‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 296 sur 408 · AXOUM · texte numérisé non relu

AXOUM

tourne ensuite à 1*Ë. pour aller se je> ter dans la baied'Adoulis^ près de Zoullah. — 6* jour \9 h.), £gu9la. On

d'une vingtaine de marches^ dont les douze degrés inférieurs n'ont pas moins de 50 à 55 met. de long.

passe les rivières Tserana et Bêles- j Ce que Axoum offre de plus remaria, affluentsduMareub.et Ton franchit I quable, ce sont ses inscriptiont et la chaîne de Logote, — 7* jour (9 h.), \ ses obélisques. Les premières sont ^doua. On traverse les deux rivières Méménê et Onguaye, pays riche.

n. D'AdcMM à Ooadar.

A. PAR AXOCM ET DÉBAREK.

A partir d'Adoua, on traverse la petite plaine qu'arrose l'Assam, et l'on se dirige à l'O. vers (4 h.)

Axoum. Cette ville^ située par 14^6' orV'de lat. N. et 33»23'40" longit. E., fut autrefois la capitale de la haute Ethiopie, qui porta le nom d'empire des Àxoumites, Elle parait avoir joué un rôle prépondérant surtout dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, alors que l'Ethiopie entretenait des relations commerciales avec la Grèce et l'Orient. Elle servait alors d'entrepôt naturel aux marchandises qui ve* naient de l'Inde par le goile Arabique^ étaient débarquées à Adoulis, traversaient le Tigré, arrivaient à Axoum d'uù elles étaient portées à Méroé, par Kely; Mandeyr et Naga. Axoum est considérée par les Abyssins comme un G uédam, c'est-à-dire une ville «acréey dont le territoire, sur un rayon d'un kil.y est un lieu d'asile respecté autant que le permettent les mœurs violentes de cette terre féodale.

La ville actuelle est située au pied d'une montagne, partie dans la plaine, partie dans une gorge étroite. Elle se compose de trois ou quatre cents masures et compte tout au plus 2000 hab. Elle possède plusieurs églises ombragées de grands arbres et dont une seule offre quelque intc> rêt. CellcHîi, construite par les Portugais vers le zv* s., est une vaste construction quadrangulaire • massive, et doni la façade est ornée d'une galerie à colonnade surmontée d'ua fronton triangulaire. Elle est précédée d'un large escalier en granit

au nombre de deux : l'une grecque, Tautre hyémarite. La première, gravée sur une sorte de borne plantée en terre à quelque distance de la ville, a été relevée d'abord par Sait et lord Valentia, plus tard par Théophile Lefèvre. ( Voyage en Abyssinie, par Henry Sait, Atlas, pi. XXVII.)

(Nous) Aeizanas, roi des Azômites et — des Homérites, et du Raeidan, et des Ethiopiens et des Sabéites, et de — Siîéï, et du Tiamc^ et des Bogaîtes, et du — Kaso, roi des rois, fils du Dieu ^- invincible Mars, s'étant révoltée, — en une occasion, la nation des Bogaîtes, nous envoyâmes nos — frères, Saiazana et Adephas, — pour faire la guerre contre eux; et, ceux-oi — s'étant rendus à merci, (nos frères), après les avoir, soumis — nous les amenèrent avec leurs nourritures, — de leurs bœufs 1 12, et de leurs moutons 7424, et leurs bêtes au somme, les nourrissant avec la chair des bœufs et leur donnant une provision

— de pain, et les abreuvant de la bière, — et du vin, et de l'eau en abondance, — eux qui étaient au nombre de six roi — telets avec leur cortège au nombre de XXX; — leur faisant chaque jour, des pains de — froment et leur donnant des rations mensuelles de vin, — depuis le temps où ils nous les amenèrent;

— en conséquence leur fournissant toutes les choses néoes— saires et les ayant vôtus, nous les avons internés, *- et les avons établis en certain lieu de notre — pays appelé Mataîa, et avons ordonné — qu'ils fussent pourvus de pain, fournissant

— à leurs six chefs des bœufs. En témoignage de ^— reconnaissance à celui qui m'a engendré, l'invincible Hais (Tov i\u tw^ivavxo^ àvixnrou

ABTSSmiË.

'Apécoc) — je lai ai dédié une statue d'or et une — d'argent, et trois d'airain.

L'inscription hyémarite a été trouvée par MM. Ferret et Galinier dans le jardin d'un prêtre appelé Johannès.

Des obélisques j un seul est debout.

Il est moins épais que large. Trois de ses faces sont unies et polies <-r ec soin; la quatrième, ornée de dessins, est creusée dans sa partie médiane et les deux côtés en sont saillants, comme les deux ailes d'un bâtiment.

L'artiste a voulu sans doute simuler une tour à huit étages; il y a, en effet, huit rangées horizontales de quatre croisées géminées, deux situées sur le plan rentrant^ et une plus étroite, de chaque côté, sur les ailes en saillie. Chaque croisée est entourée d'un encadrement en relief, rappelant le style grec. Des corniches ornées de dessins circulaires séparent chaque étage. A la base et dans chaque partie rentrante est simulée une porte, tandis que Je sommet est couronné d'une sorte de fronton.

