PÉNINSULE SINAÏTIQUE
La dernière ot la plus récente hypothèse a été proposée par M. Brogsch, d'après des textes ëygyptiens inédits. Une inscription hiëroglyphiqu': trouvée sur deux statues, à San, nous a appris que Ramsès II avait donné son nom à la ville de Tanis (San). A TE. de San ou Ramsès, était un district, nommé dans les listes géographiques trouvées sur quelque-: monuments, Thoukou ou Thoukout, que Ton peut identifier avec le Soukkoth de la Bible, premier lieu de campement des Hébreux. La ^rincipa.j villedecedistricty comme nous l'apprenons des mêmes sources, était Pitboni, Tune des villes bâties par les Hébreux. Un papyrus du Musée Britannique mentionne un Khatoum dans les environs de Ramsès : M. Brugsch propo»^ d'identifier Khatoum avec Etham, mentionné comme second lieu J< campement des Israélites, au bout du désert (Ex., xiii, 20). Le troisième campement eut lieu entre Migdol et la mer, vis-à-vis de Bahal-Tséphon (Ex. zrv, 1). Migdol, dans les inscriptions hiéroglyphiques, signifie unt tour ou un fort; il est question dans les textes d'un Migdol- en-Ramià- Hiq-An, C'était un fort destiné à protéger l'Egypte du côté du Nil. Peuiétre était-il dans les environs de Kantara, lieu situé sur le moderoe canal de Suez, et où passe la route des caravanes de Syrie. C'est là qu£, selon M. Brugsch, aurait eu lieu le passage, non à travers la mer Rouge comme on l'avait toujours supposé, mais & travers la Méditerranée, o. plutôt, à travers les marais du lac Serbonis qui s'étendait entre l'angle £. du Delta, l'isthme de Suez, le mont Casius et la Méditerranée. Ce lac éuu réuni à la Méditerranée par un canal naturel ou boghaz, et ses eaux étaiei.'. portées par l'inondation à une hauteur considérable. Le premier campi ment mentionné par la Bible, après le passage de la mer, est Marah, o& les eaux furent trouvées amères. M. Brugsch identifie Marah avec le^ modernes Lacs Amers. Elim, le campement suivant, se trouve placé dus ce système, à Aïn Mouça* En suivant l'itinéraire jusqu'ici admis, par \k mer Rouge, on plaçait Marah soit à Aïn-Mouça, soit i Aïn-Haouârah, e: Elim au ouady-Gharandel ( K. p. 721).
On ne saurait admettre l'identification de Soukkoth et de Etham avec le Thoukout et le Khatoum des textes hiéroglyphiques. Quant à l'identification du Ramsès des Hébreux avec la ville de Tanis et aux conséquences que M. Brugsch en tire, nous avouons ne pas être entîëremen: convaincu. Il est difficile d'admettre que les Hébreux aient été surpris e: irrités de trouver amères les eaux du golfe Héroopolite, dans le voisioag.^ duquel ils vivaient depuis si longtemps. Le campement de Marah ne sauraii être placé ici. Il faut le reporter beaucoup plus bas, de l'autre côté de la mer Rouge, et, dès lors, le passage ne s'est pas effectué à travers les marais du lac Serbonis, mais bien, comme on l'a toujours admis, sur un point du golfe Héroopolite, plus ou moins éloigné de la tête actuelle de la mer Rouge. Une seconde objection à faire au système de M. Brugsch, c'est qut\ une fois parvenus à Etham, à l'extrémité du désert, au lieu de poursuivre leur route directe par le désert de Syrie, les Hébreux abandonnent la direction N. E. pour se porter à TE. et au S. E., et, par suite, ils se rapprochent, non de la Méditerranée, mais de la mer Rouge, ou plutôt du golfe Héroopolite. Quant à l'identification des autres lieux de campement V. ci-dessouS)'
0DADT-6HARANDEL.