‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 180 sur 257 · DE LAND£RN£AU A L£SN£V£N. [KOUTE · texte numérisé non relu

DE LAND£RN£AU A L£SN£V£N. [KOUTE

airèlir U raine , déjà presque entièrement consommée. Ses dimensions restreintes permettraient de le rendre au culte moyennant une somme bien modique, prise sur le crédit alloué annuellemcutpour la conservation des monuments historiques.»

ViglUt de Notre-iktme de Croax- BaZy surmontée d'un clocher de 1550, formé de plusieurs dômes superposés, renferme de curieux bas- reliefs en albâtre, du XI s., figurant VAnnonciaiiorif V Adoration des Mages, la . Flagellationy le Ctueiliement, etc.

Vhôpital date de 1573, et le coûtent des Capucins^ aujourd'hui propriété particulière, de 1(521. On remarque, dans l'enclos des Capucins, un figuier centenaire dont le feuillage couvre un espace d'environ 100 mèt de circonférence; il est cité à juste titre comme une des curiosités du pays.

Le fort de Bloscnn, à l'extrémité N. E. de la pre&(ju'île Roscovite. domine la Laie de Morlaix : du sommet de ses rocliers de granit, convertis en remparts, la vue s^étend au loin sur une splendide étendue de mer, sillonnée de récifs et d'écueils. Il est armé cl croise son tir avec celui du château du Taureau, au S., dans la rivière de Morlaix, et avec celui des forts de l'île de Bâtz. Il défeud rentrée des passes de nie et celle de la baie de Penpoul,

4 kil. séparent Roacoff de l'île de Bâtz (1210 hab.). Cette tle (en breton, Knez-Baz, île du h/iton), lorsque saint Pol y aborda, était en proie, dit la légende, aux ravages d un épouvantable dragon dont le saint la délivra en passant son étole au cou du monstre et en lui commandant de se précipiter dans la mer, ce qu'il fit au lieu dit depuis Tonl ar sarpant ( le trou du serpent.) L étole de saint Pol, précieusement conservée dans l'église de nie, €st un tissu byzantin en soie, présentant, sur un fond bleu broché de blanc et de jaune, une suite de cavaliers affrontï's, coiffés d'une sorte de turban, tenant un faucon sur le

poing, avec un chien entre les jambes de chaque cheval.

Au premier monastère de Saint-

Pol, succéda une vglxse romane, aujourd'hui ruinée et f> rlemi ensablée.

Ses lourds i)iliers t nn e^ et ses arcades en cintre aiiiiunccuL uneconstruction du II* s.; elle a été remplacée par une église sans intérêt.

L'Ile de Batz ne possède pas un arbre de futaie, mais les timarix y sont abondants. Les lliem et les cultivateurs de Roscull suppléent à l'absence du combustible pai du goëmon sec et des galettes composées de fiente de vache et de paille hachée qu*ils font sécher au soleil contre les murs extérieurs de leurs maisons.

Dans cette île, tous les hommes sont marins et ne viennent à terre que pour se reposer j le sol est culusé exclusivement par les femmes. Par la q^éme raison, l'île n'a jamais fourni un seul soldat à l'armée de terre.

Au S. de l'île a été créé un port do relâche au moyen d'un môle; à l'extrémilé 0., s'élève unpftarc du premier ordre, dont raltilude est de 68 m&t., et la portée de 24 milles.

OC LANOERNEAU A LCSNEVEN.

15 kil. — Route de voitures. — Serv, ùt corresp. — Prix unique, 2 fr.

I n route, après avoir croisé le chemin de fer, atteint 114 met. d'allit.

sur le plateau de Saiul-£loi (4 kil. de Landerneau), où se trouve une chapelle du xvi« s. dédiée à saint £loi, orfèvre, monétaire, puis trésorier du roi Dagobert, enfin évéque de Noyon.

