‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 83 sur 408 · ARCHITECTURE. — TEMPLES · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE. — TEMPLES

&ii. Ccst à U façade extérieure du pylône qu*étaient encastrés les grands Bits auxquels étaient appendues de longues banderoles.

En firanchissant la porte du pylône, on pénètre (comme à Edfou, à Phila) dao3 une raste cour C entourée de portiques, au fond de laquelle le temple proprement dit est signalé par un large portique couvert (pronaoi) ou sviAt-iemple, soutenu par trois ou quatre rangées de colonnes puissantes ei par d'épaisses murailles latérales. « Cette salle A n*est encore qu'une sone de iaiçade monumentale. Ouverte à la grande lumière et à tous les briits de Textérieur, elle est sans rapport direct avec le temple proprement dJL De petites portes p sont ménagées sur le côté. Elles servent au passage ds^C&es et à l'entrée des offrandes. Quant à la grande porte, p', le roi seul a k 4R>it de la franchir, et les tableaux gravés dans cette première salle Suai ôfdinairement relatifs au cérémonial de la réception du roi. Ce n^est vise qu'une entrée, un lieu de passage où le roi se prépare aux cérémossa qu'il va célébrer dans l'intérieur. > (Voy. Hariette-Bey, Itinéraire des tmsiUsj p. 79.) Une grande porte de fond, p', située dans l'axe de la première ei dans Taxe général du temple, conduit dans le temple proprement dit (mm) >. C'est d'abord une première salle B, déjà sombre, mystérieuse, soutenue par des colonnes centrales et entourée de chambres latérales f , r. 9, hy t, puis trois chambres rectangulaires C, D, £, dont les portes médianes sont toujours dans l'axe central. « C'est dans ces dix chambres que les prêtres s'assemblent et qu'on fait les préparatifs des fêtes. Celles^i conestaient surtout en processions qui circulaient dans le temple, tantôt passaient dans des couloirs à ciel ouvert F,K,F (comme à Edfou), tantôt montaient SOT les terrasses, et en redescendaient pour parcourir selon les rites prérus les diverses jparties de l'enceinte extérieure. La salle B était le point de départ de ces processions. Quant aux autres salles, elles servaient à la préparation des offrandes, destinées à figurer dans les fêtes et à la conservation eu au dépôt des emblèmes qu'on portait en cérémonie pendant les procèscessions. t.es salles C et D étaient des annexes de la salle B ; on y trouvait des autels devant lesquels on récitait, en plissant, certaines prières. La salle £ était le lieu de dépôt des quatre Marques qui jouaient un des rôles principaux dans les processions. » On a conservé leur modèle au musée de Bodaq, elles ressemblaient par la forme à une gondole vénitienne, ou à un caîq du Bosphore : quand il fallait les sortir du temple, on les ajustait sur des barres de bois qui servaient à les transporter. Au centre de chacune était un édicule fermé contenant l'emblème mystérieux de la divinité à Quelle la barque était consacrée. Pour surcroît de précaution un épais voile blanc était jeté sur cet édicule, qui échappait ainsi à tous les regards, comme l'arche sainte dans la Bible. » (Mariette, ibid., p. 77.) Les autres ^Ues contiennent un laboratoire (/) pour préparer les huiles et les essences, on trésor (t) où le roi consacrait des sistres, des pectoraux, des miroirs, des ustensiles d'or, d'argent, de lapis; puis des salles de dépôt pour les vêtements destinés aux statues des dieux, vêtements conservés dans des coffreu précieux ; des dépôts pour les produits de la terre, qui allaient figurer dans les cérémonies.

t. 11 est à peioe besoin de dire que ces déaominations sont oelles qu'emploient les écrivains grecs, mais elles sont consacrées dans la science.

Certaines cérémonies particulières à quelques temples (salles i, m, r\ à Dendérah pour la fête de Sirius ; yoy. ce temple), réclamaient des ii stallations particulières.

Enfin, tout au fond, un groupe de chambres obscures, ouvrant sur u: couloir r, r, qui entoure la salle E, forme le sekos ou la partie la plus reçu lée du sanctuaire. La chambre du fond jr, placée dans Taxe du temple, en consacrée à la divinité principale, et contient une niche qui est le noyai du temple. Là le roi seul pouvait pénétrer ; 4à on cachait à tous les yeu: Temblème mystérieux du temple qui était un grand sistre d*or. » {Ibid. p. SO.) Les chambres situées de chaque côté, a, h, c, l, m, n, fc, s, f , n, x, y n'avaient pas comme les autres une destination matérielle, c'étaient plut spécialement les lieux où Von disait des prières, et chacune formait comme une chapelle consacrée à une divinité secondaire.

« Le temple, ajoute Mariette-Bey, n'était donc pas, comme nos églises, un lieu où les fidèles se rassemblent pour dire la prière. On n'y trouve ni chambres d'habitation pour les prêtres, ni lieu d'initiation, ni traces de divinations ou d'oracles, et rien ne peut laisser supposer qu'en dehors du roi ou des prêtres une partie quelconque du public y ait jamais été admise. Mais le temple est un lieu de dépêt de préparation, de consécration. On y célèbre quelques fêtes à l'intérieur, on s'y assemble pour les processions, on y emmagasine les objets du culte, et si tout y est sombre, si, dans ces lieux où rien n'indique qu'on ait jamais fait usage de ilambeaux, ou d'aucun mode d'illumination, des ténèbres à peu près complètes régnent, ce n'est pas pour augmenter par l'obscurité le mystère des cérémonies, c'est pour mettre en usage le seul moyen possible alors de préserver les objets précieux, les vêtements divins, des insectes, des mouches, de la poussière du dehors, du soleil et de la chaleur elle-même. Quant aux fêtes principales dont le temple était le centre et le noyau, elles consistaient surtout en processions qui se répandaient au dehors à la pleine clarté du soleil jusqu'aux limites de la grande enceinte en briques crues. En somme, le temple n'était donc pas tout entier dans ses murailles de pierres, et ses vraies limites étaient plutôt celles de l'enceinte. Dans le temple proprement dit, on logeait les dieux, on les habillait, on les préparait pour la fête ; le temple était une sorte de sacristie où personne que le roi ou les prêtres n'entrait. Dans l'enceinte au contraire se développaient les longues processions, et si le public n'y était pas encore admis, au moins pensons-nous que quelques initiés pouvaient y prendre place. » (Tbid., p. 81-83.)

Enfin, il y a dans beaucoup de temples des cryptes ou corridors secrets ménagà dans Pépaisseur des fondations ou des murailles, véritables oubliettes sans portes, ni fenêtres, ni ouverture d'aucune sorte, où Ton ne pouvait pénétrer qu'en déplaçant par un mécanisme secret la pierre qui masquait l'entrée. C'étaient également des dépôts d'objets sacrés ou précieux, comme l'indiquent les inscriptions que l'on y lit. Mais ces indications toutes matérielles des objets qui y étaient laissés ne nous apprennent rien sur Tidée qui avait présidé à la construction do ces cachettes. Peutêtre n'ctait-elle pas sans rapport avec les idées mystiques sur l'enfouissement et la résurrection qui régnaient dans la religion nationale. Quelle est maintenant la valeur artistique de ces édifices, quelle impres-

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