Au pied de l'édifice, se trouve une table ou autel monolithe, orné dans son pourtour d'une guirlande d'arabesques, devenues frustes par l'usure.

Les autres obélisques, qui tous, avec quelques variantes, offrent les mômes dessins, sont abattus et brisés. Il y a, en outre, plusieurs aiguilles en pierre de dimensions variables, plus ou moins habilement taillées et polies. (F. Raffray, ouv.

cité, p. 360.)

M. Raffray a vu encore, dans la cour d'une maison, un bloc à moitié enfoui dans le sol, à peine dégrossi et destiné sans doute à devenir un obélisque. Il formait une chaussée monolithe où cinq ou six hommes pouvaient passer de front.

D'Axoum à Jfatyoundo, 1 jour de marche. On chemine sur un plateau aride, droit à i'O., jusqu'à (1 jour) Tehoumai, d'oii l'on se dirige au

S. 0., dans la province du Chiré. Le premier village important que Ton rencontre (1- jour) est DelAernàU^ puis vient Enk^, sur le bord du plateau au pied duquel coule

Le Tacané. L'importante rivière du Tacazzé a ses sources au moni Ahouéyéj une des montagnes les plus hautes du Uuta, non loin- du célèbre monastère du LaUbela, par 1 1 *50' environ de latitude N. Au momeol où il sort de l'Abouéyé, le fleuve se dirige vers l'O., sur un espace de 10 lieues, se redresse vers le N., forme autour du Sémen un grand arc de cercle, séparant le pays des Agaos de l'Amhara, puis tournant à ro., il reçoit le Gangue et sous le nom d'Atbarah (rAstaboraa des anciens) forme le dernier affluent du Nil, vers le N. Le ravin très-escarpé au fond duquel il coule, au cceur de l'Abyssinie, a par endroits jusqua 7 à 800 met. de hauteur. Sa profondeur, qui ne dépasse pas 3 ou 4 pieds à l'époque de l'étiage, vers U fin de mars, atteint jusqu'à 15 ou 18 pieds à l'époque des pluies. Une magnifique végétation se déploie sur ses deux rives. Partout, des sycomores, des baobabs, des tamarins excitent l'admiration par la force de leurs tiges et le luxe de leur feuillage. Des plantes parasites, des lianes gigantesques s'accrochent au tronc des arbres, les enlacent, courent de Tun à l'autre, et forment sur toute la surface du rocher des fourrés impénétrables. £n sortant des montagnes, le fleuve perd sa magnifique bordure pour s'enfoncer dans un lit de sable, a travers les vastes solitudes de l'Atbarah.

Descendant la montagne, on arrive sur la rive dr. de la rivière. Celie-ct; dans la saison sèche, n'est qu'une succession de bassins qui s'écoulent les uns dans les autres par de minces filets d'eau et qui servent de refuge aux habitants de la rivière, hippopotames, crocodiles, poissons; en hiver, i 1 faudra, pour la passer, se con-

[Route aî]

DÉBAREK. — GONDAR.

struire un radeau formé de troncs d'arbres liés entre eux par de fortes lanières de cuir.

On atteint ensuite, par un sentier long et difficile, Ja montagne MaalekatOj point culminant de la chaîne qui borde la rive g. du Tacaxxé.

Be là, traversant plusieurs gorges profondes où coulent la Sarentia et la Goya, affluents du Tacazzé, on atteint Berre et Àddértigaï^ située sur une haute montagne, d'où l'on embrasse un horizon de vingt lieues.

On chemine alors au S. S. E., entre deux montagnesJusqu'àGveitma,où se dresse l'Amba Guelima, un de ces monts>forts, nids d*aigle qui servent, selon les cas, soit de forteresse à quelque seigneur révolté, soit de prison d'État, soit d'ermitage. De la hauteur où l'on se trouve placé, on aperçoit un bas-fond où s'entassent des rochers aux formes fantastiques, et, plus loin, les cimes imposantes du Sémèn, qui se perdent dans les nuages. Un étroit défilé traversant une ceinture de rochers abrupts atteint le sommet d'une montagne pour descendre (1 h. 1/2) dans la petite vallée de la ZaHmaj petit affluent du Tacazzé, qui coule du S. £.

au N. E.

On s'élève alors par des chemins difficiles, véritables escaliers, offrant au voyageur des sites tour à tour grandioses et gracieux. Rien de plus pittoresque que ces sentiers, tantôt s'en fonçant dans un repli de la montagne, où une puissante végétation couvre les anfractuosités du rocher aux parois humides tapissées de mbusses, tantôt serpentant à découvert, et donnant jour sur des cimes aux formes variées; tantôt traversant des plateaux plantés de bouquets d'arbres sur lesquels l'oeil se repose avec plaisir, après les impressions étranges des sombres défilés. Deux étapes sont nécessaires pour atteindre

