PÉNINSULE SINAÏTIQUE. [ROUTE
A partir de Peiran, on continue à suivre le ouady-Felran, toujours encaissé entre de hautes montagnes de granit, et ombragé sur une longueur de 4 kii. au moins par de beaux massifs de palmiers. L'eau et les palmiers cessent alors et la seule verdure est celle des bouquets de tamariscs. Cette maigre végétation disparaît à son tour et tout redevient aride et désolé. On atteint ( 2 h. ) Tendroit où le ouady d-Chéikh débouche dans le ouady-Feîran.
Ici se présentent deux routes. L'une, par le oaady-Fetran et le oaady-Solaf, esrt la continuation directe de celle que nous avons saivie jusqu'à présent. L'autre, plus au N., par le ouady ech-Che!kh, se dirige d'abord & VR. N. £., pour se replier plus loin i 11:., et redescendre droit au S. Elle rejoint la première au pied du Sinaî.Les Bédouins aiment toujours mieux suivre la seconde, parce qu'elle est plus facile pour les chameaux ; mais il faut exiger le passage par la première, qui est beaucoup plus pittoresque.
Cette route du ouady el-Chetkh serait, selon Robinson, celle par laquelle les Israélites sont arrivés au Sinal. Si l'on cherchait dans cette direction Réphldlm, qui, selon l'Exode (xvii, 1-6: — xix, 1, 2), était à une journée de aistance du SinaT, et où Moïse frappa le rocher pour apaiser les murmures du peuple altéré, 11 conviendrait peut-être de le placer auprès du défilé étroit décrit par fiurckhardt i 5 h. du couvent, par lequel le ouady ech-CbeIkh pénètre dans le massif des montagnes centrales. La seule objection à faire à cette hypothèse est que le ouady n'est nulle part privé d'eau. Quant au combat livré aux Israéites par les Amaiécites (Exode, xvii, 8-13), il n'est pas nécessaire de chercher une plaine. On peut supposer tout aussi bien que c'est dans un défilé que les Amaiécites cherchèrent à défendre les approches de leurs montagnes.
Laissant à g. (2 h.) le ouady ech- Cheikh, on continue à suivre le ouady-Feîran, et l'on prend ( 1/2 h, ) le ouady-Solaf; c'est la route la plus directe du Sinaî. Si Ton cherchait dans cette direction l'itinéraire des
Hébreux, Bfme de Gasparin remarque avec assez de raison qu'on pourrait placer Réphidim dans le ouady-SoUf, la distance et le manque d'eau concordant assez bien avec le texte de l'Exode. A l'embouchure du ouadj- Oumm-Takkeh, on trouve une quantité de maisons antiques en pierrt, appelées nawamis. Naxpamis est le pluriel de namow (moustique). Les Bédouins leur ont donné ce nom ptr suite de cette conjecture que les Israélites les auraient construites pour s'abriter contre la piqûre des moustiques. Leur forme ordinaire est une elUpse ou un cercle irrégulier de Uà 16 met. de circonférence, avec de^ murs de 40 à âO cent, d'épaisseur. li ne paraît pas qu'aucun outil ait été employé pour la construction de ces maisons.
Après avoir couru 1 h. l/% vers le S. £., le ouady-Solaf tourne vers ie N. E., et atteint en 4 h. 1/2 le onody- Gharbàh. Ici la route semble barrée par l'énorme mur de rochers d« granit qui forme Tescarpement N. 0.
du massif central de la péninsule. Ou campe généralement au pied de ce^ montagnes. On s'engage alors (1 h.) dans le
Nakb-HftTva (le passage du vent).
C'est un ravin compris entre des fa* lai ses verticales de granit rouge, hautes de 200 à 300 mètres. Les eaux de l'hiver y ont creusé un lit profond, en partie comblé par des rocs éboulés. On circule péniblement le long de sentiers obstrués de pierres et de rochers. La route, quoique difficile, est praticable pour les chameaux. En 2 h. 1/2, on arrive au sommet du col, où l'on aperçoit pour la pr«nière fois la cime du Géb€l SafsAfA- Après une courte descente dans Té* troit ouady de Abou-Seilèhy qui s'ouvre dans les montagnes de TO , on remonte un peu dans la direction S. S. Ë., et l'on passe près d'une petite source de bonne eau. La vallée se découvre alors par degrés et bientôt on jouit d'un coup d*œil splen-
[Route 34]