MINES DE TURQUOISE
grande importance pour les communications entre la presqu'île et l'Egypte. Il faut remarquer^ en premier lieu, que les routes qui conduisent aux trois vallées principales où étaient les travaux, le ouady-Maghftrah, la vallée de Sarbat et le ouady- Masb, convergent sur ce point de la côte, à leur débouché dans la plaine, et, en second lieu, qu'au dire de ses pilotes, il n*y a pas de meilleur havre iMT toute la côte, sans môme en excepter celui de Tôr.
En suivant la plage, on rencontre (1 h.), à dr. près de la mer, le tombeau d*Abou-Zélimèh, simple tertre.
La route doublant le cap, passe au pied du Gébel eUMourkhâhy promontoire de rocbes calcaires, battu par la mer à marée haute. A certains endroits, le passage entre la montagne et la mer n*a que 9 à 10 met. de large. Après avoir doublé le Gébel el-Markàh, puis (1 h.) le Gébel el- Memlah, on entre (45 min.) dans la plaine d* EUMourkhdh jétendne désolée de sable et de cailloux, sans la moindre végétation. On marche au S. E., ayant à sa dr. les eaux de la mer, d'un bleu profond, immobiles comme un vaste miroir, et Ton se hâte de traverser cette plaine brûlante, heureux si les souffrances de la chaleur torride ne sont pas aggravées par le semoun.
L'ouady- Lakam (2 h.) s'ouvre à travers les collines crayeuses, au S.
de l'ouady-Mourkhàh. On perd de vue la mer, et l'on s'engage dans les montagnes. On remonte, à g. (45 min.), le ouculy-Babay dans lequel débouche (45 min.) le ouady-CheUal, à dr. La route court alors entre des montagnes de grès de plus en plus hautes, aux formes fantastiques, aux belles couleurs, jusqu'au (1 h. 15 min.) NekboxxNukh el-Boudrah, très-beau passage de montagnes, entièrement praticable pour les chameaux de bagage, grâce aux soins dumajor Macdonaid, qui vivait à Maghàrah. De tous côtés, on rst envi-
ronné de sommets de grès ou de granit, rouges et noirs. Parvenu au haut du passage, on entre (1 h.) dans l'ouady Nekh Boudrah, et (25 min.) on tourne à g. dans le Seih Sidrih^ où l'on observe les premiers échantillons de granit rouge de la Péninsule. La gorge du Seih Sidrèh reçoit à g. (30 min.) une étroite vallée, le ouadff-'lgne, et rejoint plus loin le ouady-Moqatteb.
Mais avant de continuer la description de la route du Sinaï, il convient de placer ici deux excursions intéressantes qui appellent l'attention du voyageur :
1* Excursion du ouady-Maghflrah. Le ouady-Maghârah débouche du N. E. dans le ouady-Sidr. On remonte le ouady-Igne l'espace d'environ 800 met., jusqu'à une bifurcation dont la branche septentrionale , appelée louady'Genaiyêh, conduit en que), ques minutes aux
Mines de turquoise de Haghflrah.
— Maghârah (mine, souterrain) est un nom qui s'applique non-seulement à cet endroit particulier, mais à tout le district où sont situées les mines.
Celles-ci présentent un grand intérêt historique par les stèles qui s'y trouvent et qui nous ont donné les noms des divers Pharaons avec la mention de leurs expéditions et de leurs travaux en Arabie. M. Holland n'a pas compté sur les rochers avoisinant ouady- Maghârah moins de 34 inscriptions.
Le premier roi égyptien qui envahit j la péninsule est Snefrou, le dernier roi de la m* dynastie. Chéops ou Khoufou, le fondateur de la grande pyramide, a aussi sa stèle commémorative, près de l'entrée de la mine.
Divers Pharaons de la v* et de la vi» dynastie sont cités comme ayant continué ou repris les travaux. Les mines paraissent avoir été abandonnées de la vi« à la xii* dynastie.
Dans la 2» année du règne d'Aménemhât iri(xuMyn.), une expédition fut envoyée pour reconquérir la place. Le nom d'Aménemhât IV est
PÉNINSULE SINAlTIQUB.
