‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 93 sur 408 · INSTITUTIONS £T MŒURS · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS £T MŒURS

é^jptien, dueun d'eux a des autels qui perpétuent sa mémoire et reste Foi^ d'un culte local. DiTers monuments représentent même des rois préeentaiit des offrandes à leur propre image. {Tombe de Séîi au Bod-et- MêlmJt,) Aussi la peuple entier était-il courbé devant cette majesté redou-' table dont Iw volontés étaient des manifestations de la volonté divine. Les plni baatae fonctions étaient entachées d'un caractère de domesticité IncaopBlible UTec le sentiment de l'indépendance et de la dignité persooode. Mata on ne saurait s'attendre à trouver ches les anciens Égyptiens ce ****t»annt que les races orientales semblent n'avoir jamais connu, et qui est cDcore une nouveauté chez un certain nombre de nations modernes.

Ymà l'emploi d'une journée royale. Le roi, levé dès le matin, prenait CBiBaijeaiio» de ce qui se paseait diÉns son empire, au> moyen des lettres et éas lapports qui lui étaient adressés. Ensuite, après s'être baigné et revêtu et sse inaignes, il offrait un sacrifice aux dieux. Pendant ce temps le grand prêtre énumérait, en présence du peuple, toutes les qualités du roi. Magnanimitè, justice, bienveillance, toutes les vertus lui étaient attribuées et, dit M. Lenormant (Manuel de PhUtoire ancienne de rOrient, p. 337 ), nulle part plus qu'en Egypte ne régnait le principe que « le roi ne peut mal 1aîre>.

Diaprés ce que nous venons de dire, il est bien difficile d'admettre cette opimon communément répandue qui veut que les rois après leur mort eussent été jugés par des assemblées populaires, et M. Lenormant n'hésite pas à appeler cette croyance une pure fiction.

L'administration de l'Egypte était aux mains d'une bureaucratie puissante, nombreuse, savamment et hiérarchiquement constituée; les nombreux scribes attachés aux services des travaux publics, de la guerre, de rinteodance et des revenus de l'État, avaient des comptes soigneusement tenus, ainsi que l'attestent les papyrus parvenus jusqu'à nous; les impôts se percevaient en nature ; au point de vue de la nature des revenus, le sol était divisé en trois catégories : les canaux qui payaient la dlme en poissons, les terres arables (oiioii) en céréales, et les marais {pehou) en têtes de bétail. Le territoire, au point de vue administratif, était divisé en un eertam nombre de districts auxquels les Grecs donnèrent le nom de nomee, Hérodote dit que dans chaque cheMieu de nome se trouvait le sanctuaire de quelque divinité, et que le culte et les cérémonies variaient d'un nome i rautfu. Le nombre des nomes était de trente-six, et à la tête de chacun d'eue était un gouverneur nommé, par les Grecs, nomarque» Le nome se subdivisait en circonscriptions de moindre importance (en grec Téno<), dont les gouverneurs étaient lee toporquet.

lit Orpomsaltdfi judiciaire et laie, -> Le roi n'intervenait dans les jugemetite qu'à de rares exceptions, lorsqu'il s'agissait d'affaires politiques. La juridiction régulière appartenait à des tribunaux dont les memhres, rkbemont appointés, étaient choisis dans la classe sacerdotale et parmi les différents nomes. Leur nombre était de trente et un, y compris leur président. Toutes les aihires se traitaient par écrit : le demandeur portait sa plainte et fiiait le taux du dédommagement auquel il prétendait, ou la peine qu'il voulait qu'on appliquât à l'accusé. Celui-ci recevait communication de ia requête et y répondait aussi par écrit. Après une réplique do pert et d'autre, le tribunal rendait sa sentence.

Diodora a tracé de la législatlOD égyptienne le tableau le plus complet ; nous noua ooDtenteionB de quelques citations : Un des plus grande crimes était le parjure, qui offensait à la fois les dieux et les bommes; sa punition était la peine de mort. Celui qui ne secourait pas un homme aux prises avec un assassin était frappé de la même peine, et, s*il avait été dans Pimpossibilité de prêter son secours, il était contraint de dénoncer les coupa* blés devant les tribunaux, sous peine d'être roué de coups de vergé et privé de nourriture, pendant trois jours. Tout Égyptien devait indiquer par écrit ses moyens de subsistance, et s'il était prouvé qu'il gagnât sa vie par des agissements illicites, il était puni de mort.

Le meurtre volontaire d'un esclave aussi bien que d'nn homme libre était puni de mort; car la loi voulait frapper l'intention et non le résultat matériel. Le soldat qui avait déserté les rangs était puni par l*intemia et non par la peine de mort; la loi voulait ainsi habituer les soldats i ne pas cmindre la mort et à la préférer au déshonneur d'une mauvaise action. La réhabilitation par un coup d'éclat était cependant permise au soldat déclaré infâme. L'espion qui avait révélé des plans secrets à Tennemi avait la langue coupée.

Tous les faussaires en général avaient les deux mains coupées. La femme adultèro avait le nez coupé, et l'homme recevait mille coups de verge. -*- Les lois civiles s'appliquaient surtout aux transactions commereiales. L'intérêt d'une somme ne devait jamais dépasser le oapital; la contrainte par corps pour dettes n'était pas admise»

lY. McBwrt et efmhumêt, — Les monuments nous ont fourni une foule de détails intéressants sur les mœurs, les coutumes et la vie privée des Égyptiens; les dessins gravés sur les parois et les stèles des tombeanx nous représentent ce peuple comme à la fois agriculteur, industriel et guerrier ; ces tableaux se recommandent par la variété des sujets et l'exactitude des détails; tantét c'est le labourage à force de bœufs ou â bras d'homme; le aemage, le foulage des terres, le hersage, la récolte et la mise en gerbes du lin et du blé, le battage, le mesurage^ le transport à dos d'âne ou par chalands; ici, des cuisiniers activent le feu et préparent le repas; des femmes dansent et chantent au son des violes, des flûtes et de la harpe ; ailleurSy ce sont des épisodes de chasse et de pêche, des joutes- sur Teau, des incidents de l'inondation; la vendange, l'égrenage des raisins, la fabrication du vin dans des pressoirs différents, la mise en amphore et l'aménagement des caves, se retrouvent sur quelques tables. D'autres tableaux montrent le sculpteur sur pierre et le sculpteur sur bois i leurs pièces, des verriers soufflant des bouteilles, des potiers modelant leurs vases et les enfournant ; des cordonniers, des charpentiers, des menuisiers, des fondeors, des femmes tissant au métier sous la surveillance d'un homme. (F. Maspero, fftflotrs ancienane d$ VOriêrU, p. 122.)

L'ipdustrie avait reçu en Egypte un développement remarquable, si Ton en juge par les riches étoffes dont le tissage et la teinture étaient confiés à un grand nombre d'ouvriers; nous avons déjà signalé l'art de travailler les méUkux, de fabriquer la porcelaine et le verre, de préparer l'émail pour les mosaïques. (F. p. 89 et musée dé Boulaq, salle des bijoux.)

Le commerce par terre et par mer portait jusque dans les contrées les plus éloignées les produits de cette industrie.

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