V. une note de M. A. de Blois
insrecteur des monument*? dfi Finistère, publiée en 1S63 dans le JSuliettn mouumcnlul, t. XXVin, p. MS.
D£ NANTES À liRËSX.
leurs cheveux, quMls arrachent ensuite avec violence, espérant touoher le saint par cette mortification.
A l'autre extrémité de la crypte, une seconii^, pierre tumulaire est décorée de la statue et des armes de TabbÀ Heurt de Lesperves (1434).
la crypte renferme , en entre , un groîipe en tuffeau, de prindeur naturHlf, roprésenUint h Christ an fom- Ornu, entotin'' de huit personnages en coslumes du xvi' s.
Véqlitê Saint-Miehel est un édi* fice de deux époques distinctes : la nef, longue j baute et sans bas côtés, annonce le tiv" s.; le chœur et la tour carrée qui le surmonte étalent la riche ornementation du xv* s. Cette tour, soutenue par deux grosses colonnes monocylindriqnes et par deux piliers formés de colonnettes fasciculées, est terminée pnr un triple rang de galeries flamboyantes avec un clo* cbeton en forme de pyramide à crochets à chaque angle de la plate* forme. Une flèche couverte en nlumb la couronnait naguère; la Révolution Ta fait fondre. Le porche N. , malgré les mutilations qu'il a soufterles et surtout la perte de ses statues, se recommande encore par une foule de jolis détails j son intrados est découpé en trilobés à jour.
Les ruines de VéglUe Saint-CoUmhan présentent, au-dessus d*unc porte romane en plein cintre, une f^nêlio flamboyante flanqure de deux niches couronnées de dais gothiques et soutenues sur des consoles. Le côte g.
de l'abside appartient à la période romane ; on y remarque plusieurs colonnes engag^'es , rct iniliant sur des modillons grnnncnnts. Saint-Colomban était la jiaroisse du chftte;iu, que le nom d'une rue rappelle seule aujourd'hui et où les ducs séjournaient quelquefois lorsquMls venaient chasser dans la furèt de Carnoêt.
I.o couvent des Domrniramf: y appelés depuis Jacobins, qu'octupent les Dames de la Retraite, fut fondé en 1255 par Blanche de Champagne,
épouse du duo Jean I*'* On désignait
ce monastère sous le nom iVabbaye hianrhp à cause de la couleur de l'habit Je> religieux et 'par opposition à riidJjii des Béuédictins, qui faisait appeler Tabbaye de Sainte-Croix Vab^ bay0 noirê.
Le comte de Montfort , échappé à grand' peine aux dangers de sa malheure'ise entreprise sur Qnimper en 134.'), éiunt mort peu de jours après à Heunebont, fui inhumé daus le choeur de l'église des Jacobins, anjourd'hui démolie à Texception de la porte principale. Cette porte et le portail qui donne entrée dans l'enclos des Dames de la Retraite sont les seules parties du couvent actuel qui aient un caractère d'antiquité.
Samt-DmHdj à 600 mèt au S. fi.
de Quimperlé, est une chapelle dn XVI* s., située sur la terrr de VnnnP!^. Les meneaux de ses fenêtres dessinent des lleurs de lis et la chapelle est eutourée d'uu cimetière.
Nous n*avonspltts à signaler à Quimp perlé que les vastes bâtiments des UrsulineSj établies depuis 1652, au S. de la place Saint-Michel, et, sur le ]datc.iu qui regarde l'Isole, le couvent des Capucine, devenu collégê communal.
■Bviroos de ftninyftrlé.
Les environs de Ouimpcrlé offrent
des pny-''t'-'i>s variés. A 4 kil. au S. de la ville, à l entrée de la forêt domani;ile dr CaruoH (750 hect.), au milieu d'uu massif de beaux arbres, s'élève Véglis9 de lathéa, visitée par de nombreux pèlerins, le lundi de la Pentecôte, jour du pardon de Toulfoën, nommé aussi pardon des ois-eanx, j>arce (ju'il s'y vend une !j:rande quantité d'oiseaux de toute esp èce.