Ce saint personnage est représenté dans toutes les églises du Finisit-re avec les attributs d'évôque et ceux de maréchal ferrant. Les chevaux sont placés sous sa protection spéciale; on leur fait suivre la procesi>ion au pardon de Saint-KIoi, solennisé dans les campagnes, comme la Saint-Jean,

[BOUTS 59] LESN£V£N* ^ LE FOLOOËT.

par d'ianomLiables feux de joie. Ea arrivant à la cbapella , chacun coudait sa monture devant la statue du saint, et là, lui levant le sabot d'une main, lui tirrint la bride de l'autre, la contraint à fan e une osprcp rlo salut. Les plus habiles cavaliers accomplissent cette formalité sans meitre pied à terre, et tous, après avoir lait trois fois, à cheval, le tour extérieur^ de la chapelle, vont déposer devant l'autel un paquet de crin araachétant à la crinière qu"à la queue des chevaux. Le produit de cette singulière oifrande revient à la chapelle.

On traverse, au Pùn^Neuf (8 kil.), un vaste marais au N. duquel se trouve le château de Trébodennic (à dr.).

11 kil. Ptoudam'eL c. de 3274 liab., a reçu le nom d'un saint personnap-o appelé Daniel, dont !f culte est remplacé par celui de samL Guinien, que Ton dit frère de saint Judicaêl, roi de la Domnonée au vji« s. .L^églisCf qui datait de 1GI8, vient d'être reconstruite dans le style du xv" s.

Quand on a laissé à dr. (l kil. de la route) Treyarantec (.'xSA hab.),et à g.

le château de Kemo, on rejoint la rouie de Landivisiau à Lesneven (R. 57), qui se prolonge sur la g. jusqu'au Folgoët.

15 kil. Lesneven, ch.-Lde c. de 2759 ha))., était autref6is le siège d'une juridiction royale. Cette petite ville, jadis florissante, e^L aujourd'hui bien déchue et sans monuments. Le château d*£ven, comte (ie Léon, au ix" s., auquel elle doit sa fondation et son nom de Lesneven (cour d Êven) est rasé; l'église prieurale de Notre-Dame, qui dépendait de l'abbaye de Saint-Sulpice de Kennes, a eu le même sort, et Véglùe paroissiale, dédiée à saint Michel, n*a aucune valeur architecturale.

■searsion ao Folroèt.

A 2 kil. einiron nu S. 0. de Lesneven, sur la route de Brest, s'élève la célèbre collégiale de Notre-Dame àn Folgoët (mon. hist.).

Ba£TAGNE.

Vers le milieu du xiv* s., au plus fort des guerres eiviles qui ensanglantèrent la Bretagne, vivait dans une forêt, aux envi-

rons de Lesneven, un pauvre idiot nommé Salaun^ plus connu sous le nom du fou du bùiê (Folgoët).

« L^, comme un passereau solitaire (éeri* vait, en 1634, l'un de ses panégyristes, dans un langage digne de saint François de Sales), il solfioit à sa mode les louanges de la Vierge adorable & laquelle, après Dieu, il avoit consacré son cœur; et de nuit, comme le gracieux rossignol, perché sur l'épine de l'austérité, il chantoit Avi Maria,

« Il étoit misérablement vétu, tnnjonrs nu-piedsj n avou pour lit en ce bois que la terre, pour ehevet qn*one pierre, pour toit qu'un arbre lorlu près d'une fontaine bordéed'un très brau vert naissant. Il alloit tous les jourià mendier son pauvre pain par la ville de Lesneven ou ès environs, n'importunant personne aux portes que de deux ou trois petits mots; car i! disoit Ave Maria, ei puis, en son langage breton : Salaun a zébré bofa (Salomon mangerait (lu pain). II prenoit tout ce qu'on lui donnait, revenoit bellement en son petit ermitage auprès de la fontaine, en laquelle il trempoit ses croûtes» sens autre assaisonnement que le saint nom de Marie.

