PARTIE S. E. DB L'ÎLE
Bnines de Grendi. — De la Va^
lette on se rend à Casal-Crendi (5 mil. ou 10 kil.)parGasal-Lucaet Casaln Miccaba, ou par Gasal-Kurmi (cité Pinto), Casai -Zébug (cité Rohan), deux dés plus grands villages derUc, et Casal-Siggeo (7 mil. ou 1 kii. 1/2). C'est à 1/2 mil. au S. E. du village que se trouvent les Ruines de Creit^ di ', les ruines phéniciennes les plus considérables de l'île de Malte. Ce sont deui enceintes éloignées Tune de l'autre d'env. lôOO mèU De loin elles ressemblent à une masse de roches naturelles, de près on y recoanait la trace de l'art des âges primiti Ts. Ces ruines sont formées d'énormes pierres, encore à peu près telles que .les a fournies la nature. Las unes sont fichées tout droit dans la soi et se dressent j usqu'à 4 et 5 mèL de hauteur ; les autres, de 7 met. de long sur 4 met. de large et 1 mot. d'épais* seur, sont enclavées dans les murs, qu'elles soutiennent comme .des piliers. En pénétrant dans ces mines, on voit qu'elles forment des salles à ciel ouvert, de grandeur et de formes diflérentes , qui étaient des enceintes de temples. Les parois intérieures sont aplanies et travaillées avec udo régularité bien différente de l'aspect extérieur de l'enceinte. Le sol est for-
i. Voyez Cesara Vassallo, dei Monum^ ont. nêl grufipo di Èialta, Valetta, 1851 ;
— VlUui.ratioriy mai 18S7, p. S87; — et pour une étude plus scientifique : Habêla, Maltaantica illuatrata, Rome, te47;
— UoDoratus bre8,ifa(<a antioa tUustra^ ta, 1816 ; — Gebrard, Ueber die Kuntt der Phenisier, Acad. des sciences de Berlin, 1840, p. 600, pi. II.
[ROCTE 3]
RUINES DE CRBNDi.
mé âfe ^Aencs concassées au-dessous desqnelkf ca trouve de larges blocs.
Les man de foud de ces salles dessincBt OB hémicycle : les portes princi|ales, creusées dans les côtés droits, sofil bides arec quatre pierres forisaat nBc baie trapézolde de 2 à 3
Le premier de ces temples, nommé Djikti-Kim, ou Hadjar-Kim (les pierres éà. culte), a son entrée principilt du côté de l'E. H se compe» ée deux salles parallèles d^inégale longueur, divisées en plusieurs 3^5artements communiquant les uns «rec les autres, et se terminant en bémicyde, le tout afl^ctont la forme àt deux doubles trèfles juxtaposés.
La plus grande division est longue ée32 met., et la seconde seulement ie 34. La largeardes deux salles réu- Qùs est de 'il met. En comptant les iiésieycles séparés du reste par de grandes pierres^ et les deux espaces çui se réunissent à Taire principale, il est évident que chaque construc- UcB devait contenir sept divisions.
Qaas un des espaces principaux, on remarque un petit autel quadrilatère de 4o cent, de côté et de 73 cent, de bauteur. Les angles sont ornés de 8 petits pilastres portant un abaque, et $ar les faces interposées sont sculptés en haut-relief deux portions de serpent, réunies en un seul point d'oïl se dresse uii palmier, qui couvre toute la. surface de ses rameaux.
SarPabaque s*élève un cercle de plus de30cent.de diamètre et de 10 cent, de bauL Près de cet autel se voit la àaXUtoiTée encasTrée entre deux grosses pierres parallèles et verticales.
Cette dalle est piquée de trous nombreux sur toute sa surface, et, au milieu de deux spirales en relief, on reconnaît la forme de Yœvifr La dalle acrëe repose dans toute sa longueur sor une marche qui répond au teuil »crë. Dans l'espace compris entre les 4eax grosses pierres, on a trouvé bcau- 6CQp d*ossements de quadrupèdes et des débris de vases, ornés les uns de
pàitM» imbriquées, les autres de oer* oies, tantôt en creux, tantôt en relief, parmi lesquels 3 monopodes sur une seule pierre et beaucoup de pierres concaves et convexes, les unes coniques, les autres hémisphériques, dont la réunion forme tantôt une sphère, tantôt un œuf. Mais la découverte la plus curieuse a été celle de sept figures sculptées à formes obèses et monstrueuses, représentant des personnages accroupis ou assis à la turque, et dont deux paraissent porter des costumes féminins. Les tètes ont disparu, soit qu'elles eussent été d'une matière plus fragile ou d*une matière plus précieuse. La cosmogonie des Phéniciens permet d'expliquer ces symboles et ces images: leur culte comprenait Tunivers, la puissance procréatrice et les astres divins. L'œuf était le symbole de TUnivers, et ses deux moitiés représentaient le Ciel et la Terre. La puissance procréatrice était figurée par deux serpents enroulés ou par deux lignes spirales, et les astres par des figures circulaires. Les trous dont les dalles sont percées comme ornement représentent des myriades d'étoiles.
