‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 162 sur 257 · S A DINAN. [ROUTE · texte numérisé non relu

S A DINAN. [ROUTE

hauteur est de 40 mèt. au-dessus du chemin de lialage et de 50 met. en comprenant lesfondations.il est formé de 10 arches de 16 met. d'ouverture, séparées pardes pieds droits de 4 mèt.

d^épaisseur; la largeur de la voie ehanretière est de 5 mèt.; elle esthordée de trottoirs de 1 mèt, de largeur.

Histoire.

L,i fondation de Dinan ne paraît pas antérieure au xi* s. et à an château autour duquel vinrent se grouper quelqoes habitations. Ce ch&teau fut b&ti par on puissant vicomte nommé Hamon, qui prit le nom de Dinan, et qui vivait du temps àn doe Oeoffroi I*' et de son snceessenr Alain (1000-1040). Dinan ouvrît ses portes, en 1065, h Ilarold, lieutenant de Guillaume le Conquérant. Geolfroi, vi.

comte de Dinan, sire de Lehon et de Mon* tafiiant, prit part à la première croisade, en 1096, et s'embarqua pour l'Orient, sous la conduite du duc Alain Fergent.

A rexemple de ses prédéeessears, Olivier de Dinan se croisa en 1190; il mourut sans postérité en 1199, et sa succession fut recueillie par Oervidse de Vitré, dite de Dinan, sa cousine, épouse de Juhol, baron de Mayenne. Marguerite, fille des précédents, porta par mariage à Henry d'Avaugour, comte de Ooëllo, la vicomte de Dinan, et Alain d'Avaogour, leur fils, la vendit, en 1265, au duc Jean le Roux, qui en avait brûlé le château dans une guerre contre ses barons en I95S.

Une autre branche de la maison de Dinan, qui possédait la seigneurie de MontaHlant, s'est perpétuée jusuu'à la fin du XV* 8. et s'est fondue dans la maison de Laval.

Lors des guerres de la succession, la ville de Dinan, Tune des places les pluii importantes de la province, se déclara I o[ir Charl*^ de Blois contre Jean de Montfort. En 1344, les Anglais, conduits par Thomas d*Ageworth, s'en emparèrent et la Mlèreot de nouvean; mais ce désastre ne fit qu'anpmenter In rolère des Dinannais, qui restèrent lideles à Charles de Blois jusqu'à sa mort.

Le duc de Lancastre, à la tète des auxiliaires anglais appelés par Jean de Montfort, étant débarqué en Bretagne au commencement de Tannée I3S9, vint mettre le siège devant Dinan. Les habitants, prévoj:ant cet événement, avaient •sollicité des renforts de Charles de iiiois,

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qui lenr avait envoyé 500 ou 600 hommes, commandes par Bertrand dn Goeaelin.

Pendant une suspension d'armes, du Guesclin yirovoqua en combat singulier un chevalier anglais nommé Thomas de Cantorbéry, qu'il vainquit sor la place du Champ, on dresse aujourd'hui la statue du connétabi'î. A la suite de ce duel, les Anglais levèrent le siège de Dinan, qui dut ouvrir ses portos au doc Jean IV en 1384 et aux Ftanf^iîs en l '*8S. T.n 15f)8, la ville et le château furent enlevés par les troupes du marquis de Coëtquen, gouverneur de Salat'Malo pour Henri IV, à la suite d'un complot contre les Ligueurs, qui, depuis l&8â, s'en étaient mis en possession. La garnison eut la fa> culté de sortir, le mousquet âu braSi mais la mèche éteinte.

Comme l'on savait l'importance qu allachait le roi & recouvrer Dinan, ce fut à qui lui annoncerait le premier \n reddition de cette ji!ace. Le sieur Pépin, l'un dts principaux Lunjures, partit sur-lechamp pour Paris, en faisant autant de diligence que le permettait le même cheval. Présenté au roi au débotté, il lui dit, tout hors d'haleine, avec son accent de terroir :

« Sire, j*avons prins Dinan.

— Gela ne se peut, dit le maréchal de Biron.

— Vay, répondit Pépin, d'un ton railleur et en regardant le roi d'un air familier, y le sara mieux que mal, qui y étas; mais, ajouta<t>il ensuite^ est>on iel dans la maison du hon Dieu, qu'on ne boit ni ne manp*^'' «

Le roi lu lit régaler par ses officiers et rit beaucoup de son langage. Le lendemain Pépin étant venu prendre congé du roi, Henri IV lai demanda s'il voulait qu'il le fit noble.

« Nenny, sire, je les ebassons de notre ville à coups de bâton; mais faites-moi donner un cheval de votre écurie, car le mien a crevé comme un porc. •

Le roi lui fit donner un de ses bons coureurs, et Pépin partit très-content.

Le sénéchal Marot des Alleux se mit aussi en cbemin dès le lendemain de la reddition du château pour en porter la nouvelle au roi ; mais, s'il arriva après Pépin, il ne partagea pas son mépris pour les distinctions nobiliaires. Aussi int-il récompensé par des lettres d'anoblissement, portant '[ue le roi ne devait Dinan ^u'à ses soins ui u sa valeur. A ces lettres était joint le brofet d*Bne cbarge de maître des reqoéttti, que Marot vcndil quelque

temps après un fort grand prix. Depuis cette époque, il ne s'est passé aueun

événement notable à Dinan, et cette ville ne reçut un peu d'animation que par la tenue des États de Bretagne qui y siégèrent buit fois de 1634 à 1717.

Dirian a donné naissance à Duclos-Pinot, historiographe de France, membre de l'Académie française et maire de Dinan, mort en 1772.