]>éha/rek^ point culminant de cette chaîne, au bord du plateau, à une

altitude d'environ 4000 mètres. Les habitants de cette ville passent pour ôtre querelleurs et fanatiques. On des^ cend par une pente peu sensible sur des plateaux d'où s'écoulent un grand nombre de ruisseaux. Ceux*ci se réunissent dans une gorge étroite qui contourne le Sémèn au S., et forment un affluent assez important du Tacazzé. Long/i) t le bord 0. de la déga Ouoguéra; qui sert de base aux plus hauts sommets du Sémiène , on arrive (l jour) à Ouéhein Mariam, petit village dont on aperçoit, perdue dans les arbres, la petite église au toit pointu. C'est dans cette église que M. RaflTray et le vice-consul de France, M. de Sarzec, ont dû soutenir, en 1874, un siège en règle contre les balaguers (paysans) soulevés par leurs prêtres. — On continue à marcher sur le bord de la déga, parallèlement à une vallée profonde de près de 1000 met., et dont les parois sont si exactement verticales qu'on pourrait à certains endroits s'asseoir sur le bord, les pieds pendant dans le vide. Â ses pieds, on aperçoit dans la brume un chaos de montagnes aux formes les plus diverses. Au-dessus d'elles, s'élève au loin la chaîne du Tdgckdé et du Ouolkaïly dont le versant occidental porte les sources de TAtharah. Sur le plateau, au S. 0.^ est situé (1 jour) Kostoguié (ville du kosso) , à une altitude de 3000 met., au milieu de vastes et fraîches prairies, où d'immenses rosiers aux fleurs blanches exhalent un parfum délicieux. Parvenu au bord méridional du plateau, une descente assez douce, suivant les ondulations du terrain, mène à

Gondar, capitale de l'Abyssinie.

— Cette ville, située par 12* 36' de lat. N.y et par 35<^ IT long. E., est posée sur le sommet aplani d*un des mamelons dénudés qui s'étagent au pied du Ouoguéra. Dominé seulement au N., partout ailleurs ce plateau est environné d'une vallée profonde et escarpée, qui s'ouvre sur la

ABTSSINIË.

plaine du Dembéa, le grand et beau lac Tzana et les fertiles contrées qui entourent le lac. Il est baignû par deux petites rivières, la Kaha à TO., VÀngareb à l'E., qui coulent vers le lac, où ils se jettent après un parcours de 6 à 7 lieues.

Gondar, beaucoup plus récente qu'Axoum, ne fut fondée que vers le XV* siècle, sous le règne d un empereur que Sait appelle Facilidas. Les Portugais paraissent avoir contribué à établir la supériorité de cette ville où ils ont laissé des monuments.

Gondar a cessé d'être le siège effectif de l'empire, le jour où Théodoros, préférant vivre dans un camp, établit sa résidence sur un mont-fort, à Débratabor. L' Abonna et l'Etchéquié, chefs du clergé (F, p. 698), qui avaient leur résidence à Gondar, ont suivi le mattre à sa nouvelle cour.

A part sa position, qui est magnifique, la ville n'offre rien de bien remarquable. C'est une agRlomération confuse de maisons au toit conique recouvert de chaume, mal construites, semées çà et là sans ordre et séparées entre elles par des cours, des jardins ou des espaces libres. Les rues ne sont que des sentiers sinueux embarrassés de pierres et de décombres. Elle est divisée en deux villes nettement séparées : la ville chrétienne, qu*un profond ravin partage en deux quartiers, le quartier de VAhouna et celui de VEtehéquiéy et la ville musulmane, la plus riche et la plus propre des deux, sorte de faubourg situé au pied de la colline. Si aucune mosquée ne se montre dans la ville musulmane, en revanche, les églises abondent dans la ville chrétienne. On n'y en compte pas moins de quarante; les plus régulières et les plus solides ont été construites par les Portugais. Elles s'élèvent au milieu d'un bois sacré entouré d'une muraille. Cette cour ombragée sert de cimetière au commun peuple. Les princes et les grands sont inhumés 'lans le péristyle môme de l'église.

Celle-ci est une construction cylindrique, couverte d'un toit conique ei chaume, que surmonte une croix grecque ornée de boules peintes en blanc.

Plusieurs portes en plein cintre ouvrent sur une galerie circulaire, tntourant le sanctuaire. Celui-ci, élevé de deux ou trois degrés au-dessus <iD sol, est fermé par une porte faite àt deux battants grossiers, liés par u£ lourd cadenas. Les prêtres seuls y pénètrent, tandis que les fidèles se tiennent debout ou accroupis dani la galerie.

A l'E. du quartier de TEtehcquié se voient les ruines encore imposantes du château des empereurs. Ur.

grand bâtiment carré, flanqué à chacun des ses angles d'une haute tourelle, percée de quelques rares ftinètres étroites, surmonté d'une haute tour carrée à deux étages, servait de demeure à l'empereur. Il se reliaii par des murs épais à une vaste ejiceinte appuyée sur des tours, en par tie détruite aujourd'hui. Une rivière coule au pied de ces murs et acbèrt de donner à l'édifice l'aspect d'un (k nos châteaux du moyen âge. A côté était le pavillon de l'impératrice, d'ooe construction moins sévère; les crtisées sont à ogives ornementées de croii grecques, et la terrasse est bonice d'une balustrade à jour, cotte partie du palais est celle qui a le plus souffert. — L'architecture de cet édifice es; lourde et dépourvue d'originalité.

