‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 284 sur 408 · SOUDAN ÉGYPTIEN. — LE NIL · texte numérisé non relu

SOUDAN ÉGYPTIEN. — LE NIL

terre. Il releva rextrémité S. du lac par 2* 24' de latitude S. Speke entreprit en 1861-1862 un second voyage en compagnie du capitaine Grant, et le 28 juillet 1862 les heureux explorateurs virent sortir du lac, au N., un affluent qu'ils considérèrent comme le Nil Blanc, et dont ils suivirent le cours jusqu'à 2' de latitude N. Ils apprirent des indigènes que ce cours d'eau se dirigeait à l'O., vers un autre lac nommé Louta-Nxighé.

Au moment oii Speke et Grant arrivaient à Gondokoro, sir Samuel Baker , accompagné de sa courageuse femme, partait de celte ville, se dirigeant au S., et pvvenait au prix de mille fatigues, le 14 mars 1864, sur les bords du lac JU)uta-N%ighé, qu'il nomma Âlbert.^yanza, en l'honneur de répoux de j^a reine d'Angleterre. Il y vérifia l'entrée et la sortie du Nil Blanc, qu'avaient annoncées 8]>eke et Grant.

En 1867, un jeune officier français, Le Saint, patronné par la Société de géographie de Paris, partit pour compléter les découvertes de Baker, mais les redoutables fièvres équatoriales le frappèrent à mort à AbouKouka , sur la route de Khartoum à Gondokoro, au commencement de 1868.

En 1868,1e D'George Schweinfurth commençait ses savantes recherches dans la région du Nil moyen. Il s'est avancé dans celle du Nil Blanc et il a donné les plus précieux détails sur les affluents du Nil Blanc, en particulier sur le Djmr. Il a constaté que ces cours d'eau se dirigent en grand nombre vers le Bahr el-Ghazal, principal tributaire du Nil Blanc, sur la rive gauche.

Lagrande expédition de Samuel Baker (187 1-1873) dans le pays des Baris, importante au point de vue politique, a fourni quelques notions précieuses sur le cours du Bahr el-Gébelt et, en particulier, sur le Bahr el-Giraf.

M. Marno a déterminé, vers 1871, plusieurs points du cours des deux Nils.

Le fleuve Blanc a encore vu de^ explorations plus récentes. Le colonel Gordon, qui a succédé à Baker comme chef des expéditions égyptiennes du Nil, a remonté le fleuve en minet en avril 1874- Il est arrivé à Gondokoro plus facilement que ses prédécesseurs, car le gouTemement égyptien avait fait déblayer les forêt?

d'herbes qui encombraient une ftartie du cours du Nil.

En avril-août 1874, le colonel Chaillé-Long est parvenu sur le lac YicicK ria. Il a reconnu une partie du cours du fleuve entre les deux lacs et découvert un petit lac, qu'il a nommé lac Ibrahim, Enfin, les plus réceDte> explorations connues au moment vu nousécrivonssont celles de M. Romolo Gessi, qui a fait la circumnavigation du lac Albert, et l'expédition célèbre de Stanley. Parti de Zanzibar le 17 novembre 1874, M. Stanley laissa à VO.

l'itinéraire de Speke et Grant, et,aprî-> une marche de 1336 kil., faite en 103 jours, à travers mille périls, il arri^-a à Kadjekyi, sur la rive sud du Victoria-Nyanza, et fit, sur une bar^s^ apportée à grand'peine, la circumnavigation du lac, qui peut être considéré comme la tète du Nil.

Deacription du fleuve Le lac Oukérévé ou Victoria-Nyansa. — D'après les travaux d'exploration dr Stanley, le lac Oukérévé ou Victoria- Nyanza s'étend sous l'Equateur entn^ le "a» 31' lat. S. et le 1" degré lat. N. Il aflecte la forme d'un parallélogramme allongé dans le sens du S.

au N., avec une légère iaclinaisoD de ro. à TE. Il n'a pas moins d^* 1800 kil. de côtes. Son altitude audessus du niveau de la mer est de 1100 met. environ.

Sur le rivage S. E., s'élève le mont Madjéta, haut de 900 met. au-dessus du lac (2050 met. au-dessus de la mer). Une plaine lui succède, vers TE., arrosée de nombreux cours d'eau. Vient ensuite la grande baie de Kavirondo. Â l'extrémité N. E.^ une autre grande baie, nommée Baringo, avait

CHUTES RIPON. — CHUTES O'iSAMJiA.