La forêt de Carnoët appartenait an*dénuement aux ducs de Bretagne
3ui y possédaient un cMteau entouré 'un parc de plus de deux lieues de rirronf.'tpne". 11 iir ip'^le du château (jue (pu'ifpH's partis ile luurailie» couverts de grands arbres, de pervenches
[a0UT£ 6] QUiMP£BL£.<— BÂNNAUSG.--SGAKK. 871
et de pariétaires. — A rextrémité S.
de la forôt, on trouve les restes, trèsdignes d'une visite, de Vahiaiie de Saint-Maurice, fondée en 1170 par le duc Cunaii IV, et oû Maurice, moine de Laiigoonet^ honoré depuis comme saint , fut inhumé en 1191.
On lui attribue plusieurs miracles, et entre autres celui d avoir rempli surnatuiolioment de vin son calfce, au mocieiU où il en manquait pour la célébration de la messe. Les reiiqut's de saint Maurice sont conservées dans la chapelle, pratiquée dans les ruines de réglise abbatiale^ que la Révolution a détruite. La construction du çhœur do cette église était due à l'abbé Guillaume de Kerespertz, qui la gouvernait en 1407, et celle des stalles à Tabbé Henri de Cofitrieux , en 1472. Dans la sacristie se voit un très^ beau Christ en bronze , seul débris d'un trésor autrefois fort riche. — La pierrf» tombale d'un abbé , exliuniée de Frudise, gît aujourd'hui dans les j.u duis, baignés par la Lai ta. — Dans les bâtiments claustraux convertis en maison d'habîtation, on distingue une salle capitulaire du xiY*oudu m*»,, voûtée ;en pierre.
A 3 kil. au N. E. de Ouimperlé,sur la rive g. del'EUéjla chapelle de Rosiirand renferme un élégant jubé en bois, de répoque de la Renaissance, dont les panneaux inférieurs sont char^'és de bas-reliefs représentant des sujets alternativement .sacrés et mytholoc^nqucs. Dos statuettes, parmi lesquelles on remarque lu i- Oi, VEapéronce f la Justice, etc., décorent la galerie supérieure.
De Qaimperlé à Carhaut, R. 77 ; — à Conearneau, R. es.
Le chemin de fer, laissant à g, le château deKernaulel (2 kil.) le v. du Trémux (1347 hab.), s'élève par une succession de rampes et parallèlement à la route de terre de Brest, à travers une région ondulée où les landes alternent avec les champs entourés de haies d'arbres.
223 kil. BannaUc (Am habO, ch.-Lde c, situé à 1 kil. au N. E. de
la station établie au hameau du i^tfi*
quis, n'a pas de monuments, mais ses .environs offrent de jolis sites, parmi lesquels nous indiquerons, à 12kiL au S.^ le port de Pontaven (R. 95).
[Le territoire de Bannalec est limité auN.parcelui de Scaër,ch.-l.de cant.
de 4471 hab. Scai r est la plus prande commune du Finistère, car elle pré-, sente une superlicie de prî-s de 12000 hectares, dont la moitié sovs landes* L'Aven et l'Isole traversent cette com>* mune, où l'État possède deux petites forêts: Coatloc'h, sur les bords de l'Aven, et Cascadec, près de l'Isole.
Le bourg de Scaër, à 12 kil. de Bannalec, est bâti sur une hauteur et sur la rive dr. de risole^à 182 mèt. au^lessus du niveau de la mer. Son p'glixe principale, en partie romane, est dédiée à sainte Candide , abbesse inconnue aux hapiof^n-apbos.
Selon la tradition du pays, en frappant la terre de sa crosse , sainte Candide fit jaillir la foniaim qui porte son nom, et cotte fontaine est encore l'objet d'une certaine vénération pour les vertus médicinales qui lui sont attribuées. Les eaux de la fontaine viennent, par un aqueduc de 250 mèt.
environ, remplir une cuve de granit qui alimente le bourg, puis elles se perdent dans l'Isole. On vide facilement le iiassinde celte fontaine; alnr.s une cin(îuantaine de sources jaillis»
sent en bouillonnant de son fond schisteux, mais vingt-quatre heures suffisent pour la remplir de nouveau.
Le canton de Scaêr a conservé une foule de vieux usages et <lp superstitions , raiiporlés par Bnzeux dans son poëuie des BreionSy et qui font de I9. Basse • Bretagne un pays éminemment original.
On trouve sur les bords de l7sole, et particulièrement dans le ruisseau de Coatdry, un des affluents de 1 Aven, une assez grande quantité de staurotidesou pierres de croias. Ces pierres.
