‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 148 sur 257 · ROUTB 39] CATHÉDRALE BE BOL · texte numérisé non relu

ROUTB 39] CATHÉDRALE BE BOL

tes. On a commencé tout récemment à détruire ces porches pourles remplacer

par des maisons sans caractère etsans style ; les portes de la vieille enceinte ont aussi disparu; une partie des anciennes murailles a été détriiiio il y a plus de ?ingt ans. Dol a du moins conservé sa cathédrale, hel édifice que pourraient lui envier les villes de Rennes, de Va ânes, de SaintpBiieuo et de Saint-Malo.

Il paraît eertain que le pays de Dol faisait partie an s. da petit royaume de Doranonée, ainsi appelé d'une province du même nom dans la Grande-BreUgne, qu'avait abandonnée, en 413, un prince nommé Riwal, suivi d*one vaste troupe d erm-rns fuyant le fer des Saxons. Cette colonie nouvelle, débîrfjnée à rembouehnre du Couësnon, après en avoir expulsé des piratas germains, se parUgea les parties inoccupées du territoire environnant et donna à la région tout entière Je nom de Domnojiée, en souvenir do sa patrie insulaire.

Riwal s'empressa de reconnaître la suzeraineté des rois mérovingiens; mais, après sa mort, ses États furent envahis par un tyran nommé Comorre «t surnomme le Maudit. Judual, enfant et héritier de ia couronne de Domnonée. se réfugia à ta cour de ChildelMrt.

Un pauvre moine du nom de Samson revêtu dans 1 ile de Bretagne de la dignité episcopale, était venu vers le même temps j (S4S) débarquer en Armorique, avec une autre troupe d'émigrés. Il prit terre à 1 l'embouchure de la petite rivière de Guioult, au lieu ou se trouve aujourd'hui le bourg du Vivier. Saint Samson et ses compagfnon?, nprès avoir erré quelque temps sur ce soi aride, s'arrêtèrent près d*un puits et y Mtirent un monastère autour duquel se groupèrent de nombreuses habitations; telle fut l'origine de Dol.

En 845, les ijretons élurent pour roi Ifominoë, qui se fit couronner à ûul en

au bout de quarante jours devant les troupes dé Philippe roi de France.

Henri il d Angleterre s'empara de Dol en 1184. Jean sans Terre se fortifia dans la tour 4e cette ville, en i'^03, et Guy de Thouars la reprit sur les Anglais, eu i2u4.

Le nom de Dol reparait dans rhisloiK pendant la guerre de la Bretagne contre la France, terminée par le mariage de la duchesssAnns avec Charles Tlif.

Au xvr« s. , Dû! embrassa le parti du dus deMercœur.chef de la ligue en Bretagne.

io^!.?*^°-n^'^i' P"""'* <^o«P mortel à la petite ville de Dol en supprimant son

eveche, ses prébendes et ses juridictions. Les armées de la République y furent battues par les Vendéens, le J9 et le 20 novembre 17118. k^o^wug-

8^8 et érigea le siège épiscopal de cette ville en archevêché. Dan^! !e cours du ix« et du x« 8., les Normands ûrent de fréquentes ineorsioos dans le pays de Dol et cette ville fut pillée plusieurs fois. Au siècle suivant, Dol avait des seigneurs particuliers , issus de la maison de Diuan. et qui portaient le titre de comtes.

1075, Guillaume le Conquérant mit le siège devant Dol, mais il dut sa retirer

La cathédrale (mon, hist.), dédiée

à saint Samson, est un édifice dont les plus anciennes parties remontent auxiii's., lo.s plus récentes au xvi« s.mais les documents liistonques n*é donnent pas de dates précises. On peut Induire seulement d'une lettre de 1 archevêque de Rouen au chapitre de Dol, datée de l'an 1222, — pour lui annoncer le renvoi des' reliques des saints Samson et Magloire enlevées lors du sac et de l'incendie de I église de Pol par les troupes de Jean sans Terre, en 1203, ~ que cette première cathédrale fut complètement détruite à cette époque (m subver^ stone et combustione Dolensis cccle* sia% et qué^dès les années suivantes on s'occupa du la relever, puisque 1 évêque Jean de la Mouche y repla.

çait les reliques des saints patrons (lu dioLiise.

