ANIMAUX SACRÉS
gnad ! Je suis Teno ven toi, 6 mon maître; je me présente à toi poar con* teffl|>ler tee perfections I Je n'ai commis aucune fraude contre les hoauneal ie n'ai pas tourmenté la yeuve ! Je n'ai pas menti dans le tribunal I Je n'ai pas dessenri TesclaYe auprès de son maître 1 Je n'ai pas affamé 1 Je n'ai pas fût plenrer 1 Je n*ai point tué t Je n'ai point détourné les pains des temples I Je o^ai point enlevé les provisions ou les bandelettes des morts t Je n*ai pas altéré les mesures de grains I Je n'ai pas usurpé dans les champs 1 Je n'ai pas faussé l'équilibre de la balance I Je n'ai pas enlevé le lait de la boadte des nourrissons ! Je n'ai pas pris au filet les oiseaux divins 1 Je suis pvrl Je suis pur ! Je suis pur! »
Ob voit par cet extrait du Ritunl funérmf que les Égyptiens se faisaient une haute idée de la justice et que la charité était connue et pratiquée chez eux, comme une forme de la justice.
les animaux saerét, — Pour affermir l'homme dans ces sentiments de piété et de justice, les Égyptiens avaient imaginé de placer à côté de lui sur 1a terre des dieux, témoins vivants de tous ses actes; cette incarnation permanente «de la divinité, faite d'abord dans un corps d'homme au temps des dynasties divines, changea de nature quand Thomme put se suffire à lui-même. Désormais Dieu se dissimula dans un corps de béte où il ne mettait qu'une parcelle de sa divinité, mais d'où il surveillait la marche d» événements. De là, les animaux sacrés : chaque nome avait son animal sacré, dont quelques-uns étaient adorés par tout le pays : le scarabée de Phtah, l'ibis et le cynocéphale de Thoth, l'épervier d'Uor, le chacal d'Ânobis ; d'autres, vénérés dans un nome, étaient proscrits ailleurs ; les gens d^Élépbantine tuaient le crocodile; au contraire, les prêtres de Thèbes et de Sbed « en nourrissaient un beau, après lui avoir appris à manger dans la. main. « (Hérodote, 1. 11, p. 69.) La mort de ces animaux sacrés était un deuil public pour le nome, parfois pour l'Egypte entière ; leur meurtre, on crime puni de mort. Les plus célèbres des animaux sacrés étaient le bataî Mnévis et l'oiseau Bennou, le Phénix, à Héliopolis; le bouc de Mendès était l'dme d'Otiris, le bœuf Mnévis, Tàme de Rà.
Le bosuf Apis était devenu aux yeux des Égj'ptiens l'expression la plus complète de la divinité sous forme animale; il procédait à la fois d'Osiris et de Phtab : aussi rappelle-t-on « celui qui renouvelle Phtah » et • T&me d'Osiris » ; il n'avait point de père ; mais Phtah prenait la forme d'un feu céleste et fécondait la vache. Apis était donc une incarnation d'Osiris par U vertu de Phtah.
On reconnaissait qu'Osiris s'était manifesté quand, après une vacance de rétable de Memphis, il naissait un veau pourvu de certaines marques sacrées au nombre de 28, que les prêtres connaissaient seuls; il devait être noir, porter au front une tache blanche triangulaire, sur le dos la figure d*un vautour ou d'un aigle aux ailes déployées, sur la langue l'image d'un scarabée. A peine la nouvelle de la manifestation divine s'était-elle répandue que de toutes parts on se livrait à la joie. L'animal sacré vivait à Memphis 4ans une chapelle attenante au grand temple de Phtah et recevait de ses prêtres les honneurs divins; il rendait des oracles. Quand il mourait de sa mort naturelle, il était enseveli dans les souterrains du temple (le Sérapéum) dont M. Mariette a retrouvé les ruines à Saqqarah (F. cette localité) ; mais quand la vieillesse le conduisait jusqu'à l'âge de 28 ans^ il devait
ORŒNT n. 9
ÉQTPTË ANCIENNE.
monrir d'une mort ▼lolente. L'apis défunt devenait un OsiriSy il prenait le nom d*Osaz^Hapis (dont les Grecs ont tiré le nom de leur dieu Serapis).
Telle était, dans ses traits généraux, la religion égyptienne, encore izn* parfaitement connue ; nous devons reconnaître qu'elle ne manquait pas de grandeur; mais elle s'altéra dans le cours des siècles, et l'idée de Tincarnation divine dans les animaux se perdant de plus en plus, une grossière superstition étouffa peu à peu le mythe primitif.
Nous compléterons ces indications par une liste complète des animaux sacrés de l'ancienne Egypte, en y joignant entre parenthèses l'indication des localités où l'on en rencontre le plus habituellement les momies ; Ja plupart de ces animaux se trouvent de préférence dans les localités indiqpiées, mais on est exposé à les rencontrer partout.
Sioge cynocéphale, consacré à Thoth (Thèbes et Hermopolis).