DE NANTES A BREST
sortes de stlicates alumineux doubles, se rencontrent égalementsur quelques
points du Morbihan , mais les paysans de Sca^M leur attribuent une origine surnatureiie. Suivant la tradition, unchef païen, ayant dans son délire impie renversé la croix de la chapelle de Goatdry, Dieu mit son signe aux pierres de Coatdry, que l'on fait aujourd'hui porter aux enfants comme talismans contre certaines maladies, dans un petit sachet attaché au cou.
La chapelle de Coaldry^ sous le vocable de Saint-Sauveur, renferme un Mmb homù en bois, dont les pieds sont complètement usés par les baisers des fidèles.]
La voie ferrée, franchissant la route de terre à 1 kil. de Bannalec, descend au moulin de Roshuelf sur le ruisseau du Ster-Goz, et remonte ce ruisseau jusqu'à la hauteur du b. de Kemével {2ijk'i iiab.)^ dont on aper<^oit le clocher à 400 mît. à dr. Elle croise ensuite la route de Scaër, puis traverse, sur une chaussée, Vétang de Rosporden (45 hectares).
234 kil. Rospnrdrn, ch.-l. de c^, est une petite V. de 1284 hab., bâtie, sur la route impériale de Brest, à 130 mèt.
au-dessus du niveau de la mer. C'eiait au moyen âge le siège d'une chfttelleniedonnéeen1334 parleduc Jean II à Jean de Bretagne, comte de Mont- /ort l'Amaury, son ïvbve puîné, puis transmise en 1382 à Jeanne de Hetz.
Les Espagnols, auxiliairesde la Ligue, conduits par Don Juan d*Aquila. occupèrent Rosporden au mois daoût 1594, attendant l'occasion de tenter un coup de main contre Concarnean.
Cette occasion ne s'oflrant pas, ils se replièrent sur Quimpeilé et de là sur Blavet qu'ils conservèrent jusque en 1598 : mais, en quittant^ Rosporden, ils mirent le feu dans la ville, qui fut en prrHnde p u tie brûlée , et n'épargnèrent que l'église. Celte èglùe coui'onue uue poiule de terre au mîKeu de Tétang qui en haigne les murs. Les motifs rayonnants de
la flèche en granit, élevée sur le carré central, annoncent le xiv* s., de même que les piliers octogones, les chapiteaui et les arcades de la nef. Au S.,
un porche en plein cintre encadre deux lancettes légères correspondant aux portes géminées du portail.
L'abside plus moderne appartient au
style flamboyant et les meneaux de ses fenêtres dessinent des fleurs de lis.
La rivière d'Aven, qui sépare larroudissement de uuimperlé de celui de Quimper, vient grossir les belles eaux de Tétang de Rosporden et en ressort assez forte pour pouvoir, un peu plus loin, porter, au-dessous de Pontaven, des barques de 50 à 60 tonneaux.
[Corresp. pour (14 kil.) Concarnean (B. 9Ô).J
On entre dans la vallée du Jet, dont on côtoie le ruisseau jusqu'à son confinent avec rodet.
254 kil. Qnimper ou Quimper- Gorantin (omnibus c; avec
30 kil. de bagages, 60 c; avec plus de 100 kil., 1 fr. 50 c. ; — liôt ; de T^pêe , de Provence, du l.ion-d Or; — loueur de voitures, Léonard, rue de la Préfecture (calèches à 2 chevaux, 20 à 25 fr. la journée , selon la course) — libraires : /acob, SoIdAn, Lafage), V. de 12 532 hab., ancienne capitale du comté de Cornou nlle . t li.-l. du départ, du Finistère, siège d'un évôché, sulîragant de Reimes, est située dans un charmant bassin bordé de hautes collines, au confluent duSteir et de rodet, dont les eaux réunies forment, à 17 kit. de FOcéan , un port qui peut recevoir des navires de ISO tonneaux.
La gare, dominée par de jolis coteaux boisés, est bfttte sur les bords de rOdet, en amoDt de Quimper. Du côté de ro. se monti*e la ville, dominée par sa cathédrale, dont on aperçoit distinctement toute i élévation au chevet,avecles tours et flèches qui la couronnent. On s'y rend, de la
[ROUTE 6] iaUIlIPER. —
gare, en suivant ie iiouveati quai construit le long (les anciens remparts.
