‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 82 sur 408 · STYLE ÉGYPTIEN · texte numérisé non relu

STYLE ÉGYPTIEN

iéaen, dm ThaaXwiès, des Ramaès, des Paamétik, devient de jour en jour plus grossier : les coutumes, la langue, récriture, tout se modifie. Gomme an neillard que la décrépitude a frappé, TÊgypte s'avance en chancelant vers son dernier jour, et sous Théodose elle finit par succomber » (Mariette, ibid,, p. 193). Le christianisme achève la ruine de la religion égyptienne, et la perte de ses traditions sacrées, de sa langue, de son écriture, et, quand sorrieikt l'invasion musulmane, il y a longtemps que l'art égyptien est oublié.

Noos venons d'exposer l'histoire de l'art égyptien et d'énumérer les monuments qui remontent aux difi'érentes époques de son développement; il BOQs reste à exposer au point de vue du sentiment artistique l'idée générale qui ressort du style égyptien. Nous ne pouvons mieux faire pour cela gae d'emprunter à H. Charles Blanc {Grammaire des beaux^rts, liv. II, cbap. XV) les lignes suivantes qui en résument parfaitement le caractère sa point de vue surtout de la sculpture et de la peinture :

• L'art de l'Egypte, le plus ancien de tous, est le plus facile à connaître, parce qu'il demeura stationnaire, uniforme, immuable, tant qu'il fut égyptien, c'est-à-dire jusqu'à ce que la domination des Ptolémées en eut changé on peu la physionomie en y introduisant ou plutôt en y laissant s'infihrer quelque chose du génie grec. Considérée dans son ensemble, sans tenir compte des exceptions et des nuances, la sculpture égyptienne présente un caractère éminemment symbolique et rappelle toujours sa première destiaation, qui fut d'exprimer des idées religieuses et d'en être l'écriture iougée. Son berceau est dans le temple. Elle y figure d'abord à l'état de délinéation, et ne fait que graver ses contours. Puis, elle s'enfonce en creux au dedans du mur ou elle saillit au dehors du bas-relief. Ensuite, eUe se dégage de la muraille non sans y adhérer encore par quelques attadie«i, et, quand enfin la statue est complètement isolée (ce qui est trèsrare, car eue est presque toujours adossée à un pilastre), elle trahit infailliblement son origine, qui est l'architecture, et sa raison d'être, qui est le symbole. Jetez les yeux sur une figure égyptienne : les formes y sont accusées d'une manière concise, abrégée, non pas sans finesse, mais sans détails. Les lignes en sont droites et grandes. L'attitude est raide, imposante et fixe. Les jambes sont le plus souvent parallèles et jointes. Les pieds se touchent, ou bien, s'ils sont l'un devant l'autre, ils suivent la même direction, ils restent aussi exactement parallèles. Les bras sont pendants le long du corps ou croisés sur la poitrine, à moins qu'ils ne se détachent pour montrer un attribut, un sceptre, une clef, une coupe, un lotos ; mais dans cette pantomime solennelle et cabalistique la figure fait des signes plutôt que des gestes; elle est en situation plutôt qu'en action, car son mouvement prévu, en quelque sorte immobile, ne changera plus; il ne sera suivi d'aucun autre. Cependant, par une compensation qui étbnne, il se trouve que cet art égyptien, qui semble retenu dans une éternelle €a£uuse, est un art grand, majestueux, hautement formulé. Il est majestueux et grand par l'absence du détail, dont la suppression a été voulue, Iffémédit^ par le prêtre. Gravée en bas-relief ou sculptée en ronde bosse, il ,.:\r- c/yi'lioiii" et rnidM'p, non pa=; çros-jlcrcmcnt, mais somrilairc-

ment; elle n'est point dégrossie comme une ébauche; elle est au coatraire finement dessinée, d'une simplicité choisie dans ses lignes et dans ses plans, d'une délicatesse élégante dans ses formes, ou, pour mieux dire^ dans ses formules algébriques.