« An cœur de l'hiver, il se plongeoit dans cette fonUine Jusqu'au menton,

comme un beau cygne en un étang, et répétoit toujours et mille fois Are Marm, ou bien ehantoit quelque i hythme breton en l'honneur de Marie. On rapporte qoe lorsqu'il grouoit à pierre fendre, il montoit ea Sun arbre, et prenant deux branches de chaque main, il se berçoit et voltigeoil en l'air en chantant : O Maria! En cetCe façon, et non autrement, il réchaulToit son pauvre corps. C'est pourquoi, à cause de cette sienne façon de faire, 1 appeloit-on le Fol; et pourtant est-il l*nn des plus beaux mignons de la Reine des deux. Une fois il fut rencontré par une bande de soldats qui conroient l'estrade, lesquels lui demandèrent : «qui vive? » auxquels il répondit : « Je ne suis ni Bîois ni Mont- >« fort ; je suis le serviteur de madame Ma- « rie, et vive Marie ( • A ces paroles les soldats se prirent à rire et le laissèrent aller.

« Il mena cette manière de vivre trenteneuf ou quarante ans sans avoir jamais

offensé personne. Enfin il tomba malade, et ne voulut potir ceîri ctt'jnfrer de de> meuie. L'on tient que iu &auite Vierge, qol

450 DE LANDBRNfiÀU A LBSNEVEN. [ROUTE 59]

ne manque jamafs à ceux qui lui sont fidèles, lé coRBola et récréa merveilleusement de ses almablee vialtes, s-apparoit-

sant devant lui environnée d'une granfle clarté et accompagnée d'une troupe d'anges. Nutr*j puuvre siuiplique, sentant bien que sa fin apprachoit, comme une tourterelle fit raisonner l'écho de ?:i voix, pour marque r qi e l'htvcr de ?;i vie étoit passe. Mourant, il repétoit encore dévotement le doux nom de Marie Après cela, il rendit heureusement son àme pure et innocente à Dieu. Son visage qui, en sa vie, étoU tout défait par la pauvreté, parut si beau et si iamineox, qu'il le disputoit à la candpur du lys et au vermeil If^ la rose. Il fut trouvé mort non loin de sa fontaine, près du trône d'arbre qui avoit été sa vetraite ; et ^enterrèrent les TOlsina sans bruit et sans parade. »

Déjà on ne parlait plus de Salaun, dont la mémutre semblait ensevelie dans Toublit aussi bien que son corps dans la terre, lorsque « Dieu itt naisire sur sa fosse un lys blanc, beau par excellence, lequel répandoit de toutes parts une fort agréable odeur; et ce qui est plus admirable, c'est que dans les feuilles de ce lys eloient écrites en caractères d ur ces patules : iiee àfaria ! Le broit de eette merveille courut en moins de rien dans toute îa Bretagne, de sorte iiu il s'y transporta une inlinite de monde pour voir cette fleur miraculeuse, laquelle dura en son entier plus de siï semaines, puis commença à se flétrir. Kt lors fut advisé par les ecciébiasliques, nobles et officiers du due, qu'on fouiroit tout à l'entonr de aa lige, [ our Eçavoir d'où elle prenoit racine, et trouva- 1 an qu'elle procédoit de la bouche du eorps mort de Salaon; ee qui redoubla rétonnement de tons les assistants, voyant un témoignage si grand ile la sainteté et innocence de celui que, quelque temps auparavant, ils estimoient fol »

Dom Jeju de Langoueznou , abbé de I.andévennec, i'un des témoins du miracle, on écrivit une relation latine ot ont puisé tous les auteurs qui ont parlé du Fo'goët. La foule ne cessant de se renouvuler autour du tombeau fleurdeiyHé, eomme dit la chronique, on résolut d'éri ger une c\i,\hà à Nofre-Dame sur la fontaine du pauvre mendiant dont la foi avait été récompensée, et telle est l'origine d'un des plus beauK monuments do Finistère.

Commencés en 1366 et eonaaofée

en 1419, l'église (^u Folgoct fui érigée en collégiale par Jean V en 1 422.

La façade 0. se compose de deux tuurs séjparées par un porche^ au« jourd'hui détruit. Le premier étage des deux tours est semblable. La tour du N. 0. (53 m^t.) a un second étago séparé du premier par une moulure en quatre- feuilles et une corniche de feuilles de vigne précédant une arcature éétoupéa à jour et surmontée elle-même d'une galerie flamboyante d*où s^élève^ entre qumtre clochetons^ une flèche en pierre ayee arêtes p^arnies de crochets.

