‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 270 sur 408 · NUBIE. — OUA0T-HALFAH. [ROUTE · texte numérisé non relu

NUBIE. — OUA0T-HALFAH. [ROUTE

du disque ailé, uuo inscription nous faîtconnattre le fondateur du temple, le roi Harmhabi, de la xtui* dynastie. Nous retrouvons ce prince dans les sculptures des parois, ici allaité par Anouké, là sous les traits d'un jeune homme qu*Horus et Anubis tiennent jf>ar la main, plus loin, roi couronné du pscbent, en présence de Thoth et d autres divinités. Khnoumj le dieu de la cataracte, à la tête de bélier, paraîtaussi parmi les divinités locales. Ce temple a servi de lieu de culte aux anciens chrétiens qui lui ont peut-être donné la forme d'une croix. Sur le plafond, on a peint une image du Sauveur et une autre, représentant saint Georges terrassant le dragon.

Un peu plus haut, sur la même rive, le château à*Addih se dresse sur un rocher dont les flancs présentent des hypogées d'une belle conserva^tion. L'un de ces hypogées nous a conservé le nom d'un roi AI, de la XVIII* dynastie, un des successeurs illégitimes de Khou en-Aten( r.p.72).

Non loin de U, sont les restes d'un temple de la même époque que celui de Feraig. A partir de ce point les rochers de la rive £. s'éloignent du fleuve, formant une longue chaîne dominée par de nombreux sommets, qui s'enTonce au loin et se perd dans le désert. Sur la rive 0. la montagne s'étend parallèlement au fleuve dont elle est éloignée d'environ 7 à 800 mètres.

FarrM (13 kil. d'Abou-Simbel, rive 0.) a aussi quelques restes qui paraiss^t appartenir à la période romaine. Un peu plus au S., une petite grotte renferme des légendes hiéroglyphiques du temps de Ramsàs II; et plus haut, vers TO., quelques chambres creusées dans le rocher, avec des inscriptions coptes où se lit le nom de Dioclétien, ont peut-être servi de refuge aux chrétiens pendant la persécution de 303.

A Serra (9 kil., rive £.J quelques Qonatructions sur la rive du fleuve

semblent avoir appartenu i un ancien quai. Les rives sont plates et monotones; à dr., des sables; i g., une ligne horizontale de collines rocheuses. A peine un peu de verdure sur les berges; de loin en loin, quelques oasis de palmiers. Au milieu da Nil, sont des bancs de sable où se tiennent par centaines des oiseaux d'eau de diverses espèces : bérons, mouettes, canards, etc.,

Onady-Halfah (40 kil., rive E. , est une bourgade de 4 à 500 Ames, dont les maisons sont dispersées parmi les champs et les dattiers, sur la rive du fleuve, encadrées dans un paysage terne et grisâtre. C'est ua des points par lesquels se fait le trafic avec le Soudan; on en exporte de U gomme et des dents d*élépbant. On y importe du sucre et de la toile ; gc trouvera â y louer des chameaux, si l'on veut poursuivre sa route dans li haute Nubie. Vis-à-vis, sur la ri^t opposée au village de BéhéfU^ il y i quelques restes d'antiquités, pans.

lesquels une petite construction ornée de colonnes, mais aujourd'hui très-dégradée, appartient à un templi de Thoutmès III.

La deuxième cataracte, à laqueUr Ouady-Halfah donne son nom, U grande cataracte des anciens, e:

est encore éloignée d'une dizaine à: kilomètres, ou environ 3 heures. £11^ est bien plus considérable que la cataracte d'Assouân, tout à la fois ^ l'étepdue des rapides et par la b^ teur des chutes. La cataracte propitment dite, c'est^-dire l'espace çs les rochers occupent sans interroption dans le lit du fleuve, n'est ]s^ de moins de 12 â 15 kil., et Ton pk: évaluer à 30 ou 40 met. rabaissement total du niveau du fleuve dics l'étendue de ce banc de récifs. Ce* abaissement se produit par une suite de ressauts ou de chutes dont une ou deux ont bien 8 â 10 met. Il était astrefois impossible de fsire traverser aux barques la deuxième ca.laractf.

