‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 152 sur 257 · ROUTE 39] SAINT-MALO · texte numérisé non relu

ROUTE 39] SAINT-MALO

HISTOIKE.

la guerre allumée par ht ligue d'Augsbourg, où toutes les puissances de l'Europe se coalisèrent pour abaisser la France.

Les Anglids rartoat eurent besneoup à SOufTrir des Malouins ; aussi formèrent-ils le projet de détruire une ville qui osait méconnaître leur empire prétendu sur la mer. Le 36 novembre 1609, nne flotte de dix vaisseaux de ligne et de cinq galiotes à bombes vint mouiller à !a Fosse-aux-Normands, d'où elle bombarda la place pendant quatre Jours consécutifs, mtAn sans lui nns/T grand dommage. Le 30, l'amiral tira un coup de canon et appareilla, avec la honte de n'avoir pu réussir dans son dessein. Ce dessein fut repris en 1695, et le 14 juillet de cetfe année, les flottes combinées d'Angleterre et de Hollande, formatât un effeetif de 70 bâtiments de guerre, parurent à la hauteur de Saint- Malo. h-i ville et les forts furent encore bombardes pendant quatre jours; ils répondirent aux ennemis avec la même vivacité. Les 8 à 9oo bombes qui tombèrent sur la ville, tuèrent dix personnes, brûlèrent sept maisons et en endommagèrent tin très-grand nombre. Le bon ordre empêcha les progrès du feu, et le 1$, Tennemi mit à la voile et disparut.

Ces deux attaques ne ralentirent pas Tardeur des Malouins à poursuivre partout leurs fiers ennemis, dont les dépouilles les enrichirent. Dans une seule

S uerre, ils prirent plus de 1500 navires, ont plusieurs étaient chargés d'or, d'argent, de pierreries et d'autres effets précieux, sans compter un nombre considérable de bâtiments qu'ils brûlèrent.

Lors de la guerre de la succession d'ESftagnc, Saint-Malo recommença ses armements avec le même succès et fit en même temps un commerce considérable qui la ren i ii i > ndant quelques années la plus opulenle ville du royaume. C'est du Pérou que les navires de Saint-Malo tiraient ces richesses qui mirent les habitants de cette ville en état de prêter au roi, en 1711, une somme de 30 milli'>n'î somme qui servit à maintenir son pctilfils sur le trdne d*K8pagne et à défendre nos propres frontièri'S. La Compagnie des Indes, dont le siège était à Lorient, avait alors un établissement à Saint-Malo. Les richesses qu'elle apportait dans cette ville furent employées au service de l'État, dans la fameus?" expédition de Hio-Jaueiro. Les Malouins eurent la gloire de l'entreprise, en firent les dépenses et en partagèrent les périls, sou? la conduits de DQguay- Troain, leur concitoyen.

Le 5 juin 1758, une nouvelle attaque des Anglais fut dirigée contre Saint-Malo. Une flotte de cent voiles mouilla à Cancale et mit à terre 15000 hommes commandés par le célèbre Marlborough,

Le général se rendit par terre à Saînt- Servan, brdlales chantiers et les magasins qui s'y trouvaient, deux vaisseaux do ligne, plusieurs corsaires, 80 bâtiments de dilTerentes grandeurs qni étaient à l'ancre dans le port, somma inutilement Saint-Malo de se rendre et repartit dans la nr.it ân 12 au 13, après avoir ca^isé à la marine Irançaise une perte de l'î millions. Le résultat de celle expédition détermina l'Angleterre à en tenter une nouvelle an mois de septembre suivant; mais cette fois les troupes anglaises furent complètement battues à Saint-Cast, et, depuis, leurs flottes n*ont plus repam sur nos côtes.

Dans la guerre de 1778, les Malouins armèrent un grand nombre de corsaires qu'ils lancèrent contre les Anglais.

A la fin de 1789, le faubourg de Saint- Servan se détacha de Saint-Malo pour se créer une municipalité et nne milice distinctes.

En 1700, l'évêché de Saint-Malo fut supprimé. L'administration paternelle de Mgr de Pressigiiy fut remplacée en 1793 par celle du leprésentant du por.plc Lecarpentier, l'un des plus farouches proconsuls lib la Convention. Pendant les huit mois qu'il résida à PoTtMalo, il fit Jeter dans les fers 500 des plus notables habitants, sur lesquels 120 furent envoyés à la mort; la chute de Robespierre sauva seule les autres. Le commerce maritime, entièrement anéanti, ne reprit d'activité qu'avec le Consulat et les guerres de l'Empire, pendant lesquelles les corsaires malouins rappelèrent, par leurs coups hardi? et leurs brillants combats, les beaux jours de Duguay-Trouia.

