‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 281 sur 408 · SOUDAN ÉGYPTIEN. — LE SOBAT. [ROUTE · texte numérisé non relu

SOUDAN ÉGYPTIEN. — LE SOBAT. [ROUTE

fartb a appelée fUtvla, du nom d'une galle sphérique percée d*une ouverture circulaire et dont le vent tire des sons réguliers. Les indigènes donnent à cet arbre le nom d'arbre tiffleur. On ne tarde pas à rencontrer, rive g. , l'embouchure du

Sobat, dont la largeur est d'environ moitié de celle du Nil. De tous côté s'étendent des prairies et des marais à perte de vue. En ce point le fleuve n'a pas moins de seize cents mètres de largeur.

En 1868, année où M. Schwoinfurth accomplit son voyage en Afrique, il n'était possible aux bateaux de commerce de naviguer dan<; cette partie de la rivière que lorsqu'ils étaient nombreux et bien armés. Malgré raffermissement de la domination égyptienne, les plus grandes précautions sont toujours à prendre, car les indigènes semblent d'autant moins disposés à la bienveillance, qu'ils sentent leur indépendance sérieusement menacée.

On laisse derrière soi les villages des Chillouks. A mesure qu'on avance, la région habitée recule et va se perdre au loin. Le fleuve se divise en une multitude de canaux, qui serpentent au milieu d'tles sans nombre.

Laissant à g. l'embouchure du Bahr el-Giraf (F. p. 686), le Nil Blanc tourne vers le S. Les plantes aquatiques, de plus en plus abondantes, s'étendent comme un tapis sur les canaux entre lesquels se divise le fleuve, et ferment toute issue. C'est avec la plus grande peine qu'on parvient i se frayer un chemin au milieu de cet inextricable labyrinthe.

I^s hommes traînent ou poussent les bateaux en marchant sur les masses flottantes. Le lac Nô, que les mariniers appellent Mogren el'Bohoûr, Bouches des Courants, est simplement l'expansion des eaux confluentes du Bahr el-Ghazal et du Bahr el-Gébel. Le courant de celui-ci, qui vient du S., côtoie la rive orientale du bassin, rive apparente qui n'est

formée que de papyrus. C'est dans ce chenal que l'on s'engage, en tournant au S., laissant i l'O. le Bahr el- Gazal , et l'on entre dans le

Bahr el-Gibel, affluent principa] du Nil Blanc. On s'avance avec peina entre des forêts de papyrus qui masquent l'horizon, à travers le district des KiUhs, pays marécageux, hérissé de petits tertres. Les fourmis blanches (termites) se construisent pendant la saison sèche des demeures d'environ trois mètres de hauteur, de sorte que, pendant l'inondation, elles peuvent vivre en sAreté dans les étages supérieurs.

Àboukouka est un ancien établissement d'un négociant français. District misérable. Ce lieu rappelle le nom d'un voyageur français. Le Saint, mort victime du climat.

Les campements des Àliab sont établis sur la rive occidentale. On voit les Nègres rassemblés, environnés d'amas de bouse de vache qu'il»

entretiennent constamment en incandescence, afin que la fumée éloigne les moustiques. Autour de ces monticules se pressent les bestiaux, vivant avec les naturels au milieu de U fumée. Les cendres, accumulées par degrés à une hauteur de deux i trois mètres, servent de lits et de points de vigie.

Vient ensuite la tribu belllqueasf des Chewrt. Les hommes, quand ib sont debout, se tiennent à elochepied, appuyés sur leurs lances, Toc des pieds fixé sur le pli de l'autre genou. Les femmes portent, attachée à la ceinture, une queue faite de lanières de cuir, qui descend jus* qu'au bas des cuisses. Elles affectionnent les anneaux de fer poli, qu'elles portent sur les jambes jusqu'à la moitié du moUet. Le bruit que font ces ormalureff de fer, pendant la marche, est considéré comme le née plus uUrà du bon genre.