et aujourd'hui encore, elle est is*

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DBUXIÉMK CATARACTE.

praticable pendant la s^son des basses eaux; mais grâce aux travaux qu'y a fait exécuter Mohammed-Ali, on peut franchir le passage pendant quelques mois de Tannée. Une chaîne de rochers bordej sur la rive occidentale du fleuve, la cataracte de Ouady-Halfah. La montagne de HAfir, qui domine cette chaîne, s'élance i plus de 100 met. de hauteur. Pour s'y rendre, on traverse le Nil à Ouady-Halfahi dans la barque qui fait le service d'une rive à l'autre. On y arrive en une heure et demie. Du sommet de cette montagne, le voyageur embrasse dans toute sa beauté un paysage grandiose : > On aperçoit à TO. le désert d'Abou-Solom, plat jusqu'au Nil, avec deux petits monticules semblables à des tumulus; au N., à TE. et au S., on ne voit que la cataracte, Batn ehHagar (le ventre de pierre), ainsi que l'appellent les Arabes : tout au fond, du cAté de r]^tbiopie, on distingue un rideau de verdure à moitié disparue derrière une brume de sable soulevée par le vent Large, sinistre^ hérissée de rochers noirs, remplie de bouillonnements verdâtres, fourmillant d'arbustes épineux et de plantes vénéneuses, infranchissable pour les barques, la cataracte s'étend sur un espace de six lieues. Nul peuple ne l'habite ; il n'y a sur ses bords ni villages ni maisons; elle est déserte et muette. Sur ses aigrettes de rochers, noirs comme des blocs de charbon de terre, on ne voit remuer que des gypaètes blancs et des vautours chenus, qui déchirent le cadavre pourri de quelque crocodile échoué sur le sable. > (Maxime du Camp, lei^tl, p. 154.)

La seconde cataracte était, il y a quelques années, la limite où s'arrêtaient presque forcément les voyag^eurs qui n'étaient point animés de la passion des explorations hardies et des dangereuses décourertes. Aujourd'hui les conditions du voyageur 3nt ass^z changé pour qu'on puisse,

sans danger, sinon sans quelques privations et sans fatigues, poursuivre sa route jusqu'à Khartoum. Il est encore pourtant bien peu de voyageurs qui s y engagent en dehors de ceux que les intérêts du commerce, des missions gouvernementales ou un zèle particulier pour la science peuvent y attirer, et Ouady-Ualfah restera encore, jusqu'à l'ouverture du chemin de fer, le point que ne dépassent pas ceux qui ne savent pas sortir des routes battues. Nous engageons cependant, môme les simples touristes, à pousser encore, à quelques lieues par terre, au moins jusqu'à Senmèh, environ 60kil. (F. R. 28).

Ils reviendront de là reprendre à Ouady-Halfah leur navigation de retour. Tandis que le bateau à vapeur emporte, grâce au courant du Nil, le touriste pressé, avec la rapidité de la flèche, le voyageur plus fortuné ou plus studieux qui aura préféré parcourir le Nil dans sa propre barque a encore devant lui quelques-unes de ces journées de voyage qui laissent dans la mémoire une empreinte ineffaçable. Cependant à partir de Ouady- Halfah, la cange est démâtée pour reprendre le chemin du Caire, et chaque coup de rame vous rapproche de l'Europe.

DE DUADY-HALFAH A KHARTOUM.

Distance de IS à 1400 kil.

Sur les dispositions à prendre pour ce Toyage(F. p.a2S).

A. Oe OMdf -Betfah è Voa- DoBfolah*.

Distance, 430 kil. -> Durée du voyage, 14 jours. On trouvera à Onedy-Halfak les chameaux et les chameliers nécessaires pour ce voyage.

Au delà des palmien et des cul« taxes de Ouady-Haiiiah, a'étand^à quel-

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