Les origines de Quimpersont fortobscnrei. A ea croire les anciens annalistes bretons, cette ville fnt fondée par un certain ConVieiM, fogitif de Troie. Le premier établi çsemeni» au temps de l'occupation romaine, semble avoir été le faubourg de Loemerla, situé & soo met.
en avril de la rivo g. do TO let. Ce qui donnerait une valeur particulière à cette supposition, c est que ce faubourg, qui porte dans des actes dn xi* s. le nom de Civitas aquilonia^ est parsemé de briques et de substructions antiques.
Après I^expulsion des Romains, Quimper devint la capitale de la Gornouaille et la résidence de ses rois ou comtes héréditaires. On attribue à l'un d'eux, Gralloii-Meur (le Grand) , clief d'une émigration sortie de la Grande-Bretagne, et sur lequel rimagination des romanciers du moyen Âge s'est longuement exercée, les appellations de Cori8opitum9\à& Cornouaille (en breton Kerné) empruntées à une ville et à un comté de la Bretagne Insulaire.
La fondation de révêché de Cornouaille serait due an même prince, et cet évéché eut pour jirernier pasteur, vers 495, saint Corentin, dont la ville de Quimper a gardé le nom.
Le royaume, puis comté de Cornouaille, fnt réuni au domaine ducal en loi;»; , par le mariage de Uoël, comte de Cornouaille, avec Havoise, saur et héritière du duc Conan II.
Alain Fergent, ^^^ur fils, succéda à son père dans le comte de gornouaille et à sa mère dans le duché de Bretagne ; il mourut en H'i9. I/histoire ne parle plus d*^ Quimper jusqu'au règne de la duchesse Constance , qui avait épousé Guy de fhouars. Ce prince voulut, en 1209, élever un château à Quimper, mais levêque Guillaume s'opposa à cette construction comme portant atteinte aux prérogatives dn fief de son église. La ville fut touterois enclose de murailles dans le courant du XIII* 8. Les clefs en étaient remises au prélat ou au chapitre; mats, pendant les guerres de la succession de f?rela;^ne, les capitaines nommés par le duc tirent prévaloir ses droits de souveraineté dans la ville et en eurent la garde. En 1344, Quimper fut assiei^ée par rh:irlr? de Blois, en guerre contre Jean deMontfort, et livrée à un affreux pillage.
Quinze mois après ce siége^ Montfort essaya de reprendre Quimper. Il tenta
BBBTAGNE,
ROBPOBDEN. 273
l'assaut le 11 août 1345 ; la marée, trèsforte ce jour-là, mit obstacle au succès de son entreprise. Montfort tomba malade en s'éloignant de Quimper et succomba, peu de jours après, à Hennebont. Jean IV, son fils et successeur, continua, pendant vingt ans encore, la lutte qui se termina par la mort de Charles de Blois, tué k Auray en 1364. Le vainqueur se présenta devant Quimper, dont les habitants Ini on* vrirent les port s
Toute la Cornouaille s'étant soumise à la Ligue, les Quimpérois repoussèrent , en septembre isM, le sieur de Leionnet, commandant pour le roi à Coneameau; mais, au mois d'octobre, suivant ils furent contraints d'ouvrir leurs portes au maréchal d'Anmont.
Quimper partage, avec Carpentras et Brive- la -Gaillarde, la réputation de ville burlesque. 56rait*ce à cause de ces vers de La Fontaine s
C*était à la campagne, [tagne Près d'un certnin canton de Tabssse Bre- Appelé Quimper-Corentin.
On sait assez que le Destin [enrage.
Adresse là les gens qaand 11 vent qu'on Dien nons préserve da voyage!
Quimper a vu naître les pp. tuju géant •et Hardouin, jésuites -, le critique Ki eron, le fondateur de l'Année littéraire et 1 antagoniste de Voltaire; Tabbé Royou, autre journaliste, fondateur de VAmi du mi:
le navigateur Kerguelen, connu par ses découvertes aux ten es australes ; le docteur Laënnec, inventeur de VauscuUalùm; enfin M. de Carné, de TAcadémie française»
La cathédrale Saint- Corentin occupe remplacement de deuxtemples
du XI' s . , dont Tun contenait la chaire épiscopale et dont l'autre était érigé en rhonnenr de la Vierge. La basilique actuelle fut commencée, suivant M. de Blois, en 1239 , par l évêque Ramaud ; il ne reste des constructions de cette époque que la chapelle absîdale de Notre-Dame de la Victoiro.
