‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 149 sur 257 · ROUTE 39] CATHÉDRALE DE DOL · texte numérisé non relu

ROUTE 39] CATHÉDRALE DE DOL

Les médaillons représentent, à g., i des sujets de l'Ancien Testament : le Sacrifice d Abraham, ÏLncendie de Sodome, etc.; plus au centrei c'est VAnnonciation, la Fmtalûm, la IVatxsance du Sauveur, puis un grand nombre des scènes de l i Passion ; vers la dr. , la légende de saint Samson, patron et fondateur de l'é- Tèché de Bol; enfîu des scènes de martj/rei.

Les autres fenêtres n^ont conservé de leurs vitraux que quelques fragments mutilés; on distingue toutefois, à la fenêtre principale du transsept S., trois grandes figures d'évêques ; un autre évêque présentant le donateur agenouillé à TEnfant-Jésus dans les bras de sa mère, puis deux personnages élevant des vases allongés, sujet dont l'explication est diflicile.

Les armes (2 léopards d'or en champ de gueules) de Thibaut de la Guerche, fils du seigneur de Pouéncé, évêque de Dolde 1280 à 1301|Se remarquent au haut de cette vitre.

Une particularité intéressante dans les piliers de la nef, qui sont cylindriques et garnis de colonnes cantonnées en croix, c'est que les co* lonnes qui font face à la nef et aux collatéraux, se détachent complètement (lu pilier depuis la base jusqu'à la voûte el n'y sont assujetties que par intervalles au moyen de barres de fer. Ces colonnes sont' divisées dans leur hauteur par des renflements ou anneaux qui ajoutent àTélégance de leur fùt^ qui serait sans cela trop maigre pour sa hauteur. Les quatre gros piliers soutenant les arcades des transsepts et portant la tour carrée qui s'élève au centre de la croisée dissimulent leur grosseur au moyen des faisceaux de colonnettes dont ils sont revêtus. Le chœur est formé de cinq travées semblables à celles de la nef, si ce n'est que les chapiteaux sont plus ornés. Malheureusementi ils ont reçu, comme tout rintérteur de réglise, un épais badigeon qui nuit à leur relief.

Les stcULes et le trône épiscopal, quoique très-mutilés, présentent encore des panneaux de menuiserie avec moulures annonçant le zv* s.

Le mattre-autd a remplacé en 1744 celui qui avait été exécuté en 1410, aux frais de Tévêque Étienne Cœuret, le mémo qui fit élever le petit porche S. de l'église. Ce nouvel autel a conservé , comme souvenir des anciennes traditions liturgiques, au milieu de formes toutes modernes, une énorme crosse en "bois scniplé et doré qui s'élève derrière l'autel, et supportait autrefois une custode renfermant le saint -sacremenl. Des neuf chapelles correspondantes aux travées du chœur, la plus remarquable est la chapelle àbsidale sous le vocable de saint Samson. (Construite à pans cou« pés et percée de trois fenêtres, elle a été dans ces derniers temps l'obje d'une restauration complète, et sol autel de pierre , ses vitratiz et ses peintures polychromes sont une imi-» tation heureuse des autels, des vitraux et des peintures du xiv" s. On remarque, dans cette chapelle, une arcade priàe dans l epai.sseur du mur N.

et fermée d'une grille derrière la* quelle se placent les aliénés amenés eu pèlerinage à saint Samson. Des inscriptions tumulaircs rappellent les noms de quatre évèques de Dol, euterres dans la ciiapelle. Ce sont ; Antoine Révol, mort en 1629; Mathieu Thoteau, mort en 1691 ; Jean- Louis du Bouchot de Sourches, mort en 1748 et Jean - F'rançois Dondel, mort en 1 761 , prédécesseur de Mgr de Hercé , dernier évêque de Dol, tué à Quiberon.

Un seul Umbeau monumental se trouve dans la cathédrale de Dol , au transsept N., c'est celui de Tévêque Thomas James, mort en 1503. Ce monument exécuté en 15U7, a été signé par l'un des plus grands artistes de la Renaissance, Jean, surnommé Juslus et Ftorentims, immortalisé par le tombeau de Louis XH, à Saint- DeniS| et Tim des élèves de

DE BKNNfiS A SAINT-MALO.

