LES SOURCES DU NIL
M. Rassegger, en 1836; mais elles ne s'engagèrent pas sur le fleure Blanc.
L'année 1839 vit enfin s'ouvrir une nouvelle ère dans l'histoire géographique des hauts pays du Nil. Une première expédition égyptienne eut lieu vers la fin de 1839. Elle remonta depuis Khartoum, par 15* et demi environ de lat. jusqu'au 6* parallèle.
En 1 840-1841 ,une expédition francoégyptienne, conduite par les ingénieurs Arnaud et Sabatier, s'engagea sur le Nil Blanc, reconnut Temboucbure du Sobat, pénétra dans le lac Nô, reconnut l'embouchure du Bahr el-Ghazaly et constata qu'à partir de ce point le fleuve prend une direction générale S. E. Les tribus riveraines du fleuve furent l'objet d'études intéressantes. Malheureusement, la relation des deux savants français n'a jamais été publiée en corps d'ouvrage.
En 18&6, M. Bolognesi, représentant de John Petherick, agent consulaire britannique, pénétra au delà du lac Nô, remonta le Bahr el-Ghazal, affluent de la rive g. du fleuve Blanc, dans le territoire des Dinkat.
Guillaume Lejean,en 1860 et 1861, remonta le fleuve Blanc jusqu'à Gondokoro. M.E.Cortambert(V. Complé- TMnt de la Géographie de MaUe- Brufif tome I*', 1875) décrit ainsi les efforts tentés par quelques-uns des derniers explorateurs : « Le docteur Peney, dit-il, qui avait envoyé des notes précises sur ses observations, et dont la science et le courage inspiraient tant d'espoir, fut enlevé par les fièvres paludéennes en 1861.
Ambroise et Jules Poncet, vaillants chasseurs d'éléphants, ont vu beaucoup de pays dans leurs courses aventureuses, et ont adressé des remarques intéressantes sur le cours du Nil Blanc et son voisinage. Les Italiens Castel Bolognesi, Horace Antinori, Debono, Miani et Philippe de Terranova faisaient aussi vers cette époque des excursions dans le bassin du Nil. Une courageuse et riche Hollandaise, Mlle Tinné, y a exé-
ORIENT ir.
cuté un célèbre voyage en 1862 et 1863. Elle remonU d'abord le Nil Blanc, puis, dans une seconde expédition, le Bahr êl-^haxal, dirigeant toute chose avec une énergie et une perspicacité extraordinaires.... Th. de Heuglin et Steudner se sont joints à elle dans une partie de ses explorations, et ont fourni à la science de précieux documents. >
Il éUit bien difficile aux explorateurs venant du N., de remonter le Nil au-dessus de Gondokoro jusqu'aux Lacs. Sans compter la difficulté de traverser les immenses marais si^ tués entre le 9* et le 3* parallèle, la série des rapide» qui obstruent çà et là le cours du fleuve au-dessus de Gondokoro, sur une longueur de 160 kil., opposaient une barrière jusqu'ici infranchissable au voyage par le fleuve. Ce fut donc une idée heureuse de prendre pour point de départ de l'exploration des sources du Nil la côte de Zanzibar. En 1856, la Société géographique de Londres confia au capitaine Burton, officier à l'armée du Bengale, la mission d'atteindre les. grands lacs africains dont les indigènes affirmaient l'existence. Sur la demande du capitaine Burton, le capitaine Speke lui fut adjoint, et le 16 juin 1857 ces deux courageux explorateurs partirent de l'Ile de Zanzibar et se dirigèrent vers la côte africaine. Il n'entre pas dans notre sujet de décrire leur voyage, plein de péripéties. Vers la fin de mars 1858, après huit mois, dont cinq de marche effective, ils atteignirent le lac Tanganiyka, et pendant que Burton, brisé par la fièvre, était retenu sur les bords du lac, Speke résolut d'entreprendre une excursion dans le N., vers un autre lac dont parlaient les marchands arabes.
Se dirigeant directement au N., il atteignit, après vingt-cinq jours de marche, un grand lac nommé Ouké' révé-Nyanza dans la langue des naturels, et qu'il appela Vietoria-Nyan- HOf en l'honneur de la reine d'Angle-