ce qu'ont fait le roisoleil et la royale épouse, la paissanté servante de Moût, Nefert-ari, en Nubie, à toujours, et k jamais. *

L'intérieur a trois divisions prisapales. Une première salle de 10 mè'»

83 de long sur 11 met. de large, e^ soutenue par six pilastres carrés éft blis sur deux rangées. Ils ont 1 ml 6 de long sur 0 met. 98 de large fi 3 met. 17 de haut et sont décorés sr la face intérieure d'une enseigne sur montée d'une tête symbolique dlitthor, déesse à laquelle le temple étai dédié, m Ces piliers, dit Champollion [Monuments d'ÉgypU et de iVvH' Nâiicet descripîivês, p. 45), soa probablement l'origine des coloime^ a tête d'Hathor qu'on a employée dans la suite, pour les temples à cette grande divinité. • Sur les i^i^ liers sont gravés des actes d'ado»

tion àlsis, à Saté, à Moût, àHathor à Ânoukê. Les offrandes sont fait?

par le roi et par la reine en Bathc'

Sur la paroi E. (à g. de la porte) un grand tableau représente RaB> ses II, coiffé du pschent, Unassif un barbare agenouillé. Le conque rant est suivi de la reine. Sur i même paroi (à dr. de la po^/ grand tableau correspondant au prc cèdent.

Paroi méridûmàU. Le roi, ooi&, comme le dieuSocharis, reçoit loc^ lier que lu i présente la déesse Balbe^ le roi Ramsès tient le signe des p&

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