‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 94 sur 408 · MŒURS · texte numérisé non relu

MŒURS

Lligyptiea des tneiens temps andt, comme celui d'at^ourdliiii, un otnetfeft doî^e 6% dee monira douces; il était obéissant et profondément reli* peat; il portait au vieillard un très-grand respect, an dire d'Hérodote.

• n b'x a parqii les Grecs, dit Hérodote, que les Lacédémoniens qui s*aecordeot avec les Égyptiens dans le respect que les jeunes gens ont pour les fioUuds; si un jeune homme rencontre un vieillard, il lui cède le fMetse détourne; si on vieillard surrient dans un endroit on se trouve un isoft boaime, celui-ci se lève. •

Ia Égyptiens anuent entre eux les manières d'un peuple poil et civilisé. « Lonque les égyptiens se rencontrent, au lieu de se saluer de paroles, ils « font une profonde révérence en baissant la main jusqu'aux genoux. • Cesl ainsi que font les Arabes d'Egypte aujourd'hui et il est à croire qu'ils SBt reçu cette pratique du peuple qu'ils ont soumis.

La femme était plus respectée en ces temps reculés qu'elle ne l'est ajoard*hui; elle pouvait étro revêtue du pouvoir royal; la reine Hatasou et la reine Nitaorit (Nitocris) se sont rendues célèbres; des femmes remplissaîeot les fondions ds prêtresse. « La femme, dit M. Mariette, prenait une large place dans la famille; elle transmettait intacts à ses enfantt les droits qu'elle tenait de sa naissance ; on lit dans les IfUtruetiont de PtaM^t^p, ouvrage sur lequel nous reviendrons plus loin, et qui est un des plus anciens livres du monde : • Si tu es sage, munis bien ta maison ; aime ta « femme sans querelles, nourris-la, pare-la, c'est le luxe de tes membres. « Parfume-la, réjouis-la, le temps que tu Tis : c'est un bien qui doit être

• digne de son possesseur. • Ces touchantes pensées remontent A la cinquième dyn^tie égypàenne; elles sont contemporaines des Pynmides, et en bonaear, il y a plus de cinq mille ans, sur les bords du Nil, elles ne parattraient pas déplacées de nos jours sur les bords de la Seine 1 »

Hérodote nous donne, sur la manière de se nourrir et de se vêtir des anciens Égyptiens, des détails dont Texaetitude a été confirmée par les monuments. « Après les Libyens, dit-il, il n'y a point d'hommes si sains et d'un meilleur tempérament que les Égyptiens.... Ils sont persuadés que toutes Boe maladies Tiennent des aliments que nous prenons.... Ils Ibnt leur pain avee de l'épeautre ou blé barbu; ils boivent de la bière dans certains districts, et vivent de poissons crus, séchés au soleil ou mis dans la saumure; ils mangent crus pareillement les cailles, les canards et quelques petits oiseaux qu'ils ont eu soin de saler auparavant; enfin, à l'exception des fliseanx et des poissons sacrés, ils se nourrissent de toutes les autres espèces qu'ils ont chez eux, et les mangent ou rôties ou bouillies. »

• Léon habits sont de lin, composés d'une pièce d'étoffe enroalée autour des reins, avsc des franges sur les jambes; par-dessus, ils s'enveloppent d'un menteau de laine blanche, mais ils ne le portent pas dans les temples. On ne les ensevelit pas non plus avec cet habit; les lois de la religion le détendent. •

Le soin du corps soit pendant la vie, soit après la mort, tenait une grande pbœ dans les mœurs et les coutumes égyptiennes; la médecine y était en honneur. (F. p. 136-137.) Mais la plus grande préoccupation des Egyptiens était de soustraire le corps du défunt à toutes les chances de destruction; poor acriver à ce but, ib ont pratiqué Tembaumement, ils ont rempli l'Egypte souterraine de momies, ils ont fait des tombeaux qui ressemblent

à des demeures éternelles, ili ont bàtl des pyramides, ils ont eu un culte régulier des morts, et les témoignages de cette piété excitent notre étonnement. (F. pour les monuments funéraires, p. 85.)

Les Égyptiens croyaient à des esprits malfaisants qui entraient dans le corps de Thomme et y produisaient des désordres plus ou moins graves : cette croyance superstitieuse, qui a du reste été de tout temps commune chez les peuples orientaux, était contenue chez eux dans certaines limites par la rectitude de leur esprit, porté à Texactitude et à la modération.

y. UUératwre et uiênees. — Bien que la littérature égyptienne paraisse avoir été nombreuse, d'après les mentions fréquentes qu'en ont faites les auteurs grecs et latins, il ne nous reste malheureusement que bien peu de chose de tous ces trésors. Cependant un certain nombre de manuscrits assez bien conservés suffisent pour donner une idée de la variété des sujets traités.