[ROUTE 33 j
ausd cité. Une inscription mentionne une expédition faite pendant le règne simultané de TlioutmèsIII et d'HaUsou.
L'exploitation des mines s*est p<^ar- Buivie jusque sous Ramsès III^., À partir de ce moment elles paraissent avoir été abandonnées par les Égyptiens. La pierre que Ton extrayait de la mine est nommée ma/lat dans les inscriptions. Le mot Mafkat est ime sorte de nom générique par lequel les Égyptiens désignaient toutes les substances minérales de couleur verdAtre, le sulfate de cuivre, le malachite, la turquoise môme malgré sa teinte bleue, etc. La divinité du lieu était Hathor, à qui on associe Thoth et Hor-soupti.
ÉUU actuel. — rtous empruntons à un savant naturaliste anglais, M. John Keast Lord, membre d'une expédition envoyée dans ce pays par le Khédive, la description des mines.
> A peine entrés dans la mine, dit-il, nous fûmes obligés de ramper sur nos mains et sur n^ genoux, le toit se trouvant trop peu élevé pour nous permettre une autre position.... Tout en rampant, j'examinai le toit et m'aperçus qu'il était partout couvert de petites marques irrègulières, qui avaient évidemment été pratiquées avec la pointe de quelque instrument analogue à la pointerolle d'un mineur... . Nous dépass&mes plusieurs piliers qui avaient été ménagés dans fa masse du rocher pour supporter le toit au-dessus des galeries de la mine.... De la galerie basse, mais large, dans laquelle nous avions été obligés de ramper, nous entrâmes dans un couloir étroit, qui n'admet tait plus qu'une personne à la fois; nous nous trouvâmes enveloppés dans les plus noires ténèbres qu'il soit possible d'imaginer j je me traînai jusqu'à l'endroit ou le couloir paraissait se terminer. En cherchant bien, je découvris sur le sol un trou juste assez grand pour que je pusse m'y introduire en me tenant à plat ven-
tre. Je réussis à y passer, et tombai lourdement dans une vaste salle. Je constatai que la salle avait été taillée dans la masse du rocher. D'aprè»
mon estimation approximative, elle avait 20 pieds de long, 14 de large et 5 de hauteur à partir de la surface des déblais qui couvraient le sol.
Cette chambre formait la limite extrême des travaux des mineurs. En examinant le mur et le toit, on découvrait aisément dans les joints à portée de la vue un scintillement de turquoises. » (F. John Keast Lord, The peniruula of Svnat, p. 433 et sq.)
En fouillant avec soin la couche de sable et de déblais qui couvrait le sol, et faisant tamiser avec soin les déblais des fouilles, H. John Keast Lord recueillit des éclats ou ciseaux de silex, des marteaiu de pierre, des fragments de bois appartenant à des outils brisés, des morceaux de bâton arrondis de bois d'acacia.
La découverte de ces outils et la comparaison des marques d'outil visibles sur le mur et le toit avec les pointes émoussées des ciseaux de silex suffisent à établir que les mines oct été taillées dans le roc, avec des ciseaux de silex exclusivement. On a trouvé également sur le sol de la mine, une grande abondance de débris d'un coquillage bivalve d'eau douce, la moule tpatha ehaxiana, qui vit aujourd'hui dans le MI.
Gomme ce coquillage ne peut avoir été apporté aux mineurs des bords du Nil, il faut admettre qu'il existait autrefois, â Ouady-Genlyèh, des bassins permanents d'eau douce, que des changements survenus depuis lors ont entièrement drainés.
Près du terrain des mines s^élève une haute colline circulaire presque entièrement isolée des hauteurs qui l'environnent. Ses pentes abruptes se terminent en une pointe conique, qui, vue d'en bas, semble être tout à fait aiguë. On peut y arriver aujourd'hui par un sentier circulaire, construit par le major Macdonald. là, sur une
[Route 33]
SARBAT EL-KHADtM.I
sorte de plateau en contre-bas du pic terminal, à environ 244 met. audessus du niveau de la vallée, se voient encore les restes de l'antique village des mineurs: masures basses, construites avec de grandes pierres non travaillées, simplement empilées les unes sur les autres, sans moriier et même sans argile potfr les cimenter.
