DE MORIAIX A SAINT-POL-DE-LÉON. [ROUTE
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datent les modifications apportées aux deux croisillons, c'est-à-dire la suppression et l'ouverture dans leurs murs latéraux de plusieurs fenêtres, le remplacement du lambris dans le croisillon N. par une voûte en cintre plus basse, la construction de la magnifique rosace rayonnante qui occupe toute la largeur du croisillon S. et celle de la fenêtre de V excommum cation , au dessus de la rosace à Texiérieur.
Les portes géminées du portail S. , exécutées en Kersanton, avec voussures garnies de feuilles grasses et archivolte on talon, annoncent, ainsi qu'un bénitier flamboyant aux armes des sieurs de Louméral, juveîgneurs de la maison de Pouimic, une reprise du zv* s* dans un porcbe du xiii* ; q uelquescolonneii sans chapiteaux qui soutiennent la voûte de deux chapelles latérales sont encore plus modernes.
L'exhaussement du sol dans le cbœur a enfoui les bases des colonnes qui Tentourent; mais ce chœur avait conservé jusqu*à ces derniers temps des sUtUeg du xvi* s., hautes et basses, au nombre de 68 , remarquables par la délicatesse des sculptures en chêne qui ornent les accoudoirs, les miséricordes , et les dossiers des stalles hautes. On vient d'en supprimer huit en retour d'équerre et le sanctuaire est aujourd'hui enUérement ouvert par le bas, sans respect pour le symbolisme liturgique. Le lutrin, daiant, comme les styllcs , de l'année 1512, a été remplacé par un meuble de salon en palitMondre, Derrière le maitreautel, en marbre, datant de 1770, s'élève une grande crosse en bois doré, en forme de palmier, au haut de laquelle est suspendu le saint ciboire sous une pyxide ou pavillon. Cette pyxide est une imilatiou des suspensions en usage avant l'invention moderne des tabernacles. Un second autel, au fond du sanctuaire a conservé son retable en picrr(> décoré d'une arcature trilobée, sa crédence et une custode pour les saintes huiles aux armes de ia famiile de Keraëret. Une
autrf* rirlie cr('(ifnee,pncastrée dansles piliers du côté de Tépître, est form(^e de deux niches trilobées que surnioiite un fronton aigu à crociieis. Knfin les arcades du rond-ooint sont décorées d'une balustrade de pierre découpée à Jour, avec couronnement flamboyant.
Le chancel e^t cerné extérieurement d'une suite d'enfeux avec autels rommémoralifs ; mais la plupart des trombes qu'ils contenaient ont disparu.
La plus ancienne des tombes conservées sert aujourd'hui de bénitier; c'est une grande auge de pierre en forme de trapèze, dont les parois présententune moulure romane. Suivant la tradition, ce sarcophage aurait contenu la dépouille de Conan-Mériadec^ premier roi des Bretons, mort au commencement du XV* s.; mais Texistence de ce prince est fortement révoquée en doute, quoique appuyée sur le témoignage de Nenniiis , écrivain du IX* s., témoignage reproduit au xji'spar Geoffroi de Montmouth. Dans tous les cas, ce tombeau serait de beaucoup postérieur à Tépoque où Gonan aurait vécu, car il offre tous les caractères du xiî* s. ou au plus tard du siècle précédent. Un autre monument funéraire, adossé à Tune des travées»
du cbœur, est orné de la ttatue en marbre blanc de François Visdelou^ prédicateur d'Anne d'Autriche et évéque de Léon de 1661 à 1671. Un monument analogue va être érigé, dans la travée correspondante, à Mgr de la Marche , dernier évèque de Léon, mort à Londres en 1806 dont les restes ont été transférés dans la cathédrale de Saint-Pol en 1866. Les statues tumulaires des évêques Rolland de Neufville, mort en 1613, et René de Kieux, mort en 1601, ont échappé à la destruction, mais elles sont bien mutilées. On remarque aussi, dans la chapelle absidale, un enfeu de la Renaissance renfermant la tombe d'un chanoine mort en 1&39.