Les ornements des corniches, les encadrements des fenêtres et des portes sont faits d'une pierre rougeAtre.

assez friable et semblable à de la brique.

Abbaye de Koutkouam. Cette abbaye est située sur un mamelon, en face de la ville, de l'autre côté de la vallée qu'arrose la Kaha. Au fond de cette vallée, on trouve un petit édifice en forme de marabout; c'est le tombeau érigé au cheval de l'empereur, Atié Fazzil. Près de là se trouvent les bains âe ce même empereur, construits par les Portugais et trans-

[ROUTE 32] ATCHÊLAQQIÉ.

formés aujourd'hui en église. Au contre d*une enceinte de murailles flanquées de tours, s*élève, ombragé de beaux arbres, un bâtiment carré entouré d'un fossé qu'on traverse sur un pont délabré. A deux cents pas au N,, on voit encore une autre petite construction qui renfermait les pompes. L'eau tombait dans des bassins où elle était cbaufTée et, par des conduits souterrains, elle arrivait dans les salles de bain: mais tout cela est en ruine.

Plus loin, sur la colline, au milieu d'une forôt de genévriers, se dressent, majestueuses encore, les ruines de l'abbaye royale de Kouskouam, moitié castel et moitié monastère, entourées d'une haute muraille. On pénètre par un vaste portail dans une cour où quelques huttes servent d'habitation aux prêtres, aux desservants et à leurs familles. L'abbaye est un long corps de bâtiment dont il ne reste plus que les murailles rougies et noircies par le feu ; l'architecture en est sobre et sévère. Deux églises sont attenantes à l'abbaye; la plus récente et la mieux conservée possMe les ossem.;nts d'empereurs et d'impératrices d'Abyssinie, renfermés dans deux coffres recouverts en cuivre rouge, ornés de clous et de serrures en cuivre.

B. PAR SOKOTA, DABRATABOR ET LE LAC TZANA.

SS joors de marche.

Cette route ne préseate pas d'obstacle matériel ; oa pourra toujours passer le Tacazzé, non loin de sa source. Elle olTre seulement l'inconvénient de traverser les plaines fiévreuses du Tembiène et les montagnes des Agaoi, dont les habitants jouissent, A juste titre, d*une triste réputation. On se munira 4 Adoua de mules et de porteurs.

(1"' jour). Escaladant les montagnes qui bordent au S. la plaine d*Adoua, on s'élève sur un plateau où se trouve le village de Soungui, Toute

— ADDOFÉLASSI.

cette région. est formée par une succession de vallées arrosées de cours d'eau, affluents de l'Assam, et de petites montagnes.

{V jour). Se dirigeant au .S. E., on arrive à Atchélaquii^ village riche , appartenant à des prêtres coptes. 11 est ombragé de beaux arbres qui entourent toutes les églises, et construit au milieu de roches singulières qui affectent la forme de ruines. Partout poussent des aloës, avec leurs petites hampes ornées de clochettes d'un rouge safrané. Au N.

et à deux cents pas environ du village, s'allonge, de l'E. à l'C, sur un espace de plusieurs kilomètres, une sorte de muraille, haute d'une dizaine de mètres, large d'autant, composée tout entière de blocs irréguliers jetés sans ordre et qui forment à son sommet une crête déchiquetée et, çk et là, percée à jour. Cette roche résonne sous les pieds comme l'airain.

(:i* jour). Au S. d'Atchélaquié.

s'étend une plaine légèrement humide et assez bien cultivée. La montagne qui la suit porte le village d'AddoféUuti» De ce point élevé, on aperçoit pour la première fois, à l'C, les hautes cimes du Sémiène, encore confuses et vaporeuses.

(4* jour). Après avoir fait un crochet vers l'E., au milieu de taillis épineux, on aperçoit l'immense vallée de ÏOuérij s'ouvrant sous les pieds, comme un cratère de verdure.

Le sentier difficile descend à travers une belle forêt, jusqu'au fond de l'étroit défilé où coule l'Ouéri, sur un lit de galets.

Traversant la rivière dont le lit est peu large et se dirigeant toujours au S. E., on débouche dans la plaine, qui est d'une fertilité étonnante. • Ce n'étaient, dit M. AafTray, p. 12A, que buissons fleuris, mimosas odorants, épanouissant au soleil leurs quenouilles ou leurs boules d'étamines. De tous c6tés évoluaient des insectes, secouant, comme un nuage i)arfumé, le pollen dont ils étaient saupoudrés.

ABYSSINIE

[Route 3i;

Il y avait des insectes de toute couleur et de toute taille, c'était une véritable pluie.... »

(5* jour) . Se dirigeant toujours au S., on arrive à Dabattadioty oii se termine la région des hauts plateaux, que Ton n'a pas encore quittée depuis que Ton est entré en Abyssin ie. Devant soi, sur une longueur de vingt lieues et une largeur à peu près égale, s'étendent les plaines du Tembiéne et du Sloa. Elles sont limitées : au N., par le plateau au bord duquel nous sommes parvenus: à 1*0., par les collines qui bordent le Tacazzé, coulant ici du S. au N.; au S. et à TE., par les plateaux de VOtukgué et des Ambas^ derniers contre-forts des montagnes de VOuadjérate et de VEnderta. Du haut de la montagne élevée de Dabbatadios, le regard erre ébloui sur un dédale de montagnes bizarres, aux formes fantastiques, et dont TefTet peut se comparer à celui d'un gigantesque amas de ruines : tours terminées en pointe, murailles crénelées, citadelles ruinées diminuant de hauteur à mesure qu'elles s'élèvent. La couleur aide k l'illusion. Les parois verticales de ces montagnes sont d'un rouge ou d'un gris jaunâtre qui rappelle les teintes de la brique effritée par le temps.