«té à tort jusqu'alors regardée comme formant un lac distinct A VO., se dresse une chaîne de montagnes qui se réunit au S. au mont Mfoumhiro, haut de 3000 met. Ces montagnes de ro. partagent leurs eaux entre les lacs Oukérévé ou Victoria-Nyanza à l'E. et l*Albert-Nyanza à 1*0.

L'affluent le plus considérable du lac est le iti^oumdoii, qui prend sa source au S., dans le pays d'Ourimi, et se jette dans le lac sous le nom de ChimayoUy après un ^jarcours d*à peu près 649 kilomètres. « Aucun cours d'eau, dit M. Cb. Maunoir (Bulletin de la Société de géographie , mai 1876, Rapport sur les travaux de la Société de géographie et sur les progrès des sciences géographiques pendant Var^ née 1875, p. 465-534), ne peut disputer au Liwoumbou le titre de source du Nil. M La rivière Kitangoulé, vue par Speke en 1858, se jette à TO. dans le lac Victoria-Nyanza. Elle parait bien moins importante que le liwoumhou. L'eau du lac est douce et transparente.

Los contrées qui bordent le lac âont : au S., VOusinxa et VOusoukouma; A VK., VOukidjedi, VOudjeyeya; au li.,VOusogaeiV Ouganda.

Ce dernier pays, situé entre le Victoria-Nyanza et l'Albert-Nyanza, est connu par Texpédilion de Speke et de Grant.

Les populations riveraines en général sont méfiantes, hostiles aux blancs et inhospitalières.

Le Nil, que Speke a appelé le Nil Somerset, et que Ton nomme aussi Nil Vieioriat s'écoule du lac par un golfe étroit et allongé situé au N., et forme avissitôt les

Chutes Ripon ou les Pierrot, par ons'b?'' iat. N. Le lit du tleuve, qui a ici de 120 à 150 met. de largeur, est coupé cà et là par des rodbers, qui déterminent des rapides semblables à la plupart des cataractes du ISiL Le fleuve prend alors sa direction au N. 0.

Le» Chutes dlsamba, par0«43' 49"

Iat. N., sont très-belles, mais fort resserrées. L'eau du Nil court profonde entre ses rives, couvertes d'épais gazons, d^acacias et de ronvolvuli. Cette contrée, qui s'appelle VOtuoga, est infestée par les éléphants et les lions. Ces animaux dévastent les campagnes, renversant les cabanes. Le Nil, dont le lit atteint ici 6 à 700 met. de large, est tigré çà et là de récifs et d'Ilote, ceux-ci occupés par des huttes de pécheurs, ceux-là par des hirondelles de mer et des crocodiles se chaufl'ant au soleil.

Ourandoganit par0*52'37''lat., est le point où le colonel Chaillé-Long- Bey, venant de l'Ouganga, rejoignit le fleuve qu'il descendit {Bulletin de la Société de géographie, Voyage au lac Vietoria-Nyanxa et au pays iVtam- Niam, octobre 1875, p. 350-364). U rivière est ici large et profonde, et d'énormes rochers s'élèvent dans son lit, <ans interrompre la navigation. Peu à peu, la portion centrale du fleuve est dégagée de tout obstacle ; ses rives sont frangées de grands roseaux, derrière la cime desquels on voit s'abaisser en pente douce les berges revêtues de gazons verdoyants.

Le fleuve entre alors à 1*0. dans le lac Ibrahim^ ainsi nommé par le colonel Chaillé-Long, qui l'a découvert.

Ce n'est peut-être, du reste, qu'une expansion du fleuve. Celui-ci sort du lac à ro., traverse d'immenses jungles remplies d'arbustes épineux et couvertes d'arbres déracinés par les éléphants. Pas une àme ni une hutte dans ce désert. Le Nil reçoit, rive g., la rivière Koufou, dont le Ut, de 80 met. de largeur environ, renferme une eau stagnante, encombrée de papyrus et de nénufars. Au-dessous de l'embouchure de la Koufou, se trouve

Mroûli, capitale de l'Ounyoro, par !• 37' 43" latit. N. et 32« 19* 49' longit. £. Ce chef-lieu d'un grand district n'a que quelques misérables huttes.

Page 1