Continuée par Alain Morel, l'un des successeurs de Raiiinnd, puis par l'évèque Thébaut de Maiestroit, par Gatien de Monceaux, par Bertrand de RosmadeCf etc., Téglise actuelle n'a été complètement terminée que depuis quelques années. Le chœur fut achevé vers L41Û. Le grand poruil et
274 Bfi NAIITES A BREST. [ROUTE 6]
le» deux tours (iui lormpnt la façade occideiitale iui-eiit commencés le 26 juiHet 1424.
Les murs de la nef, les transsepts et les collatéraux furent élevés vers le même temps. Le transsept N. est dû au cardinal Alain de Coëtivy , mort à Rome en 1477. La construction des flèches (75 met.) a été terminée il y a quelques années» sous Pbabile direction de M. Bigot, architecte du département, à l'aide d'une souscription d'un sou p'ir -in et par lête pendant cinq ans, une le smt, de saint Coreniin, souscription qui a produit 154437 fr.
L'église de Saînt-Corentin a 92mèt.
de longueur, 15 mèt. 70 cent, de largeur , 20 mèt. 20 cent, de hauteur sous voùle.
Le pnucipal portail s ouvre eiltre les deux tours, dans^ massif percé de deux fenétits flamhoyaates superposées. L'ogive de son archivolte offre un triple rang de ligures d anges, sculptées avec art. Au-dessus du portail se détachent, surdes cartouches, des devises héraldiques ; en supériorité celle du duc Jean V : Kahmniehe duc; à
f. , celles des maisons de Plœuc :
n Vdmey et du Quélennec : En Dieu m'atleruls; à dr., celle de !a maiîion de Névet : Férag? (Pourquoi?) L'amortissement du gable est sur- ■MBté d'une statue équestre da roi t^fwUOfi, dans tout l'appareil de la souveraineté, couronne en tête, sceptre en main, manteau royal sur les épaules.
Parmi les riches détails du [lortail S., à l'entrée de l'évêché, on remarque, sur le tympan, l image sculptée de Motve-Dame encensée par d( s anges, et, sur des cartouches, les devises :
A nm rif, appartenant h la nni^on de Bretagne , A Vaventurfj portéo par les seigueui-s de Botigneau ; et £n ^im M^attendtf adoptée parles seigneurs du Quélennec. La cour de révëché masq\ie à la vue le reste de la façade latérale S.: pour bien ju'^er de l'enseml>ie de Ja cathédrale, il laut
se placer àTang-le du haut de la place Saint-Corentin. d'où l'on embrasse à la fois les façaoes occidentale et aegtentrionale.
L'intérieur, bien restauré par M. Bigot, un peu trop gratté, et remeublé dans le style de l'arehilecture , se compose d'une nef et de deux collatéraux d'inégale grandeur.
La nef principale, arec ses eolon* nés cylindriques sans ch;ipiteaux (les deux premières seulement de chaque côté), ses larges tiavées, son trifoliumà contre courbure et ses fenêtres flamboyaules, présente le caiactère du XV* s. Sa heUe oidonnance est un peu g&tée par la déviatioB symho* lique de son axe. Les transsepls et le carré central, doiit la clef de voùlo porte les armes d'Anne de Bretagne, entourées de la coi delivre, datent de la même époque. Le chœur, plus ancien, es« entouré d^ansades ogi* vales reposant surdes piliers cantonnés de i'aiscoaux de rolonncttes. Les corbeilles des chapileauv, chargées de ce})s de viorne, de guiilandcs légères et de Heurs variées j le liitorium se déroulant a«<des8ua d'une frise en une douUe galerie superp»* sée; les meneaux des feuôfres, à trNfies et à quatre-feuiiles, annoncent une œuvre du xiv^ s. l es chapelles du pourtour souT de différentes époques ; plusieurs étaient privatives à des làmilles puissantes du pays, qui y avaient des enfisax. L'on de ces en^ feux renferme le monument funéraire de Mgr Graveran, moi t en 185.>.
