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I. De MusftoQfth à Adoui

A. PAB ASMARA.

Darée da Yoyagei 11 joara.

Snr Massàoaah {V. p. 703).

(1" jour). Dès que Ton a franchi les jetées qui relient Massàouah à la terre ferme^ on se trouve sur la plaine sablonneuse et brûlante, qui forme la lisière du plateau abyssinien, le long des côtes de la mer Rouge. On atteint (l h.) STkovlUm, petit village formé de huttes en branchages, avec une mosquée et une prise d'eau construite par le gouvernement égyptien. Après M'kouUou, le terrain, plus mouvementé, reste toujours aride et ne produit que quelques mimosas et des plantes grasses. On campe à Sadtif où Ton Irouve entre deux collines une sorte de lagune dont Peau est saumàtre.

(2* jour). On part de bonne heure,

Sour arriver le même jour au pied es montagnes que Ton a devant soi.

Comme on ne trouvera pas de source sur la route, on fera bien de faire à Saàti une bonne provision d'eau.

Après avoir dépassé un mamelon entouré de forêts et traversé Taride plaine d'iilet, où Ton pourra voir des bandes de pintades et de francolins, et parfois des outardes et des gazelles, on entre dans les premières vallées des montagnes abyssiniennes.

C'est là que Ton renvoie les chameaux, incapables de gravir la montagne. Sambargoumba est le centre d'une exploitation de bois que le gouvernement égyptien a confiée à un Français; site ravissant. Au milieu d'une immense forét^ un ruisseau

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glisse de rochers en rochers. Des oiseaux au plumage varié, des papillons aux mille couleurs, des singes égayent cette solitude. Le chemin ou plutôt le sentier monte en lajcet au flanc de la montagne, pour atteindre Guinda, petit plateau fertile où le^ pasteurs abyssiniens descendent pendant la saison des pluies avec leurs bestiaux. Grâce à l'altitude, on v jouit d'une température modérée.

(3*jour). Après avoir dépassé Madhêt, autre station de bergers, on gravit (3 h») par des sentiers presque impraticables l'escarpement du plateau couvert de magnifiques forêts, où des arbres de toutes sortes entrelacent leurs branches reliées encore par des lianes. On y remarque le kolkoual, mentionné ci-dessus : les branches quadrangulaires, garnies sur leurs arêtes d'épines recourbées, absolument dépourvues de feuillages, sont disposées en forme de candélabre.

Au sommet de chaque tige poussent de petites fleurs d'un jaune rougeàtre, auxquelles succèdent, en guise de fruits, de petites figues, d'abord vertes et qui, en mûrissant, deviennent d'un rouge safrané. D'une incision pratiquée ait^ tronc, coule un lait visqueux qui constitue, aussi bien que les fruits, un poison très-violent.

Du haut de ce plateau on peut, par un temps clair, apercevoir la mer Rouge.

(4« jour). A l'extrémité 0. du plateau, se trouve Àsmara, village peu considérable, situé sur une éminence, au milieu d'un vaste plateau dénudé!

Les habitations, selon l'usage suivi dans la patrie orientale du Tigré, sont, dit M. Rafray, p. 51, « disposées en forme de caves. Adossées en général à un petit monticule, elles sont creusées dans le sol et recouvertes de terrasses qui se trouvent alors de plain-pied avec le sommet du monticule. Cette sorte de cave est fermée, sur le devant, par un mur, le plus souvent en pierres sèches, sur lequel s'avance la terrasse. Une

[Route 32] SVAN-OONAN. ^ KODOPELASSI.

seule ouTerture donne aceès dans la maison et sert à la fois de porte, de fenêtre et de cheminée; aussi ces habitations sont-elles très-humides et très- sombres. L'ameublement est bien simple; le long des murs, on a construit de larges bancs en terre, qui, recouverts d'une simple peau de bœuf, servent de lits. On voit cependant chez les gens aisés des lits plus confortables, nommés en abyssinien angarebs et en arabe algcu. Ces derniers lits sont formés par un cadre en bois, monté sur quatre pieds et garni d'un treillage en lanièresde cuir ou en cordes. A ce meuble s*ajoutent quelques poteries, des corbeilles d'un travail plus ou moins fin, un moulin à bras et d'énormes jarres en terre, dans lesquelles on emmagasine la récolte;... un bouclier, une lance, un sabre et parfois des harnais de mules complètent l'ameublement. Au milieu de la maison, un espace rond, un peu plus élevé, sert de foyer.

Les 6* et 6* jours, on marche sur un plateau boueux et inondé pendant la saison des pluies, où les montures enfoncent jusqu'aux genoux. Çà et là, sur de petits mamelons, se dresse quelque kolkoual. Après le village à*Add\-Guaddad, vient Àttenai, où l'on descend par une pente escarpée et couverte d'une assez belle végétation. Quand la pluie ne tombe pas, on peut apercevoir de là la plaine du haut Mareb entourée des montagnes du Hamaeen, dont le point culminant est le pic de Dabbonata. Un peu après Atsenaî, on traverse la rivière Kareb, affluent du Tacazzé, dont les eaux boueuses coulent encaissées entre deux murs de rochers rougeàtres.

Le plateau, un instant interrompu, reparait sur la rive dr. du Uareb, offrant çà et là de beaux bouquets d'arbres et de frais pâturages.

(7"jour).D'Addt-(;arat à Toramini et à Àddi'Mongondi, petits villages sans importance, la route, qui n'ofire, du reste, rien de remarquable, traverse de nombreux ruisseaux que

nniKNV II

les pluies transforment soudainement en torrents.