La première place, parmi ces productions, appartient à la littérature religieuse. L*ouvrage que les savants français ont appelé le RUuA funéraire, dont on déposait un exemplaire plus ou moins complet dans chaque cercueil, et dont plusieurs parties remontent à la plus haute antiquité, nous est resté presque en entier, grîLce à sa multiplicité. Ce qui le rend surtout intéressant, c'est qu'il renferme la morale des Égyptiens, morale qui confirme la réputation de sagesse que ce peuple avait acquise dans l'antiquité. Non^seulement les crimes et les défauts y sont réprimés, mais encore Ja bienveillance et la protection à l'égard des autres y sont recommandées.

Un autre livre de doctrine, le livre des migratione, se trouve aussi dans les sépultures.

Toutes les notions sur la science de l'homme et du monde avaient été communiquées, suivant les prêtres, par Thoth, le premier Hermit, appelé aussi Triimégiste, trois fois très-grand, qui écrivait tous ces livres sous l'inspiration du dieu suprême. Un second Hennés passait pour l'auteur de toutes les institutions sociales de l'Egypte.

Ce qui nous reste de la littérature historique de ce pays est malheureusement fort rare, et cependant l'histoire occupait une grande place dans la littérature égyptienne. Le musée de Turin possède un fragment de carte géographique du temps de Séti I"*, qui embrasse la région des mines d'or de la Nubie. Le musée Britannique possède une collection de lettres de scribes célèbres, en plusieurs endroits intéressantes pour l'histoire.

Un genre de pure imagination, le roman, était aussi en faveur en Egypte ; il nous en est resté quelques-uns.

Parmi les ouvrages de science, le musée de Berlin possède un Traité de médecine. Cet ouvrage, appelé le Papyrus médical de Berlin, dont le D' Brugsch a donné une édition , et qui nous est conservé dans un manuscrit de la xa* dynastie, est ia reproduction d'un livre bien plus ancien dont l'invention remonte aux rois Uesepti (de la i'* dynastie) et Send (de la i'* dvnastie). Il nous donne des notions sur les connaissances médicales des Égyptiens. Vana$omie n'était pas ignorée absolument d'un peuple qui se livrait à la pratique usuelle des embaumements. Hais des préjgués reU« gieux s'opposaient à ce que la science profitât officiellement de ces occattons : l'embaumeur lui*mème était un objet d'exécration générale. Leur phonologie reposait sur la doctrine des esprits vitaux, qui étaient cbarriés

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par les vaisseaux. Ces esprits ou souffles pénétraient dans les ▼eines et les artères, se mêlaient au sang qui les entraînait par tout le corps, et faisaient mourir l'animal. Au moment de la mort ■ ils se retirent avec Tàme, le sang se coagule, les veines et les artères se vident et Tanimal périt. • Les Égyptiensi diaprés un autre passage, semblent avoir eu connaissance de l'action du ocnir, comme moteur central du sang. Le passage précédent sur les vaistesBX qui se vident à la mort, est conforme, pour les artères du moins, avec oe qoe noua savons maintenant. La pathologie est assez confuse et les maladitsks pluj faciles à reconnaître sont des varices ou ulcères aux jambes, une sorte d*érysipèle, le « ver » et la maladie divine mortelle, le ditÎMU wtot^fiM des Latins, l'épilepsie en un moL Une observation de maladie lajçortée par M. Maspero d'après le papyrus de Berlin semble s'appliquer à on cas de dysenterie, ou de fièvre bilieuse. On reconnaît assex bien dans les Usité précédents la pathologie spéciale de l'Egypte (F. p. 61-63). La thérapeutique n'est qu'un recueil de recettes empiriques. La matière médicale comprend des substances empruntées aux trois règnes de la nature : plus de cinquante espèces de végétaux, des minéraux, tels que le sulfate de cuivre (?}, le sel, le nitre, la pierre memphite (Àner sopd) (?) qui, appliquée sur des parties malades, avait, dit-on, des vertus anestbésiques; dos sahstances animales, la chair viciée, le foie, le fiel, le sang, l'urine de certains animaux, le poil et la corne de cerf, etc. La préparation pharmaceutique de tous ces médicaments comprend déjà les potions, pommades, cataplasmes et clystères. Les manipulations comprennent déjà la trituration, la décoction, la filtration ; les mélanges avec différents liquides, tels que la bière, la tisane d'orge, le lait de vache ou de chèvre, l'huile d'olive, ou le mieL Ajoutons qu'à la médication pharmaceutique s'ajoutait presque toujours Vezoreisme des esprits malfaisants qui étaient considérés comme la cause première de la maladie. Hérodote nous a laissé quelques détails sur l'organisation professionnelle des médecins. Les spécialistes y existaient déjà principalement pour Toculistique, pour les maladies du ventre, chose naturelle dans un pays ou ces maladies sont si fréquentes. Mais il y a évidemment de l'exagération dans l'assertion que chaque médecin ne si'occupait que d'une seule espèce de maladie et non de plusieurs. Il y avait des médecins chargés de la médecine générale, et à côté d'eux des spécialistes. U semble d'ailleurs qu'une sorte d'orthodoxie fût imposée à la pratique médicale. Si les médecins s'écartaient des règles posées dans les livres d'oiigine appelée divine, c'était à leurs risques et périls : ils pouvaient en cas de malheur être punis comme asaassins. Le itmhUa faeuUaHi eemper oeesn.fi des médecins de Molière n'a pas des conséquences aussi graves.

