II. DB AXOUN MOUÇA AU ICOMT SINAI
De Aîoun Mouça, on se dirige au S. E. sur une vaste plaine sablonneuse. Le chemin suit, à une distance plus ou moins grande, la direction S. S. E. de la côte, et toute cette partie de la route- peut recevoir à juste titre la qualification de désert Plage sablonneuse et nue, hauteurs arides, ouadys qui de distance en distance descendent vers la côte, eau détestable, absence à peu près absolue de végétation, parfois les illusions du mirage, parfois aussi les tempêtes de sable que soulève le semoun, voilà quels en sont les traits généraux. Sur sa g., c'est-à-dire vers TE., à une distance médiocre, on ▼oit se dresser une chaîne de hauteurs blanchâtres, surmontée çà et là de quelques pics plus élevés, et que les Arabes désignent sous la dénomination générale de Géhel er-Râhah.
Cette chaîne n'est à vrai dire qu'une des faces, un des escarpements du plateau qui se termine au S. par le Gébel et-Tîh.
A partir de Aloun Mouça, on rencontre successivement : (1 h.) le ouady- Reiyanéhf (2 h.) le ouady'Kkardiyèhj (3/4 h.) le (mady-Maraxèh, (50 min.) le ouody êl-Atha. Une marche de 3 h. 10 m. conduit au ouody-Sadr ou Sudr, où croissent çà et là quelques tamarisques et d'autres arbustes. C'est d'ordinaire le point choisi pour le premier lieu de campement. En continuant à s'avancer entre les montagnes et la mer, on atteint (2 h. 35) le ouady - Tdihih et ( 30 min. ) le cmody-Ouarddn, large dépression parsemée de cailloux, puis (75 min.) le plateau Makouanne ehHamAda (delà bataille des Bédouins Hamàda).
OBISNT n.
Après avoir dépassé (60 min.) le Arah eUkUàb, rocher' assez bas donnant tout juste de l'ombre pour un homme seul, on atteint (30 min.) le ouady el-Àmdrah.
A partir de ce point, le paysage change d'aspect. Au plateau sablonneux s'étendant au loin succèdent des collines qui, de toutes parts, bornent la vue à de courtes distances.
A 2 h. au ouady el-Am&rah, on trouve une source d'eau saumAtre et amère appelée Aïn-Baoudrah, ombragée par une touffe de palmiers; c^est la plus mauvaise de toute la plage, disent les Arabes. Ce point est communément indentifié avec la fontaine amère de Harah, de l'itinéraire des Israélites (Exode, xv, 23 et suiv. ; Nombres, xxxni, 8), ce qui est contesté par H. Lepsius.
Après avoir dépassé le Engi t^ Foui (le cha^p de fèves), bassin étroit qui reçoit des collines voisines assez d'eau pour entretenir un peu de culture, on atteint (2 h.) le otiady- Gharandel^ large vallée de 600 met.
environ de largeur en ce point, bordée par des collines crayeuses, de 18 à 25 met. de hauteur.
Le ouady - Gharandel mérite plus d'attention que les précédents. Il a des sources, un ruisseau d'eau courante, et par suite, quelques palmiers.
Les anciens navigateurs l'avaient assex distingué pour que le haut du golfe de Suez où il débouche en reçût quelquefois le nom de Sinus Gharandra, comme on le voit dans Pline. Le ouady-Gharandol a été considéré comme l'emplacement probable d'Elim (Ex, xv, 27 ; Nombres, xxxni, 9).
Les êoureei du ouady-Gharandel sont ordinairement le troisième lieu de campement, à partir d'Ain Mouça.
L'eau en est insipide, mais, comme on n'a pas le choix, on en tait une bonne provision.
A 8 kilomètres du ouady-Gharandel, au S. 0., près de la mer, est le Géb^ Hammam Pharaon (la
PÊNINSOLB SINAITIQUE.
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montagne des bains de Pharaon).