« Deux choses y sont évidentes et évidemment volontaires : le sacrifice des petites parties aux grandes, et la non-imitation de la vie réelle. Nue, la figure est vue comme à travers un voile ; v6tue, elle est serrée dans une draperie collante, semblable à un second épiderme, de sorte que le nu se découvre quand il est voilé, et se voile quand il est découvert. Les muscles, les veines, les plis et les contractions de la peau, n'y sont point rendus, ni même la charpente osseuse. La variété qui distingue les êtres vivants, et qui est l'essence de la nature, est remplacée par une symétrie religieuse et sacerdotale, pleine d'artifice et de majesté. D'ordinaire les mouvements exécutés par plusieurs figures sont soumis au parallélisme des membres doubles et paraissent obéir à un certain rhythme mystérieux, qui a été réglé dans le sanctuaire impénétrable. Le plus sûr moyen d'expression dans l'art égyptien est en effet la répétition. Quels que soient le naturel et la souplesse d'un mouvement, il devient cérémonial quand il est répété intentionnellement, et plusieurs fois d'une manière identique, ainsi que nous le voyons si souvent dans les sculptures de l'antique Egypte. Elle appartient à l'ordre des choses sublimes, cette répétition persistante qui fait de toute marche une procession, de tout mouvement un emblème religieux, de toute pantomime une cadence sacrée.

« Le style égyptien est donc monumental par le laconisme du modèle, par l'austérité des lignes et par leur ressemblance avec les verticales et les horizonlales de l'architecture. Il est imposant, parce qu'il est une pure émanation de l'esprit; il est colossal, même dans les petites figures, parce qu'il est surnaturel et surhumain. Il demeure toujours semblable à luimême, parce qu'il représente la foi, qui ne doit point varier. Enfin le style égyptien est engendré par un principe autre que l'imitation, et c'est volontairement qu'il s'écarte de la vérité imitative, car la faculté de rendre fidèlement la nature n'est pas plus étrangère aux Égyptiens qu'aux Grecs, et la preuve en est dans la vérité saisissante que présentent quelquefois les animaux, comparée à la manière convenue et artificielle dont la figure humaine est exprimée.

« Une preuve encore de la volonté qu'eurent les prêtres de substituer le symbole à l'imitation, c'est que l'étude de l'homme physique et la connaissance de l'anatomie furent sévèrement prohibées chez ce peuple étrange qui respecta • la mort plus que la vie, comme si la mort eût été pour lui l'initiation à une vie impérissable .

« Quand il modèle la tête humaine le sculpteur égyptien l'imite avec plus de fidélité, et il montre bien ce qu'aurait pu être son imitation dans un art qui fût resté libre. Avec quelle force est exprimée la conformation de la race africaine I Gomme il est bien taillé, ce visage des enfants de Cham, au profil déprimé , au nez aplati, avec lèvres épaisses, au menton rentrant et court, aux yeux allongés, obliques et placés au niveau du front 1 Et ces yeux, s'ils sont toujours ouverts, toujours entiers, et toujours de face dans les têtes de profil, ce n'est point assurément parce qu'un œil est plus difficile à dessiner de profil qu'une bouche ; c'est sans doute parce

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qu'on a roulu, en dépit de la vérité, que l'organe réyélateur de la pensée eut dans le Tîaage humain une importance décidée et dominante.

« Est-il besoin d'insister sur une tendance aussi fortement marquée au symbolisme, alors que tant de figures nous offrent la combinaison monstrueuse des corps humains avec des têtes d*animauz ? « En montrant aux yeux, dit Raoul Rochette [Cours dTarchéologié), un corps d'homme sur- Qunté d'une tète de lion, de chacal ou de crocodile, l'Egypte n'eut certailiment pas l'intention de faire croire à la réalité d'un être pareil; c'était une pensée qu'elle voulait rendre sensible plutôt qu'une image vraie qu'elle prétendait offrir. Le mélange des deux natures était là pour avertir que ce Gcrp5 humain servant de rapport à une tête d'animal était une pensée écrite, la personnification d'une idée morale et non pas l'image d'un être réel. > Oui, on peut le dire, la sculpture égyptienne demeura une forme de l'écriture, un art essentiellement symbolique, et ce fut une raison de pLs pour qu'elle restât immobile. Le symbole fut pour ce grand art ce qu'étaient pour les morts embaumés les aromates qui les conservaient : il le momifia, mais en le momifiant il le rendit incorruptible. »