On y a trouvé un grand nombre d'outils en silex, des morceaux de verre, quelques-uns d'une riche temte bleue, des grains de collier de la même matière et d'autres fabriqués avec des coquilles marines, frottées et percées. Sur le plateau sont épars un nombre immense de fragments de poterie.
Deux murailles partent du plateau et traversent la vallée dans la direction des mines. Elles formaient probablement le passage direct pour les mineurs.
Les ouvriers employés aux pénibles travaux des mines du Sina!
étaient principalement des condamnés ou des prisonniers de guerre. Un grand nombre appartenaient sans doute aux habitants de la péninsule elle-même, que les inscriptions désignent sous le nom de Men ou Ment, Mais toutes les nations vaincues par les Pharaons ont dû fournir leur contingent de mineurs. Une stèle découverte par M. John Keast Lord représente des mineurs avec de longues barbes en pointe et de hauts bonnets pointus de forme conique, et cette description convient assez à quelques-uns des anciens peuples de la Méditerranée et notamment aux Turshas (Étrusques).
(F. Cbabas, Études tut l'antiquité hi^orùiue, p. 373.)
Près de là, le ouady-Tônèh et le ouady-Kénèh ont aussi des inscriptions pharaoniques des plus anciennes époques.
2- Au Sarbat el-Khadim. Les hauteurs abruptes qui couvrent la tète du ouady-Maghârah empêchent de s*y rendre de là directement. Il faut revenir, comme Pa fait M. Lepsiu8, au ouady-Moqatteb, et le re-
monter pendant 1 h. pour gagner le débouché du ouady-Sidr, qui conduit à TE. et tourne ensuite au N. 0. jusqu'aux monuments. C'est une excursion de 7 ou 8 h. depuis le ouady* Mo ]atteb.
L3 pays, dans les inscriptions hiéroglyphiques, est appelé Mafkat (F.
p. 724, a). Les inscriptions sont analogues à celles de la route de Koçeir et des autres carrières de PÉgypte. Elles sont pour la plupart de la xn" dynastie, et, en particulier, du règne d'Âménembàt m. Les plus récentes sont de la xix* dynastie. La divinité à laquelle le temple était consacré était la déesse Hathor.
Les monuments de Sarbat el-Khadim, encore plus remarquables que ceux du ouady-Maghàrah, ont été découverts par Niebuhr, mai» Ils n'ont été expliqués que depuis Champollion. Ils se composent des restes d'un petit temple en partie excavé dans le roc, et d'un grand nombre de stèles ou petites pyramides couvertes d'inscriptions hiéroglyphiques.
Le temple courom 3 une crête de roche sablonneuse, escarpée de toutes parts, excepté du <Àté de PO. où elle s'adosse au massif granitique. La partie la plus ancienne du monument est une petite chapelle creusée dans le roc, et dont le plafond est supporté par un seul pilier central. L'intérieur est rempli, ou pour mieux dire, encombré de hautes stèles couvertes d'inscriptions sur les quatre faces, comme les obélisques. D'autres stèles en grand nombre entourent le temple, ou se dressent sur les monticules environnants.
D'énormes monceaux de scories qui recouvrent le sol indiquent assez qu'en cet endroit étaient établis des fourneaux pour la fonte du minerai de cuivre qu'on apportait des vallées voisines, où des recherches qui n'ont pas encore été suffisaomient continuées feront sûrement retrouver un jour les mines.
I M. Lepsius a aussi trouvé des sco«
PÉNINSULE SINAITIQUE.
ries dans le oaady-Nasb, à 4 h. de Sarbat, ver^ le N. 0.
Reyenant au point où le ouady- Igne rejoint let>uady>Sidr, nous suivons celui-Hsi jusqu'à sa jonction (2 h.) avec le ouady - Moqatteb (la vallée écrite). C'est un large lit de torrent peu profond, avec des collines à terrasses, dont la base est couverte de blocs écroulés. Son nom lui vient des inscriptions dites sinaïtiques qui tapissent ses rocbers. Elles abondent surtout sur un espace de 1S00 met. environ, à la partie inférieure de la vallée. On leur attribuait autrefois une très-haute antiquité. Il est prouvé aujourd'hui qu'elles sont l'œuvre de voyageurs et de pèlerins, pour la plupart chrétiens. Elles sont presque toutes du iv* s. de notre ère. La langue dans laquelle elles sont écrites est un dialecte de Taraméen.
