HISTOIRE. — COMMERCE
guent les oreilles du voyageur de leur grondement continuel, et ils ne craignent pas de donner la chasse aux embarcations légères, auxquelles ils font courir de grands dangers.
Le rhinocéros parait avoir le même habitat que l'éléphant. Le buffle se plait dans les marécages et dans les jungles où il est dangereux de le rencontrer.
Le crocodile abonde dans les eaux du haut Nil et de ses affluents. Il peuple les grands lacs de TÂfrique équatoriale.
Les chevaux et les ânes sont en petit nombre dans le Soudan. Les bœufs à bosse^ réunis en immenses troupeaux, forment la principale richesse des tribus africaines.
g 5. — Histoire. — On ne sait pas grand chose de Thistoire ancienne de ces régions. Les monuments égyptiens prouvent que, jusque vers le XIII* siècle av. notre ère au moins, elles n'étaient peuplées presque exclusivement que de tribus nègres. Les armées égyptiennes y faiisaicnt presque chaque année des razzias. Elles paraissent avoir pénétré sous Thoutmès III jusque dans la région des Grands-Lacs, et occupé quelques points stratégiques le long du Nil. A la chute de l'empire égyptien ces peuples recouvrèrent leur indépendance, ma.is firent menacés sans cesse par les souverains de Napata et de Meroé. Tahraqa, Horsiatef, Nastosenen ne cessèrent de les harceler et de leur faire subir des pertes cruelles. La chute du royaume de Meroé les délivra de ce danger et dès lors il devient presque impossible de suivre leur histoire. Les rois d^xoum et les princes d'Abyssinie les soumirent successivement maïs ne réussirent jamais à les maintenir dans l'obéissance d^une manière durable. Depuis la conquête de la Nubie et du Senn&ar par Ismall-Pacha, le gouvernement égyptien a poursuivi son plan d'annexion des régions du haut Nil. Nous avons vu, p. 618, comment avait été faite la conquête récente du Darfour. Depuis, diverses expéditions officielles ont été entreprises pour reconnaître le cours du fleuve jusqu'à ses sources, et pour prendre possession du pays au nom du Khédive. En mémf* temps, on s'est proposé de poursuivre et de dissiper les bandes organisées pour la chasse aux esclaves, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour arrêter ce honteux trafic (F. p. 191). De 1871-1873, Sir Samuel Baker, dans une expédition où il a déployé une énergie peu commune, a soumis le pays des Baris, sur le haut Nil Blanc, s'est emparé de Fatiko, par 3*1' latitude N., station centrale des chasseurs d'esclaves. (K. Sir Samuel Baker. The Khédive of EgypVs expédition to Central ^/Kca/Proceedings of the Roy. Géogr. Soe. vol. 18 (n* 1), Wkj p. 50-67 et Vivien Saint-Martin, Année géographique, douzième année. Citons encore les expéditions du colonel G. Ghaillé- Long-Bey en avril-août 1874; du colonel Gordon en 1875 et celle de M. ROmolo Gessi, sous les ordres du colonel Gordon, en mars-avril 1876. {V. Bulletin de la Société de Géographie de Paris, octobre et novembre 1875 et juin 1876).
Grâce à tous ces efforts soutenus, on peut dire que la suprématie du gouvernement égyptien tend à s'établir sur tout le bassin du Nil. Le Khédive a nommé un gouverneur général du Soudan qui réside à Khartoum. Ces fonctions ont été remplies pour la première fois par sir Samuel Baker, auquel a succédé le colonel Gordon. Les postes militaires suivants