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ROUTE S8] SEMNÉH. — LES FORTERESSES

promontoire de la rive dr. derrière la montagne et Tarôte de sable dont nous venons de parler, qu'on pourra le mieux s'en rendre compte et qu'on aura le plus beau point de vue. Tant au-dessus qu'au-dessous de la cataracte, on voit les rives du Nil se resserrer ou s'élargir, suivant que le massif granitique a plus ou moins résisté k l'action des eaux. Ce massif forme une longue chaîne de collines courant de TO. à TE. et coupant transversalement la vallée du Nil. Le fleuve s'est frayé un passage à travers cette digue naturelle. Son cours se trouve comme étranglé entre deux pron^ontoires reliés entre eux par une simple ligne de rochers entre lesquels il se précipite avec violence et avec fracas. Aussi la navigation est-elle interrompue en cet endroit, si ce n'est au moment des hautes eaux.

Une telle configuration était éminemment propre à servir de rempart à rfigypte contre les invasions du S.

et pour ainsi dire de porte au territoire égyptien. Aussi, pendant la période tbébaine, les pharaons de la xn* dynastie reculèrent jusqu'en ces lieux les frontières de leur empire et songèrent à s'y établir solidement (F. Maspero, Hitt. aneiennit des pevtpies de V Orient, p. 1 11 et suivantes).

Plusieurs inseriptwns gravées sur le promontoire de la rive dr- et qu'on voit encore en descendant sur les rochers de la cataracte, ont fourni à cet égard des révélations très-précises. L'une d'elles est un édit d'Ousortésèn m qui venait d'achever la conquête de toute la Nubie. C'est icî^ dut cette inscription, > la frontière méridionale réglée en Tan 8, sous la sainteté du roi des deux régions Kbakerà, Ûusorlésèn III, vivificateur à toujours et à jamais. Défense est faite à aucun Nègre de la franchir en bateaU| si ce n'est pour le transport de tous bestiaux, boeufs, chèvres^ moutons appartenant aux Nègres. • Une autre inscription de l'an 16 rappelle la même défense, et nous apprend

2 ne « sa sainteté avait pefmis qu'on rige&t une statue d'elle sur la frontière qu'elle-même avait établie. > Quelques autres, également instructives, donnent par un double trait (fîKurant assez exactement les paupières d'un œil grossièrement dessiné) la hauteur du Nii à des époques déterminées du règne d'Aménemhât m.Ces constatations, toujours utiles dans un pays o\x l'extension de la culture dépend absolument d'une bonne répartition des eaux, étaient particulièrement nécessaires au créateur du lac Mœris. Ces points de repère prouvent aue le Nil arrivait alors & Semnèh, a 10 met. au-dessus du niveau actuel des grandes eaux.

La ligne des rochers de la cataracte devait donc être alors bien plus élevée qu'aujourd'hui, elle donnait lieu sans doute à une véritable chute d'eau et son abaissement actuel aura été le résultat de l'écroulement de cette barre de rochers, par suite de l'action destructive des eaux, et probablement aussi de divers travaux d'art entrepris par les Égyptiens.

Dans ces temps reculés, la vallée du Nil devait ainsi, au delà de Semnèh, être inondée et fertilisée sur une bien plus grande étendue qu'aujourd^hui.

Les forteresset \' ûoni des ruines importantes subsistent encore sur les promontoires des deux rives, grâce au climat conservateur de ces régions, furent élevées de manière à compléter avec la cataracte, la défense du passage et à commander entièrement le fleuve et la vallée.

Construites eh briques crues, comme tous les édifices militaires de l'épo-.

que, elles présentent, non-seulement les hautes murailles et les tours massives des citadelles antiques, mais l'escarpe, le fossé, la contrescarpe et

1. F. dans li Bulletin arehéoloffiqme de VAlkenmumfrançaiif 1S55, p. 81 et s.

un article et les plant de M.de Vogué, à qui est empruntée presque intégralement la description ci-après.

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