RENNES A NAFOLÉON^ILLE. [KOUTB
fraîches et toujours vertei. Sarpris de ce
phénomène étrange et guidé par un pressentiment religieux, il fouilla le sol sous cette ronce et découvrit une statue de bois représentant la mère du Sauveur Une merteilleuse lumière, qui rayonnait autour de la tét<^ de l'image, effraya d'abord le pauvre homme, qui, remis de sa première terreur, remporta chex lui ; maie sa surprise fut extrême en la retrouvant le I ri icmain sous le môme buisson qui ronihrageait la veille.
«A la nouvelle de ce prodige, qui se renouvela plusieurs fois, des flots de fidèles accoururent les mains pleines d'ofTrandes, pour obtenir les grâces et la protection de Notre-Dame du ftoneier, qui, dans ce lieu d'élection, faisait ainsi éclater sa gloire et sa pni<'?'anre. Alors une ?ainte chapelle fut edillce puui y déposer la statue vénérée» et bientôt des maisons, d'abord isolées, puis groupées, vinrent s'asseoir autour de ce lieu béni, et former avec le temps une petite cité que le comte de Porboëty Ouéthénoc, entoura de fortes murailles en loos, et que Josseiin, son fils, dota de son nom en i030. »
Si les seigneurs de Porhoét ne se qualifièrent pas rois, comme ceux d'Yvetot, et s'ils se contentèrent du titre de comte, ils n'en exerçaient pas moins des droits souverains dans leur comté. Us donnèrent même de vrais rois à des contrées plus célèbres; en effet, Porhoët passa, au xiii* s., de la maison de Fougères dans celle de Lusignan, dont plusieurs membres occupèrent, comme Ton sait, les trônes d'Arménie, de Chypre et de Jérusalem.
Au Xiv** s., Philippe le Bel confisqua le comté de Porhoét sur Guy de Lusignan, comte de la Marche et d'Angouléme. et, en 1370, Pierre de VHÎois, comte d'Alen- Çon, le vendit au connétable de Glisson, dont la Blte l'apporta en msriage aux Roban, qui en jouissent encore en partie
L*origine de la dévosion h. Notre-Dame du Roncier ubi, i apportée à l'année 808 environ, dans un petit livret, imprimé en 1666 et intitulé : le Lys lleurissaut parmi les éfjines, ou Noire-Dame du Roncier triomphante dans la ville de JosuUn^ par le père 1. de I. M., earme et prédicateur de cette ville. L'auteur y énumcre les nombreux miracles opérés au célèbre pèlerinage qui existait et existe encore à. losselin le mardi de la Pentecôte, oû re-
l^r;raisscnt chaque année plusieurs famil^ les duboycuseêy atteintes de convulsions bérédilaires. La légende populaire explique U, causa de cette sorte d*épUepsis sn rap*
portant que dMmpitoyables lavandières
ayant refusé durement un verre d'eau à la Vierge du Roncier, cachée sous la np^nre et les haillons d'une mendiante, et ayant ez« cité 'leurs cbiens contre elle, s'attirèrent par cette cruauté une malédiction méritée, qui, comme le péché d'Adam, a continué de peser sur leurs filles de génération en génération. Ce mal bfsarre, qui acMble tout à la fois ses victimes de soutTrances et d'humiliations, se reproduit périodiquement chez les malades vers la féle de la Pentecôte, et ne eesee que lorsque, portées de force au sanctuaire de Notre- Dame, elles ont touché de leurs lèvres écumantes les samtes reliques exposées à la vénération des fidèles. Ces reliques sont les restes précieusement coniservés de l'ancienne statue miraculeuse, brûlée sur la place publique en 1783.
Les plus nnciennes parties de l'ôglise de Notre-Dame consistent aujourd'hui dans la chapelle Saintc- Catherinef à g. du chœur. Cette chapelle a ses arcades supportées par dé lourds piliers romans, au-dessus des* quels une cbaiie ea pierre, pratiquée dans îVpai««oiir du mur, s'ouvre sur le chœur même. Un caveau sépulcral, enfeu des premiers seigneurs cie Porhoët, existe sous celte ttiapeile. Une autre chapelle, dite de Sainte-Mar-' guérite, du côté opposé du chœur, servait d'oratoire au connétable de Clissonetàfia seconde femme, Mnr^rif> rite de Rohan. Toute rornemeniaïujii de cet oratoire, de même que le choix duvocabie; fait allusion au nom de la dame de Clisson. Une des scènes représentées en détrempe sur les ma»
railles rappelle la victoire de sainte Mar^^uerite, sa patronne, sur le dragon ; une litre chargée de M couronnes, et de la devise des Clisson : Po«r ce qu'il mejHatstj entoure les panneaux.
Outre la légende de sainte Marguerite on reconoattencore sur ces peintures murales : VEntrée des roi a moges 4 lictidéem, une Flagellation presque effacée, et un château, probablement celui de Josseiin, assis sur le bord d'une rivière, devant laquelle se promènent des personnages ricbemcut Têtus. Cette partie de rédificei le