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Michel Colombe, auquel est dû le tombeau du duc François II» à Nantes*

Le sarcûpbaga carré, qui portait autrefois la statue de l'évéque, est sur* monté d'un dais soutenu par quatre pilastres, enrichis de rinceaux et d'arabesques déUcatement sculptés.

Les statues de la Force et de la Jusiie» sont brisées à mi-oorps ; mais deux anges en bAs-rellef ont échappé au marteau. Les faces latérales du monument offrent, dans des médailluns, les bustes des deux frères de l'évêque, Joseph et Frangois James^ chanoines de DoL

située hors de Tenceinte murale de Dol, sert aujourd'hui de halle au blé.

C'est un fdifice à trois nefs, terminé à TE. par un chevet rectanf^ulaire.

Les quatre premières travées au-dessous des transsepts, les transsepts eux-mêmes, voûtés en pierre, et le carré centikl, appartiennent au xi* et au m* s. Le carré central, sur- ,monté d'uno tour du xiv» s., présente quatre arcades cintrées en fer à cheval. Les deux dernières travées du bas de l'église, à piliers cylindriques, et le feçAde 0. offrent tous les caiectéres du xv*> s.

On remarque, près de la porte 0.

du collatéral N.,un massif carré cantonné de quatre colonnetles enp:agées, le tout surmonté d'un chapiteau historié présentant les figures d'une femme endormie, d*un ftne montrant la langue et d'un personnage assis, appuyé sur un bâton.

Un grOT^Î nombre d'ancien nnsTnai- .tons se voient mrore à Dol, notamment dans la orande-Rue, comme nottsTavons 4itplus haut. Lamat^on des Paîait ou des Plaids, entre au très, présente une façade en granit très-ornée, du style roman, percée au premier étage de trois hiies par lesquelles on signifiait auirelois au peuple les arrêts de la justice. On remarque aussi, dans le haut de la rue, une façade composée de deux arcades ogivales épannelées, retombant sur

de grosses colonnes à chapiteaux revêtus de larges feuilles en volutes.

Près de la cathédrale se voit l'ancien palais épiscopal, occupé aujour<*

d'hui par le collège et reconstruit au commencement du xvui' s. — De rancien châieau de Dol, il ne reste que des débris de fortificalious et des pans de murailles.

Au S. de la ville se voient l'ancien séminaire dirigé par des Eudistes (il a été tran<;formé en hospice) et quelques débris de la Vieiiville abbaye fondée au xii* s. — Près de la Trésorerie, se dressent les ruines d'une four du XIV* s., à trois étages, le premier carré, le second octogonal, le troisième cylindrique. — Les remparts de Dol ont été transformés en prnmepade.

Une digue de 36 kil. de longueur, et dont l'origine remonte au xn* s., préserve des Inondations de la mer tout le pays désigné sc^s le nom de marais de Dol et comprenant 23 communes (15 000 hectares). — Les marais de Dol sont remplis d'arbres renversés, qui se trouvent assez souvent à une petite profondeur. Ces arbres, nommés psr les habitants bourhanSf eanaillons et couërons» la plupart d'essence de chênes, ont conservé leur forme et souvent même leur écorce. Le long séjour qu'ils ont fait dans la bourbe a changé leur substance. Lorsqu'on les retire, leur bois est noir et mou ; mais, dès qu'il est exposé à Fâir, il devient compacte et acquiert, avec une Ircs-grande pesanteur spécifique, la plus extrême (lurrt*V Les chroniqueurs font remonter a i année 709 la première inondation qui, en renversant la forêt de scisey, a été Torigine des marais de Dol ; une seconde inondation est encore signalée en 11 G') et se serait étendue jusqu'aux murailles de la Ville. Ce no sont pas seulement des débris de végétaux, tels que des arbres avec leurs fruits bien conservés, glands, faines, noisettes, que l'on extrait des marais de Dol ; des

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débris d'animaux y ont anssi été trou-

jfés, entre autres un bois de cerf avec ses andouill^ et une tète d'urus^ bœuf sn 11 va ire qui peuplait originairement loiiies les grandes forêts de l'Europe, mais qui ne se rencontre plus que dans le N. L'industrie des ^nommes a fini par enlever cette plaine à la mer, qui Tenvahirait encore sans tee digues qui lui ont été opposée»^.