C'est un magnifique rocher de calcaire cristallin, d'environ 478 met.
de hauteur. Il doit son nom à une légende arabe qui place en cet endroit la destruction de Pharaon et de son armée. Les sources chaudes sortent du rocher, sur le versant 0., tout près de la mer, et coulent sur le sable. L'eau a un goût désagréable et une odeur sulfureuse. Les Bédouins lui attribuent des propriétés médicinales merveilleuses.
La route continue à travers les collines calcaires. A dr. est le Gébel Hammam, s'é tendant le long de la côte sur une longueur de 8 klL comme un mur de rochers, noir, désolé et infranchissable. À g., se continue le Gébel Râhah, qui projette quelques branches au S. 0., le long du côté S. du ouady-Gharandel, jusqu'au Gébel Hammam. La plus importante de ces ramifications est le Gébel Woutâti. 11 court parallèlement au Gébel el-îlh dont il est séparé par une assez large vallée^ avec un ouady appelé aussi Woutàh.
Toutes ces montagnes sont de formation calcaire. Parvenu sur un plateau assez élevé, on commence à apercevoir, au S. S. £., le pic du Gébel SerbâL
La route continuant au S. E., passe (52 min.) devant un monceau de pierres nommé Koutsdn Abou Zennèh (le cheval d'Abou Zennèh). On rencontre (50 min.) l'étroit ouady oum-Soueilihf et (1 h. 5 min.) le ouady-Ouçeit, semblable au ouady- Gharandel, mais moins large, avec quelques maigres palmiers et parfois un peu d'eau saum&tre stagnante. Ce ouady court de TE. S. E. à l'O. N. 0., et passant à l'extrémité N. du Gébel Hammam, 11 rejoint la mer à la petite baie d'Hammam-Pharaon.
Viennent ensuite (l h. 15 min.) le ouady-Kouvoeisèh et (1 h. 15 min ] le ouady-Thdl ou Athdl. Celui-ci court de l'E. à ro. et se fraye un chemin à
•wers le Gébel Hammam, par un
ravin profond et étroit. Il a ici environ 7 à 800 met. de largeur et offre la végétation ordinaire du désert. Oi y trouve, comme au ouody-Ouçeil, quelques flaques d'eau saum&tre. Le sol est recouvert d'une croûte de nitre. La montagne qui forme la tète de cette vallée, nommée Rom onody- Thàl, fait partie du Gébel Woutâh, ci-dessus mentionné.
Dépassant cette colline basse, on suit vers le S. le lit du ouody-Chibeikeh (prononcer Chibékah), présentant plusieurs branches qui se réunissent plus bas, et c'est à cette particularité que le ouady doit sud nom de Chébelkèh.
En suivant des sentiers tortueui à travers des collines crayeuses etde^ rochers escarpés, on arrive à Pendroii où le ovtady-Homr, venant de l'E. S.
E., débouche dans le ouady-Chébeïkeh. Les deux ouadys réunis forment le ouady el-Tdiyibéh (la vallée agréa ble), qui court au S. 0., à travers les montagnes, jusqu'au rivage, éloigné de deux heures environ.
Ici deux routes se présentent.
L'une, plus courte, remonte à g. le ouady-Homr et se rapproche du G^liel* Tth. L'autre, plus longue, mais plus aisée, suit le ouady-Taîyibèb, et rejoint le rivage de la mer Rouge. C>>t cette dernière, le plus ordinairement suivie, que nous décrirons.
En descendant le ouady-Taiyibèb, on rencontre (1 h.) de l'eau courante, malheureusement d'un goût saumâtre, et une toufle de palmiers. Après avoir contourné une belle montagne noire, formée de laves et de conglomérats, rangés par couches rouges et noires, on débouche (1 h.) sur la plage, près du cap Ras Abou-ZéUmèh qui forme un des points remarquables de la côte du golfe de Suez.
Quoiqu'il n'y ait plus là aucune trace d'habitation, M. Lepsius ne doute pas qu'au temps des anciens Pharaons, quand les mines de la presqu'île étaient en pleine exploitation, le site d'Abou-Zéllmèh n'ait été un lieu de