Singe vert ou cercopithèque, consacré A RA (Thèbes).
Musaraigne, consacrée à la déesse
Bast (Thèbes),
Hérisson, consacré i Râ.
Chien-renard, consacré A Anabis (Thèbes, el-Uar«ib).
Grand et petit chacal, consacrés A Anubis (Syout).
Ichneumon, consacré A la déesse Bast
Chat, consacré aux déesses Sachi et Bast (Thèbes, Béni-Hassan).
Lion, consacré A RA, Shou et aux déesses Sacht et Tefnout.
Oryctérope, consacré A Set; c'est l'animal dont on donne d'ordinaire la tète A ce dieu.
Hippopotame, consacré A Set.
Algazelie, consacrée A Set.
Bélier, consacré A Ammon (Thèbes).
Vache, consacrée A Hathor (Thèbes).
Taureau ; les quatre taureaux regardés comme des incarnations divines permanentes étaient Apis {Hapi) A Memphia, Mnèvis {Mena) A Hèliopolis, Bachis A Uermonthis, enfin Onuphis {Ounnefer), on ne sait dans quelle ville.
Vautour, consacré A la déesse Moath (Thèbes) et en général A toutes les déesses mères.
Épervlor, consacré A RA. A Haroéris et A Horos (Thèbes) et en général A tons les dieux splaires.
Hirondelle (Thèbes).
Hibou A cornes (Thèbes).
On ignore les divinités auxquelles étaient consaci^s ces denx oiseaux.
Ibis, consacré à Thoth (Thèbes, ICamphis, Hermopolis, Abydos).
Bennou, vanneau avec télé ornée de deux plumes flottantes (Osiris).
Oie du Nil, consacrée A Seb (Thèbes).
Crocodile, consacré A Sebek (Thèbes* Maabdèh).
Ht^u, hayèh, consacré à Noum et A Rennou, la déesse des récoltes (Thèbes).
Céraste, consacré A Ammon (Thèbes).
Grenouille, consacrée A la déesse Sacht (Thèbes).
Poisson foxyrrhynque, consacré A la déesse Tefnout (Thèbes).
Poisson latus, consacré A la déesse Nebouaout (Thèbes).
Scarabée, consacré A Kboper, le Démiurge (Thèbes).
Dans l'écriture hiéroglyphique, le lion fournit un grand nombre de symboles, le taureau est un emblème de force et de puissance, le bélier de l^esprit divin, le grand vautour fauve de maternité ; l'oie du Nil exprime Tîdée de« fils », le moineau celle de « mauvais > , le serpent uraeus ou hayèh celle de « roi » ; c'est pour cela que son image orne le front des rois et des dieux dont elle exprime la souveraineté. La grenouille ou son têtard marque les notions de régénération et de multiplication indéfinie; enfin le scarabée celle de création et de transformation, et l'abeille celle de roi. Le vautour et l'uraeus sont opposés comme symboles de la haute et de la basse Egypte, le roseau et Tabaille comme emblèmes de la royauté de ces deux régions. (F., sur les animaux sacrés, le tome V de Wilkinson, et le catalogue du musée de Boulaq.)
ÎNSTlTimONS £T MOSORS. 131
S 6. dUtetimi «t mmon dte tnolans Égyptiens. ^ Il omis reste, ]>our fittiliter rinielligenoe des scènes de la Tîe privée ou publiqae dee Égyptiens, que Ton rencontrera à chaque pas figurées dans les peintures on dans les bas-relieCs des monuments, à tracer un résomé sommaire de nos connaissances sur la ciTiUsation et les mœurs de Tanciesne égypte, connaissances dont le voyageur trouvera lui-même Tapplication en présenos des monuments eux-mêmes.
I. C&mHhUùm «oeûUe. — Le peuple égyptien était divisé en classes; la royauté occupait le sommet de cette hiérarchie. Hérodote distingue sept classes : les prêtres, les guerriers, les bouviers, les porchers, les gens de métiers, les interprètes et les pilotes. Diodore de Sicile n'en reconnaît que cinq : les prêtres, les guerriersi les agriculteurs , les pasteurs, les artisans. Mais de pareilles classifications sont bien incomplète? et les monuments font mention de certaines conditions civiles qui ne peuvent rentrer dans ces divisions trop générales.
