DU-CORMIER
structure en est telle, écrivait en 1582 Bertrand d'Argentré, que nul ouvrier ne sgauroit encore ai]^ourd*liuy à force de marteaux rompre hy en tirer plus que son fair de pierres , tant il est bien cimenté et la muraille bonne et telle qu'il ne s'en faict plus; et y vnilon encore une demi tour debout tic grande hauteur, laquelle tient par le haut une moitié de son ancienne circonférence, et par le bas ne tient pas un quart, là où elle fut sappée; chose qui témoigne la force du ciment qui a duré depuis l'an 1253. »•
Les restes de ce château sont dans l'état où d'Argentré les a vus il y a trois siècles : la moitié d*im donjon formidable^ sapé par la base^ reste encore deboat; les murs d'enceinte existent en' partie, ainsi qn'im souterrain qui devait avoir une issue dans la campagne , et de nouveaux ouvrages de défense ajoutés auxv^s., par les ordres du duc François II.
Outre ses solides murailles, le château était défendu par un étang^ qui ie baigne d'un côté, et par une profonde vallée qui, de l'autre, en rendait l'accès assez difficile.
Véglise paroissiale ne se compose que d'une nef du xiv* s,, à laquelle un clocher, deux petites chapelles latérales et un chœur ont été ajoutés au xvi*' s. La fenêtre du chevet, à meneaux flamboyants, contient les restes d'une verrière représentant ie Jugement dernier,
[Saint-Aubin est relié à (33 kil.) Combourg par une belle route qui traverse la t'orôt de Haule-Sève et la lande de la Rencontre. Les fragments d'armures et les monnaies d'or et d'argent du xv* s., ramenées sur le sol par la charrue dans les champs dépendant de la ferme de Moronml^ ne lîiissent aucun doute sur l'emplacement où se livra la bataille de Saint- Aubin du Cormier, entre le bourg de Mézières au N. et la forêt de Haute- Sève au S. Indépendamment des sou- Tenirs historiquesqu'offrent ces lieux,
BBETAONB,
la forêt de Haute-Sève (700 hectares) mérite d'être visitée pour ses chênes magnifiques, dont quelques-uns, qui n'ont pas moins de 12 ou 16 mèt. sous branches, s'élancent droits et légers comme de vigoureux sapins. Çà et là de jolis vallons ou des collines couvertes de rochers embellissent l'aspect de la. forêt, qui renferme, en outre, 5 menhirs d'au moins 3 mèt.
de hauteur.
Entre Combourg et Saint-Aubin, la route dessert : — (13 kil.) Sens-deliretagnc ('2087 liab.; château de Bouessay , orisè de sculptures délicates et flanqué dune élégante tourelle); — (17 kil.) Sain^Bemy^u-Plain, v.
de990hab.;-(21 kiU) MareiHé-Raoui, V. de 1728hab,,où se voient, près d'un étang , les restes d'un château fort démoli en 1595 ; — et ("24 kil.) Saint- Léger (430 bab.; pierre druidique dite autel de Saint-Léger).
Une autre route fait communiquer Saint-Aubin avec (17 kU.) Vitré, enpassant par (7 kil ) Livrd (1704 hab.), dont Véglise date du xi* s. et (10 kil.) Izé hab.; château du Bois-Cor^ nillé) .]
32 kll. Saint-Jê&n^sur'Couimùn,
V. de 1362 hab. (église romane), sur le territoire duquel , près d'un bouquet de bois, se voit le château de la Dohiais (xvi* s.; portail orné de belles sculptures).
On laisse à 700 mèt., sur la g., Saint-Mate-swT'CoutVMn (808 hab. \ dans l'église , calice en argent de la fin du XV' s., donné, dit-on, par Anne de Bretagne), et, à 4 kil. sur la dr., Vandely où ont été découverts, sur le bord d'un sentier du rue des Tombeaux t de nombreux cercueils en calcaire coquillier.
36 kil. La Chaîne, hameau. — A dr. (700 mèt. environ) se montre la Chapelle- Saint- Aubert (706 hab ).
41 kil. Uomagné, v. de 1705 hab.
Véglise (xv* et xvi« s.) est ornée, à l'extérieur, de belles gargouilles et renferme trois curieux bas-reliefs du
M RStmBS A ANGEtlS. [MVTZ 37]
xiu* s. A 1 E. de Romagné (4 kil.) se trouve Samt-Saurejtr des Landes, dûDt l'église est un beau spécimeu du Style rom^n.
48 kil. Fougères (R. 27).
Dl RENNES A ANaERS.
