ROUTE 39] SAINT-MALO
CHÂTËAU.
servie. Cet hôpital doit son existence à Geofitroi, évéqae de Saint-Halo en 1352* — Outre l'Hôtel-Dieu, qui sert tout à la fois d'hôpital civil et d'hôpital militaire; Saint-Malo possède un hôpital général, situé sur le territoire de Saint-Servan. Ces deux établiasements^ richement dotés, sont tenus avec un soin remarquable.
La maison delà Providence^ fondée en 1681 par Mlle Gardin de^ Prcz . et la maison des Sœura de la Charité y fondée en la même année par la marquise de la Marzelière^ ont survécu à la Révolution.
Le chitean (on ne lé yisite pas sans permission), qui commande la partie N. de la ville, est aujourd'hui transformé en caserne. Il est situé à la tête du Sillon , par lequel il faut nécessaire ment passer pour se rendre à la ville» à moins de prendre la voie de mer, puisque la mer environne toute la place. Cette forteresse n'offre aujourdliui rien d'antérieur au règne du duc François 11 et à celui de sa fille Aune, qui la tirent reconstruire, à Texception du Grand donion. Le plan du château de Saint-Malo figure un carré flanqué de quatre tours principales avec plates-formes.
En dehors de la courtine formant l'un des côtés du carré, vis-à-vis du Sillon,. C3 château est renforcé par une double muraille s^avançant en pointe et appelée la Galère,
Au milieu de l'enceinte, une grosse tour en fpF à cheval, beaucoup plus élevée •{ui; toutes les autros, servait à défendre i entrée de la viiie, avant que le eh&tean aetuel lût bfttl; on voit à cdté une vieille porte communiquant avec l'ancienne enceinte. Cette tour, appelée le Grand donjon, pour la distinguer d'une plus pciite nommée le Petit donjon, qui est dans la courtine regardant la graude mer, existait avant 1378» année où elle fut battue en brèche par le duc de Lancastre; sa force fut augmentée de 1387 à 1415»
pendant l'occupation française.
Les deux tours d'angles qui flan-
quent rentrée du château du côté de la ville, d'un plus grand diamètre que les précédentes, furent bâties vers 1498 par la reine Anne. Cette princesse, ayant eu quelques démêlés avec l'évôque Guillaume Briçonuet, touchant le droit de régale, fit élever cet ouvrage, nonobstant les oppositions de Tévéque, et, pour montrer qu'elle était et voulait rester souveraine de Saint-Malo, elle fit graver en bosse sur Tune de ces tours (celle qui touche la porte Saint-Thomas, du côté de la grande mer) ces mots significatifs : Qui qu^en grogne^ ainsi sera, c'est mon bon plaitir.
Le nom de Quiquengrogne est demeuré à cette tour; l'auire fut appelée la Générale. C'est dans cette forteresse que furent renfermés, en 1765, MM. Caradeuc de la Clialotais, pére et fils, et cinq autres 'membres du parlement de Bretagne, par suite de la poursuite criminelle intentée contre eux à la r{''qnisition du duc d'Aiguillon. Le mémoire justificatif de la Chalotais, écrit sur des enveloppes de cbocolat, avec un cure> dent trempé dans une décoction de suie» de sucre et d'eau, est présenté tous les souvenirs.
La ville de Saint-Malo est entourée de remparts flanqués de grosses' tours qui encadrent les portes principales.
Ces portes sont : la porte kotre-Dame ou Grande-Portê, la porte Saint-Vincent, la porte de Dinan, la porte de Saint'Tliomas , et la poterne dp Bon- Secours. Du côté de la pleine mer, l'appareil des remparts annonce une construction du xvi" s. ; toutefois la partie comprise entre Notre-Dame et la poudrière est du xiip s.; le reste de l'encéinte et la batterie de Hollande, qui donne sur la rade, furent élevés en 1700 sur les plans de Vauban, par les soins et aux frais des Malouins, qui avalent la garde de leurs murailles.
