NUBIE. ~ SEMNÉH
le gUcIs des places plus récentes, et pouvaient défier pendant longtemps tous les moyens d'attaque dont on disposait i celte époque. Leur enceinte renfermait un temple dédié au fondateur et de nombreuses habitations aujourd'hui ruinées. Ces forteresses sont les spécimens les plus importants et les mieux conservés qui (subsistent de Tart de la fortification chez les anciens Égyptiens, et en même temps sans doute les plus anciennes forteresses qui soient au monde, si. comme le pensent tous les égyptolo^ues depuis I^psius (Briefe aut Sçypten, p. 259), elles ont été construites par Ousortésèn m.
ta forter^ise de la Hve droite^ bâtie J!ur des rochers difficilement accessibles de tous côtés, n'avait pas besoin dVire très- forte, EJlle se compose d'une enceinte de muraille, formant un carré irrégulier de 60 met.
environ de cAté. Sa position rendant impossible rapproche des machines de guerre, les tours ou contre-forts saillants y sont peu nombreux. On en remarque seulement deux au N. E., du côté des montagnes et un au S. 0., très -prononcé, qui domine le fleuve. A 4 met. en avant du mur, on trouve, comme sur l'autre rive, un glacis en pierres sèches, d'une hauteur très -variable à cause des nombreuses anfractuosités des rochers, et d'une pente presque verticale à cause de l'escarpement du terrain. Le contour de ce soubassement, ou glacis, suit la forme des contreforts; de plus, aux angles N. et S., il présente deux saillies qui rappellent grossièrement les bastions des fortifications modernes, et qui concouraient à la défense de la place.
Le templCf bâti à Tintérieur et dans l'angle N. de cette forteresse, peut-être sur remplacement d'un .temple encore plus ancien, est en blocs de grès taillé, comme tous les temples d'Egypte. Il a été commencé par Thoutmès II . et a été continué par
Thoutmès IIL II se compose d'au première petite cour dont on peut i peine aujourd'hui distinguer les suS structions, d'un portique dont il s»
reste que les fûls de ses deux col'«-nes, et quelques chambranles, d'uot ' chambre transversale, à gauche éf laquelle s'ouvre une autre petit; chambre, et, dans le fond, de 4 charsbres dont 1 à droite, avec une colonne cannelée, et 3 plus petites à gauche. L'édifice total n'a que 9 mît 50 cent, de large, et ne devait r<iâ avoir plus de 20 met. de long. Sur le mur du portique, des sculptures, aujourd'hui au British Muséum, rappelaient les conquêtes d'Oasortés^s III.
et, sur celui des chambres intérieures, une autre sculpture représcni:
Thoutmès III, offrant des présents s deux divinités locales.
La forteresse de la rive gaueh^ située sur une éminence presqai pic au bord du Nil, un peu au-<i6$sous de la cataracte, était an cestraire facilement abordable par s« 3 autres côtés. Aussi présente-t-eli« un système de fortification pluscon plet que celle de la rive dr. Son eaceinte formait de l'O. à TE., perpendiculairement au Nil, un rectacg'î qui pouvait avoir 80 met. de Ion:
sur 60 de large, auquel on aTivi* par un couloir descendant en retour d'équerre le long du Nil dans la d.rection du N. Le mur de cette enceinte avait de 15 à 25 met. d'éléntion suivant le terrain, 4 met. cnr.ron d'épaisseur & son sommet et 9 à 9 met. à sa base. Il était, sauf ssr la façade orientale qui domine !< cours du Nil et se trouve par là îoabordable, flanqué extérieurement d$ 14 ou 15 tours ou contre-forts saillants de 2 met. d'épaisseur, soutenant sans doute au sommet du rempart des constructions surplombantes, sortes de mâchicoulis d'où les assiégé devaient lancer sur Us assiégeants des projectiles, des flèches et des javelots, et s'opposer à l'escalade ou à l'approche des béliers. En avant du
TEMPLE DE SEMNËH.
