‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 282 sur 408 · SOUDAN ÉGYPTIEN. — LE NIL · texte numérisé non relu

SOUDAN ÉGYPTIEN. — LE NIL

qui sortent de quelques lacs à TE.

et entourent la grande île de Méroé.

L'un de ces cours d'eau, nommé Attabortu (rAtbarah moderne), coule à l'orient de llle. Au couchant est VAstapus (Nil Bleu), qu'on nomme également Astaboras. > Et Eratostbène ajoute : « Certains auteurs prétendent que le nom d'Astaboras s'applique à un autre fUuve de laet situés au S., et formant le principal affluent du Nil qui coule en ligne droite, alimenté par les pluies d'été.»

Cette tradition d'un fleuve de lacs, aUmenté par les pluies d'été, dans ses termes vagues, s'est trouvée confirmée par les récentes découvertes.

Le bras occidental du Nil fut remonté par les explorateurs de Néron jusqu'à d'immenses marais situés à pi us de 600 milles romains de l'île de Méroé, et si encombrés de joncs et d'herbages, qu'on ne pouvait les traverser que dans de petites pirogues à une seule place.

Claude Ptolémée (ir siècle après J. C), plaçait les sources du Nil dans deux grands lacs situés au delà de l'équateur, sur les versants des Montagnes de la Lune. L'examen du texte et des cartes de ce géographe montre qu'il connaissait par ouï-dire les deux grands lacs du centre de l'Afrique et les montagnes neigeuses du pays de Zanguebar. « Les anciens, dit M. Cortambert, ouvrage cité p. 8, avaient donc sur l'Afrique des notions plus précises que nous n'en possédions il y a trente ans. »

Le jésuite Pedro Paëz, qui séjourna en Abyssinie vers la fin du xvi" s., vit la source du Nil Bleu dans le Godjami et il la considéra comme la source même du Nil. « Grande fut ma joie, dit -il, de voir ce que Gyrus, Cambyse, Alexandre le Grand et le ce* lèbre César avaient vainement cherché. » (V. 2e l^il, son bassin et ses souruSy par Ferdinand de Lanoye).

Paëz décrit ensuite le cours primitif du Nil, ses affluents, son passage àtrar vers le lac Tzana la cataracte d'Alata,

et la grande courbe qu'il forme ensaite de l'orient au couchant, à partir de laquelle tout est obscurité et mystère.

L'erreur comûiise par Paèz fut maintenue et obtint un grand crédit à la suite du voyage du chevalier Bruce, qui, trouvant les sources du Nil Bie.:

(F. p. 716) et ignorant sans doute \i relation de Paèz, crut à son tour avoir découvert la source du Nil.

« Jusqu'aux premières années dû siècle actuel, la région du Nil, audessus de l'Egypte, dit M. Vivien de Saint-Martin, {ouvrage cité, p. <U0 et sq.), était resté pour aindi dire es dehors des préoccupations scientifiques de l'Europe et des rechercbf^ des voyageurs. L'attention y fut ramenée par l'expédition française (k 1798, et la double excursion de Barckhardt en Nubie, de 1813 à 1814, ouvrit enfin pour ces contrées i'èrt des études savantes. Le règne de Mohammed-Ali, l'illustre fondateur df la nouvelle dynastie d'figypte, leur donna, sous l'inspiration de la France, une impulsion active. >

M. Cailliaud, qui nouH a laissé uoo relation intéressante de ses savinte^ explorations en Egypte et en Nobie (F. Cailliaud, Voyage à Meroé^ at fleuve BlanCf à Syouah et aux dn^ autres oasis), reconnut parfaitemcQ'l'erreur de Bruce et de Pedro paèz.

« Nous arrivâmes, dit^il, au confluent du Bahr el-Azraq (Nil Bleu) et du Nil Blanc. Ici ce fleuve est étroit n'ayant guère que cinq à six cent mètres de largeur. Il vient du S. S.O., et son courant est bien plus rapide que celui du fleuve Bleu. Nos guides me dirent que le fleuve Blanc s'élargit vers le S., et que cette branche est reconnue par les indigènes pour être plus considérable et plus étendue que l'Azraq.... Le vrai Nil est le fleure Blanc, dont le cours très-étendu prend, selon toute probabilité, son origine dians les montagnes de la Lune. >

Des explorations célèbres furent faites sur le Nil éthiopien par le docteur Rùppel, en 1833, et par

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