La route descend maintenant, et, à travers une vallée sauvage, semée de cailloux, mène (l. h. 30 min.) dans le ouody-Fetràn, le pius grand des ouadys sinaïtiques. A 1500 m. env., en remontant la vallée, i l'embouchure du otMày-ffitrin, on a trouvé des tombeaux d'une date probablement fort reculée. Ils sont formés de grands cercles de pierres placés les uns à côté des autres. Au centre de chacun d'eux est le sarcophage, consistant en quatre larges pierres, recouvertes d'une dalle. On y a trouvé des bracelets de cuivre, des perles de verre et des coquilles percées.
A dr. du ouady, s'ouvrent de grands espaces découverts dont l'arrière-plan est formé par le Gébel Serbal et les pics environnants. Le sol est formé d'une couche de sable granitique, semée çà et là de cailloux roulés. A mesure qu'on avance, le lit du ouady se resserre et la scénerie prend un aspect des plus imposants. Au sortir de ces gorges arides (4 h.), les yeux se reposent avec plaisir sur la petite oasis de ê^Hosseyéh. Le chemin serpente à travers les frais ombrages de véritables fourrés de tamariscs (la-
mari» mannifera, en arabe tarfa) et bientôt après au milieu d'un grand bois de palmiers. D'énormes dépôts d'une terre jaunâtre, argileuse, qui s'appuient des deux côtés contre les parois gigantesques delà vallée à une hauteur de 20 à 30 met., ont fait penser à M. Lepsius que ce bassin formait jadis un€ac, dont les eaux, I avant de s'être ouvert un passage, lavaient formé ces immenses alluvions. Un ruisseau limpide coule à travers les buissons. On voit (1 h.) des petites maisons, des champs cultivés et des troupeaux de moutons et de chèvres. On est au milieu d'une véritable oasis, la seule qui, dans toute la presqu'île, mérite véritablement ce nom.
C'est là, à une petite distance d'Hosseyèh, que s'était élevée la ville de Paran ou Pharan, la seule qu'ait jamais eue l'intérieur de la péninsule. Sur un rocher isolé de plus de 30 met. de haut, nommé H- Maharrad, sont les ruines du monastère de Pharan, qu'on trouve cité, dès la fin du iv* s., comme siège épiscopal, et qui ne perdit ce rang qu'après la construction du grand couvent de Justinien, au milieu du vr s.
Au pied du mamelon du côté du N., gisent les débris de l'église. Le nombre des chapileauz, des fûts brisés et des autres débris indique une construction importante. La ville s*étageait sur la pente opposée. Quelques habitations en pierre qui existent encore at^ourd'hui faisaient sans doute partie de l'ancienne ville. £lies ont été habitées par les Arabes ; mais elles sont à peu près abandonnées aujourd'hui et ne servent plus que de hangars et de resserres pour les récoltes. Des blocs taillés, des tronçons de colonnes, etc., que l'on peut reconnaître dans La maçonnerie des murailles, prouvent que cette ville, qui est celle des pèlerins des xu% xm* et xiv* siècles, s'était elle-même formée des débris d'une plus ancienne. Le» cultivateurs sédentairos sont des J)fébé^
MONT SËHBAL.
lyèhi, sur lesquels les Arabes nomades prélèvent un tribut en dattes.
Excursion au mont Serbâl. — Cette ezcareion demande an jonr entier. On ne doit pas l'entreprendre si Ton n'est trèS'bon marcbear et accoatamé aux conrses de montagne. Le chemin, bien que ne présentant aucan danger sérieux, est dans la partie sapérieore de l'ascension extrêmement abrupt. L'ascension, à partir de PeTrln, demande s h.
On n'aura pas besoin de se charger d'eau an départ. On en trouvera sur la route.
L'aspect que présente le mont SerbAl est des plus frappants. C'est une longue base surmontée de cinq pics. Burckhardt gravit le pic oriental, qu'il crut être le plus élevé. Dans l'opinion dn docteur BAppell, cette distinction appartient au pic occidental, dont il a déterminé la hauteur, par ses observations barométriques, à 2060 met. au-dessus du golfe de Suez.