Les seules ienOtres ([ui aient conservé des vitraux oHVejit, dans kîs panneaux inférieurs, des personiiagee de grande dimension , agenouiUée, présentés par leurs patrons : ce sont des évèques, des chanoines, des chevaliers et des dames. Les armoiries peiiilesaur la cotte d urmcs des hoiames et sur les robes des femmes font counaitre les donate«rs.
Parmi statues que contient Vé* glise Saint-Coren'in, nous en signalei'oas deux en marbre blanc, la Vkrye
[ROUTE e] QUIMPER. ÉDIFICES R£UGI£UX. S75
â la chaise el Sainte Annfl, œuvres remarquables d'un sculpteur breton, Bnors de Lesncren. Une autre statue fort aocieDne, qui provient du couvent de Saint-François, représente le bienheureux Jrnn Dùcnlcéat (le déchaussé), qui était CordiHor à Ouimper au xiv's., et que les fidèles invoquent dans les épidémies et pour retrouver les objets perdus. Albert le Grand rapporte de ce saint « qu'il ne TOuloit purgrrft nettoyer ses habits de la vermine qui s*y engendroit. et ne se trouvoit jamaisavoc If's autres frères à la secotte ; voire si quelque bestion domestique, gris ou noir, se proluonoiten son iiabît, il le remettoit en sa manette ou en son capuchon. »
Une antre image anripnne, conservée au haut du chœur, est le crucifix des trois gouttes de sang. Un pèlerin de Ouimper, partant pour la Terre sainte, avait confié de rargent à sm compire , raconte une ancienne légende. A son retour, il réclame le dépôt, mais le compère nie avoir jamais rien reeu et oiïre (i*en témoigner par serment devant le cruciliv de l église Saint-Gorentin. Âu moment de lever la main, il donne son bâton à tenir à sDii créancier et jure qu'il n'a rien à lui. T.e bftton était creux et renfermait l arj^^ent. Mais à peine î(; malheureux ava.t-il juré, que le bâton se rompt et l'argent se répand sur le pavé. En même temps , les pieds du crucifix, attachés par un seul clou, se séparent et il en tombe sur l'autel trois gouttes de sang. Ces gouttes furent précieusement recueillies. On célèbre, sous le vocable d'Eij'mu) ^aii~ guinis ex imagine crucifixiy une fête religieuse en souvenir de ce miracle.
Le tombeau de Mgr Graveran, mort en 18Ô5, est de M. Amédôe Ménard.
— Derrière le chœur, deux obélisques en marbre noir imliquent les sépultures de deux autres évèques, MU. de Co^.tlogon^ mort en 1706, et de Plœuc du Timeur, mort en 17 ol}.
Un magnifique autel, exécuté d'après les dessins et sous U direction de
M.Bœsvvillwald,etqui a figuré à l'Exposition universelle de 1867, doit être placé prochainement dans le chœur»
Cet autel , entièrement en bronze doré, a 3 mèt. 15 de longueur sur 1 mèt. 35 de largf nir. Il se compose du tombeau et de l'autel proprement dit qui le surmonte. Le tombeau est fonné d'une série é^areades trilobée* repesant sur des eolonnettes jumelles.
Les tympans compris dans les angles des arcades sont ornés d'émuux et de branches de rosiers. Le fond de ces arcades est occupé par un pied de vigne qui, partant du milieu de chacune des Atces du tombeau, étend ses sarments, chargés de feuilles et de raisins, d'une extrémité à l'autre de la face. Partant du mémo sol, des épis de blé, qui passent derrière la vigne, montent dans les lobes des arcades.
La table d'autel, en saillie sur le tombeau qu'elle recouvre, est sou-* tenue par des traverses ornées d'émaux et de pierreries. Vingt supports, reliés entre eux par une frise i'urmce d'un duulile rang de petites voussures et tous ornés d'émaux, soutiennent ces traverses et s appuient sur autant de colonnes octogonalei décorées de feuilles et couronnées dê chapiteaux.
Le tabernacle placé surla table d'autel est flanqué de douze arcades, dont six à droite, six à gauche, contenant les figures en relief des douze Apttres^ qui tiennent en leurs mains les in struments de leur martyre. Tous se tournent vers le centre du tabernacle occupé par le Clirisf assis et bénissant. Le nimbe du Christ se détache sur un fond d'émaux rayonnants. Une croix à doubles branches, de plus do 2 mèt. de hauteur, couronne le tabernacle. Sur le pied de cette croix les quatre Evaiiypli'itcs assis écrivent leurs évangiles. Ils tournent leurs télés vers les figures symboliques, le lion, le taureau, l'aigle et l'ange, qui, placés au sommet du pied, semblent leur dicter les Evangiles. Les bras inférieurs de la croix se relient à la base
DE NANTES A BllEST
au moyen d'une végétation en bronze doré repoussé, et portent les statut'ites de la Vierge et de saint Jean, pleurant aux pieds du crucifié.