Les habitants de Salnt^alo m se disent ni Français ni Bretons, maia Malouins. Ils sont très-fiers de leur patrie et ils ont raison. Peu de villes, enellét, ont vu naître autant dlibmmes célèbres, et cela dans tous les genres d'illustrations. %vuts citerons seulement : Jacques Cartier, (jui découvrit le canada en 1534 ; Duguay-ïrouin, le corsaire Robert Sttreouf,Châteaubriaad, Lamennais et le médecin Broassais.

Monuments.

La cathédrale de Saint-Malo, bAlie à peu près au milieu de la ville, sur

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DE RExNIsES A SAINT-MALO. [ROUTE 39]

le point le plus abrupt du rocher, a remplacé au xu" s., lorsque l'évijché d'Aleth fut trarisporlé dans la presqu'île d'Aaroii, l'église de Saint-Vincent, élevée au ix* s. parFévêque Hélocar, sur les fondations de celle que les troupes de Charlemagne avaient incendiée en 811. C'est en 1144 que Jean, surnommé do la Grille, jeta les fondations (ie l'édifice actuel , dont le carré central et une partie de la nef appaitiennent seuls à Tépoque Tonuuie. L*arc triomphal , Tareade donnant sur le sanctuaire , ainsi que celles qui s'ouvrent sur Ifs deux liras du transsejit, sont en ogive ])riraitive. Les m.issils du carié central sont prismatiques et flanqués de colonnes engagées. L'ornementation des chapiteaux est d'un travail grossier, mais les motifs en sont extrêmement variés.

Le chœur, r'-Invé par Jean de laGrille, etdans lequel il fut inhumé en 1163, a été remplacé , environ un siècle et demi plus tard par le chœur actuel.

11 appartient au style ogival en lancette, et doit être attribué en grande partie à Jean Rouxelot, de la maison de Limoêlan, sacré évêque dn S:uni- Malo en 1310. Il se compose de (juatre travées, dont trois en avant ue Tautel et une en arrière. 1-e chevet^ droit, sans chapelle absidale, est percé d'une grande fenêtre garnie en 1855 d'une verrière dans Je style du XI v« s.

Les bases des piliers et des colonnes sont enlouies en terre depuis qu'a été exhaussée, en 1676, l'aire des collatérauXy qui primitivement se trouvait beaucoup au-dessous de celle du chœur. Ce remblai opéré dans les collatéraux, où l'on descendait autrefois par 17 marches, a enlevé au chœur beaucoup de son élévation qui est encore de 30 mèt. sous voûte.

Les chapelles du pourtour du chœur furent fondées à diverses épo jucs. La plus ancienne est ceîh qu'éleva, en 1360, Philip[>e fie Hennés, i»remier doyen séculier; elle est bituée du

cOlé de l'épître, ainsi que la chapelle

Sainte-Geneviève, due à la libéralité de la famille de la Chouê; les ornements flamboyants des fenêtres de cette dernière chapelle accusent le XY* s.

L'intérieur de Téglise est disgra* cieux à cause de la diversité des styles et du peu d'élévation des transsepts.

Sur la tour carrée, romane à sa base, qui s'élève au centre des transsepts, a été construite, en 1859, une élégante flèche ajourée, du style ogival fleuri, qui attire de loin les regards.

Le collatéral S. est de l')30; le collatéral N. (1593-1607) est dorique de la Renaissance ; le gable 0. avec ses pilastres ne date que de 1713; la chapelle du SaintrSacrement fut hAtie en 1718 pour servir de paroisse.

La hauteur de la nef sous voûte est de |;j mèt. 30 cent. • mais, de ces constructions hétérogènes, il n'y a de remarquable que le chœur où fut inhumé, en 1388, Tévêque Josselin de Rohan, sous un tombeau qui subsiste encore.

Nous signalerons encore , à Tintérieur de la catltoflrale de S^tnl-Malo : trois belles statues en marbre blanc (la loi , saint Benoit et saint Maure) f provenant de l'ancien couvent des Bénédictins anglais ; — un Chri9t en ivoire, placé en face de la chaire; — quelques bons tableaux, notamment une Descente de croix, de Santerre (à dr. près du transsept; rhaljiliement de la VierKC manque de

goût) ; Saint Malo préchant les Druv' des, par M. Duveau; le Christ tombant

sous la croix , par M. Doulreleau , et un tableau du xvir s figurant la Ba* taille de Lépante, Derrière le maître autel se conservent les reliques de saint Célestin.

Les fenêtres du chevet sont ornées de vitraux modernes représentant les patrons de l'église et de la ville.

LV'gli^e succursale de Notre-Dame des Anges a disparu; celle de Saint- Sauveur, attenante à Vhôtel-Dieu ^rue Saint-Sauveur) est encore des*

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