240 kil. — chcmfn de fer. — Tr^et en 10 h et en 10 h. 1/2. — i'^"cl.24 fr.SSC; 2* d. if fr. &0 c; 3* cl. 12 Ar. as c.
71 kil. de Rennes à RedMi <R. 38).
42 kil. de Redon à Savenay (R. 6) .
U7 kil. de Savenay à Angers (R. b) .
B, Pmt €UtMabrtant.
125 kil. — Route de poste. — Volt de corresp. de Rennes à CbàteaitfiTiaDt (54 kil.). prix uniqDtt, 4 fr. 60 e.
On croise le chemin de fer de Paris à Rennes, dans Saint^Hélier, l'un des
fai:^i"irf>s(lG Rennes, où se dressaient lesfmaches patibulaires du parlement dites la Quarrce, puis on laisse à g.
la route de la Guerche, et, après avoir franchi un affluent de la Vilaine, le château du Plesfis (xviii's.), appartenant à M. Magon de la Vieatille.
9 kil. 1/5. Verrij v. de 1610 hab., deux fuis saccagé par les Ligueurs et les Espagnols en 1589.
[Vern communique à l'O. avec ( 5 kil.) ^oyal^ur-Seiehe (1184 hab.), dont le cimetière renferme une eroiis gothique en granit, posée sur un socle chargt^ (le bas-reliefs frustes, et avec (6 kil ) Chdlillon^sur-Seiche (930 liab.) , situé sur un petit tertre qui domine la rive dr. de la rivière. Sous Tabside romane de Véglise^ s'ouvre une crypte ihns lafjuelle est conservée une chaîne n.ir.iculeuse de saint Léonard, martyr, <|i'<" ' on fait IoucIk r aux malades. La statue du saint, piucée sur l'autel de cette crypte, attire, pendant le mois de septembre, un f^rand nombre de pèlerins.]
Au S. de Vern, on découvre un charmant paysage sur les bords de la Seiche, que la route franchit, au pont de Vaugon , près du château de Chambière. Sur la g. (800 mH.\ se montre Saint-Armel y v. de 644 hab. Ve'glise, de 1666, renferme une auge de pierre calcaire qui passe pour avoir été le tombeau de Saint- Armel. Ce saint s'établit, en effet, au vi« s., sur les bords de la Seiche, dans un ermitage qui a gardé son nom.
D'après la légende, saint Armel fit jaillir une fontaine en fischant son bastoncn terre. Cette fontaine est encore le but d un pèlerinage; une niche renferme la statue du saint, mutilée pendant la Révolution.
18 kil. CorpS'Nuds (appellation singulière que rien n'explique) , c. de 2174 hab., roTi ferme une église de 1571 et une chapelle idus ancienne, dite des Trois-Maries et but d un pèlerinage. ^ Le château du ChâteUier (2 kiL au S. de Corps-Nuds) , brûlé pendant la Ligue (1593), et rétabli en 1G3*>, consiste en un grand pavillon double, entouré de quatre terrasses ^an{]lH''e^: de quatre tours à créneaux et à mâchicoulis, avec des fossés à fond de cuve taillés dans le roc. — Des médailles romaines et des tombeaux en calcaire coquilHcr, ont plusieurs fois été découverts près de Corps-iSuds.
[Les voitures de correspondance quittent à Gorps-Nuds la route directe de Rennes A Chàteaubriant pour des~ servir sur la g. (25 kil. de Rennes), Janzé, ch.-l. de c. de 4510 hab.
Janzé possède une enlise duni quelques parties remontenlauxir s. Cetto ville est un centre de commerce tm* portant. La fabrication des toiiee à voiles et les blanchisseries de fil y occupent beaucoup de bras. Les poulardes de Janzé jouissent d'une réputati'jn ini'ritée.
Du Janzé, ou rejoint la roulu ùt; Chàteaubriant par un cliemin, loBg 'de 8 kil.j qui s'y rattache près du
biyilizûu by GoOglc
[ROUTE 37] SATNT-JULIEN-toE-VOUVANTES.
village de la Couyère (f . cinlessoiis, '
Cîême colonne) .