mur, se trouve un fossé de 30 à 40 m. de largeur; la profondeiir n'en est plus appréciable. La contrescarpe et quelques portions de l'escarpe sont revêtues d'une couche de pierres sèches, solidement agencées , qui augmentaient les difficultés de l'approche. De plus, le couronnement du fossé est de même revêtu de pierres, et un glacis également de pierres règne tout autour de l'ouvrage, constituant ainsi une première ligne de défense, dont la destruction était nécessaire pour permettre aux machines d'approcher du pied des murailles. Le contour extérieur du fossé ne suit pas tout le détail de l'enceinte, mais il épouse la forme du mur proprement dit, en se tenant i 20 met. environ des principaux saillants. Il s'arrête aux deux extrémités de la face orientale où il est rendu inutile par l'escarpement de la rive du Nil. Quant au friacis, il règne tout autour de l'enceinte, interrompu seulement à l'extrémité N. du couloir d'entrée par un chemin tournant qui venait aboutir à la porte.
Malgré l'habileté de ces combinaisons, le fort de Semnèh fut pris.
Une large brèche se voit encore entre deux tours de la façade S. La destruction du mur en ce seul endroit, celle du glacis, Taplanissement du terrain semblent faire veconnatire la main des hommes et non celle du temps. H est probable que la forteresse égyptienne tomba sous les coups d'un conquérant éthiopien qui la démantela avec soin.
Peut-être faut-il attribuer sa destruction à Sabacon ou à Tahraka, rois éthiopiens de la xxv« dynastie, car, depuis leur règne, la donination é(^yptienne ne fut plus rétablie dans ces contrées.
Le temple bâti à l'intérieur de cette forteresse, au point d'intersection du rectangle et du couloir, est prèsqu'entièrement de Thoutmès IlL II est encore plus petit que celui de la rive dr., mais il est plus élégant. Il
se compose d'une seule chambre de 2 met. 70 cent, de haut et de 3 met. 20 cent de large sur 8 met. 72 oent.
de long. Cette disproportion de la longueur avec la largeur, vient de ce qu'il a été rallongé de 3 met.
après sa construction primitive. Sa partie postérieure est en effet construite en grès d'un plus petit appareil que le reste. On y accède par une porte de face et une de côté à g. Il est flanqué sur ses deux côtés d'un péristyle dont il reste 3 pilastres à dr., 1 pilastre et 1 colonne cannelée 4 g. ; on n'en voit aucune trace au tonr de la partie rallongée. Les sculptures qui se trouvent sur le mur représentent Thoutmès III en présence des divinités locales, parmi lesquelles figure son ancêtre Ousortésèn in, qui le présente aux antres dieux avec le signe de la vie. Ousortésèn Illavait été, après sa mort, divinisé à Semnèh, où il futadoré pendant plus de 10 siècles (Maspero, p. 113), sur le même pied que Doudoua, Anouké, Nouffl et les autres divinités locales. Son temple, ruiné pendant les premiers règnes de la zvni* dynastie, fut relevé par Thoutmès III.
Cest celui qu'on voit encore aujourd'hui.
(3* jour.) — En remontant le Nil à partir de Semnèb, on rencontre plusieurs ruines de bâtiments en terre, jadis habités par des chrétiens, et l'on atteint llle de Semnèh-Ndrti, où l'on trouve beaucoup d'herbages et un peu de coton. Là, des rochers viennent encore obstruer le Nil; quelques doums sont dispersés sur la route. — L'Ile de Misker (1 h.) parait assez fertile. On y distingue quelques maisons construites en terre et en pierre.