L'auti o tour, beaucoup moins haute que la précédente, est terminée par un ddme d'ordre composite, élevé par la reine Anne vers 1505. Tous les contre-forte sont creusés à leur base de niches que surmontent des dais terminés par des pinacles, avec des cous des pour recevoir des statues.

Le portail S. est dû à Alain de la Hue, évè |ue de Léon, qui consscre l'église en 1419. Sa statue existe encore eur le trumeau entre les deux portes.

Devant ce portail sont les restes de la croix érigée par Alain, cardinal de Coetivy., l'un des plus généreux bienf'iiteurs du Fulguët. Sa stalue^ curieuse pour Thistoire de Ticonographie au xv*a., le représente agenouillé sur le piédestal de la croix, le^ mains jointes, tenant un bourdon de pèlerin et son chapeau de cardinal renversé sur les épaules. Un évêque . crossé et miiré, probaidement sHiiit Alain, patron du donateur, se tient debout derrière lui et le présente à Kotre- Dame. On attribue cet ouvrage à Mi" chcl Colombe.

L'église, .sans trans^^ont, se •-'^plie en équcrre du côté ihi S., pour iurm^r la chapelle dite de Croix et la cimm bre du trésor, A l'angle de eette dernière construeUon et du collatéral^ s'ouvre, à TO , le portique des douze Apôtrea, dont tous ien détails smit admirables. La sculpture n'a reciiU:

devant aucune dilliculté, et les feuillages délicats qu'cllô a copiéii peuvent

Digiii^uo L^y Googi

[aouTs 59]

LK FOLQOËT.

soutenir la comparaîion ftfto U nature Cette onioiiiontation fleurie est

entremêlée de figures grimaçantes .

d'anges, de drapons, d'oi'^pnnx et même d'insecles. Sur le Imieaii des deux portes, au fond du porche, sont représentées des herminn passaïUes avec la devise de Bretagne : il ma m>. Une des clefs de voûte porte les armes mi-parties de Bretagne ot de France, en l'Iionneur fin duc .lonn V rt de Jeanne do France, sa compagne, tille du roi Charles VI.

La statue du duc, de grandeur naturelle f dressée sur un pinacle, à dr. du porche, le représente avec son armure défensive, la couronne en tè\c, tenant le sceptre d'une main et le livret d-! IVindateur de l'autre.

Le pignon qui suraionte ce porche et celui de la chambre du trésor ont leurs extrados découpés en quatrefeuilles du cdté de 1*0. Du côté du S. régnent nnc corniche en hermines passantes et une galeiie en arcs trilobés, mais en j)artie détruite.

{.es nombreuses fenêtres de l'église ont des meneaux flambi»yants ; odles qui ont été percées, à TR.. dans le mur du sanctuaire et dans celui de la chapell'-^ de Croix, qui en est le proton* gement, sont i nrticulièrement re marquables. La rosace en plein cintre (vitraux modernes) qui termine le chevet passe à juste titre pour une n:erveille en son genre; elle repose Sur une arcature composée d ogives trilob'c^ avec un trèfle au-dessus; Tarcature entière est encadrée par une moidiire rectangulaire, et les meneaux df la rose figurent également des ogives trilobées, des trèfles et des quatre* feuilles.

Au*de.'8ous est la fontaine du bienheureux Salaun , dont la source, cachée nous le ninîtrc-aulel. écoule h'nteateut su.»» eaux à l'exleruMii". daus un bassin préservé par une sorlu de porch&-auvent de forme ogivale, au fond duquel une statue de la Vii ri,e repose sur une console fort délicatement sculptée.

Toute la partie E. de Tégliie est décorée d'une corniche en Usullles de

mauve et d'une galerie en quatrefeuilles; l'extrados du cnhlf* dn anoluaire est aussi tleC'Uipé à jour.

L'iiilérieur de la basiliime se recommande par des beautés de premier ordre. Les arcades de la nef retombent sur des faisceaux de colf»nnes dont le fût est en général garni d'une arête mousse, el dont les chapiteaux on"rf'fit quekiues-unes de ces larges leuilics grasses et fi isées (|ue l'on rencontre particulièrement dans les édifices gothiques du xv* s.