La loiitn (le .lanzé à Dain-de-Bn^tagne «Toise aussi la route tic {'h;\teaubiiaiiL, à 5 kil, 1/2 de Janzé.Elle laisse ensuite à dt. (9 kil. de Janzé) gautmèm (572 bâb.) et (12 kil.) le Self ch.-l. de cant.de 720 hab., dont î'nrif^ierjnn ég"1ise i-omano a été récemment démolie et remplacée par une éylise ogivale. Sur le territoire du Sel, se voient les châteaux des Monts et de la Fiilochaye, et dense menhirSf Vvok d*un seul Moc de çruartz blanc, de 2 mèt. 50 cent, de hauteur, l*au« tre do près de 3 met. de hauteur, sur 2 mèt. de larp^niir et 1 mèt. d'épaisseur, en schiste roiigeàtie. La route du Sel à Bain offre de jolis aspects.]
la route directe de Rennes à Châteaubriant, traversant quelques ba-
meaux sans importance, sY-lnve sur un petit plateau, d oii elle redescend ))ientôt, en laissant A dr. le château du Plessis. Ce château moderne est sans valeur arcbitecturale, mais le parc renferme 52 hectares de bois (magnifiques cbènes sécul r s). Deux ^f^ngSf qui occup''nt le fond d'une charmante vallée, se voient à l'O. du château, dans le bois du Plessis. A g. se raccorde le chemin de Jaozé.
Si kil. La Couyère, y, de 717 hab., situé à dr. de la route. — On traverse le pittoresque vallon de la rouy?'re (jolie paysages), à 2 kiL 1/2 en deçà de
36 kil. Thourie, v. de 1282 hab., au delà duquel on passe, en franchissant leSemnon, da départ. dille-et-Vilaîne dans celui de la Loire-Inférieure.
40 kil. Soulvachef v. de 516 hab., à g. de la route , qui longe à dr.
le ruisseau de la Brutz, possédait au moyen âge un chdteau fortj dont û reste des fossés profonds et une tour en ruine assise sur un monticule de 10 mèt. d'élévation. — La forêt de Teillé attire Tattcntion de Tautre côté de la Brutz, qtie 1 un franchit au hameau de ta Guillorie»
46 kil, Jlnugê, ch.-l. de c. de 2780 hal)., ancienne châtellenie, a donné son nom à une famille côK-bre.
La seigneurie de Hougé avait pour siège principal le château des Salles, dont les ruines se voient encore dans le bois de la Garenne ; cette seigneurie, qui passa en 1400 aux ChAteaugiron, appartenait au xviii" s. aux princes de Condé. Veglise a conservé un autel et une fresque du xv* s. Le territoire de Bougé possède des mines de fer qui alimentent le haut fourneau de Martigné.
La route s'élève à 107 mèt. d'altit., en deçà du hameau du Granrl-Rignéy puis elle descend vers Châteaubrinut, où elle entre par le faubourg de Saint- Jean (le Béré.
54 kiL Gliâteaubriant (R. 30).
On sort de Châteaubriant par le faubourg Saint-Michel, d'où se détache à g. la route de Laval (R. 30).
59 kil. 1/2. La Touche^ hiuieau où Ton croise le chemin de (6 kil. 1/2 à g.) Soudan (R. 30} à (4 kil. à dr.) Erbray (2970 bab.).— On franchit le Don près de
68 kil. Saint'Julien-de-Vouvanfrs', ch.-l. de c- de 1090 hab., bAti sur un coteau au pied duquel se trouve un étang, dans une situation pittoresque.
Végiùej en partie du zv« s., mérite d'être visitée; les armes des sires de Penhor-t se remarquent à l'une des clefs de voûle du chœur. Les fenêtres ont conservé des vitraux décoiés des armes de Bretagne, de Laval, de Dinan et de Châteaubriant. Un autre écusson, dans la nef, est chargé des armes de Robert Guibé, curé de Saint- Julien, puis évèqne de fSantes et cardinal, mort à Monie eu 1513. Auprès de réalise sont trois fonfnines, (îoiit 1 une porte 1 empreinte d'un 1er à cheval que la tradition dit avoir été marquée par le cheval de saint Julien.
Ces fontaines attirent tous les ans Un grand nombre de pèlerins, particulièrement du Morbihan.
On franchit le ruisseau de Vou-
D£ RBMNfiS A ANQ£RS.
vantes, puis celui des Barettes, au delà lia château de la Chalopge.
12 kil la ChapétU-Glain, v. de 1284 hab., au S. duquel (2 kil.), sur la rive g. du Don, s'fMcvo le beau château de la Motte-Glain , reconstiuit en l 'j96, par Pierre de Rohan, maréchal de France, et précédé d'une magnifique avenue dechénes. En 1497, Charles VUI et Anne de Bretagne y passèrent la nuit avec leur suite ; en 1565, Charles IX vint y coucher épilemeiit et la chambre qu'il occupait a garde le num de chambre du Roi.