Le retable de l'autel sert de gradin pour six chaDdeliers.
Cet autel est abrité sous un ciborium en bois , peint et doré, dont les quatre piliers, établis aux quatre angles du marche -pied de l'autel et reliés entre eux par quatre grandes arcades, seirent de supports à quatre anges, aux ailes déployées, montrant les instruments de la Passion.
L'orfèvrerie a été exécutée dans les ateliers de M. Poussielgue-Rusand, et la sculptu re sur bois du ciborium, dans ceux lie M. Colbon. M. Geoffroy Dechaume, statuaire de la Sainte-Gba-^ pelle, a fait les modèles des figorines du tabernacle, du retable et des anges du ciborium, ainsi que ceux de la croix et des chandeliers.
Véglise Saint'MatthicUj mentionnée dans un acte de VXOQ, a été reconstruite de 1498 i 1515. La tour carrée, surmontée d^une flèche élégante, est moderne. La maîtresse vitre, à meneaux flamboyant'^ , a conservé une riche verrière représentant les principales scènes de la Passion,
Véglise de lœmariaf àTextrémilé du faubourg de ce nom, sur la rive g. de rodet, fut construite vers 1030 par Alain Canhiart, comte de Covnouaiile. T i nef ])résente, dans ses pros piîiei >, ses arcades cintrées, ses lenùUes en entonnoir et son petit appareil, les caractères du xr s. Le porche a été refait au xv* et le chœur nu xvii^ s., ainsi que le cloître et les bâtiments conventuels.
l.e couvent des CordHiera fut fcmlr en 1232 par Hervé, baron de Pont- TAbbé. L'élégante église et le cloître du XIII* s., que l'on admirait naguère, ont disparu depuis 184T pour làire place il des halles sans inlrrèt.
Les Jésuites traitèieul. en IG19, avec la commnnauto do villo j)our la construction et la dotation du beau
collège qu*ils fondèrent ensuite. Cet
établissement, devenu collège communal^ est tout ce que le xvjr s. a laissé de remarquable à Quimper.
La chapelle, commencée en 1640 et terminée en 1747 seulement, offre un assex riche échantillon du style que la famille Borromée mit en vogue en Italie et que les Jésuites ont imité dans toutes leurs constructions. La façade en est simple : elle est lormée de quatre pilastres toscans, surmontés de pilastres ioniques. Une coupole voûtée en pierre occupe Je centre de réglise, et ses arcs doubleaux sont décorés des armes de la ville.
Les Ursulines, dont les vastes bâtiments sont transformés en caserM, eurent pour fondateur, en 1621, Sebastien de Rosmadec, marquis de Molac, gouverneur de Quimper. Cette communauté est rétablie, depuis ]804f sur l'emplacement d'une ancienne maison urèbendale, me Verderet.
Les Bénédictines ou Calvairiennes s'établirent, en 1634, au manoir de la Palue, récemment reconstruit pour servir de séminaire.
Vabbaye de Kerlol, sur la rive dr.
de rodet, fut fondée en 1652 par Pierre Jégado, sieur de Kcrolain, pour Klisabcth, sa sœur, qui en fut la première abbesse. La chapelle, qui date de 1668, a été rachetée dans ces dernières années par le département pour recevoir un musée archéologique resté à Pétat rudimentaire.
La pf^/>r<Mrp, ancien liôpital Sainte- Catherine, construit en 1645, ï hôtel de tiUe, le palais de justice^ exécu-> tés en 1828 et 1829 sur les plans de M. 1^ Marié, ne méritent pas une mention. Une partie de l'hôtel de ville est occupée par la hibUothè- »
que j)ul)liqup. qui possède 1 jOOO vol., entre autres un exemplaire du premier dictionnaire breton qui ait été publié (Tréguier, 1499). les manuscrits les plus remarquables sont le Cartulaire de l'abbaye de Landévennec, et des collections de pièces, de lettres et de mémoires relatifs à di- , verses colonies françaises.