La voûte, remplacée en majeure partie par un lambris, subsiste encore dans le collatéral S.; Tuno des clefs ])orte l'écussuii de Jeanne fie Navarre, mariée en 1186 au duc Jeau IV de Bretagne.

Le Folgoët a conservé son jubé, ({ui est à lui seul un monument.

Trois arcades en plein cintre, dont les intrados sont découpés en trilobés à jour, sont surmontées d'une corniche couronnée elle-même par une galerie de deux rangs superposés de quatre- feu illes» véritable dentelle de pierre. Cette galerie , vodtée en arètes, est soutenue du côté de la nef par quatre colonnes et s'appuie en a^ri^^o sur les piliers du chœur. On entre dans celui-ci par l'arcade du milieu ; les deux autres arcades sont remplies par des autels en pierre; dont les retables se détachent ' sur des fenêtres flamboyantes, de la plus exquise légèreté. Il faut renoncer h décrire le luxe d'orneaK^nlalion de toutes les parties de ce juhé d intles sculptures sont exécutées en granit de KersantOQ, ainsi que le chance) du chœur, le long duquel sont pratiqués plusieurs enfeux.

Nous mentionnerons encore les ciu'? antels eu pierre de Kersantnn.

qui datent de la construction de l'église el dont les retables sont malheureusement détruits. Le collatéral N. renfermet à son extrémité E., Vamet du Rosaire, fondé par îf s seigneurs de Guiciiuelleau. Sur la môme

45S D£ LANDERNËAU A LESN£V£N. [ROUTE 59]

ligne, au iond du chœur, se trouve le maître-autel, auprès duquel, du côté de Tépltre, est une crédence de granit, surmontée d'un dais. On y a déposé l'antique statue de la Vierge en pierre dure, à Inqaelie s'adressaient autrefois les hoaimages des pèlerins, pour asseoir à sa place, sur un trône néo-grec, une mauvaise statue de boUi adossée à la superbe maîtresse Titre du sanctuaire* Un autre autel , qui est le plus remarquable, se compose d'une arcature ogivale, figurée en accolade; chaque arcade, avec une archivuile garnie de crochets, renferme une statuette d'ange. Ces anges, au nombre de seize, tiennent les uns des cartouches , les autres des écussons. Des f»^uillps et des tAfes de chardon s'enlacent en guirlandes sur la corniche, où une tige coupée laisse apercevoir des gouttes de sève.

Nous signalerons en outre, quelques stmues du XV' s. , dans le chœur et dans la chapelle de Croix, et une chaire modf^rne dont les sculptures reti acpnt la légende du Fou du bois.

Le Doyenné est un charmant manoir à tourelles et à lucarnes garnies de crochets, sur les murs duquel apparaissent les armes de Bretagne et celles des dignitaires ecclésiastiques qui l'habitèrent. On devrait bien y établir soit le presbytère, soit une maison de sœurs de charité, pour en assurer la conservation, gravement compromise. — Les bâtiments de la eoUë^le, reconstruits à la fin du xvir s. , sont occupés par la mairie et par Técoie des frères.

Bsearsion 4 «ontomi el à nonnéonr-Vres.

Les communes du littoral^ au N.

de Lesneven, telles que Goulven,

Plounéour, Kerlouan, etc., sont aussi enrioiises par leurs a>pect< pittoresques (jue par les mœui s de leurs habitaiils. 11 n'est point de pa^s plus battu des orages; la Manche, resserrée entre la grande et la petite Bretagne, y est peut*ôtre plus agitée que TOcéan.

Ses vagues pressées, battant le rivage avec violence, Tout découpé, comme le ciseleur taille Tivoire, en mille dessins variés. C'est une suite non in^

terrompue de rochers, de criques, d'anses, de caps et de petites îles que le flot entoure d'une écume argentée.

Tous les thaumaturges paraissent s'être donné rendez-vous dans ce coin de terre; une foule de villages conservent les noms de ces saints personnages; une foule de monuments druidiques rappellent le culte antérieur qu'ils eurent tant de peine à détruire dans ce canton et justifient le nom de Lan ar Faganit (la terre des païens) qui lui est resté.