Quelques-unes de ces forteresses naturelles ou amboi oni été transformées par les Abyssins en véritables forteresses. Celles dont le sommet forme un plateau recouvert de terre végétale et fertilisé par des sources sont devenues des monts-forts, asiles inexpugnables où le vaincu réfugié maintient sa résistance.

(6* jour). De Dabbatadios, on descend dans la plaine, laissant^ sur la g. l'Amba Saiama, prison d'État où fut exilé le Raz Gobasier vaincu par le négouss Jobannès. On atteint (5 h.)

Abbi-Addi, capitale du Tembiène, près des bords de la rivière Tanquoua. Cette petite ville est adossée à des murailles de roches rougeAtres

et domine la plaine qui s'étend à «r pied vers le couchant, où les hautes montagnes de Sémiène ferment Tburizon; la population est d'envirr-i 1000 habitants. Elle n'offre^ du resu.

aucune particularité digne de mection.

(7' jour). On longe le flanc de peti'^ mamelons boisés et l'on rentre dzin la plaine, pour atteindre

(8" jour). Debbakf située sur un mamelon autour duquel s*étend une plaine aride et brûlante, limitée au S. par la rivière Guéva^ qui se dirige de l'E. à ro., vers le Tacazzé. Le bassin de la Guéva est fermé au s par de petites collines sans autre végétation que des* buissons épineux et rabougris. La kolla se continue &a delà, bornée à TE. par l'Amba Damascal, qui a servi de prison à Tancien Raz Aîlou, un des chefs vaincu»

par Jobannès.

Après avoir franchi ces collines, oc rencontre de nombreuses rivièrt> bordées de beaux arbres et dont 1« lit est à sec pendant l'hiver. — Api es quatre jours de marche à traren cette chaude région, où Ton de\n.

séjourner le moins possible, en passant par les viUages de Bombe, Gueddi Kouai et Belliéy on arh\.

à Finarouah, centre de populatioo un peu plus important.

(12* jour). On se dirige au S. 0..

à travers une plaine mamelonnée, ei et Ton atteint (2 h.) le Zamray ou Arékoua, affluent du Tacazzéy dont les eaux limpides coulent dans un ravin profond. Peu après, la plaine est brusquement terminée par uce montagne abrupte et haute, aux flancs de laquelle croissent en abondance des baobabs. C'est la montagne de Saka. On la gravit par un sentier étroit et sinueux, ici obstrué de blocs énormes, là suspendu au-dessu« des abfmes. Une fois arrivé sur le plateau, on n'a plus qu'à se diriger au S. E. par un chemin aisé.

Le village de Saka est perché sur ie bord du plateau, tellement à pic à

[Route 32]

cet endroit que Ton pourrait 8*7 as»

seoir, les pieds pendant dans le vide.

La vue, bornée à TE. par des montagnes rapprochées, et au N. par des massifs de verdure, s^étend au S. et à ro. sur les montagnes desAgaos, dont les couches horizontales disposées en gradins sont surmontées de pitons semblables à des toits de tourelles.

(13* jour). Un sentier dangereux, si abrupt et si étroit que les indigènes, malgré leur peu de souci de la viabilité des routes, ont dû le consolider avec des troncs d*arbres et le border çà et là de parapets^ descend sur (2 h.) les rives du Tellaré. Cette rivière, une des plus importantes de l'Abyssinie, prend sa source dans le massif des Agaos, non loin de Lalihéla, coule d'abord du S. au N., puis s'incline à TO., pour suivre le promontoire de Saka, et se jette dans le Tacazzé. La largeur de son lit varie de 60 à 100 mètres. On ne peut plus la franchir à partir du mois do mai jusqu'à fin septembre. — Comme toutes les vallées de TAbyssinie, celle du Tallaré est chaude, malsaine et couverte d'tme puissante végétation.

Sur la rive g., est une forêt humide, peuplée de perroquets. Vient ensuite une muraille de basalte dans laquelle une sorte de porte très-basse et dissimulée par des broussailles mène dans un défilé long de 300 mètres, large au plus de deux et profond d'une dizaine de mètres. Les rochers surplombants ne laissent qu'une fente étroite par où passe une faible lumière. Ce défilé débouche dans un cirque, ou plutôt dans un entonnoir profond d'au moins 800 mètres, où Teau tombe de toutes parts en cascades; le site est d'une beauté saisissante.

L'ascension de ce cirque, très-pénible et même dangereuse, n'est possible que grâce aux excellentes mules d'Abyssinie. Enfin, on parvient au haut du plateau où se trouve le village d'Alfdiu

(14' jour). D'Alfftn on gagne par le v. de Semsemtoukou,

SOKOTÂ.