On remonte à pied le ouady-Aleyàt, qui débouche dans le côté S. du ouady- FeTrAn et dont la tète est au pied même du SerbAl. Il est trop encombré de pierres et de rochers pour qu'on y conduise les chameaux. Les rochers du ouady- Aleyàt sont couverts d'une quantité innombrable d'inscriptions sinaTtiques. On atteint (2 h. 1/2) la base même des pics du Serbàl (côté E.) au point où débouche le ravin Abon-Hamatah (la route du figuier sauvage), et Ton voit se dresser les parois de ce ravin étroit et élevé par lequel il faut monter. On trouve là une bonne source et l'on fait provision d'eau. C'est à partir de ce point que commence l'ascension proprement dite. « Il faut se hisser, souvent avec peine, de rochers en rochers. • (G. Bertrand.)
Le pic le plus élevé est un grand piton de granit. De là le regard embrasse toute la péninsule : à TO., le golfe de Suez et les montagnes d'Egypte; auS. 0., la plaine El-Kà'a, le port de Tôr; à l'E., le massif général dn Sinaî, où l'on distingue surtout le Gébel-Katharin et l'Oum-Chômer ; vers TE. N. E., le vaste circuit du ouady ech-Chetkh, et tous les oaadys dans la direction du Gébel et- Tlh. Le sommet du N., qui est le plus bas, porte les restes d'un bâtiment d'une époque inconnue, construit en blocs de granit et portant trois inscriptions sinaîtiques.
L'opinion de Bi. Lepsius, qui Yeat voir
dans le mont Serbftl le SinaT de l'Exode et place Réphidim dans cette vallée, soulève de fortes objections que nous résumerons rapidement d'après M. Por> ter {Handbooky p. 21-23). "L'argument tiré des inscriptions sinaitiques a perdu beaucoup de sa valeur, depuis que ces inscriptions ont été retrouvées dans le ouady-Solaf et dans le ouady-Ledja, sur la base du Safsàfèh, et en plusieurs autres lieux (K. ci-dessus). Au reste, il ne suffirait pas de prouver que les premiers chrétiens, à pins de isoo ans de distance, ont regardé le Serbàl comme le Sinat, il faut que l'aspect des lieux réponde an texte de l'Exode. • Moïse, qui connaissait d'avance la topographie de la presqu'île, avait dû, dit M. Lepsius, choisir le ouady-Feïrân, parce que c'était la seule vallée fertile du pays. C'est aussi à cause de cette fertilité que les àmalécites vinrent disputer aux Hébreux le seul site qui en valût la peine. Dès lors il faut identifier Réphidim avec Feiràn ou avec Hosseyèh, à 3 kil. plus loin. I
Il est singulier d'identifier Réphidim, où le peuple manqua d'eau et ne put être apaisé que par un miracle (Exode, xvii), avec la vallée précisément la mieux arrosée de la péninsule. Les Amalécites, en venant attaquer les Hébreux à ce même Réphidim si désolé, ne cherchaient pas à disputer un terrain fertile aux Hébreux. Si l'on suppose qu'avant le miracle de Moïse il n'y avait pas d'eau dans cette vallée, elle ne pouvait pas être fertile, et Moïse n'avait plus aucun motif pour la choisir. De plus, si Réphidim est à Hosseyèh, le Serbàl ne peut pas être le SinaT sans supprimer une des marches des Israélilites : < Étant partis de Réphidim, ils vinrent au désert de Sinal, et ils campèrent au désert* vis-à-vis de la montagne. > (Exode, XIX, 2.) A Feïràn, ils auraient déjà été en vue de la montagne, car le Serbàl se voit d'un grand nombre de points de la vallée et sa base n'est pas à plus de 3 kil. Un campement de plus de 2 millions d'hommes s'étend bien à cette faible distance, et s'ils voulaient se rapprocher de la montagne, il faudrait reporter leur station dans le ouady-Aleyàt, trop étroit et trop rocailleux pour contenir une telle foule. Tout s'explique au contraire en laissant lo Sinal à sa place traditionnelle, où l'on arrive soit par la plaine d'Er-Ràha, soit par le onady ech-Cheîkh.