Après une navigation de vingtcinq jourp environ, à partir de l'embouchure du Bahr el-Gébel, on sort

[Route 30] bâhr EV-Qèbsl. — LAlOO.

enfin de ces intenninablee marais. Le rivage s'élève à plus d'un mètre audessus du niveau de l'eau, et le bois abonde. Le pays, fort peuplé, ressemble à un vaste verger. On aperçoit le mont Laïdo à une vingtaine de kil. à TO. Enfin on atteint la station importante de

Laido ou Lado (5« 5' latitude N., à 3 ou 4 met. au-dessus du niveau du Nil et à 580 met. au-dessus du niveau de la mer). Laîdo a remplacé, comme centre administratif et commercial du haut Soudan^ l'ancienne station de

Gondokoro 4*54' lat. N. et 81*28' long. E. (lieutenant J. Baker), à 20 kil. environ au S. de Laîdo. Cette ancienne station, établie à 8 mètres au-dessus du niveau de l'eau, à l'endroit le plus élevé que Pon rencontre jusqu'à l'.embouchure du Babr el-Gébel, était fort bien choisie. C'était une ville assez propre, station de marchands dont Samuel Baker nous trace un portrait peu flatteur. « Leur temps, dit-il, se passait à boire, à se disputer et à maltraiter leurs esclaves. Presque tous étaient continuellement ivres. Gondokoro, ajoute-t-il, est un véritable enfer. » Le bras principal du fleuve qui coulait au bas de la rive à pic sur laquelle s'élevait Gondokoro a peu à peu iUi>andonné son lit, se portant vers l'O., de sorte que la rive orientale, à Gondokoro, n'est plus baignée que par un petit bras dont les eaux deviennent stagnantes et encombrées de végétation. A l'époque des basses eaux, la décomposition de cette masse végétale donne lieu à des miasmes délétères qui ont rendu Gondokoro, de sain qu'il était, un des endroits les plus malsains sur le Babr el-Gébel. Aussi le colonel Gordon a-t-il établi sa résidence un peu au N. 0., à Laîdo.

Les naturels de Gondokoro appartiennent à la tribu des Baris. Au lieu de se barbouiller de cendres et de bouse de vache comme les Cheurs ou les Chillottks, ils s'enduisent d'une

sorte de pommade faite d'un mélange d'oere et de graisse. Malmenés par les traitants, ils sont devenus trèsméfiants et dangereux pour les voyageurs.

n. Le Bant-IUl, — La« SonroM.

Nous avons commencé notre étude sur rÉgypte par la description du cours du Nil, à partir de son entrée dans la Nubie, à Khartoum, jusqu'au point où il se jette dans la Méditerranée. Le Nil, en eflet, est la vie même de l'Egypte et de la Nubie. Sans lui, ces contrées ne seraient qu'un vaste désert. De plus le Nil, en traversant les immenses marécages qui s'étendent entre le 9* et le 3* degré de latit. S., offre la seule route praticable pour pénétrer par le nord au cœur de l'Afrique équatoriale. Une étude sur le Soudan nous paraîtrait incomplète si elle ne comprenait quelques indications précises sur le cours supérieur du Nil et sur la découverte de ces sources fameuses, inconnues jusqu'à ces dernières années, malgré les recherches poursuivies pendant de longs siècles.

Les Sources du Nil. Les anciens avaient recueilli sur la position présumée des sources du Nil quelques données assez exactes. Hérodote (v* siècle av. J. G.) savait que le Nil s'étendait au-dessus de Méroé jusqu'au pays des Atmaehy habité par les transfuges, descendants de la caste militaire cantonnée autour d'Éléphantine par Psamétik, et qui, négligée par ce prince au profit des auxiliaires étrangers^ émigra au nombre de 240000, et alla s'établir au S. de l'Ethiopie. Au delà de ce district, situé à 4 mois de route de l'Egypte, l'historien grec ne sait plus rien de précis.

Ératosthène (3* s. av. J. G.), dans les fragments de ses écrits qui nous ont été conservés par Strabon,décrit la partie supérieure du Nil. Après avoir parié du principal bras au-dessus de Méroé, il ajoute : « Il s'y jette deux fleuves

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