DE MORLAIX A SAXNX-POL-DË-LÉON. [|U>UTS &B
à g. la route de Saiot-Thégouuec par Saiute-Sève, on descend vers le ruisseau de Pennelé, que l*on franchit à côté de la chapelle de la Made-
leirie. Le ruisseau de Pennelô baigne à dr., près de son embouchure dans la rivière de Murlaix {2 kil.) les bois du chdteau de Pennelé . possédé de temps immémorial par La famille de ce nom, — Remontant rapidement à 89 met., la route descend de nouveau vers la rivière de Penzé.
[Unes eoondarottteplus longue^mais plus pittoresque, sortant de Morlaix par la rive p-. de la rivière, (ju eile suit pendant 4 kil. {V. p. 137), IVancbit à son embouchure le ruisseau fie Pennelé, puis tourne à g. presque a angle droit et atteint 88 mèt. d'aLtit. en face de TmtU, cli.^L de ù, de 3817 hab. (k 500 mèt. à dr.)> avant de se relier à la route précédente, à 2 kil. en deçà de Penzé.j
8 kil. Penzif ham. de la c. dcTaulé,
a plus d'importance, grâce à son port et à sa rivière navigable jusqu'à son embouchure (8 kil.), que le bourg même dont il dépend. Il se tient à Pensé des foires importantes, dont la plus curieuse est la foire des tnariageSj qui a lieu le jour de la Saint-Michel. Ce jour-là, les pcnnérez (filles à marier ayant une dot) des paroisses voisines viennent, dans leurs plus beaux babils, s'asseoir sur les parapets du pont. Les Jeunes gens arrivent en* suite et passent gravement au mllleo de cette double haie de jeunes filles riantes et parées. S'il en est une qui ait touché le cœur d'un galant, il lui tend la main pour l'aider à descendre du parapet et entre en poiuparlera avec elle. Les parents s^approchent alors et, loreque les parties sont d'accord, on se frappe dans la main pour cimenter des fiançailles qui sont rarement rompues. 11 est juste d'ajouter que le pont de Fenzé n'est le plus souvent que le lieu de ratification de conventions préparées de longue date.
A 3 kU. en amont de Penzéi sur la
rivière de ce nom, dans un site trèspittoresque, se voient les ruines du ehâUau «M JP«nfcolf^ consistant prinei" paiement en deux tours du xui* s.
et en quelques souterrains fort curieux, mais à moitié comblés.
Après avoir franchi la Peuzé et ua de ses affluents à J*ontéonj la route laisse à g. Plwémn (2940 hab.), et, se dirigeant piesque en ligne droite vers le N. , domine à dr. le beau cMteau de Kcrlaudy fxviirs.), l estuaire de Penzé et la baie de Penpoul. En face se m on Ire de loin Sai nt- Pu i- de- Léon. On louiie À dr., à l'entrée de la ville, le parc du château de Kernévejf, splendide habitation bfttie dans le style Louis XIII. pour M. le comte de Guébriant, sur les plans de K. Proliciior, arcliitecte.
2i kil. Saiut-Pûl-de-Léûu (hùi.de France) f ch. ). de c„ V. de 6771 hab., est située à i kil. de la mer et du
port de Penpoul, sur la A! anche.
Cette ville, dite aux clochers à jour ^ ressemble de loin à une immense église; on l'aperçoit de plusieurs lieues sur une légère éminenoe, encadrée entre les parcs des châteaux de Kernévez et de i^errom, dominant d'un côté une vaste étendue de mer, et de Pautre une plaine fertile.
« La charmante et silencieuse cité de Sajnt-Pol, dit M. Henri Marliu, sembie endormie depuis le xiv's., aux bords de sa baie, abritée et tranquille, avec ses vieilles maisons de grand style et ses belles et mélancoliques églises, la cathédrale et Creizker, pleines d'ossuaires qui étalent, aussi Inon que la chapelle môme de l'iqaposant cimetière , les restes bien récents encore des trépassés. C'est là qu'on voit sa manifester dans toute sa force cette familiaHté avec la mort, dont Jean Heynaud a si grandement parlé dans son r.<prit de la Caidt*.