Sokota , ancienne capitale de VAgao, située à environ 2500 mètres d'altitude, sur un plateau 'entouré de montagnes. Les maisons ne difforent en rien de celles d'Adoua (V. p. 706). La population est de 4000 hab. environ. Sokota est le centre commercial de cette région.

Un marché hebdomadaire s'y tient pendant deux jours consécutifs, sur une place immense, située au S. £• de la ville. Le commerce est alimenté surtout par le sel que les montagnards des Agaos vont chercher dans les pays des Taltals, sur le versant E. des montagnes de THaramat. Ils taillent le sel en pains de 0 met. 23 de longueur sur 0 mi't. 5 de largeur et 0 met. 4 c. d'épaisseur, et lui donnent la forme des pierres à aiguiser dont se servent les faucheurs de nos campagnes. Ces pains de sel servent, de monnaie divisionnaire ; le marché de Sokota en est abondamment pourvu, et c'est là que viennent le chercher en caravanes les habitants de TAmhara et du Godjam. Les trafiquants ou changeurs de tel sont en général musulmans ; ils gagnentassez promptement à ce commerce une petite fortune.

Excursion à Véglise d^Ouquère (sorte de spéos). On se dirige à 1*£. de la ville, à travers des ravins sauvages et assez dénudés, où l'on peut rencontrer des bandes de singes cynocéphales. Ils fuient devant le chasseur, sans se hâter, s'arrétant de temps à autre et aboyant. Serrés do près, ils disparaissent rapidement dans quelque anfractuosité des rochers. Le chemin franchit ensuite (I h.) un ravin escarpé où coule un petit rufsseau dont la source est cachée dans un massif do verdure. On pénètre dans les flancs d'une grande colline par un chemincreux,et,au bout de cinquante pas environ, on se trouve & la porte d'un petit tunnel qui conduit au fond d'une tranchée à ciel ouvert profonde et étroite, isolant de trois côtés une énorme masse de roc en forme de

ABTSSINIE.

[ROUTE Sï

parallélogramme. Ce bloc taillé et creusé, c'est Téglise; plafond, voûtes, colonnes, murs, dallage, tout est d'un seul morceau de pierre.

L'église d'Ouquère fut creusée par ordre de l'atié Kaleb, en souvenit de sa campagne victorieuse en Arabie, Tan 522 de notre ère. Elle devint la sépulture des maîtres du pays. Elle fut restaurée et ornée de fresques au commencement de ce siècle, par le Ouagué Cboum Gramadine, père du Ha2 Gobasier.

Un vestibule voûté relie l'église à la montagne. 11 donne accès, par une porte intérieure et un escalier de quelques degrés, à l'église proprement dite. Des arcades en plein cintre, reposant sur des piliers carrés, ornés d'un cbapiteau, supportent le plafond. Les piliers, au nombre de six, sont disposés sur deux rangs, formant ainsi trois nefs. L'extrémité de l'église est séparée de la nef par une paroi en pierre, et elle est divisée en trois compartiments, le tabernacle au milieu et, de cbaque côléfUne sacristie. Cette disposition rappelle celle des spéos égyptiens, avec le pronaos, le naos supporté par des colonnes, et le sanctuaire, flanqué de deux cbambres ou chapelles.

Le roc en granit est d'une couleur rosée et d'un grain très-fin, parfaitement poli. A l'extérieur aussi bien qu'à l'intérieur, des moulures d'un travail délicat et harmonieux dessinent des panneaux, des corniches, des soubassements. A l'intérieur, ces panneaux ainsi que les colonnes sont ornés de fresques sur toile, représentant des arabesques et des sujets religieux. Ces fresques sont d'une date récente, mais il est probable qu'elles ont été ajoutées à d'anciennes peintures. Au-dessous de l'église , une crypte, taillée dans le rocher, sert de caveau sépulcraL Les sarcophages sont des coffres en bois, recouverts en cuir rouge et ornés de clous en cuivre. Les corps qu'ils renferment 'nt été momifiés.

(15* jour). A partir de Sokota.v dirigeant au S., on franchit une mootagne escarpée, et, laissant à ><•> pieds, au. fond d'un pittoresque ravin, le V. de Ahou-JotiannèSy renommé pour ses églises vénérées, on cootinue à marcher sur un plateau éle^et d'aspect sauvage. Un sentier ne pierres roulantes, au milieu de. bu.5sons épineux et de kolkouals, mcce & la rivière Méri, torrent qui bondit entre deux rives escarpées d'une roche basaltique bleufttre. On sait quelque temps la vallée, dont ii végétation est d'une grande richesse.

Ces petits ruisseaux, au lit sou>*eni desséché, ombragés de grands arbres, servent de route aux caravanes.

Tout autour s'étendent des champs de sorgho. Sur un mamelon perdu ai milieu des Kolkouals s'élèvent les huttes du v. de MUcrem.