La peinture n'a été la plupart du temps employée par les Égyptiens qu'au point de vue décoratif, pour garnir les larges surfaces laissées par l'architecture, ou pour relever le modelé des moulures, des chapiteaux et des bas-reliefs eux-mêmes, qui étaient pour la plupart coloriés. Les peintures ie< plus vastes et les plus remarquables se trouvent au Deir-el-Bahari,dans les tombeaux du Bab-el-Molouk, à Béni-Hassan, et dans les tombes récemment découvertes de Saqqarah. Le caractère du dessin est absolument ': :: même que celui de la sculpture, si bien caractérisé par M. Charles Blanc dans les lignes ci-dessus. Les scènes relatives à la vie privée donnent toutefois au dessin plus de liberté que l'art sculptural religieux. Quant au coloris, il est encore d'une fraîcheur merveilleuse dans les chambres de Deir-el-Babari et des tombes que nous venons de citer. Le climat de l'Egypte, n air sec et tiède, conservent tout, et des peintures vieilles de quatre mille ans sont en meilleur état que la plupart des fresques de la renaissance italienne. En dehors des peintures murales et sculpturales, on rencontre aussi quelques petites stèles en bois, où les sujets sont seulement peints, et avec une extrême finesse. Enfin, sur les papyrus et particulièrei^ent sur les manuscrits du Rituel funéraire, on trouve souvent des vignettes dessinées à la plume avec une délicatesse, une vérité et une sûre;é de main extrêmement remarquables.

S 3. — Édifices anciens. — Pyramides. — Séptiltures. — Colosses. — Obélisques. — Palais. — Édifices privés. — Temples. — Nous ve- DOQs de voir dans le paragraphe précédent quel fut le développement historique des arts dans l'ancienne Egypte. Il nous faut indiquer maintenant les caractères architecturaux des édifices qui nous sont restés.

Nous avons déjà insisté suifisamment sur les Pyramides^ les plus vieilles constructions du monde historique, qui nous étonnent par l'extrême simplicité de leur figure géométrique non moins que par leur masse et le merveilleux agencement des blocs énormes qui les composent, et même par l'habileté qui a présidé à quelques-uns de leurs détails intérieurs. Nous 'enverrons à la description pariiculière des grandes pyramides ( Y. le Caire, ùixèh, Saqqarah) ce qui nous reste à dire de ces monuments Cinéraires où

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les fastueux souverains de TÉgypte croyaient dérober leurs momies aux injures des siècles, en les scellant sous une montagne de pierre close hermétiquement après leur mort.

Les sépultures forment les plus anciens monuments de TEgypte. Nous avons indique dans le paragraphe précédent (p. 85) les caractères différents qu'elles ont affectés aux différentes époques et le type général qui présidait à leur construction. Depuis les tombes les plus simples, les mastabas (sorte de pyramide tronquée recouvrant comme un couvercle massif le puits au fond duquel repose la momie, telles qu'on voit les tombes qui se groupent autour des grandes pyramides), jusqu'aux tombes les plus compliquées de la vallée des Rois {Bab^l-Molouk) à Thèbes, l'idée restera la même : la tombe est préparée du vivant du personnage : plus sa vie se prolonge, plus sont nombreuses les chambres où sont représentées les actions de sa vie; lorsqu'il meurt, le travail cesse, la momie est cachée avec soin dans un dernier puits, et la tombe est fermée. Dans les sépultures de Tbobes, à la vallée des Rois, il semble que le soin de cacher la tombe ait dominé tous les autres : la porte murée, le terrain nivelé tout autour devait en dissimuler l'existence. Quant à la chambre extérieure destinée aux survivants, elle n'y est pas; elle était remplacée par les grands édifices commemoratifs, véritables temples-tombeaux (moins la dépouille du mort) qui étaient bâtis dans la plaine de Thèbes à l'entrée de la nécropole ( V. Médinet-Âbou, Deir-el-Bahari, etc.). Nous reviendrons, en décrivant le musée de Bouiaq (F. ce nom), sur les détails présentés par les tombes à toutes les époques et sur les objets si intéressants > qu'on y a découverts.

Les grandes sttUues colossales de l'Egypte, telles que les colosses dits de Memnon à Thèbes, le colosse de Ramsès à Memphis, n'étaient pas des monuments isolés, ils étaient, comme les obélisques, dressés à l'entrée de grands édifices aujourd'hui disparus.