Monomenis publies.

L'église Saint - Sauveur (mon.

hist.) l édificu le plus remarquable de Dinan, oiTrc un mélange des styles roman (àdr.) et ogival (à g.). Au centre de la façade ooeidentale (xii' s.) s'ouvre la porte principale Cil plein cintre, dont l'arcbivoite est couverte, dans ses diverses pa^lios, de figurines, do rinceaux et de galons perlés. Parmi les stalueltes qui la décorent; on reconnaît, aux instruments dont ils jouent, les VieiUardi de l'Apocalypse. le groupe du tympan ligure le Christ bénissant entre deux anges thuriféraires. Cette porte centrale est accompagnée de chaque côté d'une arcature géminée, aveugle, dont les belles archivoltes en plein* cintre sont supportées par des colonnes torses. Sous ces arcaturcs s'encadrent de longues statues, dont les pieds reposent sur des lions, et dont la tête est surmontée d'un dais.

Les chapiteaux présentent, pour la plupart, des scènes empruntées à la vie des saints ; d'autres offrent la représentation symbolique des péchés capitaux. Sur l'un de ceux-ci est figurée une femme nue, à la mamelle droite de laquelle est suspendu un crapaud, tandis qu'un serpent s'attache à sa mamelle gauche. Un dragon placé à dr. de la figure principale et tm personnage aile, debout, à sa g., paraissent s'en disputer la possession.

Il faut voir dans cette scène, d'une part, la représentation de la luxure, et de Tautre, l'espHt de lumière et l'esprit de ténèbres, luttant pour la conquête d'une âme. Un autre cliapiteau offre la représeniation de l'or-

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gueil, symbolisé par un personnage dont un animal fantastique dérore la tête. Ailleurs, un pèlerin, chargé du

sac et appuyé sur son bourdon, se voit en fiiitto aux attaques d'un dragon, qui s'élnnt p à sa rencontre. Sur d'autres chajtileaux sont sculptés, ici une sirène, là des dragous, dont les queues sont enlacées; au-dessus des arcades du premier ordre, se détachent en relief le lion de saint Marc et le bœuf ailé de saint Luc.

Un fronton plus moderne, ajouté à la façade de Saint-Sauveur, est percé d'une grande fenêtre flamboyante annonçant le ivi* s. Le mur méridional de la nef (xa* s.), orné de curieuses sculptures, présente une disposition extrêmement rare. Les six travées dont il est formé sont séparées, dans toute la hauteur du mur, par des colonnes à chapiteaux richement sculptés. La partie inférieure de chaque travée offre une belle arcature; la partie supérieure est occupée par trois arca''le<, dr-nt l'une percée d'une fenêtre en plein cintre, et les deux autres formant niches. Le toulest couronné d'une corniche à modillons.

L*une des travées, percée au xv* s., donne entrée dans une charmante chapelle. Le chevet (loU?) , autour duquel règne une galerie habilement travaillée, offre extérieurement de belles coloimes aux chapiteaux délicatement fouillés. Les pilieis qui supportent la tour sont de 1657 et 1558. Cette tour était primitivement surmontée d'un dôme terminé en 1G17, abattu par la foudre en 1749, et remplacé vers 1779 par la flèche actuelle.

L'intérieur de Saint-Sauveur se compose d'une nef, de deux bas côtés , d*un transiept (voûte en bois, conservant les entraits et les poinçons apparents de la charpente), d'un chœur et de nombreuses chapelles. On y remarque, à g. en entrant, un curieux bénitier à cariatides ; les sculptures et les nervures des voûtes; une belle crédence voûtée, dans la chapelle St-Jean; quelques vitraux modernes, et sur-

tout le cénotaphe, en marbre blanc, qui renferme le cœur de du Guesclia.

Le connétable, mort en 1380, au siège de Châteauneuf-Randon, avait

recommandé, par ses dispositions testamentaires , d'inhumer son cœur dans Téglise des Dominicains (Jacobins) de Dinan, à côté du tombeau de Tiphaine Haguénel, sa première femme. Cette dernière volonté fut religieusement accomplie, et, depuis la suppression des communautés, le cœur du connétable et la pierre qui le recouvrait ont été transportés dans l'église de Saint-Sauveur.

Au-dessous du blason grossière-»

ment gravé en creux de du Guesclin.

{une aigle éployée chargée d'une cotice) , est une inscription commémorative, en caractères gothiques carrés, mal formés et mal alignés.

Depuis plusieurs années l'église de Saint -Sauveur, priD ci paiement sa façade romane si précieuse, a été l'objt't d'importants travaux de consolidation et de restauration.

l 'église Saint-Mn!o , reconstruite en 1490, a été termince il y a quelques années. Le chœur et les Iranssepts offrent un beau spécimen de la dernière période ogivale. On remarque, à l'intérieur: la tombe de Mgr de Lesquen, évêque de Hennés, mort en 1855; la chaire, beau morceau de sculpture , provenant de l'église des Dominicains; le ChrUt qui domine le chœur; le tabernacle et le retable du maitre-autel ; enfin les vitraux modernes des fenôtres du pourtour.

Un petit square a été établi récemment devant le côté droit de l'église.

L'emplacement de l'ancien couvent dos Dominicains ou Jacobins est occupé par la salle de tpectacle (fronton triangulaire que supportent deux colonnes d'ordre toscan, en granit).— L'ancienne chapelle des Bénédictines (beau clocher) est affectée au collège ^ qui compta Ch&teaubriand parmi ses élèves. — Le petit «ëmmairtf occupe randen couvent des Cordeliers. — Le monastère des Capucins est de-

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