Depuis un siècle, plus de 2000 hectareS| où Ton ne récoltait guère que des roseaux, sont devenus des terres fertiles ; le dessèchement se poursuit au moyen d'un grand nombre de hii'fs ou canaux ouverts pour assécher les parties basses du terrain ci conduiro à la mer les eaux du bassin de Dol. Cliaque année, les co-propriétaîres se réunissent à Dol pour élire une commission chargée de surveiller et de diriger les travaux d'entretien de la digue et du dessèchement de nouveaux terrains, travaux entrepris au moyen d'une contribution votée et répartie par la commibsion entre les 23 communes riveraines. Grâce à cette sage mesure, les marais de Dol, représentant un capital d'environ 24 millions, rapportent annuollemont 800 000 à 900 000 fr,, et Xormeiit une plaine très-fertile.

Le Mont-Dol, qui domine au N.

eette vaste plaine, est une éminence granitique haute de 65 mèt. et de 2 kil. de tour. Le village du même nom (1750 hab.) se trouve situé sur le versant 0. Le Mont-Dol avait dé consacré par les druides. On voit, au sommet, une [online qui ne t^rit jamais et Tempreinte que Ton des pieds de l'archanKc saint Hicbel y laissa,dit^ on, lorsqu'il s'élança d'un bond de ce rucher sur celui qui porte aujourd'hui son nom. La vue dont on jouit de ce bel édère naturel est immense : on découvre la mer, le Mont-Saint-Miebely la N<»inandie et quelques villages des environs de Rennes, notamment Hédé.

Véglisedn Mont-Dolmériteia visite

liAKAIS hK DOL.

de l'archéologue. « La tour en granit

{Bretagne contemporaine), avec ses petites t>aies trilobées et son portail en ogive, est une reconstruction du XV* s. Mais , à l'intérieur, la nef, romane de transition, divisée en travées dont les ogives primitives reposent sur des supports carrés munis de simples chanrreins, a conservé des traces de curieuses peintures murales. Au-dessus des arcades avait été figurée, au xv* s., une série de sujets représentant, avec les costumes contemporains, les scènes de la Pension et de la Risurrectim de Notre^ Seigneur. Ces fresques, malheureusement k 'Irmi'^tïacécs par le temps, recouvrent une antre couche plus ancienne de pniniures décoratives d'une simplicité qui ne manque pas d'élégance et qui peuv^t 6tre rapportées au xu* s, »

[Corresp. pour (9 kil.) la Boussac (R. 35) et (n kil.) Pleine-Fougères (R. 41).]

De Dol à Fougères, B. ss; — à Avran* ches, R. 41 $ ^ à Dioan, R. 46.

La voie ferrée, bordée de beaux massifs d*arbres qui empêchent de

voir la mer à dr., décrit une courbe pour prendre la direction de l'O.

 dr. se montre lo Mont-Dol. Après avoir croisé la levée ou chaussée du Vivier f qui sert de grande route entre Dol et Saint-Malo, on entre dans le fertile marais de Dol que l'on traverse en lijrne droite, en franchissant successivement plusieurs biefs ou canaux de dessèchement.

67 kil. La Frcsnais, c. de 208G hab., dont le territoire forme une plaine soigneusement cultivée, bornée au N. par la mer et au S. par les marais.

On traverse le bief Jean, puis le hief des Hayes, en s avançant toujours en ligne droite, sur un terrain uni, jusqu'à la rencontre du chemin de Cancale à Châteauneuf.

72 kil. La Gouesnière (hôl. de la Gare), v. de 922 haj»., situé à g., au

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