DE MORLAIX A SAINT-POL-DÊ-LÉON. [ROUTE
prince. La construction de Creizker a été attribuée à un architecte anglais appelé par Marie d'Angleterre , première femme du duc Jean IV. Quelgues meneaux dans les plus anciennes fenêtres et quelques moulures dans les panneaux de la tour y rappellent effectivement le style perpendiculaire anglais; quant aux collatéraux et aux deux porches N. et S. , ils ne sont pas antérieurs à la seconde moiti<^ du xv* s.
L'intérieur de l'église n'offre de remarquable que sa maîtresse vitre et l'inclinaison symbolique de l'axe de la nef, mais le clocher de Creizker est une merveille en son genre. « Ce clocher, tant célébré par les dictons et les poésies populaires, dit M. Henri Martin, est le roi des campagnes du Léonais et l'orgueil de la Bretagne. »
— Il s'élève entre la nef et le chœur sur quatre arcades soutenues par quatre piliers quadrangulaires de 3 mot. 20 cent, de côté, composés d'une masse de colonneites fasciculres. Les armes de Jean Prégcnt, chancelier de Bietîigne et évôque de Léon en 1436, se voient à la clef de vodte.
Lors(|ue l'on compare la légèreté des piliers avec la hauteur du clocher qu'ils supportent, on a peine à comprendre qu'il puisse reposer sur des fondements aussi faibles en apparence. Ce clocher, carré jusqu'à sa flèche, présente sur chaque face, en sortant (lu toit, un panneau composé de <leux petites arcatures superposées; le Fécond étage, comme celui des tours de la cathédrale, est percé de baies étroites , accostées de deux fausses baies. La corniche, qui règne au-dessus d'une moulure en quatre-feuilles gravée en creux , est formée de deux rangs de feuilles entablées. Vient ensuite la plate-forme garnie d'une rampe en quatre-feuilles avec des gargouilles disposées autour pour l'écoulement des eaux. De la plate-forme, s'élève une longue pèche découpée à jour, en rosaces, quinte-feuilles, quatre-feuilles et trèfles, et flanquée de 'luatre clochetons. Le premier étage des
clochetons a huit colonnettes disposées en carré, soutenant un massif conique surmonté d'un second étage octogonal. L'amortissement est formé par une pyramide aiguë. Enfin les quatre pans de l'octogone qui correspondent dans la grande pyramide aux quatre faces de la tour carrée sont percés de fenêtres du môme style que les clochetons. La hauteur totale de ce clocher est de 77 mèt., et, si quelques autres clochers en France ont une hauteur supérieure, aucun ne l'égale en beauté. Vauban disait que c'était le monument le plus hardi qu'il eût vu; le savant 0/anam ajoutait que, « si un ange descendait du ciel, il poserait le pied sur le clocher de Creizker avant de s'arrêter sur la terre d'Armorique. »
L'église de Saint-Pierre^ anciennement p.»roissiaIe, est un édifice du XV' s., à l'exception de la façade et du collatéral N. Cette église sert maintenant de chapelle au cimetière , entouré d'ossuaires gothiques élevés en lf)00, et orné au centre d'un c/iemin de croix monumental en granit de Kersanton, se développant sur les parois d'un vaste hémicycle d'ordre toscan. Les ossutaires sont de petits monuments en granit (3 mèt. 50 à 3 mèt. 80 de longueur sur 80 cent, de largeur), composés d'un soubassement portant une triple baie avec piedsdroits renforcés de consoles et une couverture en forme de toit. Dans les baies sont déposées des boîtes renfermant les crflnesou chefs des personnes défuntes. Une inscription laconique indique la date do la mort et le nom de chaque défunt : ci-git le chef de...^ Ces crAnes dénudés s'aperçoivent par une petite ouverture én forme de cœur.
Lsichnpplle Saint- Joseph est surmontée d'une jolie flèche de 32 mèt., reconstruite en I8^i7 et provenant d'un couvent d'Ursulines, fondé en 1630.