Ici le Nil a ses bords couverts de doums et d'acacias et présente un aspect plus agréable. Le chemin traverse VAqabcSi de Semnèh, au milieu de rochers de granit avec feldspath à grains fins, friables i leur superficie, et, se resserrant de plus en plus entre deux chaînes de rochers, il devient
NUBIE. — BATN EL-HAGAR. [ROOTE 2?;
très-escarpé; puis il s'élargit en descendant. On rejoint (3 h.) le fleuve à Kifidigh'Kalo ou El'Hadjaréin, où Ton trouve quelques cabanes habitées. VUe GaUeh n'est qu'un rocher élevé. Des ruines en terre, sur son sommet, paraissent être celles d'une ancienne forteresse. Le Nil, trèsnavigable, a une largeur de 200 à 250 m&tres. On se dirige toujours à travers les rochers, par des sentiers pierreux semés d*éclats qui coupent les pieds des chameaux pour re« descendre (1 h.) sur les bords du Nil, dont la largeur est de 350 à 400 mètres. — Cheminant ainsi, vers le S. 0., le lofag du fleuve, l'on ar* rive (3 h.) à TamboukOf misérable village dont les habitants cultivent d'étroites bandes de terrain, formées du limon du Nil et à grand'peine protégées par des digues contre le rongemeot des eaux.
(4* jour.) — Le Nil reprend son cours vers le S. 0. La route câtoie le fleuve à 1 kiL et même à &00 mèt.-> Le sol est couvert de monticules de granit, quelquefois à beau feldspath rose, mais généralement blanc^ quelquefois à gros grains de quartz et feldspath blanc, mêlés de grandes paillettes de mica blanc nacré. On atteint (1/2 h.) Toumouki et quelques cabanes habitées sur les deux rives. Descendant entre les rochers, on découvre le Nil, qui promène lentement ses ondes, en serpentant dans une vallée agreste. Au S. les regards se portent sur une immense étendue de rochers, aux cimes noires et arides, et sur d'autres parties nuancées par les sables. Côtoyant le Nil, de iris-près, on passe (4 h.) ran^our, avec quelques maisons habitées^ le sol désert est couvert de sable et de fragments de rochers. Par endroits, les rochers, surplombant le ûeuve, obligent à des détours plus ou moins longs, mais on revient toujours sur la rive. De misérables débris disséminés sur la route appartiennent à d'anciennes
constructions coptes; l'oncaiape (4 b à O'qmeh, village habité par une cbquantaine de Nubiens laborieux, <> récoltent de l'orge, du dourah, :.
toi^rmous, des haricots, du ricin dci ils expriment l'huile, un peu ccoton qu'ils filent et dont ils foc: .
toile pour les chemises que ponf:
les femmes; ils possèdent aussi qse.
ques dattiers et des doums.
(5* jour.) — On traverse^ en se d:: géant vers le S., 10 degrés 0.. J.> sols primitifs de schiste dur, bUtch&tre, micacé, et de granit. — An dessous de (1 h. 1/2) l'Ue de foidou^ la vallée des Pierres (le venire it pierre, Batn el-Hagar, comme d sent les Arabes) commence à pr^ndr un aspect moins triste. On re?'.
(5 h. 1/2) le Nil que Ton rejoint f^ une vallée à la hauteur de la m:>tagne Gebel-Ddl, Là, le fleuve '^ encore obstrué par de petites l et des rochers. Ses bords sont g-^:
nis d'acacias et d'autres végétAU — On passe (1 1/2) près de six L réunies & Dàl. Ces îles et d*autri* en grand nombre, que Ton reoco&:
sur la route, sont le plus aoun:
babitées. On y remarque quelç.palmiers.
, A partir de Sonki, les rives da n commencent à oCTrir une végétaL' plus considérable.
A DàL-Nârou (20» 57' 15» laUt ^ et 28* 26' longit. E.), (lieu de a::pement), finit la vallée des Pierre:» <: commence la province de Soutint renommée pour ses dattes. Là É^• aussi réellement la cataracte d'Ouaiî* Halfah; c'est à partir de ce ptti:
que les montagnes s'aplanisseo: e^ font place à des vallées cultivées. - Les maisons de D&l-Nârou, b&ties t£ terre et de forme pyramidale, soci éparses sous des bois de palmien.
(6* jour.) — Le chemin agr^ic et uni laisse à dr., à une lieue de Oài> vers le S. 0., une grosse montage nommée Karbata/ir. Sur son sommet est une ruine en terre, connue des habitants sous le nom de Kényi^A
[ROUTE 28] AMÂRA. — ILE DE SAïS. — NÉLOUA.