Vobélisque est une construction particulière à l'art égyptien, comme la pyramide, dont il n'est sans doute qu'une forme dérivée. Ces élégantes aiguilles, flanquant la porte principale des grands édifices, étaient en même temps revêtues d'inscriptions hiéroglyphiques précieuses pour l'histoire . L'Egypte ne possède plus qu'un petit nombre de ces vénérables monolithes. Rome et Constantinople avaient dès l'antiquité dépouillé le pays du Nil de ses obélisques pour en orner leurs places publiques. La France en a reçu un des plus précieux dans les temps modernes. Le plus ancien de l'Egypte est celui d'Héliopolis, qui date de la douzième dynastie. Après cet obélisque, après ceux d'Alexandrie et celui du Fayoum, il faut aller jusqu'à Thèbes pour en retrouver ; ceux de Louqsor datent de Ramsès II (quatorzième dynastie); celui de Karnak, de la reine Hatasou (dix-huitième dynastie). La pointe des obélisques était souvent couverte d'un pyramidion en cuivre doré, ou d'une sphère, et quelquefois recouverte d'ornements dorés (F. Karnak). Palais. — Nous ignorons quelle était la disposition des palais de Memphis, où tout a péri, môme les ruines; dans la seconde capitale de TËgypte, à Thèbes, les demeures royales dont on a cru retrouver encore les restes auraient été comprises dans l'enceinte des temples. Tel serait le pavillon de Ramsès III à Médinet-Abou. Il est toutefois douteux qu'il ait jamais servi d'habitation, comme l'a fait remarquer Mariette-Bey. ' « Si le pavillon de Mcdinet-Abuu est un palais, c'est que les palais étaient en pierres tout

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ausâ solides qae les temples eux-mêmes : et pourquoi les traces méme^ d'un seul autre palais ne sont-elles pas Tenues jusqu'à nous? Nous ne décidons pas par là la question de savoir où logeaient les rois, question de plus en pins embarrassante depuis que nous savons qu'ils ne logeaient pas dans les temples. • (Mariette-Bey, Itinéraire des invités, p. 129.) Il parait probable que les édifices connus sous le nom de palais à Karnak et à Médiuet- ÂboQ étaient seulement un monument commémoratif de la gloire militaire. JkfÊUures privées. — Si les palais des rois ont disparu, à plus forte raison tout vestige d'habitations privées a disparu. Nous avons toutefois par les peintures décoratives des renseignements sur ce que pouvaient être les habitations de Tancienne Egypte. Autant les temples des dieux frappaient fesprit du peuple par leur étendue, leur colossale construction et leur ricbene, autant les demeures privées étaient simples et nues* C'est le contraste étemel que présente TOrient ancien ou moderne. Il y avait néan- Boins des gradations. Les habitations des riches se distinguaient surtout par la recherche de leurs jardins, ce vrai luxe des pays chauds. Ces heureux climats sont peu exigeants ; ce qu'on y veut avant tout, c^est de Pair et de l'ombre. Tout est disposé pour ce double objet. Des rues très-étroites, on le soleil ait difficilement accès; des constructions où Tair circule largement. Les villes actuelles et leurs maisons peuvent donner une idée exacte de ce qu'étaient les maisons et les villes de Tancienne Egypte ; sauf l'introduction de la mosquée musulmane, rien d'essentiel n*a pu changer dans la disposition et l'aspect des habitations privées, parce que c'est le climat même qui en impose les conditions. Dans les demeures d'une certaine étendue, une galerie ouverte, soutenue par des piliers, courait, comme dans nos anciens cloîtres, autour d'une cour ordinairement plantée d'arbre?f, et donnait accès aux différentes pièces de l'habitation, qui prenaient jour sur cette cour intérieure. Alors comme aujourd'hui la maison se terminait en terrasse. Tout était construit en briques. Dans les peintures murales où sont représentées des scènes de la vie civile, on voit figurée une grande variété de meubles, quelquefois remarquables par l'élégance des formes aussi bien que par la richesse de la matière et du travail; et l'on peut d'ailleurs se former une idée de la perfection à laquelle étaient arrivés très-anciennement certains arts de luxe, par les bijoux et les autres objets d'or, d'ivoire et d'autres matières précieuses, que l'on a trouvés dans les tombeaux et qui se conservent dans nos muséies. Comme travail d'orfèvrerie, de ciselure et d'incrustation, beaucoup de pièces défieraient l'habileft de nos meilleurs artistes. Naturellement les habitations communes et les demeures des pauvres cultivateurs n'avaient plus rien de cette recherche. Quatre murailles en terre, une petite cour intérieure, une ou deux chambres nues et quelques resserres, c'était tout. C'est encore ce qui constitue l'habitation moderne d'un fellah. Nos pauvres paysans, dans des conditions de climat bien plus rudes, en ont-ils davantage? On est d'ailleurs frappé, à la vue des constructions en briques crues des villages de la basse Egypte, de l'analogie d'aspect que les cases les plus importantes, et les constructions les plus élevées telles que les pigeonniers, présentent avec la forme traditionnelle des pylônes des anciens temples égyptiens. Ce sont les mêmes lignes, la même largeur de la base, la même tendance à la forme pyramidale.