Les fleurs de Us répandues à profusion sur les murs du chAteau témoignent de rattachement de ses maîtres pour la maison de France ; les bourdons de pèlerins et les coquilles de Saint-Jacques, qui couvrent le fronton des lucarnes, rappellent sans doute quelque pèlerinage. Dévastée en 1793, cette belle demeure a été réparée par son possesseur actuel, M. Robineau de la Kochequairie.
a Le château de la Motte-Glain, après quatre siècles , est sombre et sévère, {la Bretagne conlemporaine) .
L'irrégularité des bàtimentsjette aussi un peu d*incertitude sur l'effet qu'il produitlorsqu'on entre dans la grande cour; mais, de loin, es hautes tours se détachant de ma^isits de verdure, et, quand on approche, le pavillon flanqué de tourelles avec mâchicoulis qui lui servent d'entrée, produisent, comme art et comme paysage, une vive impression. Dans la cour s'élè vent deux autres pavillons carrés avec tourelles en encorbellement, et, entre eux, sans i emplir l'espace entier qu les sépare, un bftliment percé de quatre rangs de croisées s'encadrant du haut en bas, suivant l'usage du XV* s., dans une ornementation formée de moulures, de bourdons de pèlerins, et terminée par un léger feston de pierre. Indépendamment des bourdons que nous venons de signaler, des coquilles de Saint-Jacqvies sont sculptées dans les pignons des lucarnes. La Motle-Glain a perdu.
en 1793 et en 1815, ses vieilles tenures et ses vieux meubles. Ses grandes salles, du moins, lui restent avec
eurs splendides cheminées du xv* s., sur le manteau desquelles se retrouvent encore l^s bourdons de pèlerins, La Motte- Glain a une jolie cUapelle ogivale, dont la base semble plonger dans un étang. Cet étang, et, par delà, les bois et les prairies, vus du préaa de la cour, forment, avec les murs noircis du vieux château, un riant et agréable contraste. »
^uaud ou à laissé à dr. la route d'Ancenis, on longe Vétang du Pi», au S. duquel se montre le v. de ce nom (1313 hab.). Sur la g., on passe tout près de Vnfz (169.Î hab.). La roule s'éleve ensuite jusqu'au point de partage des bassins de la Vilaine et de la Loire, puis elle descend dans a vallée de rErdre, qui sépare le départ, de la Loire-Inférieure de celui de Maine-et-Loire.
86 kil. Candé (R. 30) .
On laisse à g., à 1200 met. de Candé, la route du Lion-d'Angers et, après avoir franchi l'Erdre^ on tra* verse un plateau monotone.
98k!l. Lr LourouX'BéconnaiSy ch.-l.
de c. de 'ADVI hab., emouré de bois et de nombreux ruisseaux qui forment de vastes étangs. Cette commune est traversée par la voie romaioe de Rennes à A M 1^, que Ton peut suivra encore sur une longueur de 145 met»
Sur le bord de ce tronçon de voie, se distingue une enceinte carrée, <lite les Chdteanœ, formée d un los>é et d une levée de terre de 3 mcL de hauteur sur 5 mél. de largeur.
Le Louroux renferme d'autres ruines moins anciennes, celles de l'oi?baye de Pontron , de l'ordre de C!teaux, fondée en 1134 par Foulques d'Anjou.
105 kiL Bécorij v. de 2132 hab., exploite du granit dit çrison. On y voit le eMtea» de Zande-Aoïide, du xv* et du xvii* s.
[Ou croise à Bécon une route qui
[ROinS 38] LE CHÂTEAU DE BL0S8AG. — BRUZ. 357
relie (52 kil.) Segié à (16 kil. S.) Saint- Georges-sur-Loire et à (13 kil.) ChamptoCé {Y, R. 30, C.)]
On rejoint, près de Saint- Jeande-IÀn<èr€9 (425 hab.; vestiges d'antiquités romaines ; ruinest d'un petit manoir jadis possédé par Anne de Bretap:neK à \3 kil. de Bécon, la route de Nantes à Angers, après avoir laissé à dr. (2 kil.) Saint- Lé ger-d es- Bois (717 hab.) et à g. (2 kil.), dans un pays de landes, au N. d*un bois et d'un étang considérable, Saint-Lambert-la-Potherie , v. de .'jOo hab. Le dolmen dit la Maison des Fées, s'élève près du château de la CoUeterief dont la chapelle, quoique moderne, est ornée de magni tiques vitraux du xvi* s., provenant de Tancionne église de Saint-Matburin.
12a kil. Angers (R. 5).