Au centre de la place Dtiguay* Trouin , plantée de tilleuls, s'élève, depuis 1829, la statue du héros qui
DK RBMNES A SÂINlVBtÂLO. [ROUTB S9]
a donné son nom à celte place ; c'est une œuvre assez médiocre du sculpteur Molcbneobt. Un des c6tés delà plMO est bordé par la sous-
gréfecture, dont la façade est ornée 'un péristyle i\ qu.ilre colonnes doriques.— L'hôtel de tille renlurmo une salle de conceris décorée des portraiis de Lamennais, de Châteaubriaiid , par Girodet, de Tabbô trublet, de Maupertuis, de Dttguay-Trouin , de la Bourd 0 n nai s » de Jacques - Cartier, d'André des Illes, etc.
Dans la snlle des délibérations municipales se voient quelques tableaux {épisodes de Vhistoire de la ville) ^ un beau relief en marbre blanc de Tencrani, représentant le Martyre d'Eudore et de Cymodocée, etc.
Le musée, fondô p tr M. A. Vattemare, et provisoi renient installé dans la rue André des Illes, pré.^ente déjà, dit M. Robidou, 9000 échantillons typiques ainsi classés ; — Archéologie, Ithf — Numismatique, 2618; — Souvenirs et objets historiques, 53. Ethnographie, '253; — Objot^; ûii curiosité, 43; — Science et beauxarts, 2T1 ; — Autographes, 27; — Histoire naturelle, 5375. L^attention y est surtout attirée par les débris du navire la Petite-Hermine sur lequel Jacques Cartier partit pour aller découvrir le Canada.
Le musée est ouvert le jeudi et le dimanche, de 1 h. à 3 h.
La InbUothèquej installée sur la place de la Mairie, au-dessus du bureau de la poste, est ouvortc tous les jours, excc(ité le dimanche et le jRudi de 6 h. à 9 h. du soir en hiver, et de 1 h. à 4 h. en été.
les rues étroites et tortneuses de Saint- Malo reoferment un certain nombre de maisons des xvi* et XVII" s., dont les façades en bois sculpté « encadrent à chaque étage, dit M. Paul de la Bigne, une série rie baies contiguës garnies d'une vitrerie à petits compartiments plombés qui leur donnent un aspect original et tiès^intéressant. Telle est, par exem-
ple, la maison où est né Dinjuay- Trouin (rue Jean de ChàlUloa et qui porte son nom écrit 4 l'extérieur. »
La rue de TÉpine offre un bel hôul en granit (xvii* s.) orné de moulures; cesl là qu'est né André des Illes.
suriiomiiié le héros de Nancy. Dans les rues qui avuisinent le rempart du S. se voient plusieurs hôtels d'une architecture sévère et monumentale. Nous signalerons aussi, rue Saint-Vincent, n» 3, la maisùn en pierre noire de la famille Lamennais.
Vhôtel de France offre une belle façade sur la place. Il se compose de deux maisons : la maison du Gouverneur, d'où provient un ti^s-Joli tableau qui se voit aujourd'hui dans la salle à manger de l'hôtel (ce tableau, représentant Diane, est peutêtre de Coypel), et la maison de la famille Châteaubiiand. L'une des chambres (n" 5) passe, à tort,
Sour être celle où est né l'auteur u Génie du christianisme ; Châ> teauhriand naquit rue des Juifs; mais il t tait encore enfant lorsque ses parents vinrent habiter l'holel dont nous parlons. D'un caractère ardent, il avait de fréquentes querelles avec ses compagnons de jeu et rentrait souvent à la maison paternelle les habits déchirés et en désordre. Pour le punir, ses parents renfermaient alors dans la chambre qui contient aujourd'hui un certain nombre d*objets ayant appartenu au grand écrivain.
On y remarque notamment : un portrait de Chateaubriand, un crucifix dont le Christ est en ivoire , une gravure représentant Ai a/a elChactas, d'après le tableau de Schopin, les armes de Châteaubriand avec la devise : « Mon sang teint tes bannières de France, » une table avec un album, divers meubles en damas ou en t npi;-'.srriej etc.
a Celle chambre, dit M. G. Bobert de Salles, s'ouvre sur une terrasse de verdure attenant à un belvédère. De là on aperçoit au loin nie deiSézembre, dont les lignes se pronient Ti*-
[aOUTE 39]
PORT DK SAINT*MÀIX).
gouretuemant lur les falaiies blauâ^
très des Côtes-du-Nord; à dr. est le fort Impérial où se trouvaient jadis les fourches patibulaires de la juridiction ecclésiastique, et à g. le Grand- Bey où repose l'illustre écrivain.