[ROUTE 6j QUIMP£R. ^ LOGRONAN. 277
Quant aux constructions privées, à peine trouve-t-on quelques fragments d'anciennes façades ornées sur la place Maubert, dans la rue Keréon et dans celle du Guéodet. Cette d^m'ère rue communique avec la place Saint-Corentin par une vieille arcade ogivale faisant partie de l'enceinte primitive de la cité, qui s'appelait le tour du Chastel.
L'administration municipale a détruit successivement les six portes et les vieux remparts de Quimper, qui avaient uu périmètre de 15 hectares.
Il ne reste de cette couronne murale que la terrasse du Jardin de révrché et une longue courtine qui s'étend derrière le collège^ au N., et le long de la rue de Douves, à l'E.
Vhospice, qui a remplacé quatre hôpitaux fondés au zv* s. par l'évêque Bertrand de Rosmadec, est éta«* tli dans les bâtiments de l'ancien séminaire créé en 1680 sur remplacement du manoir de Crec'heii/cn par i'évé(|ue de Coëtlogon. Son successeur, Mgr de Plœuc, éleva la cliapelle vers 1710.
Derrière cet établissement, le département a fait construire, en 1820, Vasile Saint-Athnnane, desliné à recevoir les hommes atteints d'aliénation mentale.
Trois manu&ctures de poteries et une fabrique de chandelles, au faubourg de Locmaria, une tannerie mue par la vapeur et une papeterie mécanique sur la rivière de i'Odet, à 4 kii. en amont de la ville, sont les seuls éiabliasements industriels de quelque importance que Ton trouve à Quimper.
Quimper possède une charmante promenade. La colline du j/o/ir-Frufy »/, haute de 71 mèt. , qui domine un beau mailj est boisée jusqu'au sommet où montent des aJlées bien ombragées, mais mal entretenues. On y découvre de jolis points do vue. Les environs de la ville sont, du reste^ des promenades naturelles.
Quimper peut être le point de dé-
part d'excursions intéressantes, trèsrecommandées aux touristes. Nous signalerons surtout Goncameau (R.%), Pont-l'Abbé et les rochers de Peumarch (R. 97), Douarnenez (R. 101), Audierne, Pontcroix et la pointe du Raz (R. 99), Crozon (R. 103).
[Gorresp. pour : — (82 kil.) Morlaix, par (34 kil.) Pleyben et (45 kil.) Brasparts (R. 81) ; — (18 kil.) Pout-l'Ahbé
De Quimper à Carhaiz, R. 78; — & Morlaix, R. SI ; » à Goncamean, R. 9$ ;
— à Penmarch, par Pout-t'Âbbé,R. 97; — à la Pointe du Raz par Audierne, R. 99 ;
— à 1 lie de Sein, R. looj — à Douaraenez, R. 101 ; — a Croaton^ R. los.
Après avoir franchi i'Odet et avoir traversé ua tunnel de 310 met. de longueur, la voie ferrée s'engage dans la vallée, tour à tour riante ou sauvage, étroite ou large, mais toujours pittoresque, du Steir, charmante rivière que l'on croise vingt ibis, eu deçà et au delà d*uiitunnel de V30 mèt.
272 kil. Quéménéven, v. insignifiant de 1356 hab., est situé à 3 kii. à l'O. de la station, qui dessert également (8 kil. E.) Briecy ch.-I. de c. de 5493 hab., et (10 kil. 0.) I.ocronan, v. de 700 hab., sur la route de Quimper à.
Crozon.
Dans la commune de Quéménéven^
sur la lisière de la forêt du Duc, s'élève la chapelle de Keryoaty lieu de pèlerinage où l'on se rend pour les hémorragies. Cette vaste construction est flanquée d'une tour du xvu* s.
terminée en dôme; mais ce qu'elle offre de plus remarquable, c'est la hauteur des arcades ogivales de la nef, ainsi que les dimensions des fenêtres des transsepts et de l'abside, i^lusieurs de ces fenêtres ont des meneaux fleurdelisés , et huit d'entre elles sont encore décorées de splendides vitraux parfaitement conservés, représentant la Vie de Ji'su.s- Christ^ V Histoire de Joseph, le Paradis et VEnfer. Les tympans de ces fenêtres portent les écussons de plusieurs fo-