SOUDAN ÉGYPTIEN. — GÉNÉRALITÉS
blés à ceux du Nord de l'Afrique ; leur lit desséché au printemps ne présente plus alors que des flaques d*eau {hirih). Ces mêmes plaies qui alimentent la source des rivières et des fleuves forment les lacs intermitteii!> ou fouUu. Toute vallée basse et fermée, toute dépression profonde de terrain peut donner naissance à un lac de cette nature. Les foulas peuvent, à la fin de la saison des pluies, en septembre, atteindre une profondeur d*eaade deiix à trois pieds. A partir d'octobre, de nouveaux apports n'ont plus lieu, révaporation s'effectue rapidement et après un ou deux mois de séi^eresse, le séjour des eaux pluviales ne se révèle plus que par Thumidité qu*à conservée le terrain et par la luxuriante végétation qui ne tarde pas à le couvrir. Les grandes chaleurs d'avril et de mai réduisent en poimsière cettf végétation, dont les débris forment de saison en saison une couche d'humus qui élève insensiblement le sol. Ces foulas sont le rendez-vous des nombreux animaux qui vivent dans les steppes du Sennâar et du Kordolaa. Ils s'y pressent surtout pendant la saison sèche, quand les rivières aoot taries, et que les foulas, où se maintient encore un peu de verdure et d*biimidité, sont devenues rares. Pintades, renards, hyènes, antilopes, s*y re&coatrent nécessairement, proie facile pour le lion. Ces foulas, par les miasmes qu'ils dégagent durant la saison sèche, sont d'une extrôoie insalobrité. (F. d'£scayrac de Lauture, le Désert et le Sovtdan, et Bna, Voyage aux towrees du Jiily en Kubte et en Abi/mnie,)
Plus bas, au-dessous du 9' degré, le pays présente l'aspect d'un immmst marécage, réservoir où, sur une étendue de 5 à 600 kil., séjournent les eam de la pluie et celles dexuimbreux affluents du Nil.
Au S. de Gondpkoro, des montagnes se présentent sur les deux rives da Nil. Le sol se relève, et, à partir de Fatiko, vers le 3* degré latitude N., U scène change. Le pays, redevenu sain et fertile, présente un aspect riant. On se trouve dans la région des Grands-Lacs, à une altitude qui varie de 800 à 1100 met. au-dessus du niveau de la mer,
S 3. — Météorologie. — Nous avons vu fç. 623) que la durée te pluies augmente à mesure qu'on remonte vers l'Equateur. Au cœur mè^ du Soudan, elles ne durent pas moins de dix mois, mais non d'une ainière continue. £n général, il pleut durant deux on trois jours de suite, avee quelques relAcbes chaque jour. Ainsi, une forte pluie va durer une hesre. deux heures, parfois trois ou quatre heures; puis vient une édaireie. 0 n'est pas rare que cinq ou six jours se passent sans une goutte de piaitt même en pleine saison pluvieuse.
S 4. — Faune. — L'éléphant, l'hippopotame, le rhinocéros, quelqws antilopes, qui ont besoin de plus de chaleur et de plus d'eau, habit^ni exclusivement la zone des pluies estivales et celles des pluies incessantes.
L'éléphant d'Aûlque diflère de celui de l'Asie par sa tête ronde, soo front convexe, ses grandes oreilles. L'éléphant se rencontre dans tout le Soudan* U erre en troupes nombreuses dans les immenses plaines du Bahr eI*Abiad. et surtout à l'O. du Nil, dans le pays des Bongos et chez les Niâm-Niim. Aussi est-ce dans ces contrées surtout que les marchands d'ivoire ont établi leurs zéribas. Les hippopotames se montrent au-dessus de Kbartoum, d'autant plus nombreux qu'on remonte le Nil. Us peuplent les eaux do^ mantes du Bahr el-Ghazal, du Bahr el-Zaraf et de tous les affluents du Ni), et sont en nombre prodigieux sur les lacs de l'Afrique équatoriaJe. Ib fkti-