[église), fiom qu'ils donnent à toutes [es mines chrétiennes* La rive orienaie du fleuve est généralement plus :iche que la rive occidentale. Après 3 h. 1/2) Méqraqèh, île fort étendue, bien cultivée et contenant des habi- ;ations très-éievées, vient llle Fat' ïèh et la grosse montagne d'Oufyr, Le désert descend en pente douce /ers le fleuve; des montagnes isolées >*étendent à une grande distance. — 3n campe (4 h. 1/4) à Qennis^ au >ord du fleuve, entre des montagnes couvertes de sable et d'herbages.
(7* jour.) — Le chemin, longeant oujours le Nil, mène à (2 h.) Atah, )rès d'une lougue île qui porte le uéme nom, avec un deîr, construit m gros murs de terre. Sur la rive dr. 3st le V. dUvidra, bien garni de datàers et dans un bon état de culture, très d'Affl4ra, sont les ruines d'un :emple. iillles consistent en six coonnes debout, ornées de figures, )armi lesquelles Lep&ius reconnut la nôme reine que sur les monument le Naga et de Méroé. Sur quelques ombeaux, au s. du temple, se trourent quelques fragments d*inscripions en démoiique éthiopien. On lépasse l'île d'Amati, sans s'éloiçner du fleuve de plus dVn quart de icue. Des troupeaux de gazelles se encontrent parfois dans ces parages.
Aj le Nil n'est plus resserré comme lans le pays des Baràbrab. Il ;oule à. travers une vaste plaine.
;île de S^iiit ou Sâ'i,{b h., 110 kil. le Semi^ëh), est l'une des plus granles du. Nil. Elle contient quelques uines dans sa partie orientale. Ouare petites colonnes en granit gris^ lisposées en carré, ornées de chapieaux, surmontés de la croix grecque, disaient partie d'une église copte iont les décombres gisent près de là.
r*rè<i de ces débris sont les restes l'une ancienne forteresse dont les nurs sont crénelés. Elle parait avoir lité utilisée par les Turcs; le sultan Sélim y avait fait faire des réparalions. Les ruines d'un très- petit-
temple égyptien n'offrent plus que deux montants d'une porte, ornés de quelques hiéroglyphes, et deux fragments de colonnes. Quelques morceaux de pierres de taille épais portent aussi des hiéroglyphes.
Après avoir marché quelque temps sur des grès, on retrouve le sol primitif, schistes, rochers feldspa> tbiques. Le Nil n'a pas moins de 3 kil. de largeur. On campe (1/2 h.) à
Fantau (20« 50' 28" latit. N. et 28* 8' longit. £.), formé de quelques habitations éparses^ sous un bois de dattiers. Ruines d'un village et un deîr.
(8- jour.) — Llle de Nelouaty (1/4 h.) fait suite à l'ile de Sâïa.
Elle a près d'une demi-lieue de longueur et présente deux restes de constructions anciennes, en terre, ayant la forme de tours carrées.
Suivant la lisière des terres cultivées, qui ont de cent à deux cents pas de largeur, on dépasse (2 h. 1/2) l'Ile de Oudousy, qui est habitée, et le village à^Adaï, où sont quelques maisons d'assez belle apparence.
A Ndloua (rive g.), sont les ruines de plusieurs petits monuments. De nombreux fragments de colonnes, dont une seule est restée debout, jonchent le sol. Ces colonnes, de style grécoégyptien, sont A pans légèrement creusés au milieu et offrant l'apparence de cannelures. Leur chapiteau surmonté de la tête d'Isis, à oreilles de belette, supporte un dé où est sculptée la façade d'un temple avec des hiéroglyphes. Elles ont 3 met.
80 c. de circonférence. Chacune est ornée d'une ligne de hiéroglyphes, presque entièrement effacés aujourd'hui. Tout nrès des ruines de ce petit temple, a 300 met. au S., un autre petit monument ne montre plus guère que les fondations. On y remarque des murailles eh pierres sèches et brutes', telles qu'on les a extraites de la montagne, et deux petites parties de colonnes en pierres de taille. Peut-être, ces ruines mar-