• On a cm longtemps que le peuple égyptien était rigoureusement divisé en oMtes; mats M. J. J. Ampère a réfuté cette erreur. En etCéX, les conditions easeatieUes de la caste, c'est-à-dire l'abstention de toute alliance en dehors de la caste et la continuation de la même profession dans une même ftimille, ces conditions n'existaient pas en Egypte. Les assertions d'Hérodote et de Diodore de Sicile sont contredites par fobservation des monuments. Nous y voyons par exemple qu'un même personnage pouvait être revêtu à la fois de fonctions militaires et religieuses, que des mariages avaient lieu entre membres de familles occupant des charges diflérentes, enfin que les membres d*ttne même famille pouvaient occuper diflèrentes fonctions et que la transmission aux enfants n'en était pas même nécessaire. Il se passait en Egypte ce que nous retrouvons plus tard en France lorsque certaines familtes se vouaient à la guerre, d'autres à la magistrature, sans faire une c^ligation de ce qui n'était qu'un choix et une vocation. Aussi M. Ampère traduit-ài avec raison par le mot de « corporation » le met grec traduit jusqn'iei par caste. * (P. Lenormaot, Jfon. d'hift. cmc. de l'Orient, p. 327
Lee ftêtres.'^ Sous les premières dynSïtties, les prêtres occupaient après le rn le premier degré de l'échelle sociale. A leurs fonctions étaient attachés des privilèges très-importants, entre autres la possession de la plus glands partie des terres, exemptes d^impôts. Le revenu serrait à l'entretien des temples et aux dépenses des prêtres. Ceux-ci recevaient chaque jour ane portion des viandes sacrées, qu'on leur donnait toutes cuites. On leur distribuait en outre quotidiennement un certain nombre de bœufs et d'oies et une grande quantité de vin. L'usage du poisson leur était interdit.
Hérodote raconte qu'ils observaient une grande propreté, qu'ils se lavaient deux fois par jour, et tout autant la nuit. Leur costume se composait d'une robs de lin et de chaussures en écorce de papyrus.
Les gmmriêre. — Le service militaire étîdt considéré comme une distino* tion honorifique. Comme les prêtres, les guerriers possédaient une grande quantité de terres exemptes de toutes redevances. L'armée égyptienne se composa d'abord de troupes exclusivement nationales. Plus tard, les étrangers y furent admis en qualité d'auxiliaires, mais sans jouir des avantages et des privilèges des corps indigènes. Lorsque Psamétik monta sur le tr6ne, avec le secours de Grecs mercenaires, il donna à ceux-ci le pas sur
las nationaïu. Aussi plus de 200000 guecrier» égypUens qoittirenUils les garnisons où leur position inférieure les avait relégués, poui^ aller former des colonies au delà des cataractes. Le remplacement des soldats égyptiens par des mercenaires grecs amena la prompte décadence militaire du pays. Ce seul fait explique la facilité avec laquelle Gambyse se rendit maître de la vallée du Nil.
he peupto.— Après les prêtres et les guerriers, le peuple constituait une troisième grande division composée de plusieurs catégories. Nous avons vu précédemment les divergences qui existent entre les deux historiens grecs an sujet du nombre de ces catégories. Diodore de Sicile distingue une classe particulière d'agriculteurs que l'on ne trouve point dans Hérodote.
La majeure partie du sol de TÉgypte étant entre les mains des rois, des prêtres et des guerriers, la petite propriété existait à peine, et les agriculteurs dont parle Diodore de Sicile, d'accord ici avec les monuments, n'étaient autre chose que des colons attachés à la glèbe, qui cultivaient, moyennant une redevance, les domaines appartenant aux classes supérieures. On les transmettait avec la propriété du sol, et ils étaient soumis au régime écrasant des corvées pour l'érection des monuments publics. Leur condition était analogue à celle des wrf% du moyen Âge. Les ftUâki qu'on retrouve encore aujourd'hui en Egypte et qui exploitent le sol pour le compte du souverain, sont les représentants des anciens agriculteurs dont parle Diodore.
D'après des recherches récentes de M. Maspero, il est cependant certain que dès la xiii* dynastie, il existait des propriétés communales et des propriétés privées, qui devenaient la source de nombreux procès.
La classe des pasteurs comprenait tous ceux qui s'adonnaient i l'élëve du bétail. Ils habitaient les villages et avaient souvent des troupeaux considérables. 11 ne faut pas confondre ces pasteurs sédentaires avec les pasteurs nomades qui élevaient du bétail sur les frontières et s'adonnaient souvent au brigandage.
Les porchers, qu'Hérodote distingue des bouviers, étaient méprisés par le reste de la nation; on leur interdisait l'accès du temple et toute fréquentation avec les autres classes; le porc était en effet considéré comme un animal impur.
La classe des pilotes ou marins rendait de grands services. Les inondations périodiques du Nil et le grand nombre de canaux qui sillonnaient l'Egypte, faisaient de la navigation un des principaux moyens de oomznunication. Ajoutons que le transport des blocs qui servaient à la construction des monuments s'effectuait toujours par eau.
Quant aux interprètes, leur office fut indispensable lorsque, sous les rois Baltes, le commerce avec l'étranger prit une extension considérable.
IL Con$tit\U\on politique et adtnimsirutùm* — Les rois étant vénérés et adorés à l'égal des dieux, la constitution politique de l'Egypte ne varia pas et fut toujours une monarchie absolue pendant toute la durée de l'enaipîre des Pharaons.
Pour les Égyptiens, le roi est une divinité visible; • c'est le fils du Soleil ; le dieu bon, le dieu grand; il est l'image de Rê, ou dieu Soleil, parmi les vivants. « Ce caractère divin accompagne les rois au delà du tombeau; tout roi qui meurt est un attribut nouveau de la divinité dans le panthéon