OBIBRT n. ^

En somme, leâ temples sunt, avec les tombes, les seuls édifices de i*ancicnoo Egypte, qui nous soient restés et dont nous puissions avec certitude indiquer le caractère général, avant d'arriver aux descriptions particulières qui feront l'objet des routes de notre itinéraire.

Temples, — On a cru et répété longtemps que les premiers temples égyptiens étaient creusés dans les rochers, et que ces excavations religieuses avaient plus tard servi de modèle aux édifices élevés sur le sol. Cett^|iéorie, de même que bien d'autres idées spéculatives, s'est évanouie devsfll^ll^ faits, depuis que la découverte de Champollion a permis de lire les inscriptions ; on a constaté que le petit nombre de temples souterrains qui se rencontrent en Egypte et en Nubie sont tous de date beaucoup plus récente que les temples extérieurs. Les plus anciens parmi ces derniers sont aussi, ce qui est assez naturel, les moins ornés et les plus petits. Ce ne sont guère que de simples chapelles. Ces premières constructions reli^ gieuses n'ont pas de soutiens intérieurs, ce que leurs petites dimensions rendaient inutile ; les colonnes ne paraissent que lorsque l'édifice prenant de plus grandes proportions, il fallut en soutenir le plafond au moyen do forts pilastres. Mais ce qui n'était d'abord qu'une condition de solidité devint bientôt un moyen d'ornement. Les premières colonnes ne sont que des piliers de forme carrée, sans soubassement ni chapiteau j puis on en abat les angles, ce qui produit la colonne polygonale ; on en creuse plus ou moins les faces, ce qui donne la colonne cannelée ; on lui donne un support bas et large, ébauche du piédestal ; et enfin on ajoute divers ornements à sa partie supérieure, imités soit de la tête du palmier, soit d'un bouquet de feuilles de lotus, ce qui devient l'origine du chapiteau, et, par suite, de l'architrave, de la frise, et des autres détails de l'entablement. La peinture , la sculpture et la statuaire arrivent ensuite, pour couvrir les parois de l'édifice de tableaux religieux ou de représentations historiques à la gloire du roi constructeur, ou pour en orner les abords de figures colossales. II faut remarquer qu'outre les tableaux proprement dits, la peinture eut dans les temples, de même que dans les grands édifices, une application très-étendue. Les statues et les bas-reliefs étaient peints, en tout ou en partie. Les frises, les colonnes et d'autres portions du sanctuaire étaient également relevées de riches couleurs, dans l'emploi desquelles la pratique avait donné une grande habileté aux Egyptiens pour les efiets de distribution et d'harmonie. Le plafond du temple était communément peint en bleu et semé d'étoiles à l'imitation de ce beau ciel d'JSgypte d'un azur si pur. La couverture des temples, comme de tous les autres édifices, est invariablement plate, ou en terrasse. La voûte n'était pas inconnue aux Égyptiens, puisqu'on la trouve même dans les Pyramides (la voûte angulaire ou en pointe, à la vérité), mais ils ne l'employèrent que dans les constructions de petite dimension et spécialement dans les monuments tumulaires. Pendant bien des siècles on n'y fit entrer que la brique; les plus anciennes voûtes en pierre que l'on ait rencontrées sont du temps de Psamétik, au septième siècle avant notre ère. Celles-ci sont en plein cintre. Au total, la voûle n'est ici qu'une exception, et c'est à peine si l'on peut dire qu*cllc appartient au système architectural de TËgyptc ^

t. Nous avuus diiun 1g tomo I«' de ïiUiiéraire de VOrient^ Grèck ut Itiuuutb

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Aa contraire le plafond droit et les grandes salles hypostyles appartiea* cent en propre aux anciens édifices de ce pays.