Une route, longue de 7 kil., relie Lesneven à Goulven, en passant par (4 kil.) Plouider, c. de 3188 hab.

Goulven (779 hab.) , situé au fond de Tanse du même nom, possède une église du xvi' s., qui se compose de trois nefs terminées par un pignon droit. La tour (1593) est surmontée d'une flèche élancée que Von aperçoit de plusieurs lieues en mer. Le porche est décoré de niches renfermant les statues des douze Apôtres. Un bel autel en pierre de Kersanton a été relégué dans la sacristie. — Entre Goulven et Plounéour-Trez, nu hameau de Tréguelchier (la Grève de L'EnchatUcur)y se voit un do/*/tt n dont la table (3 met. de diamètre) est supportée par dix pierres verticales de plus de 2 mèt. de hauteur.

A 3 kil. au N. de Goulven, se t? ouvo Ploitnéour-Tres , v, de 2915 hab., h'Mi sur une culline d'où Von découvre une vaste étendue de mer. Sur le territoire de Plounéour, se voient les magnifiques rochers de Brignaugan^ le port de Pnntusval , d*un accès dangereux, plusieurs dolmens et deux mrnhirs , dont le plus grand nommé le Mcn Marz (]ù. pierre du Miracle) ^ est l'un des plus remarquables monuments de ce genre que possède le Finistère. « Cest, dit H. Edouard Yallin (Foya^e dont le

[ROUTE 61] PLABBNNBG. — GOUESNOU.

Finistère), une pyramide de granit de 10 met. de hauteur, qui devait être le symbole d'une des grandes divinités celtiques ou le monument commémoratif de quelque chef puissant, car les premiers missionnaires placrrent, dès le principe, une croix au sommet de ce menhir, en gravèrent une autre à sa hase , et firent tounier ainsi, au profit de la religion chrétienne, la vénération dont ce monument était l'objet. »

D9 Lesnevea à Landîvisiaa, R. S7 ; — & Brest, R. 60.

. 0£ LESNEVEN A BREST,

PAR PLABENNSC.

27 kil. — Route de voitures.

On laisse sur la dr., & (I kil. 1/2) la Croix-Rouge, la route de Lannilis.

2 Ivil. Folgoët (R. 59, p. 449).— On traverse les rivières d'Aber-Vrach' et d'Aber-Béniguet.

G ki\. Le Drennec, y. de 679 hab., possède les manoirs de Landouxan (à dr.) et de Coai'ÉUz (à g ).

12 Icil. Plabennee, ch.-l. de c. de 3571 hab. renferme une église de I7f)2. De l'ancien château ih^ Lesquéleny assis sur une motte (b 12 met. de hauteur et entouré d'ufi lussé de 170 mèt. de circonférence, il subsiste quelques restes de maçonnerie, un puits et rentrée d*un souterrain.

Dans une vaste lande dépendant de Plabennee , se voient environ 400 pierres disséminées et inrliquant un carneillou ou cimetière celtfqnc. On remarque, en outre, sur la limite des communes de Plabennee, du Drennec et de Kersaint, un rocher de près de 3 mèt. de longueur sur % mèt. de l ir^our, portant à l'une do ses exlré- Jiiités une inscriptiou en caractères inconnus.

19 kil. Gouesnou, v. de 1425 hab., agréablement situé sur une colline.

était jadis défendu par un château fort dont il ne reste même plus de trace. L'église date de 1552; elle est surmontée d'une charmante flèche en pierre; les gargouilles, en granit de Kersanton, sont délicatement sculptées. Ln porche S. porte la date de 1642. Saint Gouesnou, à qui les habitants du pays refusaient un asile, passa, dii un, la nuit sur une pierre que l'on montre encore dans le bourg et qui est devenue un objet de vénération. Le pardon de Gouesnou est

très-fréqufvnté.

