COMMERCE. ^ MANIÈRE DE VOYAGER
ci s^organisent tous les ans entre l'Ainhara et la côte, en passant par Adoua. Lé payft demande des idtups grossiers, des calicots, du Telovis, des étoffes de Soie, des armes à feu, des verroteries, des aiguilles, du poivre noir et quelques autres menus objets. U donne en échange de la gomme, du café, de ri voire, de la myrrfae, de la cire, du miel, des plumes d'autruche, du muso, du blé et des esclaves. Massâouah est le débeuché principal de ce commerce. Quelques caravanes prennent aussi la route de Souakin.
La monnaie la plus habituelle, ce sont des tablettes de sel gemme représentant une valeur variable suivant Téloignement dS& mineS et des lacs salifères. Sur la côte, on se sert aussi pour les menus achats de petits grains de verres appelés hourchokM et connus dans le commerce européen sous le nom do conterie de Hollande. Trois boUrchokos valent un \thir^ 110 kebirs valent un liar/'; 32 harfs, un Xha\Ari ou % fr. 2Su Les seules monnaies reçues à Mass&ouah sont les sequins de Venise et les thalaris d'Autriehe ft reffîgie de Marie-Thérèse»
S 9. — Manière de voyager. -— Les conditions de ce voyage différent totalement de celles du voyage de TÉgypte. On entre ici dans ces pays encore mal eonnus à peiné ouverts à la civilisation du dehors. On n*y pénètre pas sans une permission spéciale du né^uM, qu'obtiennent cent oui sont particulièrement recommandés par leur gouvernement et présentés par le consul de leur nation. Les formalités par lesquelles il faut passer sont longues et fastidieuses. Elles sont compliquées à dessein par les ministres du négouss, et surtout par les officiers subalternes. Il fiiudra attendre dans un des premiers villages du plateau, peut^tre à Asmara^que des ok-di^s soient donnés par le vice-roi du Tigré, pour qu*on puisse continuer sa route.
Une fois placé sous la protection du roi, on voyage dans les mêmes conditions que les seigneurs du pays. On n'a à se préoccuper ni des moyens de transport, ni des vivres. Les }i9{a^ttt ou paysans, tsîuables, corvéables à merci, transportent gratis les bagages d'un village à un autre. Chaque vil* lage doit fournir en outre des vivres, un mouton, quelquefois une vache, du miel pour l'hydromeU du beurre et des galettes de dourah^ sans compter la bière ou boitera et le logement pour les voyageurs. Mais toutes ces belles ressources s'évanouissent au moment où elles sont le plus nécessaires. Vivres, porteurs manquent à la fois, soit que les soldats envoyés par le gou* vemeur de la province s'en servent pour eux-mêmes, soit que le ehotun, chef du village, de connivence avec eux, annonce qu'il n*y a dans le pays ni vivres ni porteurs, soit ménie qu'il ait fui avec les bestiaux. Ailssl, quelque séduisante que soit pour le voyageur l'offre du négouss de pourvoir à ses besoins, M. Kafray lui conseille d'y renoncer. En payant son voyage^ il gagne un temps précieux, et, tout compte fait, il dépense moins.
Quant à l'époque du voyage, il est bon de se mettre en itute à peu ptès en même temps qu'une des caravanes annuelles qui vont de Massâouah à Gondar. Le départ a lieu généralement en novembre; on peut alors se rendre à Gondar et revenir avant le mois de juin, époque où les fortes pluies ont rendu le Tacazzé infranchissable.
Le voyage, jusqu'au pied du plateau, se fait à dos de chameau. A partir de ce point, les ohameaut sont renvoyés, et l'on continue sa route à dos de mulet. On peut se servir de bœufs pour le transport des bagages.
ABYSSINIE. — MER ROUGE. [ROUtE 31]
DU CAIRE k HASSAOUAN.