« II y a longtemps, écrivait en 1828 CbftteaubrUuid au maire de Saint- Halo^ que J'ai le projet de demander à ma ville natale de me concéder à la pointe occidentale du Grand-Bey, la plus avancée vers la pleine mer, un petit coin de terre, tout juste suf fisant pour ceutoDlr mon eeicueil. Je le ferai bénir et entouiier d'une grille de f^r. Lft, quand il plaira à Dieu, je reposerai sous la protection de mes concitoyens. »
Selon le vœu de Chfttcaul)riand. son tombeau, d'une extrême simplicité, consiste dans une pierre sans inscription entourée d'une grille en fer du style gothique et surmontée d'une croix de (?ran!t. Cette tombe, placée au sommet d'un roc dont la base est battue par les vagues, attiiie, à mer basse (on ne peut pas aborder le Grand- Bey à marée haute), un grand nombre de pèlerins.
V établissement des hains de mer de Saint-Malo est tr&s- fréquenté, — Le Casino, situé à rentrée du Sillon, près de Tune des tours du château, était devenu très-insuffisant; aussi la construction d'un nouveau bâtiment a-t-elle été entreprise en 1867.
Des terrasses, la vue domine la grève, le fort Impérial , le tombeau de Chateaubriand, la mer, le bassin à flot, la garu, etc. La plage, qui commence au pied de la forteresse et s'abaisse en pente douce, est couverte d'un sable trèS'fin. Pendant la saison des bains, des concerts, des bals, dos fêtes, des régates, des courses de chevaux ont lieu à Saint-Malo, où des nains de plaisir amènent chaque annce de nombreux visiteurs.
Port. — Commerce. — Industrie.
Le port de Saint-Malo, pn s duquel s'élève la bourse, occupe le
douzième rang parmi les ports Irançais pour rimportanee oommereîale et le premier rang au point de vue de
rinscription maritime.
Un décret du 24 mars 1860 a affecté une somme de 5 millions à l'achèvement du bassin à jlol construit dans l'anse qui sépare Saint-Malo de Saint- Servan.
Lr nouveau travail est admirable, dit M. Robidoi! , et en quelque sorte indestructible ; mais les portes sont moins bien abritées que dans le premier plan, maigre la belle étendue des quais qui rapprochent le terri« toire malouin de cette partie du port.
«Avant d'opérer la fermeture du bassin, on a voulu réduire la masse intérieure des eaux, qui présentait une surface de lÛO hectares et fortifier l'ancien Sillon, entre le bassin et la pleine mer. De là deux grandes opérations conduites avec célérilé, la (Ugup intérieure de réduction ^ qui preseiiiG une courbe de plus de 1 ki!., et le boulevard ou quai Napulcon, qui s'étend extérieurement de la porte Saint-Vineent à l'ancienne grève de Rocabey, et sur la rive duquel est installée la voie de raccordement avec la gare des marchandises.
«« Une autre modification se rapporte au régime des eaux. On a récemment établi dans la digue de jonction, du côté de Saint-Servan, des passes votltées ou pertuit d^itUroductiouy pour aider à Técoulement ou* à l'introduction des eaux.
t L'ensemble de ces travaux, y c OUI pris le môle des Noires qui protège Tavant-port, la seule parut^ intégralement conservée des anciens ouvrages, a coûté, jusqu'à ce jour, environ 19 millions. Ce bassin h flot est vraiment l'un des plus vastes et des plus beaux qui aient été exécutés :>ur le liiiural de la Manche et de rOcéan. »
Le port de Saint-Malo reçoit 9 mèt.
d'eau aux grandes marées. La profondeur du bnssin est de 6 mèt.
cent, à 1 mèt. ôu cent. Ce bassin