Sur le bord de la route do Brest se voit la petite chapelle de Saitit-Mémor, renlermant une pterre presque ronde (l mèt. 80 cent, de diamètre) et percée en son milieu d*un trou de 15 cent, environ. « les uns, dit Ogéc {Dictionnaire de Bretagne), îa regardent comme un monunvent du culte druidique, les autres comme provenant de saint Gouesnou , qui aurait fait pénitence en s'imposant d'y laisser chaque jour son Inras, immobile, pendant plusieurs heures. »

De Gouesnou à Lannilis, R. 61.

A 1500 mèt. environ de Gouesnou, sur la g., au milieu d'un bouquet d'arbres, se montre le château de MesUan, flanqué de deux tours à créneaux, aujourd'hui en ruine.

23 kil. Pontanézen, hameau de la commune de hambézellec qu'on laisse sur la dr. ( R. 62), renferme un ancien hôpi.tal converti en caserne supplémentaire pour les troupes de Brest.

— On rejoint, à 2 kil. de Brest, la route de Landerneau.

27 kil. Brest (R. 3).

ROtITS 61.

0£ BREST A LANNILIS.

25 kil. ^ Roote de voitnree.

8 kil. do Brest à Gouesnou (H. 60, en sens inverse}. La route côtoie à g. les murs du château de Penna-

kbk

neaeh et traverse plusieurs petits vallons.

15 kil. Bowrff-BkuUf y. de 1848 liab., sur un afAueut d6 rAber-DeDoH, que l'oQ y franchit.

On laisse à 3 kil. sur !« g. Coaf- Méal (église des xiu* et xiv* s.; sous le porche, statues des douze Apôtres, dans des niches à pignons aigus) et, à 3 kil. 1/^ sur la dr., Ptottvten (2607 hab.), dont le cimetière reofenoe un cûklvaife de 1685.

A 1 kil. au S. 0. d^i Plouvien, s'élève la chapelle de Saini-Jaoua, pfiit édifice (lu XV' s., dans lequel a été transporté le tmhean de FtwiçoU Richardj chanoine de Léon, mort en lb65. « Cest, dit Fréminville, un sarcophage dont renlablement , oiné do sculptures imitant un feuilliige, est suppoL té })ar des pilastres erifra^és, entre lesquels sont plusieurs petites figures* de moines grotesquement sculptées, dans rattitude de la prière et de la douleur. Au milieu d'elles un ange «!outient un écusson aux arme?

des Richard. Sur le dessus du tombeau est couchée la statue du chanoine en habits sacerdotaux. Ses pieds sont appuyés sur un cerf couché. » Cette chapelle renferme, en outre, le tombeau de taxnl laoua, en pierre de Korsmton, orné dans son pourtour d arcades gothiques.

On franchit deux afiluents de TAborfienolt, esluaiie qui se développe sur la g. jusqu'au delà de (7 kIL de la route) Saini-Pahu (121? hab.).

% kil. tannilit, ch.-l. tle c. de 3318 hab., est bâti sur une hauteur, dans une situation pittoresque. Véglise (1774) est surmontée d'une ûècbe élégante. Dans ie cinielièrc se voit le tombeau de François du Coum (zvr s ). « La statue du mort, dit encore Fréminville, est couchée sur le tombeau, les mains jointes. Il est armé de toutes pièces. Au-dessous de-; tassetles qui sont au bas de la cuirasse, paraît le haubergeon ou cotte de mailles. A sa g. est posée son épée ; ea dague est à dr.; ses pieds sont ap-

puyés sur un lion qui tient un os dans ses pattes de devant. Lu tête de François du Goum est nue; elle parait reposer sur une sorte de suaire

que tiennent deux anges étendu. »

A 2 kîl. N. F du botirjL:, au milieu de grands bois et ^siir la i ive ^^ de l'Al'er- Vrac'hj s'élève le château de KerouarlX (xvn* s.), dont on admire les cheminées en pierre. Il appartient depuis les croisades à la famille de œ nom«

A 4 kil. au N. de Lnnnilis (!a route qui y conduit oflre des sites piUoiesques) , après avoir traversé l'Aber- Vrac'h, on trouve riouguerneau, c.

de 6033 hab., à TO. de laquelle les antiquaires mettent remplacement de Tolentet ville maritime qui aurait été, flit^on. pillée et saccagée parles Normands en 875.

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