(8* jour). On atteint Svan-Ounan^ et un peu à TO., Kodofelatsi, centre d'un marché hebdomadaire, où l'on peut se procurer des bétesde somme et des provisions.

(9* jour). Le plateau est ici couvert de cailloux tranchants qui rendent la marche très-pénible pour les mon* tures et leurs cavaliers. Au delà d*Addi^Elgueu se présente une faille qui forme un abtme de plusieurs centaines de mètres. C'est une véritable muraille basaltique, au pied de laquelle se déroule une vaste plaine, couverte d'une belle végétation, et fermée de hautes montagnes s'étageant en gradins.

Un sentier large de quelques pieds, suspendu au flanc de la montagne, et si difficile que le voyageur fera bien de mettre pied à terre, descend au bas des hauts plateaux, sur la zone des terres basses ou koilas. — Le contraste est grand entre les hauts plateaux et les basses terres.

« C'était, dit M. Raflray, comme un changement à vue; en haut, des plateaux ondulés et uniformes, que Umitent au loin des montagnes vaporeuses; en bas, point d'horizon, mais un dôme de verdure; au milieu d'immenses blocs de syénite grise et polie par les eaux, de beaux arbres aux grandes feuilles découpées ou arrondies entrelaçaient leurs branches capricieuses; de tous côtés, des buissons en fleur où des papillons aux ailes diaprées venaient plonger leur trompe longue et déliée, des oiseaux de toutes formes et de toutes couleurs , depuis l'éclatant souïnianga jusqu'à l'aigle qui guette sa proie, silencieusement perché au sommet d'un arbre. »

Les villages que l'on rencontre n'offrent plus le caractère des villages déjà décrits. Us sont composés de huttes cylindro-coniques en branchage et en chaume. Le premier endroit important sur la route est

ABYSSlNlK.

GoundH, non loin du Mareb, dans une plaine sillonnée de cours d'eau et fort insalubre. C'est en explorant les rives du Mareb que les naturalistes français, Quarlin-Dillon et Petit, furent pris de la fièvre redoutable qui règne en ces contrées et qui devait conduire Quartin-Dillon au tombeau. Aussi fera-t-on bien d'établir son campement sur une éminence.

Un naturaliste trouvera dans cette plaine chaude et bien arrosée une faune abondante et variée : merles métalliques aux ailes jaunes, souî* mangas, colibris d'Afrique au plumage chatoyant, passereaux jaunes, noirs et rouge amarante. Le Mareb forme ici uno nappe d'eau de plus de cinquante mètres de large et son lit est bordé d'une végétation épaisse. On fera bien de le passer le plus vite possible.

(10* jour). Après Addi-Gouret et Addi-Okal'i, on campe (10 h. de Goundet) au pied du mont Chet-

toda.

(Il" jour). On gravit le mont Chetloda avant d'atteindre (6 h.)

Adoua, située, d'après MM. Ferret et Galinier, par 14«9'34'' lat. N. et 3Ç* 32' 48" longit. E. de Paris; altitude 1900 met. Cette petite ville a remplacé Axoum, comme capitale du Tigré. Elle est bâtie sur une colline appuyée au S. sur les derniers contre-lorts des montagnes et descendant fen pente douce jusqu'à la petite rivière Assam, qui coule au fond d'un ravin. Au haut de la colline, s'élève l'église de Médani-Alien (le sauveur du monde), grande construction, formée d'un énorme toit conique soutenu par un mur circulaire. Des maisons carrées à terrasse plate, quelquefois rondes, surmontées d'un toit conique, s'étagent en groupes séparés par des jardins et des n;assifs de verdure. Celles qui bordent la rivière simulent de loin des fortifications.

Les maisons d'Adoua sont généralement construites en pierre, couvertes en terrasses ei se composent

— ADOUA. [HOUTE £2

de petits rectangles îrrégalièremeni accolés les uns aux autres, lavec une cour intérieure, sur laquelle s'ouvrent les portes et les rares fenêtres de la maison. Cette cour sert de cuisine en plein vent, d'écurie pour les mules, de parc pour les bestiaux.

Quelques-unes de ces habitatioDS ont cependant un premier étage. Les maisons de forme cylindro«conique, avec une toiture en chaume, sont plutôt une salle de réception.

De petites ruelles étroites, où deux hommes peuvent à peine circuler de front, sillonnent la ville et en font un vrai labyrinthe. Elles sont loin, du reste, d'offrir l'animation et l'intérêt que présentent presque toujours les ruelles des villes arabes. Le silence morne qui y règne n'est interrompu que le jour du marché, qui est d'ordinaire le samedi. Tous les paysans des environs affluent alors à la ville, où se rendent les colporteurs, les marchands, les maquignons et ks J hommes de condition. Ceux-ci, montés sur leurs mules, drapés fièremeni dans leur chemma, suivis de domestiques qui portent leurs armes, viennent acheter quelque objet de luxe, un cheval de bataille, un sabre, une lance, ou surveiller la vente de leurs troupeaux.

B. PAR HALAtS.

-^ 59 heures de marche.

7 jours

l*'jour(6h.), Oueia. Chemin aride, desséché, où l'on ne peut marcher que la nuit. — 2* jour (5 h.), Hamliamt, même caractère. — 3* jour (7 h.), rou6o, vallées étroites au fond desquelles coulent des ruisseaux torrentiels qui ne dessècheni jamais. —4* jour. On gravit la montée du Tarenla et Ton atteint (7 h.:

Ualaie. — 5* jour (9 h.), Egutrlobo. On marche à travers un pa}> accidenté dont la population est fori inhospitalière. De ces hauts plateaui descendent à VO, des rivières aifluents du Mareub, et à TE. la rivière Hadda» qui coule du S. au N. et

[ROUTE 3aj

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