D'autres fragments de tombes fort riches, aux armes de la famille de Traonélorn, avec supports, timbre et
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cimier représentant une sirène peignant ses cheveux et tenant un miroir
de l'autre main , sont déposés dans les dépendances de l'église. Il serait à souhaiter que ces fragments réunis fussent replacés dans la chapelle de Kerautret, d*où ils ont été extraits et qui renferme encore la tombe^ gravée au trait, de Christophe de Traonélom, seigneur de-Kerautret et cluinoine de Léon, mort en 1500.
Nous mentionnons en outre, devant Tautel de Bon-Secours, la tombe d'Amice Picard, née eo 1599 et morte en 1652. On y brûle des cierges et Ton y conduit les enfants nouéi, pour leur apprendre à marcher. L'auteur de la vie de cette sainte fille lui accorde le don des miracles, et prétend qu'elle a v«-ni dix-huit ans sans autre nourri* luie que i'Lacharistie.
LMgnoble badigeon qui salit encore une partie de la cathédrale a épargné une figure emblématique de la Trinit(^ , peinte sur la voûte d'une chapelle clans le collatéral S. On y \oit trois faces humaines réunies par le front, ayant trois nez, trois bouches,
trois mentons, et seulement trois yeux On prend à volonté ces yeux deux à deux pour former chaque face isolément. Cette peinture, du xvi* s., est entourée d'un cartouche sur lec^uel on lit, en caractères gothujucs : Ma Douei (mon Dieu). — On ne peut ci 1er, parmi les tableaux que possède l'égl ise, qu'une Àdoralion du Mages (pein> tore sur bois du xvi" s., nstaurée par un barbouilleur) et uno copie de hubens, provenant des Minimes de Saint- Pol et représentant l'institution de oet ordre par saint François de Paule.
Le fondateur, debout, tient d'une main un livre ouvert où on lit; h«c régula mùis et sancta; un ange descend du ciel pour le coiirouner- <]es rois, des princes, des évtques, des femmes de haut parage le contemplent dans une attitude de respect et d'amour : ils sont à genoux prèa du saint, qui foule aux pieds des sceptres, des crosses et des couronnes. Les personnages sont
richement vêtus en costumes du règne de Louis XIIL — 11 se conserve encore dans l'église une petite eloehe battue
au marteau, en forme de cône tronqué, ayant une anse adaptée à sa partie supérieure. Elle passe pour avoir appartenu à saint Toi et on la fait sonner le jour du pardon sur la tâte des fidèles pour les préserver des maux de tète et d'oreilles.
La cathédrale de Saint-Pol a éti', dans ces dernières années, l'objet de travaux de consolid;Mion et de restauiaiion pariaitemeut entendus, à l'exception des nowliUt fantaisistes, qui ont fait disparaître ia partie la plus curieuse des stalles. L'enlèvement du badigeon dans le chœur et dans la nef a rendu à ces parties toute leur valeur architecturale. La nef, construite en pierre blanche et tout entière du xiu* s., se fait particulièrement remarquer par la pureté de ses lignes et la riche variété de ses chapiteaux, de ses clefs de voïite et des sculptures d'une frise régnant sous le triforium. L'opération du grattage, comuieucéc pour le reste de l'église, a (kit retrouver sous le tiadigeon des voûtes, des peintures à la détrempe assez originales, présentant des rinceaux, des torsades et des devises liéraldKfucs, bretonnes et françaises qu'on a le bon Hoûtde conserver.
La chapeUe de Greixker fut fondée,suivant la tradition, par une jeune fille de Léon que saint Kiree, archidiacre de Léon au vi' s., avait guérie miraculeusement d'une paralysie dont elle avaitfeté frappée pouravoir profané par des œuvres servîtes un jour de fête de la Vierge. Son repentir lui ayant mérité la guérison de son infirmité, elle donna par reconnaissance sa maison à saint Kirec pour la convertir en chapelle. Celte chapelle, dans son état actuel, appartient pour la majeure partie au xiv s. Albert le Grand en fixe la date au temps du duc Jean IV (1345*1399); et le chœur, la tour et la nef principale doivent être, en efi^et , contemporains de ce
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