Jean du Bosc, sacré évôque de Dol en 1312. mort en 1324, fut enterré dans le sanctuaire de son église ainsi que le prouve son épitaphu que Ion y lit encore. Ce Ikit prouve que la cathédrale existait au commencement du XIV s.; par conséquent lepoquo rî,. sa reconstruction doit- être placée dans le cours du xiu* s. Les caractères arcliKectoniques du monument concordent d'ailleurs, avec ces appréciations. ' Saint'Samson se compose d*une nef

37â DE BENNES A SAINT-MALO. [ROUTE 39]

avec bas côtés, d'tm transsept paria- 1 septs, terminée par un toit pyramitageant le vaisseau ea deui parties dal, est bordée d'une balustrade en presque égales, d'un cbœur terminé quatre feuilles, par un mur (h oit percé d'une grande Ln côté S., plus varié et pins riche, fenêtre, et de neuf ciiapelles autour présente, avec «es deux porches en du chœur; celle du chevet, plus ornée, saillie sur le coips de l'église, un enest dédiée à saint Samson. semble plus élégant et des effets de

La longueur intérieure de Téglise contraste plus heurtés,

est de 100 mèt.; les transsepts n'ont Le grand porcbe, dit porte épiscQ-

pas moins de 39 mèt. ; et la hauteur pû?e, ?i rextrémité du transsept S.,

sous-voûte est de 21 mèt. Deux tours montre sur chaque côtp une large ar-

s'élèvent de chaque côté du portail, à cade divisée par des nmnraux comme

la façade 0., et une autre tour sur le les grandes fenêtres du xiv* s., et

carré central. Celle du S. plue élevée, ornée de voussures autrefois rem-

avec ses arcatures simulées où Ton plies de statuettes et de rinceauz^que

remarque un mélange sensible du la Révolution a détruits,

plein cintre et de Togive, paraît la I.o potii porche, vers le S. 0., est

plus ancienne partie de l'édifice, à plus moderne ; la colonne octocrona le l'exception de la balustrade flam- 1 qui sépare ses deux portes pst -rraee

boyante qui couronne sa plate-forme.

La tour du N. n'a jamais été achevée ; 'elle est à pans coupés et chacune de ses faces est ornée de

moulures dans le style gothique

de cœurs empruntés aux armes parlantes d^fitlenne Gœuret, éréque de Dol de 1405 à 1429, à qui en est due la construction.

L'intérieur de la cathédrale de Dol

fleuri et d'ouvertures en accolades, | offre une régularité et des prnporquî annoncent les premières années! tiens heureuses. Comme dans Loudu XVI" s. Cette façade, la partie la tes les grandes églises du même plus négligée du monument, ne mé- temps, les arcades séparant la nef des rite pas, d'ailleurs, une grande atten- collatéraux sont surmontéi» d'un frttion. 11 n'en est pas de môme du /"orium, puis d'un c/erw(ort/, ou étage corps principal de l'églisp, dont nous des grandes fenêtres. La fenêtre du ferons d'abord le tour exieneur, 1 chevet a 9 mèt. 50 cent, de iiauteur Le côté N. de Téglise présente une sur 6 m&t. ôO cent, de largeur, et grande unité ; son aspect grave, sé- conserve presque intacte sa riche vervére et antique s'harmonise bien avec I rière du xni* s. Sept meneaux la le paysage qui l*avoisine et les restes divisenten huit compartimentsr enfer» de fortifications qni s'y relient. Au- mant huit séries de médaillons polycun édifice ne i entoure, le vallon lobés. Dans le réseau se déroule solitaire qu'il domine et les vastes la scène du Jugpmpnt dernier : le marais qui s'étendent devant lui , le I Christ apparaît au miiiou de ia grande laissent dans un isolement complet 1 rosace, des anges embouchant la qui lyoute à sa grandeur. trompette sont étagés autour de lui ;

Ses fenêtres sont à lancettes gémi- la Vierge, à ses pieds, implore sa minées, que surmonte une rosace poly- séricorde. A sa pr., on reconnaît les lobée. Tout le grand comble est bordé flammes de l enfer , dans Irsqupllps d'une galerie trilobée. Les chapelles une multitude de damnés s entassent du chœur sont environnées, au som- 1 pêle-mêle; à sa dr., la cité sainte

met du mur extérieur, d'un parapet qui a pu servir de défense , et derrière lequel on peut circuler comme dans les galeries de la grande nef.

La tour carrée au centre des traus-

s'ouvre devant deux files d'élus por* tant leurs couronnes et leurs palmes. Au-dessous on voit les morts sortant de leurs tombeaux à la résur* rection générale.

Page 1