Mais c'est assez parler des éléments architectoniques de ces construc- UùûSf éléments sur lesquels nous aurons bien des occasions de revenir dào» le courant de cet ouvrage. Pour le moment nous voulons surtout indiquer la disposition générale des édifices religieux. Quoique les temples égjptkns, comme nos modernes basiliques , différassent nécessairement de gnôdeor, d'ornementation et de richesse selon les localités, ils f' «èfol cependant construits sur on plan général qui leur était commun -Jt .:o'us et qui n^ultait des nécessités communes du culte, lequel semble avoir présenté dsns toute l'Egypte une grande unité, quels que fussent le nombre et U dlTersité apparente des divinités qui composaient le panthéon égyptien. Nous verrons en effet plus loin (yoy. § 5, p. 119, Notions sur les dirinités égypHensnet) que ces dieux si variéis dans leurs dénominations, n'étaient en ré&ljté que les attributs d'un même être suprême. Aussi la distribution des averses parties des édifices religieux était à peu près partout la même. La différence n'était que dans les proportions et dans les détails, encore les variantes proyenaient-elles beaucoup plus de certains usages locaux que de la différence des divinités elles-mêmes.

Les temples égyptiens ont laissé des édifices assez vastes et assez bien conservés pour qu'il fût possible aux architectes modernes, d'en levQr le plan. Malheureusement l'enceinte extérieure de presque tous les anciens grands temples a été envahie par des maisons coptes ou arabes qui déocrent complètement l'aspect primitif des lieux. Mais les travaux très- UQportants de déblaiement qui ont été exécutés dans ces dernières années, surtout aux temples de Dendérah et d'JSdfou, et qui se poursuivent encore ailleurs, par ordre du Khédive, et sous l'habile direction de notre éminent é^ptologue Mariette-Bey, nous ont rendu presque dans leur intégrité ces admirables édifices, et nous donnent une excellente idée de ce qu'était la distribution générale d'un temple égyptien ; il nous suffît de reproduire ici le plan de l'un de ces temples pour tracer une fois pour toutes la descripûon générale d'un sanctuaire égyptien.

Flan général du temple Égyptien. — Le grand temple égyptien s'annonçait de loin par ses hautes murailles, ses pylônes, ses obélisques et ses mâts à banderoles. L'ensemble des constructions était ordinairement entjoré d'un espace planté d'arbres (le téménos) , et le tout était environné d'une muraille en briques formant une première enceinte.

En avant du temple, à une distance plus ou moins considérable, s'élevait one première entrée, que l'on nommait le propylône (avant-porte). Ce propvl6ne donnait accès sur une avenue plus ou moins longue appelée dro- HM», bordée à droite et à gauche (au moins dans les grands temples) d'uno ''«iubie ligne de sphinx à tête humaine ou à tête de bélier. A l'extrémité t l'avenue, dans la longueur de laquelle s'élevait quelquefois un second *r(rpyl6ne, venait enfin l'entrée proprement dite, le pylône, PP (voy. cimère, p. 100, le plan du temple d'Edfou), porte formée d'une sorte de

i^TeowHW, traité en maint endroit de l'origine de la voûte. On trouvera au mot *o^, à la table alphabétiqoe de ce premier voLume, l'indioation de tous loa pae- *»V coBsaarés i «et intéressant problème d'arckltocture.

100 ËOTPTE ANCIENNE.

grande tour quadringulairB i pu» tnclinés, percée au centre d'iia !a.r| portail, t>,et décaréaexlérieureioent d'images colossales des dieux. Lo porU

du pylflne est flanqué aoit de deux obélUque», comme i Louquir, ou i Kamtk. soit de atatuet colosialoB, quelquefois de c«a dmu DiiieaeoU 1 1,

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