On vit là nun-sculement en présence de la tombe, mais en face de ces tristes dépouilles qu'on ensevelît partout ailleurs dans les profondeurs de la
terre comme m objet de désolation et d'effroi. »
" L'animation et Tactivité de Morlaix, dont les habitants disent dédaigneusement qu'V.s sont à trois cents lieues et à truis cents ans d'à Saint- Fol, contrastent singulièrement, dit à son tour H. Pol de Courcy, avec le calme de cette derniète viUe silencieuse, où l'herbe ee fauche dans les rues, et où les promenades et les places liubiiqaes sont aussi désertes que les halles nouvellement construites. Saint-Pol se coacenue entre ses nombreuses éf^lses, les murs de clûture de ses couvents ou de ses jardins et ses places, petites, grandesoumême trop grandes, glaciales l'hiver, torrides l'été, et où nul arijre ne vient tempérer soit la violence du yent, soit les rayons du soleil. »
La ville de Saint Pol, désignée dans les •etM dn x« 8., aiasi que soa territoire, •eus le nom de CoêtêUum idotmtê et de
Letmensis pagtu f 9t en breton sou» celui de CoHtil'Pol^ ne consista d'aburd qu'en on chAteau occupé par les Osismii Leoyiejisps, ])ui8 par les Romains, ainsi que le prouvent de nombreuses médailles de Vaieneii à Majiimiea (244 310), recueillks dans la villo et tes environs parmi des iObstr ictions antiques. Le château de Leorî était abandonné lorsjue Po! Auréiicu. débarqué vers Tan 530, de la Grande- Bretagne dans l'armorique, vint s'y établir, suivi d'une grosse troupe de clercs et de laïques Élu dans la suite évêqnc de Léon, il mourut vers ô70 et laissa son nom A la ville dont 11 avait été la prtmiar pasteur, nuyamarc'h, comte de Léon, releva le château de Sairit-Pol, qui fut rasé par Henri II d'Angleterre, en li70j depuis, la ftila est restée sans défense. An xtv« s., du Guesrîin la fit occuper, au nom de Charles V. par une garnison française, que le duc Jean IV passa au til de Vépée en 1374. Les habitante sa rangèreat du parti de h iv^ue, en 1590, et les paroisses limitrophes sinsurgèrent au mois de mars 1 7râ. à l'occasion de la levée de 3oo odo hommes ordonnés par la Convention. Le général Canclaux, commandant en chef de l'armée de l'Ouest, n'obtint la soumis ûon des rebelles qu après deuA combats saoglantSf livrés l'un le 19 mars, aa osa* tre nâma da la vjill» qaa )as paysans
avaient envahie, l'antra le 23 mars, au pont de KsrgQidafl; sur la route de Lea-
neven.
5aint*Pol-de-Léon est la patrie de Michel Gobmbe, mort an 1513, fondateur de récola da Tours et dont le nom a été donné k une salle du musée de aaulpture de U Renaissance au l.ouvre.
Canciennecalbédrala remonte en grande partie au ziu* s. Sa longueur
totale est de 80 mèt.; la hauteur sotts voûte, de 16 met.; la longueur des transscpts, de 44 met. La façade occidentale se compose de deux' (oui s jumelles couronnées de flèches d'une hauteur totale de BOmèt., séparées par' un porche (jue surmonte une terrasse destinée aux bénédictions épiscopales. La forme de la porh" rfp.s- Lépreux, la fenêtre en i)lein cintre brisé encadrant deux lancettes à la base de la tour S. 0. et i archivolte en dents de scie des lucarnes de cette tour rappellent encore rarchitecture romane.
nef et le porche latéral, réservé aux catéchumônes dans la primitive église, furent achevés par l'évêque Guillaume de Kersauzon^ inhumé en 1327 dans la chapelle Saint^Martin, le long du collatéral S. On attribue à Guillaume de Kochefort , sacré en 1349, lesvoOtes de h nof et celles de-5 collatéraux. Le chceur et les transsepls appartenaient encore alors à une basilique romane plus courte que le vaisseau actuel et dont on retrouve des vestiges dans les transsepts et dans quelques chapiteaux. Le nouveau chœur, commencé en 143! par î'cvêiiue Jean Validire, confesseur du duc Jean V. qui obtint de ce prince la somme de 1 2 OOO livres pour l'aider dans cette entreprise, fut achevé par l'évêque Jean Prégent, chancelier de Bretagne, transféré à Saint-Brieuc en 1450. Les armes rîc ce dernier prélat se voient aux clefs de voûte du rondpoint et de l'arc triomphal. Les armes du duc Jean V et de la duchesse, fille du roi Charles Vf ^ sont sculptées eu avant du chœur. De la mâme époque