Leurs temples étaient i ciel ouvert, pour i*ecevoir les rayons du soleil, de la lune on des astres, et la prière devait s'élever vers ces divinités sans rinterposition d'une voûte. Le cercle et l'hémicycle se retrouvaient aussi datas tous les temples phéniciens.
Les statues obèses sont celles des septCabires, auxquels les Phéniciens attribuaient l'invention de la navigation et de la science astronomique.
Leur nom paraît dériver de Ic&tr, qui, selon Varron et TertuUien, voulait dire puissant (c'est encore le sens du mot arabe kibir). Ces sept dieux, dont deux étaient féminins, s'en adjoignaient un huitième, Etmoun ou Esculape, Inventeur de la médecine.
Les figures qui les représentaient étaient si ridicules, qu'au récit d'Hérodote, Cambyse entrant à Hemphls dans un de leurs temples, ne put re-
MALTE
tenir un éclat de rire. L'autel décrit ci-dessus devait être celui d'Hécate^ à laquelle on immolait des chiens.
On a aussi découvert dans ce temple un squelette d'homme (transporté au musée de Malte), mais on n'a pas trouvé d'inscriptions.
Les idées que nous venons de développer sont celles de li. de la Marmora et de M. G. Vassallo. Elles ne sont pas cependant universellement adoptées par les savants» Une objection considérable peut être opposée à l*origine phénicienne de tous ces débris du culte des Cabires : c'est qu'on n'en retrouve aucun dans la Phénicie proprement dite (M. Ernest Renan, Communication oralê)^ tandis qu'ils sont communs en Toscane, dans les monuments étrusques, et même dans les objets trouvés à Pompéi. On ne peut donc affirmer que le peuple qui les a produits ait été le peuple phénicien, bien que l'histoire des premiers possesseurs de Malte ait rendu cette attribution probable.
Le second temple, appelé Et-Mnaïdra, plus considérable, mieux conservé, mais moins régulier que le premier, à un quart de lieue duquel il est situé, se compose d'une grande salle semi- circulaire, de deux autres hémicycles, et de plusieurs chambres secondaires. On y voit de larges tables monolithes supportées par un gros pilier ; d'autres tables sont ovales et portées sur un piédestal évidé sur les côtés. On trouve encore çà et là quelques autels mobiles. Ce temple paraît avoir été celui d'Esmoun, l'Esculape phénicien. Gesare Vassallo suppose, sans preuve bien convaincante à l'appui , qu'une des salles était le temple proprement dit, que les chambres basses placées près de l'entrée devaient contenir les chiens consacrés au Dieu, et que l'autre division était destinée à recevoir les malades.
On revient de Grendi à Casal-Zorrick, où Houel a signalé les ruines d'une maison grecque d'un style
très-pur. La portion la mieux con* servée est une tour carrée ayant 3 met. sur 5 met. d'élévation, avec une corniche très -pure. L'église contient deux tableaux du Calabrais. Près de U, on va visiter l'abîme de la Maklouba. C'est une excavation de plus de 33 met. de profondeur, et dont la forme est celle d'un cône tronqué. Elle parait s^étre formée par l'affaissement d'une caverne qui communiquait avec la mer.
Le fond est rempli d'une couche épaisse de terre végétale entraînée des collines voisines. On a pratiqué des escaliers pour y descendre. A Casal-Gudia (2 mil.), on montre aussi, près d'une chapelle de Saint-Antoine « le soubassement d'un édifice grec.
Galle de ManaScirocco (à 2 mil.
plus au S.^ — Cette baie est entourée de tous côtés de fortifications. A la pointe de Ben-Isa, au S. , on peut visiter une caverne, la plus grande de rfle, qui porte le nom de Grande grotte ou Grotte de Hassan, célèbre corsaire. Près de cette baie, sur la colline qui domine Bir-Zebboug, à la dislance de 250 met. env. du rivage, et au N. de la petite église de San Giorgio, se trouvent des ruines nommées vulgairement Torrt-lo- Lhoud ou Torre degli Ehreif et qui sont les restes du Temple de Melcart ou de V Hercule Tyrien, le plus ancien monument de l'ile. C'est une con> struction hypèthre comme tous les temples phéniciens de cette époque. Il en reste deux portions d'hémicycles réunies par un mur rectiligne d'environ 10 met. de long. La construction est d'appareil polygonal irrégulier, et formée de pierres énoruies.
recouvertes en penie de carroubiers séculaires, dont les racines s'insinuent entre les blocs. Ventrée, que l'on aperçoit tout d'abord en montant du rivage, est formée de trois énormes monolithes. Celui qui fait architrave mesure 4 met. 80 de long (le fameux linteau de la Porte des Lions de Mycènes n'a que 14 met.
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