Un autre papyrus donné par M. Prisse à la Bibliothèque nationale de Paxis (publié en 1847, chez Franck, in-f% analysé par M. Chabas, dans la Meeue Wfthéologiquef 1** série, t. XIV), est un ouvrage de philosophie qui fat sans doute écrit sous la xji* dynastie, et qui renferme les œuvres de deux aotears vivants l'un sous la ur, l'autre sous la v* dynastie. La première partie est la fin d'un traité de morale composé par un certain Kaginna à l'avènement du roi Snefrou ; les dernières pages sont remplies par un opuscnUy connu squs le nom d'Iniimclions de Ftah-hotepf dont nous avons cité plus beat un passage. Oit ouvrage débute par un tableau de U caducité sénile : un dieu répond au vieillard que son rdle est d'instruire les Jeunes

gens par les enseignements du passé. Il n*y a dans les préceptes qui suivent, ni analyses savantes, ni abstractions métaphysiques : mais des observations morales pratiques, et des conseils sur la conduite à tenir dans les diverses oiroonstances de Ut vie. Ce quMl y a de certain, c'est que l'auteur cherche à échapper à ce qui n'était déjà à cette époque qu'un lieif commun, par des étrangetés de style et d'idées souvent difficiles à comprendre.

Les constructeurs des Pyramides ont eu des connaissances assez avancée s, sinon en géométrie théorique, au moins en géométrie pratique ; un papyrus, appartenant au musée Britannique, contient une douzaine de théorèmes d'un Traité de géométrie pratiqué qui allait au delà des problèmes élémentalres de trigonométrie rectiligne. Ce traité ne remonte qu'à la zix* dynastie.

Mais une science dans laquelle ce peuple était relativement fort avancé, c'est l'astronomie. Depuis les temps les plus reculés, ils avaient une année solaire de 365 jours, divisée en 12 mois de trente jours avec cinq jours complémentaires. Plus tard, ils avaient inventé une période astronomique très-ingénieuse pour ramener, de distance en distance, l'accord entre cette année, dite vague, et l'année réelle et fixe de 365 jours 1/4. Mais n'ayant pas, comme nous, les procédés de calcul et les instruments d'optique aujourd'hui en usage, ils avaient dû se réduire aut connaissances que rob> servation peut fournir avec le secours des yeux. Au lieu d'ajouter, comme nous, un jour tous les quatre ans, ils ajoutaient une année entière au bout d'un cycle de 1460 ans (365X4). Le commencement de ces deux années colncifûit avec le lever héliaque au matin de l'étoile Sopt ou Sothis (Sirius) qui marquait le début de l'année civile et le début de l'inondation : c'était la fameuse période iothiaque, dont le retour était établi par de grandes fêtes. Nous avons vu page 67, et nous verrons encore, à propos de la pyramide de Mycérinus, l'applrcation qu'on a faite de cette donnée à la détermination de la chronologie égyptienne.

Les Égyptiens élevèrent l'astrologie au rang de science, et les influences des astres sont indiquées dans des fhigments d'un calendrier astrologique rédigé sous la m* dynastie. •

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