L'ancien palais épiscopal (1712- 1700) est une propriété delà ville qui y a établi tous .ses services, et eu a converti le jardin, dessiné en square,
ROSGOfF
en une prommaâe publique d'un hectare de surface, mais peu fréquentée, parce que Thorison y est dreonacrit par quatre murs. 11 serait facile de
corriger cette absence âe perspective en exhaussant d'un mètre ou deux la butte boiséo qui termina la promenade au N. E. On aurait amsi la vue de la mer, de la presqu'île de Carantec, de l*embouchure de la rivière de Horlaix et de la côte de Plougaznou, yue qu'il faut aller chercher à I kil. à TE. de la ville, au sommet d'une vaste lande dite/e Champdela Rive. —Le callrge, bâti en 1787 aux frais de Tcvêque, Mgr de la Marche, a compté parmi ses élèves M. BiliauU, Tune des illustrations parlementaires contemporaines, — Deux anciennes maiions prébendales, appartenant aux premières années du xvi' s.yOflrent d'assez jolis détails.
A 5 ou 6 kil. à l'O. de Saint-Pol, on peut aller visiter les dunes de Saniee, aujourd'hui ensemencées en
pins maritimes, et la magnif1(|uc haie qui les borne à l'O. et dans laquelle les cultivateurs viennent de plusieurs lieues prendre, à marée basse, du sable calcaire, amendement qui agit sur les terres en proportion de leur éloignement de la mer. A l'extrémité 0. de la baie In Santcc se trouve VUe de Siée, sur laquelle a été fondé, il y a (juelques années, un important établissement pour la préparation des sardines h Thuile.
De Saint-Pol à Laudivislau , R. 67.
La route de RoscofT se dirige presque eu ligne droite vers le N. en traversint une lonuiie presqu'île.
A 1 kil. sur ia tir.,se cache, à l'extrémité d^une courte avenue, Tancien manotr de KenaliùUf construction du XV* s., qui a conservé extérieurement son cachni 1 kil. au delà, on trouve sur la g. (à 5ÛU met. de la route), dans un champ dépendant du manoir de Ktravel, un vaste dolmen dont la plate»forme est composée de quatre pierres très-massives.
26 kil. Roscoflf (Ilôt. : de Bretagne et du Pigeon-Blanc; bains tle mer pendant la belle saison) est une petite ville maritime de 4070 hab.^d'où partit, en 1404, Jean de Penhoét, amiral do Bretagne, pouraller combattre une flotte anglaise qu'il atteignit et battit à la pointe de Saint-Mathieu.
Le 10 octobre I74G, Charles-Édonard, recueilli à la suite de la bataille de culioden par un corsaire de Saint- Malo, aborda à Hoscoif, après avoir heureusement évité la poursuite de deux vaisseaux anglais.
Les terres de Hoscoff sont d'une incroyable fertilité, elles se louent jusqu'à 300 fr. l'hectare et produibcut en légumes (oignons, artichauts, choux-fleurs etasperges), grAce àun climat exceptionnellement égal et H.
rinlluem e des vents de mer, des primeurs qui s'expédient tant à Paris que dans les ports de Hollande et d'Angleterre, et surtout sur la côte an- ' glaise de Gornouaille, dont les babitants parlent presque la même langue que les Bretons.
Le plus ancien monument de Roscotî est la chapelle de Saint-Xinienf fondée en 1548 par iMaiie Sluart, à l'endroit même de son débarquement, lorsqu'elle vint en France pour y être fiancée au Dauphin. Afin de conserver la mémoire de remplacement où elle avait pris terre, on traça sur un rocher, au-dessous de la chapelle, l'empreinte du pied qu'elle y avait posé. Cette cbapelle forme un rectangle de 14 met de longueur, sur 6 mèt. 33 cent, de largeur. Le pignon 0. est percé d'une porte ogivale à voussures, et le piprnon E., d'une fenêtre à n,enranx (lamboyanls, dont ramortissement olfre des quatre-feuilles lancéolés. Deux autres fenêtres et une porte, plus petites, sont ouvertes dans les murs latéraux; enfîn l'autel en pierre est flanqué de crédences trilobées en forme de mches. • Cet édifice, aujourd bui abandonné, dit M. Pol de Courcy,est la propriété du département, qui ne fait Henpouren