(16* jour). A quelques heures au S.

de Mîscrem, on escalade une montagne, pour redescendre dans la vallée de la rivière Tella^ affluent du Tacazzé ; puis, gravissant une montagne à pic par un chemin en escalier, on campe au village de ClunquouGy perché comme un nid d'ilôt sur un roc. Tout ce pays est sinpilièrementâpre et escarpé. Ce ne soDt que montagnes abruptes entredoopées de profonds ravins où bondissent des torrents, qui tous couJt'nt vers le Tacazzé. Cinq jours de montées et de descentes mènent au village d^Ànderquoué, situé à 3000 mètres d'altitude. Le sol, drainé par de profondes vallées,-est plutôt sec qu'humide. La végétation y est belle. On y remarque un mimosa rappelant, par sa forme en ombelle, le pin parasol d'Italie, et dont la sévc produit une gomme abondante. Dans les enTirons d'Anderquoué sont des sites pittoresques : gorges étroites, profondes de plusieurs centaines de mètres, cascades, végétation puissante et sauvage au fond des vallées.

(20* jour). Pendant toute cette étape, on marche i la Qle par de^

DÉBRATABOR.

sentiers en corniche^ accrochés au tlanc des montaj?nes. Le pays garde toujours le même caractère, mais l'horizon s'étend. Au N. 0., on aperçoit encore les croupes gigantesques du Sémèn. Au S. ^ s'étendent à perte de vue toute une succession de petites montagnes que domine le pic de Debratabor. En bas, à TO., le Tacazzé déroule au fond d*une sombre vallée les sinuosités de son cours.

(21 • jour). On ne fait plus que descendre, en inclinant au S. 0., et l'on peut, après une forte journée, franchir le Taeazzé. Les crocodiles pullulent dans les bassins un peu profonds formés par la rivière, les bétes fauves viennent s'y désaltérer el il n'est pas rare d'y rencontrer des partis de voleurs. On se précautionnera donc avec soin contre tous ces dangers. Aucun n'est plus à redouter que la fièvre : aussi fera-t-on bien de quitter au plus vite les bords de la ri vièra, quelque attraitqu'ils puissent offrir an naturaliste ou au chasseur.

Sur la rive g. du Taeazzé, on se dirige au S. S. 0., à travers la province d^EbbénaUê. Après avoir traversé une charmante petite rivière, la Teekenj qui coule du S. au N. vers le Taeazzé, on entre dans une zone moyenne, celle des ouaîna degas.

La chaleur et Taltitade semblent s'équilibrer dans de si justes proportions que, dit M. Raffray, « rien ne manque à ce pays pour être un des plus ravissants de la terre. > Le terrain est ondulé, le sol, couvert de prairies, ombragées çà et là de beaux massifs d'arbres. Parmi les arbres, on remarque un genévrier qui atteint de grandes proportions. De hautes bruyères arborescentes ont leurs rameaux garnis de longues mousses.

Après avoir passé Mariamchouaf Ad' derseguBj on arrive, après cinq jours de marche, à Addaniolch. Le plateau se continue pendant quelque temps, puis on suit un ravin verdoyant et, de l'autre côté, du haut d'un monticuJe, apparaît un immense et spten-

dide horizon. Tout au fond, ondule une chaîne de montagnes à peine visibles , au pied desquelles miroite, comme une lame d'argent, le lac Tzana. Dne grande plame s'étend entre le plateau et le lac. On arrive (27* jour) à

Amoiràbiet. Un peu au S., coule le lieb. Il prend vsa source dans le massif du Débratabor, coule au N. N. 0., puis incline à l'O. et se jette dans le lac Tzana. De l'autre côté du Reb , on gravit une haute montagne, au sommet de laquelle , sur une croupe humide, s'élève

Débratabor. Nouvelle ville et camp du Négouss. Débratabor prend son nom de la petite montagne du Tabor, sur le flano de laquelle il est assis. Les prédécesseurs du Rblé Ali avaient choisi cette localité à cause de sa position centrale, avantageuse au point de vue militaire, et à cause de l'abondance de ses pacages, de sa chasse et de l'agréable fraîcheur de sa température. Théodoros et le négouss Johannès y ont aussi fixé leur résidence; mais Débratabor est resté un camp et n'a pas supplanté Gondar, comme véritable capitale du pays.

De Débratabor, on se dirige à l'O.

On chemine d'abord sur un plateau qui descend en pente douce vers la plaine. On traverse (2* jour) la rivière Gifumara, affluent du lac Tzâna, et, à travers une plaine sillonnée de cours d'eau, on arrive (5* jour) à

Kouarata. Cette ville, assise sur un petit promontoire de rochers volcaniques, taillé à pic du côté du lac Tzana, a ses maisons littéralement enfouies sous des massifs de verdure.

Ville théocratique, Kouarata possède de nombreuses églises.

Le laoTiana, situé de part et d'autre du 12* degré de latitude N., présente la forme d'un ovale rétréci dans la partie méridionale, où ses bords forment la longue presqu'île de Zëguié. Il occupe la partie inférieure d'une large plaine arrosée de nor

ABTSSINI£.

breux cours d'eau et bornée à 1*0.

par les montagnes de Kouara et au N. et à TE. par les montagnes de VAmarah. — Les roches volcaniques qui le bordent à Bahardar et à Kouarata ont fait penser qu'il occupe remplacement d'un ancien cratère. Il est très-profond; ses rives sont peuplées d'oiseaux d'eau, pélicans, ibis sacrés, hérons, canards, oies d'Egypte, etc. Dans la saison des pluies, ses eaux gonflées inondent la plaine environnante. Les indigènes voyagent sur le lac au moyen d'un esquif formé de joncs fortement reliés entre eux, rappelant par sa forme les gondoles de Venise, ainsi que les anciens navires égyptiens; ces bateaux se nomment tankoua. Les crocodiles, si nombreux dans toutes les grandes rivières de l'Abyssinie, ne se rencontrent pas dans le lac.

Le lac reçoit de nombreux affluents, dont quelques-uns, comme le Heb et le Goumara, lui apportent un tribut considérable. Mais, de tous ces affluents, le plus remarquable est le Nil Bleu.

Nil Bleu. — Le Nil Bleu {VÀbba'i des Abyssins, le Bahr el-Àiraq des Arabes, VAttapus des anciens) prend sa source à l'O. du plateau central du Godjam, près du village de Gich, dans le pays de Damot. Se dirigeant vers le N., il se jette dans le lac Tzana, à TO. de la presqu'île de Zéguié, et ressort du lac à l'E. de la même presqu'île. A sa sortie du lac, large déjà de plu» de 400 mètres, il coule entre deux berges 'peu escarpées, formées tantôt de rochers volcaniques, tantôt de vastes prairies qu'ombragent çà et là des massifs d'arbres. Il coule ensuite au S. £., et, décrivant une courbe immense, il circonscrit le Godjam et le Datnôt, provinces abyssiniennes qu'il isole des tribus gallas du pays d'Knaréa ; puis, remontant de nouveau vers le N., il arrose le Fazogl et le Sennâar (K. p. 687).

(33* jour). Longeant la rive orieitale du lac Tzana, on Irarerse l^ plaines du Foguéra, arrosées de non breuses rivières, dont les plus icportantes sont : la Goumara^ le Jl^.

une seconde Gounutra, VArno, :- Garno. Celte plaine fertile est sesLt^ de villages enfouis dans la plus Iutiiriante végétation. Des bandes de grues , de hérons, d'ibis viennent aux approches de la nuit, «n pojssant leur cri guttural, sa percher a^ sommet des arbres. Mais cette région , où la vie surabonde , e»; fort malsaine. Les habitants des \ lilages les plus rapprochés des basfonds sont amaigris, étiolés, coosimés par une fièvre continue. Parrecu (38* jour) au village de Fortabeur, situé sur une petite éminence, « aperçoit les plaines du Dembéa, eotre le lac et Gondar; puis à TO.. i l'horizon, le promontoire de Gûjgora.

Laissant derrière soi les plaines i^ Foguéra, on atteint de petites a^- Unes plus ou moins boisées, tni'^ lesquelles coule la rivière Maguetc^ que l'on traverse sur un pont de cint| arches, construit par les Portugais, et du haut d'un mamelon, on aperçoii Gondar, assise au milieu de ses raines, sur des croupes arrondies et drnudées. On y arrive après 41 jour^ de marche (K. p. 709).

C, PAR OBBAB OOUMA.

13 journées de marche.

1*' jour. D'Adoua à Axoum, 4 h.

de marche ( F. route précédente ■ :

— 2* jour. On traverse le ruisseau appelé Mdié Tchaut, qui arrose de belles > prairies et des champs de theff. De là on arrive aux collines d'Akabsiréf derrière lesquelles esc le vallon de Guère jeia, et, après les avoir franchies, on descend (6 h.), dans la vallée de Tanûfoutdk; — 3* jour. On passe les belles prairies de Seleiùoahf on franchit u^^

[jlOtJTE 32]

DEBAB GOUNA.

petite chaîne qui borde au N. la plaine du CMré, et Ton entre (4 h.) dans le district de Belatse; — 4* jour. En plaine; pays de céréales et de pâturages (5 h.); — h* jour. Màii- Chébeni; prairies; — 6* jour. MaU' Temkate, route en plaine; — 7* jour.

Mdié'Aini; on traverse le Tacazzé, qui coule dans une fissure profonde; — 8* jour (4 h. de marchB% Jusqu'à Maié-Kast<it€y le pays est plat et le sol parait fertile ; mais il est cependant à peu près désert, probablement à cause des Chankallas qui y font quelquefois des irruptions et massacrent les habitants.

On passe la rivière Sarentia, entre

Maîé-Aîni et Maîè-Kassate. A partir de Malé-Kassate, Ton franchit plusieurs collines oii la population commence à s'agglomérer : à mi-chemin| on trouve la rivière Ounguiha; — 9* jour. On traverse des vallées étroites formées par les arêtes de la chaîne du Sémiène, au milieu desquelles coulent les rivières, dont quelques-unes ont été ci-dessus mentionnées : EuxOf Bouheia^ Afuta, Zérima. Après avoir passé cette dernière rivière, on monte par un chemin escarpé jusqu'à (8 h.) Debeubaheur, sur le mont Lamalmon; — 10* jour. (5 h.) Débarek, Dé Bébarek à Gondar (F. p. 709).

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